Excursion d’un jour à Tahiti (Polynésie Française)

Nous sommes le 8 mai et profitons de ce week-end prolongé avec deux collègues de JB et le frère d’un collègue. Il a un grand pick-up et va nous faire visiter l’île et la presque-île (Tahiti Nui et Tahiti Iti). Heureusement qu’il a une voiture car l’île est immense et on aurait été crevé si on devait faire le tour en scooter. De plus, il a plu énormément la veille et il continue de pleuvoir par intermittence.

A cause de la pluie, l’eau des plages est moins belle que sur les cartes postales, mais en échange, les rivières et cascades ont beaucoup plus d’eau que d’habitude. Je vous amène avec nous. 99% des infos et explications viennent d’A., le collègue de JB qui est tahitien.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Belvédère du Tahara’a

Nous commençons par cette vue splendide au Belvédère du Tahara’a. A cause des arbres, nous ne voyons pas la falaise. Tout en bas se trouve la plage au sable noir Lafayette. On peut y accéder soit par la route (elle est juste à côté d’une route passante) ou en passant par l’hôtel Tahiti Pearl Beach Resort, apparemment très sympa avec plein d’activités (je vais y aller un jour pour vous faire un petit compte-rendu). On voit des lagons de loin mais malheureusement il manque un peu de soleil pour bien voir le côté « paradisiaque » de l’île.

D’ici on voit quelques bungalows en hauteur. Ces bungalows appartenaient à un très vieux hôtel de luxe (années 70-80). A sa fermeture, plusieurs organisations ont tenté de le récupérer mais finalement seulement la moitié a été revendue puis divisée en maisons privées (on peut en louer une pour le week-end), l’autre moitié est à l’abandon. Plus d’infos sur la dame blanche de cet hôtel.

Vous pouvez voir qu’il y a pas mal de villas dans les hauteurs. Comme toutes les petites îles, les routes sont très inclinées et c’est un véritable marqueur social d’habiter en hauteur. Il faut des voitures puissantes et chères pour s’offrir une belle vue. Et il faut changer les freins plus souvent car ils s’abîment plus facilement.

Les maisons avec accès à la plage sont aussi très chères. Elles ne paient pas de mine, sont même très moches et petites, mais coûtent plus cher que les appartements parisiens. Selon la configuration, la plage est presque privatisée pour ces maisons, surtout s’il n’y a pas de servitudes permettant à une personne lambda d’y accéder. Cependant, les maisons qui jouxtent une plage publique ne sont pas les mieux situées. Comme la plage est publique, n’importe qui peut amener sa sono devant la plage de votre maison et y passer toute la journée (et les polynésiens adorent faire ça !). Ainsi, certains propriétaires protègent « leur » plage en mettant des plantes qui piquent, mais ça ne dissuade pas autant.

Dans quelques mois, nous allons changer d’Airbnb et nous serons dans une résidence constituée de bungalows et la plage en face de la résidence est presque privatisée car il est très difficile d’y accéder sans passer par notre résidence sécurisée, je vous dirai ce que ça fait d’avoir une plage « privatisée » à 10 mètres de notre bungalow.

Les servitudes portent souvent le nom des familles car avant, ces terrains appartenaient à une famille, avant d’être divisés et vendus aux autres. Quand on longe la route près de l’océan, on voit tout de suite quelles maisons appartiennent aux français de la Métropole et quelles maisons appartiennent aux locaux. Les gens de la Métropole ont toujours un portail ultra sécurisé, ultra fermé 😀

Plage de la Pointe Venus

Nous sommes déjà allée à cette plage il y a 10 ans mais elle a énormément changé. Il y a plein de places de parking, de tables, de bancs, infrastructures pour y passer toute la journée. C’est le point le plus au Nord de l’île. Il faut cependant faire attention, pour toutes les plages au sable noir, de ne pas se brûler les pieds 😀 De toute façon, je pense qu’en Polynésie, on aura nos aqua shoes à chaque fois car il y a beaucoup de coraux un peu partout, donc le sable noir brûlant ne doit pas trop poser de soucis.

L’eau est particulièrement calme aujourd’hui mais ce n’est pas toujours le cas. Le spot snorkeling est plutôt sur le côté droit de cette photo. On y voit même des pêcheurs de temps en temps.

