Être Digital Nomad au Nicaragua (Managua, Granada, Leon) : Bilan & Speedtests

Si vous nous avez suivis sur le blog, vous pouvez voir que cette année, nous avons choisi les deux pays « craignos » (dans l’imagination collective) de l’Amérique Centrale pour passer l’automne : il s’agit du Nicaragua et du Salvador. Ces deux pays sont souvent évités par les touristes sillonnant l’Amérique Centrale (qui visitent le Guatemala puis hop, passent directement au Costa Rica).

J’avoue (et je souhaite être honnête avec vous), que l’idée d’y aller m’a fichu la trouille aussi. J’imaginais déjà les routes bloquées, des balles perdues, la guerre civile. Sans les conseils et retours très rassurants de Lauriane, qui est expat et vit depuis 2 ans en Amérique Centrale, je n’aurais même pas fait d’escale dans ces deux pays. Merci les infos alarmistes du ministère des affaires étrangères !

Non seulement elle nous a beaucoup beaucoup rassurés sur la vraie situation de sécurité de ces deux pays, mais en plus, elle nous a donné tellement de bons plans et d’arguments (cf. son interview) qu’on a tout de suite acheté notre billet pour le Nicaragua.

Notre itinéraire

En tout, nous avons passé un mois au Nicaragua. Nous avons vu la lave d’un volcan actif, nagé dans un cratère, dans le plus grand lac de l’Amérique Centrale, observé des oiseaux, séjourné dans deux villes coloniales et passé 40h à apprendre l’espagnol.

Voici notre itinéraire :

Managua

5 jours

Arrivée à l’aéroport depuis Panama City
Carnet de voyage

2 semaines

Déplacement en bus depuis Managua (33 cordobas), chambre privée dans une maison coloniale.
Visites des environs (Masaya, lac Apoyo).
Carnet de voyage à Granada

Granada
Ometepe

3 jours

Faire le tour de l’île en scooter
Carnet de voyage à Ometepe

Leon

Nous ne sommes pas allés à San Juan del Sur mais c’est une destination facile d’accès, et prisée par les backpackers & nomades. Ils ont accès à la plage (côté Pacifique). C’est la destination idéale pour les surfeurs, tout comme Las Penitas. Avant, il y avait un hub de nomades, mais il est désormais fermé car le proprio est parti au Costa Rica suite aux événements de l’année dernière, mais vous trouverez sûrement d’autres logements dans le coin.

Vous pouvez voir un résumé de notre périple ici :

Ce qu’on a pensé du Nicaragua

Si les locaux souffrent encore de la situation actuelle, pour les touristes, il n’y a absolument aucun impact. Et comme nous pensons qu’il ne faut pas punir tout un peuple pour la décision de quelques dirigeants, nous faisons attention à dépenser notre argent aux petits comedors, marchés locaux et/ou les expats qui tiennent des airbnb/hostels et qui ont décidé de rester au Nicaragua malgré la crise politique, sans s’enfuir au Costa Rica ou rentrer aux US, et qui continuent à employer des nicaraguayens.

Nous avons passé du temps dans les plus grandes villes du Nicaragua, et franchement, je me sens beaucoup plus safe qu’en Amérique du Sud. Il y a une douceur de vie qui en émane, et ça me fait du bien de ne plus avoir à penser constamment à ma sécurité et à surveiller mes affaires. D’une part, ça vient de la taille des villes : toutes petites, il y a très peu de monde. Même à Leon, ville beaucoup plus vivante mais on ne se sent pas non plus submergés, avec plein de monde autour et le « danger » de tous les côtés.

Sans compter la gentillesse des nicaraguayens. Je pensais que les colombiens étaient trop gentils, mais on atteint un autre niveau avec les nicas (et on dépasse ce niveau avec les salvadoriens mais c’est une autre histoire). Je pense qu’à la base, ils sont adorables, mais là, avec la difficulté financière et les touristes qui disparaissent du pays, ils sont très contents de voir les touristes revenir. Il est très rare qu’on se fasse arnaquer sur les prix. Bon, nous parlons un petit peu espagnol aussi, ça peut aider je pense. En tout cas, à chaque fois que je demande le prix (que ce soit pour le bus, les fruits ou au restaurant), je paie la même chose que les locaux. Certains vendeurs (2 vendeurs précisément) ont essayés de gratter un peu, mais c’est spécifique à Granada, une ville qui vit principalement du tourisme. Dans les autres villes, on n’a pas du tout le même problème.

