Sucre (Bolivie) : une semaine pour apprendre l’espagnol

Sucre, la ville blanche, est renommée dans le monde entier pour ses cours d’espagnol. Sucre abrite aussi la meilleure université de la Bolivie qui attire même beaucoup de brésiliens et argentins.

Sucre est la capitale bolivienne mais cette jolie ville est en froid avec le gouvernement actuel, qui préfère La Paz. Comparée à La Paz ou Santa Cruz, Sucre a des airs de campagne, tranquille, tradi, très agréable à vivre et pas trop polluée.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

12h depuis La Paz

Nous prenons un bus cama (El Dorado) depuis La Paz à 19h et arrivons à Sucre vers 7h. Le bus s’arrête près du centre-ville pour décharger quelques colis. Nous en profitons pour sortir tout de suite, car nous ne sommes qu’à 2Km de l’auberge, et le terminal de bus est beaucoup plus loin.

La réceptionniste de Travelers Guesthouse nous reçoit en disant que le prix que nous voyons sur Internet (6$ pour deux) est une erreur de Booking, ainsi nous devons payer le double etc. L’auberge n’étant pas super bien située, nous préférons annuler la réservation et chercher une autre auberge.

Même si les auberges indiquent « réception 24/24 », ce n’est pas toujours le cas, surtout un dimanche. Ainsi, à 7h, on a dû marcher un peu pour trouver une autre auberge ouverte : Joy Ride Hostal. Nous sommes les seuls clients de l’hôtel. Le réceptionniste parle aussi vite que les chiliens, sans articuler, c’est très difficile à comprendre. Je dis à JB : « je t’avais dit que j’avais besoin de cours ».

Cours de langue

En effet, si nous sommes ici, c’est pour que je puisse prendre une semaine de cours d’espagnol. Toutes les écoles de langue étant fermées, sauf l’école The Bolivian Spanish School qui est nichée au sein de l’auberge Colors Hostal. Cette auberge a une école de langues, un restaurant (très fréquenté à midi pour son menu délicieux à 25$B) et une agence de voyage.

Le rdv est pris pour commencer les premiers cours le lendemain, puis s’engager sur 4 autres jours si les premiers cours sont concluants. Je choisis de prendre 4h de cours le matin (de 8h30 à 12h30) comme ça j’aurai l’après-midi libre.

Sucre est une ville étudiante. Le week-end, il n’y a personne dans la rue, c’est très agréable de découvrir cette ville le dimanche, avant de voir la réalité des choses quand les voitures reviendront dans la ville dès lundi.

Lundi, je commence 4h de cours avec ma prof Mirina. Les 4h passent très très vite même si elles sont intenses. Pour pouvoir dormir un peu plus longtemps le matin, je décide de venir m’installer à l’auberge de l’école. De plus, ça me permet d’avoir un bon petit déjeuner juste avant les cours.

Lors de ces 20h de cours réparties sur 5 jours, ma prof me parle beaucoup de la culture bolivienne, de la perception des boliviens et aussi des plats à goûter absolument à Sucre.

Contrairement à ce que je pensais, le fait de s’habiller de manière traditionnelle est associé à la campagne, au « démodé », pouvant porter à la discrimination. La forme et la manière de porter le fameux chapeau melon bolivien en dit long sur la situation matrimoniale de celles qui le portent. Et le quechua, comme l’habit traditionnel, sont devenus une « honte », les jeunes nient qu’ils comprennent le quechua, ne voulant pas être considérés comme des campagnards, ou « indigènes ».

Elle me confirme aussi la difficulté à inscrire son enfant à une bonne école. Si bien que les écoles font appel maintenant au tirage au sort pour choisir ses élèves. L’université ne coûte pas chère (209 bolivianos pour une année), mais l’école primaire privée peut coûter 700 bolivianos par mois. L’école demande aussi que les élèves achètent un certain type de cahiers ou de stylos, ayant des partenariats avec des fournisseurs de matériels scolaires.

