Kanazawa : cérémonie de thé & Geisha [Road trip au Japon #6]

Kanazawa est un stop important de notre itinéraire. C’est pour ça que nous y restons 2 nuits.

Ce carnet de voyage fait partie d’une série de carnets sur notre road trip au Japon. Si vous avez raté les épisodes précédentes, voici les liens : l’itinéraire, carnet #1, #2, #3, #4, #5

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Jour 4 du road trip (suite)

Nous quittons les villages aux toits de chaume et roulons non-stop jusqu’à Kanazawa. Cette ville est considérée comme un « mini-Kyoto », elle garde des traces des samurais, des geishas (appelées geiko à Kanazawa). Il est encore trop tôt pour faire le check-in à l’hôtel, nous nous arrêtons tout d’abord au quartier des samurais (Nagamachi District).

Nous nous débrouillons très mal pour trouver un parking et pensons à tort, qu’un parking avec des « boîtes qui se soulèvent » est uniquement aux résidents. Heureusement, on trouve très vite un parking au sous-sol d’un centre commercial et marchons jusqu’à Nomura-ke Samurai Residence ou « samurai house », appartenant à la famille Nomura.

La famille a successivement occupé des postes de direction de génération en génération sous le règne de la famille Maeda. La maison possède un plafond à caissons entièrement en cyprès du Japon et des fusuma-e (peintures sur panneaux de portes coulissantes) créées par le peintre personnel de la famille Maeda. Le jardin à l’intérieur de la résidence abrite un poirier du Japon de plus de 400 ans et un ruisseau sinueux entouré de roches anciennes et étrangement façonnées.

A l’étage se trouve une tea house. Quand personne ne commande de thé, les touristes peuvent visiter et voir le jardin d’en haut, mais il suffit de vous adresser à une dame qui se met devant une petite affiche très discrète, « matcha tea » 300yen et elle vous privatisera une petite salle. Ainsi, en payant juste un petit peu, nous pouvons être tranquilles dans une salle privée avec vue sur jardin. Les autres touristes ne comprennent pas trop le pourquoi du comment de ce traitement spécial, alors qu’il leur suffit également de prendre un thé comme nous.

Il reste très peu d’objets de samurai, on y trouve quelques belles épées et une armure. Le point fort de cette maison est probablement le jardin, il est petit mais extrêmement intéressant et il y a quelques places pour s’asseoir et admirer le jardin d’en bas. Malheureusement elle est très fréquentée et ça peut devenir désagréable. L’accès coûte 550yen/personne, paiement en cash uniquement.

En face de la maison samurai se trouve une pâtisserie et nous comprenons très vite que les desserts pour touristes à Kanazawa auront tous des feuilles d’or dessus, y compris les glaces.

Nous nous promenons un peu et visitons des boutiques vendant des céramiques, certains sont décorés à la main. il y a une autre maison dont seul le jardin nous est ouvert. Ce quartier se visite assez rapidement.

Musée de la feuille d’or

Cette fois, nous comprenons le principe du parking à Kanazawa (dont je vous parlerai plus bas) et pouvons nous garer à 10 mètres du musée de la feuille d’or. Je m’intéresse aux feuilles d’or depuis que je cherche à dorer les tranches de mes livres. J’ai acheté plusieurs livres avec des tranches dorées et seules celles dorées aux véritables feuilles d’or selon la technique traditionnelle peuvent garder leur couleur et surtout leurs propriétés pour plusieurs centaines d’années. De plus, en dorant les tranches, surtout la tranche de tête, on peut nettoyer le livre plus facilement. J’ai vu plusieurs vidéos sur la fabrication semi-manuelle de ses feuilles au Japon et ce musée fait bien évidemment fait partie de mon itinéraire puisque 98% des feuilles d’or du Japon sont encore fabriquées à Kanazawa. Voici une description du musée sur leur site officiel :

