Digital Nomad : Bilan après 1,5 mois au Japon (Osaka, Kansai, Tokyo)

Ca y est, nous venons de passer 1 mois et demi au Japon, 1 mois à Osaka et 2 semaines à Tokyo. Il est temps de faire un petit bilan de cette expérience incroyable.

C’est la toute première fois que nous venons au Japon. La raison pour laquelle nous n’y sommes encore jamais allés, c’est qu’on veut que notre séjour soit vraiment spécial. Ainsi, quand on était en CDI, 2 semaines nous semblaient trop court; et quand on était en tour du monde de 11 mois, le budget d’une étape au Japon nous semblait trop conséquent. Donc, venir ici en tant que nomades digitaux, c’est vraiment la meilleure option pour nous.

Le Japon nous permet de réaliser plusieurs de mes rêves :

  • Voir les cerisiers en fleurs
  • Voir les geishas, en vrai
  • Voir le mont Fuji

Les cerisiers en fleurs

Comme nous sommes en mode « on planifie le plus tard possible », nous avons regardé le calendrier de floraison des cerisiers seulement en janvier (soit 2 mois avant la période), on a eu la chance de le faire aussi tardivement car cette année, les fleurs fleurissent 1 à 2 semaines à l’avance, et comme elles restent sur l’arbre maximum 1 semaine, il fallait être au Japon du 1er avril au 15 avril en gros – comme ça quelque part au Japon, les cerisiers seront en full-bloom.

Nous avons donc pu voir ça à Osaka

et ça à Kyoto

Les fleurs partent au moindre coup de vent, dès la première pluie… on pensait pouvoir profiter des fleurs pendant une semaine, donc on est allés au mont Yoshino une semaine plus tard, les mains dans la poche, pour seulement voir les pétales de cerisiers nous tomber sur les cheveux…

Voir à quel point les choses peuvent être aussi éphémères m’a fait beaucoup réfléchir.

Depuis notre arrivée au Japon, je suis frappée par l’insomnie alors que le Japon n’a que 2 heures d’écart avec le Vietnam. C’est comme si je continuais à vivre aux horaires vietnamiens. Je ne pense pas qu’on puisse faire le lien avec le film Lost in Translation (où les personnages sont aussi en insomnie pendant plusieurs mois au Japon), mais à cause d’un détail super con: dans les restos, ils nous servent du green tea gratuitement, et c’est tellement bon que j’en consomme plusieurs fois par jour, d’où l’insomnie.

Mais ces longues heures à essayer de m’endormir m’ont permis de réfléchir de nouveau sur moi, ma vie, la vie en général. Ca ne m’est pas arrivé depuis plusieurs mois. J’étais en comfort zone en Europe et en Asie du Sud-Est. Ici, même si ce n’est pas vraiment un monde à part, les choses sont suffisamment nouvelles et différentes pour qu’on porte un nouveau regard sur soi-même et sur la vie.

Un monde parfait

Ici au Japon, tout est parfait, en apparence. Dans les restos, il y a des paniers sous les chaises où l’on peut mettre nos sacs, il y a des cintres pour qu’on accroche nos manteaux. Dans des restos à barbecue, on cache les manteaux sous les sièges pour qu’ils n’embaument pas. Aux ATM, il y a un crochet pour reposer sa canne ou son parapluie, l’écran du distributeur n’est visible que par la personne se trouvant devant, il y a même un petit miroir en forme particulière pour voir s’il y a quelqu’un qui regarde par-dessus nos épaules. Quand on achète quelque chose de frais, on nous donne des petits sachets de faux glaçons (càd que c’est congelé mais ça ne fondra pas) pour que tout ça reste frais jusqu’à ce qu’on les ramène à la maison. Quand on commande sur Amazon, on peut se faire livrer dans un magasin à côté ouvert 24/24, et payer seulement à la livraison. Quand on nous dit « ça arrive à telle date », eh ben ça arrive à cette date. Il n’y a pas de poubelles dans la rue, mais tout le monde ramène ses déchets à la maison pour les jeter. Les rues sont toujours propres, les métros aussi. Quand le train ou le métro est prévu à 17h05, il part à 17h05 sans faute…

Tout est étudié pour que le moindre besoin, pas encore exprimé, soit satisfait. Tout est fait avec une telle perfection que quand on ne trouve pas de cuillère au distributeur de glaces, on se dit « attends on est au Japon, il faut qu’on ouvre les yeux, les cuillères sont forcément à côté » et oui, quelques secondes plus tard, on les trouvera dans un petit compartiment devant le distributeur.

