Apprendre l’espagnol à Granada (Nicaragua)

Depuis ma semaine d’apprentissage d’espagnol à Sucre en Bolivie il y a 2 ans, je n’ai plus pris de cours d’espagnol. Uniquement des cours via des applications dont je vous ai parlé ici.

Du coup, le progrès ne dépend que de moi. Avec mes activités de nomad digital (pour gagner ma vie), l’espagnol est… comment dire, ma n-ième priorité. Je me suis rendu compte que j’avais perdu beaucoup de vocabulaire et que ma compréhension orale était catastrophique, malgré notre séjour, après le 1er tour du monde, à Séville et en Colombie. Je me suis renseignée sur les cours d’espagnol en Colombie et les tarifs m’ont fortement découragée (12$/h – cours privé).

Mais à Granada (au Nicaragua) où nous sommes actuellement, les tarifs sont parmi les moins chers de l’Amérique Latine, à savoir 6$/h (cours privé), comme à Sucre (Bolivie), donc je me suis inscrite, malgré notre séjour assez court et mon emploi du temps chargé.

Spanish Dale Language School

Il y a plusieurs écoles à Granada mais j’ai préféré Spanish Dale Language School pour le cadre : les cours se déroulent au sein de la Mansion de Chocolate. Et le fait d’être étudiant là-bas me donne une réduction de 10% sur tout (massage, piscine, café…) 😀

Il n’y a pas de salle de classe proprement dite, je m’assois dans le grand couloir, à côté d’un petit jardin verdoyant, mais c’est mieux ainsi – car il y a un peu de vent (+ le ventilo) et le jardin est très agréable. Le seul inconvénient, ce sont les moustiques, mais quand ils sont trop féroces, la prof me donne elle-même un produit anti-moustique ahahha

Comme partout en Amérique latine, ils aiment bien proposer 4h de cours par jour (jusqu’à 6h/jour si l’étudiant est très très motivé) et vendent souvent des packs de 20h – ce qui correspond à 5 jours de cours. Bien évidemment, on peut prendre 2h à 3h de cours par jour – mais ça risque de passer trop vite.

Et la plupart des écoles proposent des prix pour « cours uniquement » ou « en totale immersion » càd que vous êtes logé(e) en homestay – en général chez quelqu’un qui ne parle qu’espagnol, en pension complète (ou non).

L’offre « totale immersion » chez Spanish Dale Language School est super intéressante car pour seulement 100$ de plus par semaine, vous avez droit à une chambre privée & pension complète. C’est super économique d’autant plus que Granada pullule de restaurants hors de prix.

Comme JB ne prend pas de cours et que mes cours sont parsemés par ci par là, c’est plus simple pour nous de payer uniquement 20h de cours pour moi; et nous loger ailleurs (pour 10€/jour une chambre double). Mes 5 jours de cours sont étalés sur 2 semaines, me permettant de travailler entre temps et visiter les environs de Granada.

L’espagnol nicaraguayen

Habitués à l’accent colombien, je suis un peu surprise les premiers jours au Nicaragua car ils parlent avec un tiers d’octave au-dessus des colombiens et certains s ne sont pas prononcés (les s à la fin : par ex. más o menos se transforme en ma o meno). Et ils ont l’air d’articuler moins bien que les colombiens. Etant moins habitués de voir des touristes, ils font moins d’effort.

Mais heureusement que ma prof articule bien, parle lentement et fait attention de prononcer toutes les lettres. Ça donne au moins une impression de progrès – car c’est l’une des seules nicaraguayennes que je comprends ahahah

Pendant les 4h de cours, on alterne entre la conjugaison des verbes (présent, passé, futur, imparfait) et discussion (utilisant ou non les verbes fraîchement appris). C’est surtout l’occasion pour moi de me réhabituer aux sons hispaniques, et lui poser toutes les questions que je veux sur le Nicaragua.

De quoi parle-t-on en cours ?

Ma professeure vit à la campagne et ça a l’air d’être un petit paradis. En dehors des cours d’espagnol, elle élève deux types de poulet : le pollo artisanal (tout petit, qui se vend non-congelé, au marché, déjà tué) et le pollo indio (poulet fermier, qui se vend vivant). Chez le boucher, on trouve surtout du poulet industriel, congelé et ce n’est pas bon du tout.

Je suis une fan absolue du poulet fermier (celui du Vietnam est le meilleur au monde et cela fait longtemps que je n’ai pas été au Vietnam), du coup je lui ai posé plein de questions sur l’élevage, sur la nourriture à donner aux poulets etc. Elle me dit qu’elle élève de nouveaux poulets fermiers en début d’année car après un an, ils sont suffisamment gros pour être vendus en Décembre. Elle aura ainsi un meilleur prix et pourra au moins rentabiliser toute la nourriture qu’elle leur donne à manger (ils mangent mieux que moi j’ai l’impression).

C’est LE plat indispensable à Noël au Nicaragua. Ce type de poulets se vend toujours vivant, pour que ce soit frais. Et au Nicaragua, tout le monde, mais absolument tout le monde sait tuer et déplumer un poulet (je vous assure que je lui ai posé la question plusieurs fois de peur de ne pas comprendre correctement).

Devant mon air ébahi, elle m’affirme que les nicaraguayens savent tout faire et surtout ceux dans la région de Masaya font des produits artisanaux magnifiques, travaillent du bois pour faire des tables trop trop belles, et des hamacs très complexes mais qui ne coûtent pas trop chers.