Dès l’arrivée du Nicaragua, j’ai été marquée par leur accent, très différent de la Colombie. Je ne comprenais rien du tout et ça m’a vraiment saoulée. J’ai l’impression d’avoir passé 2 mois en Colombie sans faire aucun progrès, j’ai un niveau encore pire que mon premier voyage en Amérique du Sud en 2016 (et mes premiers cours en Bolivie). J’ai profité des tarifs pas chers au Nicaragua (un des plus bas en Amérique) pour prendre des cours d’espagnol : entre 6$ et 7,5$/h pour un cours privé. Disons que la qualité varie d’une école à l’autre. J’ai beaucoup aimé mes cours à Granada (cf. mon avis détaillé ici), alors que ceux à Leon me paraissaient plus une corvée qu’autre chose. Comme je travaille 2,5 jours/semaine, j’ai dû caser les cours dans les « trous » par ci par là pour dégager 2 jours de visite par semaine, ce qui n’est pas beaucoup. Les cours sont assez intenses (4h d’affilé) et après 40h de cours en seulement un mois, je comprends beaucoup mieux l’espagnol mais je suis lessivée. D’où le peu d’articles sur le blog ces dernières semaines, j’étais occupée à conjuguer des centaines de verbes irréguliers au passé simple. Les nicas sont peu habitués aux touristes du coup, dès la 1ère phrase, s’ils se rendent compte que je comprends l’espagnol, ils prennent confiance et parlent de plus en plus vite. Ils omettent certains « s » à la fin du mot, donc il faut écouter souvent l’espagnol nica pour s’habituer au son et à l’accent. La culture indigène n’est pas très présente au Nicaragua donc ils utilisent du vocabulaire espagnol de base, sans trop de mélange avec les langues indigènes (contrairement au Salvador ou le Chili).

Les –

J’ai été extrêmement surprise de constater à quel point le pays est vert et principalement constitué de forêts et de plantes. Nous arrivons à la fin de la saison des pluies et tout est d’une beauté ! Jusque là c’est un avantage mais l’inconvénient c’est la présence des moustiques féroces quelle que soit l’heure. Nous vous recommandons Calamania, un liquide rose à acheter en pharmacie pour calmer les démangeaisons. C’est très efficace ! Heureusement, dès la fin de la saison des pluies, les moustiques sont partis et ne reviennent que le soir.

La 2ème chose que je n’aime pas, c’est de devoir prendre des douches froides / tièdes tous les jours. Disons qu’il fait tellement chaud toute l’année (et l’électricité coûte chère) que les logements bon marché ne proposent pas d’eau chaude. C’est la même chose pour la clim, inexistante (sauf si l’on paie le double). Heureusement, les maisons coloniales sont bien faites et il y a toujours des petits jardins avec des courants d’air rafraîchissants. Si vous avez trop chaud, allez à la plage centrale, asseyez-vous sous un arbre, c’est toujours frais là-bas.

Connexion Internet

Quant au travail, ce dont on avait vraiment peur avant de venir, c’était la vitesse de la connexion Internet, et les coupures d’électricité. En réalité, la connexion Internet est rapide comparée à l’Amérique du Sud (notamment à Managua). Il y a de la fibre optique, même si elle n’est pas aussi rapide qu’en France. Avec la fibre, on obtient maximum 20Mbps descendant ce qui est largement suffisant pour travailler efficacement. Tous les logements ne sont pas équipés de la fibre optique donc l’astuce est de passer par les lieux qui sont faits pour ça : soit le proprio est un expat et sait que le Wifi c’est la vie – soit il a conçu l’hôtel ou le airbnb pour que ça s’adresse au nomades. On peut vous recommander les adresses suivantes (utilisez notre lien Airbnb pour obtenir 25€ de bienvenue).

  • A Managua : 34€ / nuit (lien Booking), fibre optique, plus de 100m² mais emplacement un peu isolé, soit vous commandez vos repas en livraison à domicile, soit vous payez très cher les restaurants pour riches à côté.
  • A Granada : Casa Carina, 10€/jour (lien Booking) : bien située. Il n’y a que des chambres privées avec toilettes partagées (il fait un peu chaud à l’intérieur) mais les tables sont nombreuses pour travailler, et la connexion Internet est la plus rapide de la ville. Pour avoir la clim, vous pouvez payer le double (l’électricité coûte chère)
  • A Ometepe : La Bambouseraie (lien Booking) a une connexion qui déboîte alors qu’on est en pleine nature (fibre optique). C’est un peu isolé le soir (pas de lumière), mais il y a deux restaurants partenaires qui livrent devant votre porte. Pour les nomades qui peuvent se le permettre, c’est le LUXE ULTIME !
La Bambouseraie – île Ometepe (Nicaragua)

