Bilan des 18 mois de Digital Nomad

Cela fait longtemps que nous n’avons pas écrit de bilan sur le blog. A l’occasion de nos 18 mois de nomadisme digital, j’en profite pour faire un mini-bilan de notre chemin parcouru et surtout les leçons qu’on en tire.

Rappel : Nous sommes revenus en France en Mai 2017 après 11 mois de tour du monde « vacances » et grâce à nos anciens collègues et connaissances qui ne nous ont pas oubliés, nous avons pu signer rapidement des contrats (en SEA et SEO), nous permettant de continuer à voyager tout en travaillant. En 18 mois, nous sommes restés en moyenne 1 mois par pays. Une durée clairement insuffisante pour en profiter pleinement. Depuis quelques mois, nous restons donc 1 mois et demi par pays. Ce n’est ni trop long ni trop court, ça nous permet d’avoir des tarifs mensuels Airbnb intéressants (jusqu’à -50%) mais aussi de partir en week-end prolongé dans les villes à proximité.

Top & Flop Destinations

Parmi les villes que nous avons visitées, nous allons vous donner notre top 4 ainsi que notre flop 3.

TOP 4 : ce sont les villes qui nous donnent vraiment envie de revenir

Cracovie (Pologne)

  • Pourquoi on aime : Cracovie est une ville extrêmement agréable, proche de tout, très calme et jolie. Les polonais sont vraiment très très très gentils, mais encore plus dans une petite ville comme Cracovie. Sentiment de sécurité absolue. On peut laisser son portefeuille sur la table en allant aux toilettes sans se le faire voler.
  • Coût de vie : très bas (on parle de 750€/mois en Airbnb, moitié moins si on reste longtemps, et 3€/repas/personne).
  • Internet : possibilité d’avoir Internet illimité, fibre optique (question à poser aux airbnb). Beaucoup de cafés où l’on peut rester travailler pendant des heures.
  • Pour savoir plus, lisez nos carnets de voyage en Pologne

Osaka (Japon)

  • Pourquoi on aime : une gastronomie incroyable, les japonais sont tellement adorables, gentils, polis. On adore aussi passer notre vie aux onsens et sentos du quartier, une sorte de spa thermal pas cher (3€). Sentiment de sécurité absolue (un vrai monde de bisounours comme on en rêvait). Si je marche sur les pieds de quelqu’un, cette personne va se plier et s’excuser d’avoir été sur mon chemin (j’exagère mais c’est presque ça). J’ai préféré Osaka à Tokyo.
  • Coût de vie : Le logement coûte très cher (70€/nuit) mais on peut manger peu cher si on le souhaite dans les petites cantines (4€/repas/personne). Menu déjeuner très abordable.
  • Internet : fibre optique, mais pas forcément illimité. Il faut s’assurer que son airbnb soit équipé d’une connexion filaire et pas seulement d’une clé 3G. Wifi peu développé dans les cafés.
  • Pour en savoir plus, lisez notre bilan de 1,5 mois au Japon.

Istanbul (Turquie)

  • Pourquoi on aime : richesse gastronomique, richesse culturelle, paysages magnifiques, population adorable, plein de chats sauvages dans la rue. Sentiment de sécurité à toute heure (même en étant femme et marchant seule la nuit).
  • Coût de vie : Pas évident de trouver un bon airbnb à Istanbul car les photos sont toutes moches. Mais nous avons pu en trouver un, trop joli pour 700€/mois. La livre turque est dévaluée, notre pouvoir d’achat est énorme en Turquie en ce moment (vérifiez, ça évolue sans arrêt à la hausse et à la baisse). Plein de petits restos avec plats préparés, on s’en sort facilement pour 2,5€/repas/personne.
  • Internet : pas terrible. Download 4mbps max. Upload 1mbps max. C’est suffisant pour passer des calls et travailler mais ça manque un peu de confort. Plein de cafés où l’on peut travailler et où la connexion est meilleure (mais il faut payer régulièrement des boissons)
  • Pour en savoir plus, lisez notre guide d’Istanbul ici

Hoi An (Vietnam)

  • Pourquoi on aime : la ville est trop jolie, suffisamment grande pour ne pas s’ennuyer, mais suffisamment petite pour tout faire à vélo. Proximité avec plusieurs plages, rizières, proximité avec une grande station balnéaire (Da Nang). Vêtements sur mesure disponibles sous 24h. Nourriture délicieuse et pas chère. La vie y est tellement simple. Excellente sécurité vs les grandes villes vietnamiennes.
  • Coût de vie : 650€/mois dans un hôtel 3 étoiles. Voilà, tout est dit ! Repas à 2€/personne en moyenne.
  • Internet : illimité, haut débit (ADSL mais pas encore la fibre optique partout).
  • Pour en savoir plus, lisez notre guide pour Hoi An ici