L’or, métal précieux et rare, a toujours fasciné les hommes par sa beauté et son lustre éternel. Comparé aux autres métaux, il est doté d’une exceptionnelle extensibilité qui lui permet d’épouser facilement la surface d’autres objets, d’où son utilisation en feuilles dans de nombreux secteurs, notamment la décoration architecturale et les objets d’art. Presque toutes les feuilles d’or produites actuellement au Japon sont fabriquées à Kanazawa. Le musée est dû à l’initiative d’un artisan de la feuille d’or, Yasue Takaaki (1898~1997), qui fit construire le premier musée de la feuille d’or dans le quartier de Kita-yasue pour transmettre aux générations futures « la fierté des artisans de la feuille d’or et tout ce qui la légitime « . Le musée abritait des œuvres d’art et des outils. Pour qu’un plus grand nombre de personnes puissent en profiter, le musée a été transféré dans le quartier d’Higashiyama à l’automne 2010. Le souhait est de voir les visiteurs apprécier la profondeur infinie de la feuille d’or, son éclat intense, et tous ses charmes, mais aussi sentir la ferveur avec laquelle les artisans se sont appliqués à continuer à la produire.

Les feuilles d’or sont tellement fines qu’à partir d’un équivalent de 50yen en or, on peut étaler jusqu’à 1,6m² en feuilles d’or !! soit 1/10000mm d’épaisseur !

Le musée est très amusant. Il y a des traces de pas un peu partout. Celles-ci par exemple font penser à une flaque d’eau provenant d’un parapluie, un chat a marché dessus et a laissé ses traces. Il y a des traces de pas similaires dans les toilettes, c’est mimi. Arrêtez-vous au RDC pour regarder la petite vidéo explicative en anglais sur la fabrication des feuilles d’or.

Pour fabriquer des feuilles d’or, il faut marteler continuellement. Les petits morceaux d’or sont coincés entre deux feuilles de papier faites main. Le principe de fabrication manuelle de papier est assez similaire partout dans le monde, je vous laisse consulter cet article et celui-ci.

Kamijikomi – La fabrication du Haku-uchigami Tout d’abord, un mélange de lessive composé d’eau et de cendres de paille de riz est mélangé avec du tanin de kaki et des œufs. Ensuite, un type de papier japonais artisanal, appelé Ganpishi, est trempé dans ce liquide. Ensuite, l’excès d’humidité est pressé hors du papier et les bords sont alignés pour être martelés par l’Aku-uchiki (une machine pour marteler le papier et la feuille d’or). Le papier colle ensemble sous les coups de marteau, puis les artisans les décollent un par un. Ce travail est appelé Tekazu et doit être répété de nombreuses fois jusqu’à ce que le papier ne colle plus les uns aux autres. Lorsque le processus de Kamijikomi est complet, le papier sera appelé Haku-uchigami ; le papier utilisé pour le processus de martelage de la feuille d’or.

Ensuite, l’or est déposé en petite quantité entre deux couches de feuilles et martelé jusqu’à ce que ce soit ultra fin. Les feuilles d’or seront ensuite découpées pour que ce soit bien carré.

Je vous montre une vidéo du processus, trouvée sur YouTube :

Pour découper les feuilles d’or au bon format, on peut le faire avec cet outil…

ou en utilisant cet outil (la 2nde méthode est préférée de nos jours). Le coussins aux feuilles d’or est également spécial, pour que les feuilles d’or ne s’y collent pas. Pour effectuer ce travail délicat, il ne faut surtout pas éternuer, ni respirer trop fort.

Je vous montre une vidéo, elle ne vient pas de moi :

Les outils utilisés pour dorer les objets ne sont pas montrés ici, puisque ça fait sûrement partie du travail d’autres artisans : doreurs de livres, doreurs de bois, doreurs de laque etc. mais les outils sont assez universels d’après mes recherches et même la colle (le liant) semble être universelle : colle de peau de lapin !

Nous sommes juste à quelques minutes d’un quartier de geiko (il y en a 3 dans la ville) et en profitons pour le visiter un peu. Les objets de souvenirs sont tous dorés et mes parents m’ont offert des chutes de feuilles d’or. Puisque je n’ai pas les outils nécessaires pour la dorure, je vais juste utiliser des chutes pour mes tranches, ce sera moins cher et moins compliqué pour moi. Si vous êtes intéressés par des cours de dorure (sur laque), j’ai vu qu’il y en avait chez Kanazawa Katani mais aucune idée comment s’inscrire, combien ça coûte etc. à vous de vous renseigner.