Nous venons de passer 3 jours sur l'île Ometepe au Nicaragua – dont une nuit à La Bambouseraie, un ecolodge composé de 4 cabanes – et faisant partie d'un projet de permaculture.Le Nicaragua est très vert, mais l'île Ometepe est encore plus verte. On a l'impression d'être dans la jungle. Les cabanes sont construites principalement en bambou (venant du coin), et le plancher provient des arbres détruits pendant l'ouragan de 2017. Il n'y a pas vraiment de fenêtres, tout est couvert de moustiquaire, ce qui fait qu'on a l'impression de dormir au milieu de la jungle, avec le bruit et la lumière qui vont avec.Cette parcelle, autrefois dédiée à la mono-culture, a été reprise et transformée en un jardin luxuriant, la permaculture permettant d'avoir à la fois des arbres fruitiers mais aussi des plantes médicinales, du bambou (pour les constructions), un sytème d'irrigation optimisée… Cette ferme et d'autres fermes dans le coin proposent des stages de permaculture de 15 jours pour ceux qui sont intéressés. Tout est recyclé et recycable ici, mais le confort reste au top pour nous : douche avec pression, toilettes normales, Wifi au top.. c'est rassurant de voir qu'on peut respecter la nature au max sans avoir à vivre dans des conditions difficiles. Avec un Wifi au top et une cuisine (partagée) ouverte sur le jardin, c'est un lieu idéal pour les digitaux nomades aussi.Le soir même, il pleut des cordes et les insectes sont venus se réfugier dans la cabane aussi (d'où l'importance de la moustiquaire autour du lit), mais ils partent tous dès l'aube. Nous sommes réveillés par les chants d'oiseau. Nous avons opté pour la cabine Palmera, avec vue sur le jardin (et les bananiers), mais il y a deux autres cabines avec vue sur le volcan. Comptez 42$/nuit. Plus d'infos : https://jsdn.fr/ometepe

Publiée par Tour du monde 5 continents sur Dimanche 17 novembre 2019

LE NICARAGUA****************J’ai adoré ce pays, ses habitants, ses paysages… tout est encore super vert en ce…

Publiée par Tour du monde 5 continents sur Vendredi 29 novembre 2019

Coupure d’électricité

Quant aux coupures d’électricité, oui ça arrive de temps en temps mais ça ne dure pas longtemps. Il y a quelques coupures en cas de gros orages, ça nous est arrivé quelques fois à Leon, le soir et ça ne dure que 10 à 20 minutes. A Granada, une seule fois. Cependant, il peut arriver que quand l’électricité reprend, ça repart tellement fort que ça génère une sûr-tension et ça bousille certaines machines. Donc pour être safe, je vous conseillerai de (1) venir juste après la saison des pluies càd à partir mi-Novembre, pas d’orages, c’est frais et tout le pays est tout vert (2) débrancher les prises dès que l’électricité est coupée (3) ne pas brancher en permanence vos appareils hors de prix.

Vitesses de connexion au Nicaragua : les Speedtests

J’ai un peu la flemme de séparer les speedtests de Managua, Granada, Ometepe et Leon donc si cela vous intéresse vraiment, voici les dates de séjour, vous pouvez matcher les speedtests avec les lieux (les speedtests sont réalisés un peu partout, à notre airbnb, aux cafés, aux restaurants ou avec la 4G)

  • Managua : 27 octobre au 1er novembre
  • Granada : 1er novembre au 14 novembre
  • Ometepe : 14 novembre au 16 novembre
  • Granada : 16 novembre
  • Leon : 17 novembre au 27 novembre

Cafés où poser son ordinateur au Nicaragua

Tous ces cafés ont des connexions aux alentours de 1-2Mbps descendants et ascendants, ont des tables et des prises. Ensuite, il faudra compléter avec une connexion 4G si vous avez besoin de passer des calls, le wifi étant un peu juste.

  • Granada :
    • Mansion Chocolate
    • Café à côté de Mi Museo
    • Garden Café
  • Leon :
    • Pan y Paz (la boulangerie française)
    • Manana Manana Cafe
    • Paz de Luna

N’hésitez pas à consulter mes adresses préférées sur ce plan Google Maps disponible ici aussi

Transport

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Nous avons alterné entre les transports locaux et les shuttles pour touristes. Les transports locaux coûtent 10 fois moins chers que les shuttles de touristes. Le confort est à peine meilleur en shuttle. L’inconvénient des bus locaux, c’est qu’ils s’arrêtent souvent prendre des passagers sur le chemin – et il n’y a pas de coffre pour les bagages. Il faut donc mettre les valises ou sacs sur un siège et payer le ticket pour ce siège occupé. La plupart de nos départs et de destinations sont des terminus donc pour monter / descendre les bagages, ce n’est pas compliqué non plus. Nous avons aussi remarqué que les locaux avaient plus de respect pour d’autres voyageurs que les backpackers.