Flop 3

Séoul (Corée du Sud)

Pourquoi on est déçu ? Ambiance stressante, bizarre. Pays survendu (rien à voir avec les séries coréennes qu’on regarde). Difficile de trouver de bons restaurants sans parler coréen (Google Maps n’est pas d’une grande aide là-bas). Nourriture beaucoup trop pimentée. Le shopping est cependant très satisfaisant.

Bucharest (Roumanie)

Pourquoi on est déçu ? ville trop moche, nourriture bof. Trop de cat-calling. Sentiment d’insécurité permanente (en tant que femme). On aurait dû aller en Transylvanie en fait.

Chiang Mai (Thailande)

La vie est ultra facile là-bas, la nourriture délicieuse (mais peu variée), les massages pas chers. C’est sympa mais on avait des espérances bien plus élevées et n’a pas compris l’engouement des nomades digitaux pour cette destination (Chiang Mai est considéré comme « la capitale » du nomadisme digital). La ville est plutôt polluée et il n’y a même pas de plage lol.

TOP 10 des expériences (par ordre chronologique)

  1. Visiter le camp de concentration d’Auschwitz en Pologne
  2. Tour du mondes des bains thermaux, hammams : à Budapest (Hongrie), bain de boue à Eforie (Roumanie), onsens et sentos au Japon, jjimjilbang en Corée du Sud, bains turcs à Istanbul
  3. Passer une journée hors des sentiers battus à Angkor au Cambodge
  4. Se faire faire des vêtements sur-mesure à Hoi An au Vietnam
  5. Admirer les cerisiers en fleurs à Kyoto au Japon
  6. Explosion de saveur : Manger du bœuf de Kobé… à Kobé au Japon et déguster un délicieux crabe cru mariné à Séoul en Corée du Sud
  7. Amener notre chat Rosalie en vacances à Trans Sur Erdre en France
  8. Gravir 4 sommets à plus de 4000 mètres au Mont Rose en Italie
  9. Survoler la région du Cappadoce en montgolfière à Göreme en Turquie
  10. Nos 12 jours de vacances en Egypte : croisière de luxe sur le Nil (bateau de 4 personnes), visite des pyramides & des temples

TOP 5 des expériences non planifiées (par ordre chronologique)

  1. Croiser des lecteurs de notre blog par hasard dans un café, après avoir raté lamentablement l’avion à Luang Prabang (Laos)
  2. Expérimenter le 4ème tremblement de terre de notre vie, à Chiang Mai
  3. Croiser par hasard 4 geishas dans un taxi à Kyoto (Japon)
  4. Être entièrement nu, entouré de yakuzas (la mafia japonaise) dans un sento à Osaka au Japon
  5. 6h30 du matin : Se faire marcher dessus par une horde d’instagrammeurs à Göreme (Turquie)

Sightseeing, Boulot, Dodo…

Après 18 mois, nous avons pu mettre en place une petite routine, quelque soit le pays. Nos journées sont organisées ainsi :

  • Moi : je travaille 2 à 3 jours (fixes) par semaine de 9h30 à 18h30. Le reste du temps, je bloggue, j’organise nos visites et week-ends prolongés. Je lis, je m’auto-forme ou apprends de nouvelles langues étrangères.
  • JB : se réveille tôt pour aller au sport. JB travaille quasiment tous les jours (même le week-end) pour ses clients, et s’occupe des démarches administratives pour notre boîte => 4h à 10h de travail/jour. Petite sieste à midi.

Quand il veut faire une pause, on sort visiter un monument, puis on rentre. On part aussi en week-end prolongé (du jeudi à dimanche) quand il y a quelque chose à visiter. Pendant le week-end prolongé, JB ne travaille pas. Nous cuisinons très très peu et mangeons la plupart du temps dans les bui bui ou les restaurants. C’est un choix de notre part, pour découvrir les spécialités locales et ne pas perdre de temps à cuisiner (ce n’est pas du tout notre passion).