Elle m’explique aussi l’absence des dortoirs en Bolivie par la pudeur des boliviens qui n’aiment pas partager une chambre ou la salle de bain.

Je pense que je ne pourrai pas re-raconter tout ça en espagnol, mais je ne sais pas comment pendant ces longues conversations, j’étais capable d’en comprendre le contenu, alors que nous échangions très peu en anglais et avec très peu de gestuels.

Après ces 20h de cours, je réécoute les conversations disponibles sur l’appli MosaLingua ou sur les podcasts, que j’ai eu mal à comprendre il y a encore quelques semaines, et l’avant/après est incroyable : maintenant je comprends beaucoup beaucoup mieux.

Note : J’ai écrit un article plus complet sur mon apprentissage d’espagnol ici si ça vous intéresse.

Notre agenda

En seulement une semaine, nous arrivons à établir une petite routine, comme si nous vivions ici depuis des lustres. Tous les matins, je vais à mon cours de 4h. Comme JB ne prend pas de cours d’espagnol, il prend un bus local pour aller à sa salle de sport et revient vers 12h30 pour déjeuner avec moi au mercado central.

Après le repas principal (entre 10 et 15$B), nous descendons au rez-de-chaussée du marché pour prendre un jugo natural (entre 5$B-6$B) ou une salade de fruits pour JB.

Ensuite, je me repose pendant que JB travaille sur l’ordi, à la terrasse de l’auberge. Je dédie 1h à 2h aux exercices à la maison que me donne ma prof. Le reste du temps, je regarde les DVDs piratés que j’achète au marché (pour 5$B), en anglais par contre 🙂 Dans la chambre, nous avons un lecteur DVD, c’est cool !

Le soir, comme le marché ne propose que des plats super consistants, nous allons plutôt aux restaurants touristiques : resto français, belge… proposant des plats entre 40$B et 90$B… ou le resto appartenant à l’école/l’auberge, au rez-de-chaussée.

Nous rentrons ensuite à l’auberge pour manger des fruits achetés au marché à midi. Les vendeuses de fruits au marché sont super commerciales, elles nous font toujours goûter tout un tas de fruits pour qu’on se sente obligés d’acheter. Il faut toujours négocier avec elles car elles ont tendance à doubler le prix. Mes fruits préférés sont : des goyaves super mûres (je n’en trouve plus au Vietnam, cf. la photo)…

…des caramboles (un peu acides par contre), les mangues (quand c’est la pleine saison, ça ne coûte que 1$B/mangue). Les avocats existent dans toutes les tailles, mais les meilleurs sont les plus petits (5$B pour 3). Il y a d’autres fruits exotiques comme le tumbo (dont les graines ressemblent aux grenades) et un autre fruit dont l’intérieur ressemble à une mandarine allongée.

Après 8 mois de voyage, ça fait du bien de rester une semaine au même endroit, ça fait du bien à JB qui est très fatigué de nos déplacements incessants.

Visite

Les cours me pompent BEAUCOUP d’énergie. Après 5 jours, je suis lessivée, je pense que une semaine est suffisante. Je n’aurais pas pu tenir plus longtemps, ou alors il aurait fallu diminuer le rythme. D’autres élèves (notamment les débutants) sont plus courageux et font 6h de cours/jour pendant 2 semaines.

Après avoir reporté plusieurs fois à cause de ma paresse, nous arrivons enfin à visiter le cimetière de Sucre, considéré comme l’un des plus beaux de l’Amérique du Sud (on verra si c’est aussi joli que celui de Buenos Aires). La partie ancienne est très jolie, mais la partie moderne est comme celui de La Paz : un mini bâtiment avec plusieurs étages de cercueils. Plusieurs chiens y ont élu domicile. Par ailleurs, quand nous y sommes allés, nous avons vu un chien attendant l’ouverture du cimetière à 14h. Dès l’ouverture, il s’est levé et a visité le cimetière avec nous.