Cascades de Faarumai

Il commence à pleuvoir un peu quand nous arrivons aux cascades de Faarumai. On n’est autorisé qu’à visiter une seule cascade (sur les trois). Forcément, c’est la plus près, et ça m’arrange bien car il faut juste quelques minutes de marche (faciles) pour y accéder. Elle s’appelle VAIMAHUTA, elle fait 80 mètres de haut mais on dirait qu’elle est beaucoup plus haute que ça car l’eau nous fouette en plein visage alors qu’on est super loin.

les Trois Cascades de Faarumai ne sont pas seulement un spectacle naturel — elles racontent une légende d’amour, de transgression et de métamorphose.

Au cœur de cette histoire vit Faùai, la fille du chef Maruraì, gardée à l’abri du monde et soumise à un tabou : ne jamais adresser la parole aux hommes. Mais un jour, un jeune inconnu nommé Tua pénètre dans la vallée et lui dérobe des fleurs. Faùai crie après lui, brisant ainsi l’interdit. Ce cri d’émotion, aussi doux qu’interdit, condamne Tua à une mort brutale, exécuté par les gardes.

La tristesse de Faùai se mue bientôt en espoir lorsqu’elle croise le regard d’un autre jeune homme, Ivi, un être mystérieux qui n’est autre que le génie de la vallée. Entre eux naît un amour sincère, mais interdit. Ils décident alors de fuir ensemble. Hélas, les gardes les poursuivent impitoyablement.

Dans un ultime acte d’amour et de liberté, Ivi et Faùai se changent en cascades, fusionnant avec la nature pour échapper à leur destin. Une troisième chute d’eau surgit, engloutissant les poursuivants. Depuis, ces trois cascades — Vaimahuta, Haamaremare Rahi et Haamaremare Iti — chantent à qui veut bien les écouter l’écho d’un amour éternel.

Vague de Tahiti – Teahupo’o Wave

Nous roulons longuement jusqu’à la fin de la route de la presque île Tahiti Iti. Au delà, on trouvera des gens qui font exprès de fuir la civilisation car le seul moyen d’accéder chez eux est par bateau.

Au bout du bout du chemin se trouve la vague Teahupo’o. C’est ici que les épreuves de surf des Jeux Olympiques 2024 ont eu lieu. Au loin, vous allez voir une construction métallique destinée au jury des Jeux Olympiques. La construction de celle-ci a fait polémique car elle dégrade les fonds marins. Et la destruction risque de faire encore plus polémique donc on l’a laissée telle quelle. On peut voir deux zones avec vagues et au milieu, le calme absolu (c’est la zone qui n’a pas de coraux). Les bateaux peuvent vous amener vers la zone calme, où l’on peut observer la vague d’assez près, pour 3000Fr/personne. Aujourd’hui, la vague n’est pas très haute mais on peut quand même voir un début de « tube » qu’elle crée avec nos jumelles.

Les bons jours, ça donne ça :

A., nous explique que seuls les excellents surfeurs locaux s’y frottent. Car on peut être à seulement 20cm des coraux et se faire très très mal si on tombe. Face à une vague aussi dangereuse, c’est forcément un tahitien, qui s’y entraîné depuis son enfance, peut gagner aux JO. Même sur d’autres spots de surf sur l’île, il faut avoir de bonnes connaissances du lieu, car les locaux en ont marre de secourir les débutants qui n’y connaissent rien. Donc si vous surfez ici, payez des cours pour qu’un local vous montre les lieux, et une fois habitués, vous pouvez surfer sans crainte.

Sur les lieux, on voit encore des traces des JO, par ex. les anneaux olympiques, et de nombreuses auberges qui étaient full pendant les JO et qui n’ont plus aucun client maintenant. On se demande comment le lieu a pu accueillir les JO car le parking est minuscule et la route n’est pas si large que ça.