A la campagne, l’eau du robinet ne coule que 2 à 3 fois par mois. Elle est donc équipée d’un énorme bassin fermé qui permet de récupérer l’eau pour tout le mois. La douche se prend bien évidemment avec un seau (pas de pression pour avoir une vraie douche) et l’électricité est hors de prix. En-dessous d’un certain seuil, elle paie un tarif économique, mais il suffit de dépasser ce seuil pour que les tarifs soient doublés. Ainsi, au Nicaragua, tout le monde fait très attention à économiser de l’électricité et n’allume la lumière que quand c’est vraiment nécessaire. A Granada, l’électricité coûte encore plus chère qu’à la campagne. D’ailleurs, c’est pour ça que de nombreux hôtels nous donnent deux prix : prix très économique si on se contente d’un ventilo dans la chambre ; et le prix doublé si on veut bénéficier de la clim.

Il y a des projets permettant de récupérer l’eau de pluie – car certaines familles, trop pauvres, ne peuvent pas se construire de bassin. Mais l’eau de pluie favorise le développement d’algues et est un nid à moustiques – donc certains projets viennent en aide pour offrir l’infrastructure nécessaire afin de filtrer l’eau de pluie pour eux.

Avant, dans les années 80, il y avait un train qui desservait les grandes villes et les petits villages. Mais il a cessé de fonctionner suite à la guerre civile puis l’embargo américain. Les rails ont été volés et pour se rendre aux petits villages, il faut maintenant prendre 2 bus. Pour aller jusqu’à l’école à Granada, ma prof doit prendre 2 bus, ce qui lui fait 4h aller-retour chaque jour. Si on ajoute les 8h de cours qu’elle doit donner aux étudiants, ça fait une très très longue journée.

Son fils a reçu une petite bourse pour aller à une école informatique, mais en échange il doit se lever à 4h30 pour prendre le bus scolaire qui l’amène aux cours – qui commencent à 7h. Le samedi, il doit en plus faire du bénévolat dans un hôtel, ce qui fait qu’il n’a quasiment aucun repos. Ses autres enfants vont à une école plus près et comme tous les enfants nicaraguayens, aident beaucoup à la maison, que ce soit pour le ménage, la cuisine ou le jardin. Elle me dit qu’ici, il n’y a pas de « prince » ou « princesse », tout le monde bosse. Par contre, il est de coutume que les parents donnent à chaque enfant une parcelle comme héritage – et avec les nombreux enfants qu’a chaque famille, la tâche n’est pas facile.

Il semble que les nicaraguayennes deviennent mamans très tôt : 16-17 ans et beaucoup sont mamans célibataires, ou vivent avec leur copain sans se marier. Le mariage n’est plus une option très populaire. Et les hommes ont l’air assez libres, l’adultère est monnaie courante. L’amitié homme-femme n’a pas l’air d’exister, du coup les étrangères célibataires qui viennent ici et se lient d’amitié avec les nicaraguayens, ne sont pas bien vues par leurs copines, elles sont souvent jalouses et ne comprennent pas cette notion d’amitié platonique.

Deux monnaies circulent au Nicaragua : le cordoba et le dollar américain. Il y a beaucoup de choses qui sont importées et le cordoba fluctue tellement que les gens préfèrent échanger en dollars. D’ailleurs, dans les restos touristiques, les prix sont souvent indiqués en dollars et convertis en cordobas avec le taux du jour. Devant les banques, dans la rue, il y a toujours des hommes, super mal habillés, mais avec des liasses de cordobas et de dollars dans la main – c’est leur version de bureau de change. Ma prof me dit que ce type de « bureaux de change » est très safe, d’ailleurs, on a vu plein de locaux échanger de la monnaie de cette manière aussi.

Mon avis

J’aime bien l’ambiance relax qui règne lors des cours. C’est très fatiguant de travailler et apprendre l’espagnol en même temps mais une fois sur place, je retrouve de l’énergie et je passe un bon moment, j’apprends des choses et j’ai plus l’impression de discuter avec quelqu’un que d’être en classe.

Je n’ai clairement pas beaucoup de temps pour les devoirs à la maison, c’est pour ça que ma prof ne m’en donne pas. Comme les cours ont lieu l’après-midi, le matin, je m’accorde juste 2-3 heures à réviser ce qu’on a appris au cours précédent et j’essaie de tout mémoriser. Mais c’est assez dur. En 3 cours, j’ai dû apprendre à conjuguer plus de 280 verbes irréguliers, et je ne connais pas 2/3 d’entre eux.

Ce que j’aime beaucoup, c’est qu’elle ne me laisse pas faire de fautes. Même s’il faut me corriger toutes les 3 secondes, elle n’hésite pas. Elle comprend un petit peu l’anglais, mais ne l’utilise que pour expliquer la signification d’un mot – dont je n’arrive pas à comprendre le sens, même avec l’explication en espagnol.

Ça me motive pour continuer à prendre des cours, au moins à Leon au Nicaragua. Si au Salvador, les tarifs sont trop élevés, j’essaierai de prendre des cours en ligne (mon école les propose aussi).

En tout cas, je vous conseille vivement d’opter pour les cours d’espagnol sur place, car cela permet non seulement d’apprendre mais aussi de poser toutes les questions que vous voulez aux locaux. Si vous pouvez, un cours pour deux avec immersion totale serait idéal.

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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