Ici, les gens ne se plaignent pas, ils n’élèvent pas la voix, ils ne courent pas, ils ne nous engueulent pas. Au contraire, ils sont tous très agréables, souriants, polis, essayant de faire leur maximum pour nous aider et rendre notre séjour le plus agréable possible.

Oui, c’est tellement agréable de vivre dans un monde aussi parfait. Il m’est arrivé de me demander, pourquoi ils y arrivent et les autres pays n’y arrivent pas ?

C’est en discutant avec plusieurs expats qu’on comprend enfin, derrière cette exécution parfaite se cachent de longues heures de travail, de stress, de vérification dans tous les sens et de planification en cas de X,Y, Z.

Je pense que je suis venue au Japon pour apprendre à accepter l’imperfection. Je suis quelqu’un d’extrêmement exigeante avec moi-même et surtout envers les autres. Je n’arrive pas forcément à comprendre, quand la perfection est atteignable, pourquoi les autres peuvent faire un travail aussi bâclé, ou comment ils peuvent avoir une vie aussi insatisfaisante et continuer à la vivre ?

Le Japon m’a montré qu’on pouvait effectivement atteindre la perfection, mais toujours au détriment de notre temps, de notre santé. Malgré toutes les hautes technologies disponibles, les japonais continuent à travailler dur et juste à 21h tous les soirs. Les salaires sont équivalents aux salaires français, mais le temps de travail et le nombre de jours vacances (12 jours/an à peu près) n’ont rien à voir avec le rythme français.

La culture du détail les oblige à travailler d’arrache-pied pour rendre un travail impeccable, pour respecter les deadlines. En cas d’une appli par exemple, il y a une équipe QA (quality assurance) capable de lister des centaines de scénarios catastrophiques (dont certains n’arriveront peut-être jamais) et pour chaque scénario, l’appli en question se doit avoir une réponse correspondante.

Je ne dis pas que je cesserai d’être perfectionniste, mais je choisirai de ne plus en être malade. Je continuerai à donner le meilleur de moi-même pour atteindre la perfection, et tirer les gens vers le haut, mais s’ils n’y arrivent pas, ou si je n’y arrive pas, je ne vais plus cogiter pendant des heures sur comment on aurait pu y arriver, autrement. Au contraire, je vais analyser l’effort fourni par rapport au temps passé, en tirer des conclusions, et passer à autres choses.

Geishas & Mont Fuji

Comme je disais ci-dessus, j’ai aussi réalisé mes deux autres rêves : voir les geishas dans la rue à Kyoto, lors d’un spectacle

…et aussi voir le Mont fuji.

Notre Airbnb à Osaka

Notre Airbnb à Osaka ne nous a pas plus plus que ça. Il est mi-traditionnel mi-moderne et donc il a tous les inconvénients possibles : courants d’air, pas de lumière du jour, chauffage presque inexistant, salle de bain minuscule, peu fonctionnel.

Mais l’avantage, c’est d’être en plein centre d’Osaka, avec des centaines de restaurants gastronomiques accessibles à 5mn à pied. Et ça, j’ai beaucoup aimé ! Juste à côté de chez nous, il y a un café où l’on paie à l’heure. On s’est fait refouler plusieurs fois car le serveur croyait qu’on ne comprenait pas le principe du café à l’heure, mais on a dû s’imposer en lui affichant la traduction sur Google Translate « bonjour, est-ce que je peux rester ici xx heures ? ». Donc on y travaille de temps en temps, quand notre appartement nous semble trop froid. On travaille aussi chez Starbucks à Dotonbori, où le 2ème étage ressemble à une bibliothèque géante, et où l’on peut rester pendant des heures. Sinon, on se contente tout simplement de travailler sur notre petite table dans la cuisine.

Pour un pays aussi développé, c’est assez étonnant de ne pas trouver tant de spots Wifi gratuits que ça. A Tokyo, il y en a plus, mais dans le Kansai, ce n’est pas évident. Pour cause, les gens ont tous un pocket wifi sur eux (un wifi portatif propre à chacun), la location de celui-ci est assez chère, et en plus, ce n’est pas vraiment illimité. En fait, la vitesse est maximale jusqu’à xxxGB, et au-delà, la vitesse est proche de 0. Du coup, je vous recommande vraiment de prendre un Airbnb avec connexion filaire, et pas avec un pocket wifi.

Au début, on a choisi Osaka pour ne pas avoir à payer le prix fort d’un hébergement à Kyoto. Mais Kyoto est plus grand que ce que je ne pensais. Il nous faut 1h pour aller d’Osaka à Kyoto puis 45 minutes en bus pour nous rendre à un temple. A ce rythme, c’est trop fatiguant de faire l’aller-retour dans la journée, et nous avons finalement passé beaucoup moins de temps à Kyoto que prévu.