Déjeuner

Nous nous arrêtons à Taiarapu, la deuxième ville la plus grande (après Papeete) pour déjeuner dans un snack trouvé au piff. J’opte pour le poisson cru au lait de coco. C’est super bon, c’est entre un tartare de thon blanc et ceviche. J’ai tenté de refaire la même recette à la maison, pour le moment, sans réussite, mais je réussirai. JB et moi aimons beaucoup les tartares et j’ai réussi à faire plusieurs tartares : de bœuf, de coquilles Saint-Jacques, thon rouge… Ca me rappelle un restaurant parisien que j’aimais beaucoup près de la plage de Clichy qui ne vendait que des tartares de boeuf et de poissons. Mais apparemment, c’est trop niche comme concept donc il n’existe malheureusement plus 🙁

Il faut essayer Ma’a tinito la prochaine fois, c’est une recette inventée pour ceux qui veulent vider leur frigo.

A. tente de nous amener au « Trou souffleur » mais l’accès est bloqué (pour travaux je crois). Nous l’avons déjà visité il y a 10 ans, on dirait un geyser mais c’est juste l’effet d’une vague. On a vu l’équivalent, en moins impressionnant, à Bali.

Source de Vaima

On va ensuite à la Source de Vaima, où les locaux se baignent dans une eau cristalline et pas trop froide. Si on va jusqu’au bout, on peut voir deux trous où l’eau jaillit. On peut s’allonger comme dans un jacuzzi. Le point négatif c’est que la place est pleine d’anguilles !!! Elles font 2 mètres de long. J’ai failli m’évanouir quand je les ai vues.

Elles sont considérées comme sacrées donc les locaux jouent avec eux et les nourrissent même avec des sardines. C’est un lieu peu connu par les touristes; il y a des endroits comme ça où les locaux aiment encore garder pour eux et leurs familles, donc si vous y allez, il faut faire très attention quand vous y allez, il faut respecter les anguilles et la tranquillité du lieu. Des fois, il peut y avoir des stands de barbecue, on peut y passer la journée car on est à l’ombre et l »endroit est superbe. Il n’y a pas de vestiaire/douche etc. mais il y a un petit parking.

Je ne savais pas que Tahiti avait tant d’eau. En regardant sur le plan, je me rends compte que l’île a beaucoup de rivières. Une partie de l’électricité est même hydraulique ! Dans certaines villes, l’eau est potable mais il vaut mieux demander en amont à votre proprio si votre appartement a de l’eau potable. Pour ceux qui n’en ont pas, il y a plusieurs fontaines d’eau potable et les gens viennent en chercher avec leurs bidons d’eau.

Grottes De Mara’a

Nous visitons des grottes de Mara’a. Je sais pourquoi on ne les a pas visitées la dernière fois. En voyant les photos, je croyais que c’était des grottes hyper profondes où il faut descendre et explorer avec une lampe, donc j’ai zappé. Mais en réalité, ce sont juste de petites grottes qui ne font pas du tout peur.

Discrètement dissimulées sous une épaisse végétation tropicale, les grottes de Mara’a, situées dans la commune de Paea sur la côte ouest de Tahiti, constituent un lieu empreint de mystère et de spiritualité. Modelées par les forces naturelles au fil des millénaires, ces cavités profondes, partiellement immergées, ont longtemps nourri l’imaginaire collectif des anciens Polynésiens. Leur fraîcheur naturelle, leur silence profond et la densité de la flore qui les entoure ont contribué à forger leur caractère sacré.

Selon la tradition orale, les grottes de Mara’a sont liées à une légende tragique : celle d’Eteturi et Manai, deux pêcheurs qui, ayant enfreint un tabou en consommant une nourriture réservée aux dieux, furent transformés en offrandes humaines. Cette histoire témoigne de la rigueur des croyances ancestrales, où le respect des forces invisibles conditionnait l’équilibre entre l’homme et la nature.

Chargées de mana, énergie spirituelle vitale dans la culture polynésienne, les grottes étaient considérées comme des passages vers des mondes invisibles, des lieux où se concentraient la puissance des esprits et la mémoire des ancêtres. Même aujourd’hui, leur atmosphère humide, la résonance sourde des gouttes d’eau sur les parois et les jeux d’ombres créés par la lumière filtrante entretiennent cette sensation d’irréel, invitant au respect et à la contemplation.

Ainsi, au-delà de leur beauté géologique, les grottes de Mara’a demeurent un témoignage vivant du rapport intime que les anciens Tahitiens entretenaient avec leur environnement : un dialogue sacré entre l’homme, la terre et le divin.