Notre lieu préféré est la Plaza 25 de Mayo où il y a toujours du monde. Beaucoup de profs d’espagnol emmènent leurs élèves là-bas pour pratiquer l’espagnol avec les locaux. Le soir, les boliviens s’y retrouvent pour papoter, danser… La place est très jolie avec de nombreuses fontaines, et de jolis édifices entourant la place.

Vendredi soir, comme toutes les semaines, l’école organise une petite activité pour les étudiants, profs et clients de l’auberge. Cette semaine, nous aurons des pizzas faites maison. On mettra tous la main à la pâte, littéralement. Ca cause en anglais, en espagnol, en body language 🙂 Au final, on aura fait 12 pizzas, 30 bolivianos chacun.

Nous aurons droit aussi à une pluie torrentielle avec de la grêle. Les rues en pente se transforment en torrents, c’est très impressionnant (et assez rare d’avoir de la grêle comme ça en plein été).

Nous avons adoré Sucre, c’est une ville agréable à vivre, très jolie et vivante mais elle n’est pas polluée comme Potosi ou La Paz. Malheureusement, c’est aussi la ville où l’on voit le vrai visage de la Bolivie, où la pauvreté est omniprésente : des mendiants, des enfants dessiner (très mal en plus) en craie sur les trottoirs en espérant gagner quelques sous, des personnes passant d’un stand à l’autre au marché pour récupérer les restes de nourriture, des gens attendant toute la journée dans la rue juste pour vendre quelques graines (et gagner au max 3 bolivianos)… C’est un crève-coeur. Gardez quelques sous pour donner à ces gens là quand vous serez à Sucre.

Et pour terminer sur une note plus « joyeuse », voici quelques captures des commentaires d’un compatriote ayant ouvert son resto à Sucre. On est tombé dessus en cherchant un resto français 🙂 Si vous voulez vous faire insulter, allez chez Le P’tit Parisien à Sucre !

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Transport : 180$B La Paz – Sucre en bus de nuit, chaise cama avec El Dorado
  • Cours d’espagnol chez The Bolivian Spanish School, à l’auberge Colors Hostal : 40$B/h, cours privé (tarif réduit car j’ai pris 20h, sinon c’est 45$B/h)
  • Hébergement chez Colors Hostal :
    • 140$B une chambre double (tarif réduit car j’ai pris des cours en espagnol au même lieu, sinon c’est 160$B)
    • ou 55$B un lit en dortoir
  • Nourriture :
    • Au marché : 10-15$B/plat. Le chorizo chez « 7 de lunares » est le meilleur du marché, à essayer (1er étage à gauche de l’entrée)
    • Aux restos touristiques : entre 40$B – 90$B. Je vous recommande vivement le resto français à l’Alliance Française. La viande est délicieuse !
    • 5$B le jus pressé
    • 8$B à 10$B la salade de fruits
  • Fruits :
    • entre 1$B et 10$B la mangue (selon la saison)
    • entre 20cents et 1$B la goyave (selon la saison)
    • 5$B pour 3 petits avocats. Sinon c’est entre 7$B et 10$B pour un énorme avocat
  • Autres :
    • 5$B un DVD
    • Lessive : 7$B/kg
    • Shuttle vers l’aéroport : 8$B/personne

Astuces

Mes conseils pour apprendre l’espagnol en un mois sont ici. L’accent à Sucre est le meilleur, il vaut mieux apprendre l’espagnol ici, et non à Santa Cruz où le « s » n’est pas toujours prononcé.

Si vous venez de la Paz, assurez-vous que votre bus passe par Potosí (la route est meilleure).

Pour partir de Sucre, vous pouvez aller à Cochabamba, à Potosi, à Uyuni ou à La Paz en bus. Cependant, la route de Sucre à Santa Cruz est horrible, elle est très très mauvaise. Il vaut mieux prendre l’avion (pour 200-300$B/personne).

Epic fail à Santa Cruz (Bolivie)
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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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