Cependant, rester au Kansai pendant un mois a été une bonne décision : il y a tellement de choses à voir dans le coin et avoir un pied-à-terre à Osaka nous a permis de faire plein de visites en une journée et revenir chez nous, sans avoir à payer cher le logement le soir, ni traîner nos valises dans les transports.

A cause de la salle de bain minuscule, JB et moi passons notre temps dans les bains publics du quartier, pour 3€, c’est comme aller au spa pour pas cher. On peut prendre une longue douche chaude avant de se prélasser dans d’énormes bains à l’eau thermale – et payer un supplément pour accéder au sauna ou le hammam. Au début, le côté nudiste me gênait un peu, mais puisque personne ne matte personne, ça ne me gêne plus du tout.

Le shopping

Je suis redevenue consumériste au Japon. Ça ne plait pas trop à JB 😀 mais tout est trop mignon ici, comme je disais, ils répondent aux besoins qui n’existent pas encore.

Côté cosmétiques, les gens ne savent pas trop, mais les japonaises dépensent plus d’argent en cosmétiques que n’importe quel autre pays européen. Pour cause : leur routine se compose d’une dizaine de produits, et leurs produits sont terriblement efficaces. J’ai donc jeté tous mes produits et remplacé par des produits japonais.

Les vêtements aussi sont très jolis, simples et élégants. Les japonais ont l’air de se vêtir de la même manière. C’est encore plus frappant quand on est dans le quartier business à Tokyo, où l’on regarde de l’autre côté du trottoir et tout le monde attend le feu vert, tous en tailleur, on dirait qu’ils sortent du même magasin.

Bref, passer du temps dans les magasins était mon passe-temps favori. Mais je comprends davantage le sens du bouquin La Magie du rangement – Marie KONDO. La société japonaise est vraiment consumériste, et le tri est indispensable car on a trop de tentations, et trop de possessions pour un petit espace de vivre.

Une grande partie de notre budget est partie dans mes séances de shopping 😀 mais j’ai acheté de quoi utiliser pendant un an. En Corée du Sud, je vais juste renouveler ma garde-robe, promis 😀

2 semaines à Tokyo

Même si on ne travaillait pas beaucoup, en 2 semaines à Tokyo, on n’avait pas vu grande chose de la ville. Etant dans un quartier plus résidentiel, les bons restaurants étaient plus rares qu’à Osaka où l’on était. J’ai certainement ressenti un peu plus de stress à Tokyo, les quartiers sont plus animés, mais à part quelques expériences indispensables pour touristes (Shinjuku de nuit, Tower of Tokyo, sumo etc.) je n’éprouve aucun besoin d’y retourner. Alors que j’ai vraiment envie de retourner vivre à Kyoto.

A Tokyo, nous avons cependant fait pas mal de trucs cool, comme aller à ce point de vue absolument incroyable à Odaiba (c’est aussi un lieu de tournage d’une de mes séries favorites)

Et puis nous avons aussi découvert DisneySea, le plus beau parc Disney au monde.

Budget

  • Osaka : 2003€ pour 36 nuits soit 43€/nuit
  • Tokyo : 935€ pour 13 nuits soit 72€/nuit
  • Restaurants :
    • Bon marché : 650yen à 950yen/personne
    • Très bon restaurant : entre 2000yen et 3000yen/personne (sushi, barbecue, boeuf etc.)
    • Boeuf de Kobe : 80€/personne pour un repas complet (boeuf, riz, soupe, salade, boisson)
  • Transport : nous avons préféré payer au fur et à mesure et ne pas prendre le JR Pass :
    • Métros, trains, shuttle aéroport : environ 35 000 yen/personne pour 1,5 mois
    • Avion Osaka => Tokyo : 64€/personne
  • Sento/Onsen : 440yen/personne pour le sento. Maximum 1200yen/personne pour le onsen

Conclusion

Notre expérience a été plus que positive ! Cela fait longtemps que nous n’avons pas été autant émerveillés.

La prochaine fois, on aimerait être plus près de Kyoto (en réservant beaucoup plus tôt sur Airbnb), ou plus dans le Sud car nous n’avons pas encore exploré cette partie.

Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine.

2 thoughts on “Digital Nomad : Bilan après 1,5 mois au Japon (Osaka, Kansai, Tokyo)”

  1. Vivre au Japon en tant que digital nomad pendant 3 mois ou plus, c’est dans ma « Happy List ». Maintenant, j’ai peur de vouloir y rester alors je décale toujours…

    1. Vas y ! Tu finiras pas repartir à cause du budget 🙂 En tout cas ça va bien te changer du Mexique ^^.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.