Lauriane a écrit un long article sur les transports disponibles au Nicaragua ici, je vous invite à le consulter

Argent

Deux monnaies circulent au Nicaragua : le cordoba et le dollar américain. Les taux qu’appliquent les locaux pour le dollar américain sont corrects. Si vous venez uniquement avec des dollars, il est possible de payer en dollars, les restaurants vous rendront la monnaie en cordobas. Cependant, c’est un peu plus difficile pour les bus locaux, les comedors, les vendeurs de rue… qui utilisent plutôt des cordobas. Certaines boutiques refusent de prendre des billets de 50US$ ou 100US$.

Nous avons retiré aux distributeurs BAC sans frais avec une mastercard (N26). On peut choisir de retirer en cordobas ou en dollars. Au même distributeur, les cartes VISA (Revolut, Ultim) sont facturées 4$/retrait.

Aux distributeurs BANPRO, les frais de retrait sont de 1,5% du montant retiré. Pareil, vous pouvez retirer en cordobas ou en dollars.

Dépenses

Les dépenses dépendent de la ville.

  • Pour le logement, on s’en sort bien entre 10€ et 30€ par jour pour deux
  • Peu de frais de transport car les villes Granada et Leon se visitent à pied. Les déplacements inter-villes coûtent entre 1$ et 3$/personne en bus local et 15$ en shuttle de touristes.
  • Nourriture :
    • A Managua : on était dans un quartier pour les riches, donc impossible de trouver quelque chose à manger pour moins de 10$/personne
    • A Granada : comme c’est une ville touristique, les comedors sont ouverts seulement à midi (entre 80 et 120 cordobas), nous sommes obligés de dîner dans les restaurants pour touristes et ça devient cher (12$/personne en moyenne avec un rapport qualité / prix très moyen). Préférez cuisiner le soir si vous n’êtes pas fainéants comme nous. Nos meilleures adresses à Granada sont indiquées ici.
    • A Leon : comme c’est une ville pour étudiants, on peut trouver des comedors n’importe quand. Comptez environ 120 cordobas/repas. Nos meilleures adresses à Granada sont indiquées ici
  • Visites :
    • Excursion d’un jour avec David, guide nica francophone : 60$ / personne.
    • Accès au toit de la cathédrale de Leon : 3$
    • Ometepe : 5$ pour Ojo de Agua; 3$ pour la Hacienda; 5$ au Charco Verde; 25$ pour le zipline

Les dépenses détaillées dans chaque ville sont indiquées à la fin des carnets de voyage correspondants. N’hésitez pas à y jeter un coup d’œil.

Conclusion

  • Le Nicaragua est vraiment un petit trésor, à découvrir avant le retour des touristes
  • Le pays est petit, en 1h on passe d’un volcan à la plage, ce qui est très agréable, ça change de l’Amérique du Sud et ses déplacements interminables.
  • Les tarifs sont encore bas et la sécurité est au top pour les touristes (bien évidemment il faut toujours faire attention aux pickpockets, comme on le ferait en France)
  • Selon votre niveau d’espagnol, vous pouvez opter pour des solutions locales ou pour touristes. Ne pas parler espagnol n’est pas rédhibitoire.
  • Les conditions sont réunies pour le nomadisme digital : bonne connexion Internet (Wifi), 3G/4G pas chère au cas où. Les cafés sont vides de chez vides, on peut se poser longuement sans se faire embêter.
  • Nous vous recommandons de venir juste après la saison des pluies (à partir de Novembre), les températures seront plus agréables, le pays sera tout vert et c’est encore la saison basse

Nos articles pratiques

Notre Google Maps personnalisé avec nos adresses préférées est par ici

Notre invitée spéciale Lauriane va mettre d’autres articles de conseils pratiques au fur et à mesure, cette liste n’est donc pas exhaustive. N’hésitez pas à poser des questions directement à Lauriane sur son Instagram si besoin

Pour accéder à tous nos carnets de voyage & les guides pratiques au Nicaragua, cliquez ici

Guide pratique 2020 : les Transports au Nicaragua (Chicken bus, Microbus, Shuttles,...)
Arriver et Sortir du Nicaragua par Voie Terrestre
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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