Nous sommes beaucoup moins busy qu’avant. Si JB travaille autant, c’est parce qu’il a choisi de le faire. Il aime son travail.
Si je travaille aussi peu, c’est parce que je ne voulais pas travailler plus, même si j’aime mon travail, je veux aussi consacrer mon temps à d’autres activités.

Nous avons finalement pris de « vraies » vacances trois fois, pendant la dernière semaine de l’année (1 semaine), l’ascension du Mont Blanc Rose (2 semaines) et notre séjour en Egypte (12 jours). Le reste du temps, on travaille comme tout le monde malgré notre mode de vie atypique.

Ce que le travail à distance nous a appris

Travailler à distance pour nos clients reste une contrainte. Pour compenser, nous nous imposons une rigueur exemplaire et une réactivité sans faille. Comme par exemple être tout le temps à l’heure pour les calls (c’est con mais beaucoup de gens ne le font pas). Le décalage horaire ou changement d’heure sont aussi à prendre en compte, c’est si facile de se tromper d’une ou deux heures à cause de ça); communiquer clairement sur ce qu’on a fait/pas fait/compte faire…; répondre rapidement et clairement aux mails que nous recevons…

Il faut se montrer plus présent et réactif qu’un freelance lambda qui se trouve en France. Et plus pro & compétent qu’une grosse agence.

Être à distance et être coupé d’une grosse structure, c’est aussi faire plus de veille. Dans une grosse structure, il y a souvent plus de formations et d’échanges. La veille se fait plus naturellement, juste en discutant avec nos collègues. En étant freelance et à distance comme nous, nous devons redoubler les efforts pour être à l’affût de toutes les nouveautés.

En parlant avec des confrères nomades, certains considèrent le nomadisme comme un frein et n’osent pas en parler à leurs clients, mais dans notre cas, nous l’avons toujours considéré comme notre point fort. C’est notre mode de vie, c’est l’ADN de notre société, c’est ce qui nous différencie d’autres freelances. Si ça ne plaît pas à des clients potentiels, tant pis, on n’a pas envie de travailler avec eux 😀

Nos ressources

Depuis notre début de nomadisme digital, nous sommes partis d’un contrat longue durée avec un client chacun (c’est à dire qu’on a de la visibilité sur plusieurs mois), à un contrat longue durée chacun et quelques petits contrats ponctuels à gauche à droite. Grâce à nos contrats longue durée, nous avons non seulement la tranquillité d’esprit, mais aussi la possibilité de choisir les projets ponctuels qui nous intéressent vraiment. Sans avoir la pression de devoir trouver de nouveaux contrats tous les mois. C’est un vrai luxe mais ça reste précaire, nos contrats peuvent être interrompu à tout moment et on peut perdre du jour au lendemain une part très significative de notre chiffre d’affaires. C’est pour cela qu’on s’est créé un « matelas de sécurité » qui nous permets de voir venir quelques mois en cas de coup dur.

Tous les leads proviennent de nos anciens collègues, amis ou connaissances et nous les remercions du fond du cœur. Grâce à leur aide, nous avons pu continuer à voyager et mener la vie que nous avons. Nous avons ainsi la chance de ne pas avoir besoin de faire de prospection commerciale. Merci merci merci !

Comme dans toutes les entreprises, il y a des périodes creuses sans prospects et des périodes où nous recevons 1 lead par jour. En général, rien ne se passe en été, et tout le monde se réveille d’un coup avant Noël.

Nos ressources (net) sont nettement plus importantes que quand nous étions salariés. Cependant, si on prend en compte l’absence de retraite (nous devons la créer par nous-même), les congés non rémunérés, l’assurance santé privée à avoir, l’absence de chômage en cas de pépin, … ça revient presque au même. Mais notre qualité de vie s’est nettement améliorée car nous avons un grand pouvoir d’achat en vivant dans les pays plus pauvres (il faut compter entre 2000€ à 2500€/mois tout compris pour deux en vivant très très bien, weekends prolongés inclus). Cf. le comparatif ici vs. une vie sédentaire

Certes, les trois mois en Corée du Sud et au Japon ont fait un gros trou dans le budget, mais ça a été largement compensé par d’autres pays pas chers comme le Vietnam, le Cambodge ou la Pologne. De plus, en cas de coup dur (perte d’un gros client), on peut facilement réduire nos dépenses en restant plusieurs mois en Asie du Sud-Est.

En résumé, nous gagnons plus ou moins la même chose, en travaillant un peu moins (pour JB), beaucoup moins (pour moi) et en ayant un cadre de vie bien plus cool 🙂

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine.

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