Avant-, celle-ci était pleine d’eau mais il a eu un éboulement et maintenant elle est plein de sable mouvant. N’essayez pas de vous y aventurier, sinon il va falloir appeler les secours.

La grotte d’à côté est pleine d’eau et on n’est pas censé d’y baigner mais les locaux font ce qu’ils veulent hein, ça ne veut pas dire que les touristes sont encouragés à participer aussi. Ici, quand les locaux veulent faire la fête, ils viennent avec les enceintes et la musique est hyper festive, « boum boum », ce qui n’est pas très agréable surtout qu’elle peut commencer très tôt le matin. C’est pour ça que plusieurs résidences que nous avons vues sur Airbnb indique « pas de fête, pas de musique ».

Les grottes sont peu visibles depuis la route de ceinture, car cachées par la végétation, mais celle-ci, la grotte Te-ana-pape-ō-Vai-pōiri, est visible depuis le large et permet d’orienter les pêcheurs, qu’ils soient de Pā’ea ou de Papara, vers l’une ou l’autre passe avoisinante.

Si vous en avez marre des grottes, il suffit de traverser la route et c’est une très belle plage qui vous attend.

Tahiti Resort

Les garçons ont besoin d’une boisson alcoolisée bien fraîche et on se dirige vers l’ancien hôtel Le Méridien qui porte maintenant un autre nom, pour prendre une boisson.

Cet hôtel est le moins luxueux de tous les hôtels qu’on a visités jusqu’à maintenant, mais il a l’avantage d’être très accessible aux non-clients (comme nous), et il a une petite plage avec du sable jaune; et quelques bungalows pilotis. A part ça, le service au bar n’est pas top, nous avons attendu longuement le menu et le serveur. Comme je le dis souvent ici, la différence entre un hôtel 4 et 5 étoiles est dans les petits détails et ça se voit tout de suite.

Même les hôtels 5 étoiles ici correspondent aux hôtels 3-4 étoiles en Asie car le service n’est pas assez attentif et précis. Ensuite, ça dépend beaucoup du talent du General Manager. Je me souviens, quand j’étais dans un hôtel en Asie, il y avait un souci avec la douche, et un des managers est venu avec un homme à tout faire pour réparer. Mais il a aussi remarqué d’autres dysfonctionnements. Cet hôtel doit manquer de process car cela veut dire que personne ne fait le tour des chambres pour remarquer les dysfonctionnements de base, il faut que le client le remarque et le remonte. Et j’avais raison car plus tard, au restaurant de cet hôtel, alors qu’on y restait 3-4 nuits, on nous demandait sans cesse le numéro de notre chambre alors que la base d’un serveur dans les hôtels de ce type est de se souvenir de la tête des clients, au moins pour faire la distinction entre un client qui dort à l’hôtel et un client qui vient juste manger. J’ai lu quelque part qu’un bon manager était celui qui trouvait de quoi faire à son équipe. Si vous êtes dans un travail où vous mourrez d’ennui, c’est que votre boss n’est pas assez compétent – et vous non plus, ne sortez pas de votre scope pour vous trouver de quoi faire.

Bref, nous avons adoré notre tour de l’île. Merci à A. pour toutes les informations et de nous avoir amenés faire le tour de l’île. Nous aurions pu, si le temps permettait, ajouter d’autres belvédères (notamment celui de Taravao) et nous arrêter au Jardin d’eau, ou à une plage de surf. Mais il pleuvait par intermittence, nous les visiterons plus tard. En tout cas, après le repérage à Moorea, je me dis que Tahiti est quand même une super île car il y a une diversité de types de plages que n’ont pas les autres petites îles. Ensuite, c’est quand même intéressant d’aller sur les autres îles pour visiter car chaque île a sa petite spécificité, par ex il est plus facile de nager avec les raies et requins à Moorea qu’à Tahiti, il est plus facile de voir les raies manta à Bora-Bora qu’ici etc. En tout cas, maintenant qu’on est enfin motorisés, on ne s’ennuiera pas à Tahiti.

Partie 2 : Conseils pratiques

Je vous ai donné le plan Google Maps avec les stops ici :

Il faut absolument le faire en voiture car ça fait au moins 3-4h de route.

J'ai testé Claude Code et vous devriez le faire aussi
Conduire un scooter à Tahiti : quel Permis ? Quelle Assurance ? où acheter ?
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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