Notre pauvre chauffeur JB est trop fatigué pour continuer la visite, nous allons ASAP à l’hôtel et profitons du confort de l’hôtel (lien Booking) ainsi que son onsen le reste de l’après-midi, avant de dîner dans un ramen. A côté de notre hôtel se trouve la gare de Kanazawa, une des plus belles du Japon. Il y a une petite montre qui affiche l’heure à l’aide des jets d’eau.

Parking

Juste un petit mot sur le parking : à Kanazawa, il y a beaucoup de parkings avec une sorte de boîtier sur chaque emplacement. En fait, il suffit de garer sa voiture. Aucun ticket ne sera donné. 3 minutes après, le boîtier se soulèvera pour bloquer la voiture. Et quand on veut la récupérer, il suffit d’entrer le numéro de sa place de parking, appuyer sur le 4ème bouton sur la droite, la machine indiquera le montant à payer, puis une fois le paiement effectué, le boîtier se rabaissera pendant 5 minutes pour qu’on puisse sortir la voiture. Attention, ces parkings n’acceptent que des pièces à partir de 10yen et des billets de 1000yen.

Jour 5 du road trip

JB nous a pris des tickets du petit-déjeuner (2200yen) c’est le premier petit-déjeuner buffet de notre road trip. C’est plutôt intéressant, surtout qu’il y a des sashimis et 2 soupes délicieuses.

Notre chauffeur JB n’est pas en service aujourd’hui puisque nous prendrons uniquement des transports publics. Je pensais que la carte de transport PASMO fonctionnerait ici, mais ce n’est pas le cas. Aucun bus n’accepte PASMO, il faut monter à l’arrière, et sortir par le devant. En sortant, on met le montant exact en pièces dans une petite boîte. Il y a des machines à côté du chauffeur pour échanger les 500yen et 1000yen en petites pièces. Et pour connaître le montant exact à payer, il suffit de regarder sur Google Maps. C’est également indiqué sur un écran dans le bus, mais il y a différents prix en fonction des zones, incompréhensible pour nous.

Omicho Market

Avant d’aller à Omicho Market, nous passons devant un grand magasin et il y a une queue immense qui fait peut-être 500 mètres ! Nous n’arrivons pas du tout à savoir pourquoi les gens font la queue, peut-être pour des remises ?

Le marché Omicho est touristique mais les prix restent abordables. Par exemple, on peut acheter du poisson ultra frais pour le sashimi pour 1200yen, alors qu’au restaurant, la même quantité aurait coûté le triple. Franchement, si j’avais une cuisine, j’aurais pu économiser beaucoup d’argent en achetant des ingrédients ici. On peut manger des huîtres et oursins ici directement, j’ai craqué pour 2 oursins, 1600yen en tout. Les huîtres sont énormes !!! et les pattes d’araignées de mer peuvent coûter jusqu’à 4000yen l’unité car ça pèse une tonne !

Il y a des restaurants de fruits de mer sur place, mais nous ne comprenons pas pourquoi certains ont 20 personnes qui font la queue et d’autres sont vides. Je vous mets les menus pour exemple :

A côté se trouve une boutique de papiers. Ils proposent aussi des ateliers. C’est le paradis pour des gens fans du DIY comme moi. On y trouve aussi le mizuhiki : Cet ancien art japonais consiste à attacher ensemble de très fines cordes de papier, créant des entrelacs décoratifs. La corde est fabriquée à partir d’un papier de riz solidement enroulé qui mesure environ 2 cm de largeur. Traditionnellement, le mizuhiki était associé à des annonces de cérémonies telles que les mariages, les naissances et les funérailles. De nos jours, ces créations sont utilisées comme de beaux bijoux ou objets décoratifs. On m’a déjà montré une enveloppe avec un mizuhiki (chez Suisen Paris) et j’ai trouvé ça tellement délicat et tellement beau que j’ai acheté un chouchou avec la forme de mizuhiki et plusieurs livres qui apprennent à les faire.

Bon, il est temps d’aller à notre rendez-vous surprise n°1 du jour. Mes parents sont au courant qu’il y a 2 RDV surprise mais ils ne savent pas du tout de quoi il s’agit.

Gyokusen-en Nishida Family Garden

Nous avons RDV à 11h50 à Gyokusen-en Nishida Family Garden mais nous arrivons bien en avance au cas où… Nous aurions dû visiter Kaga-Yuzen Kimono Center car celui-ci est petit. Kaga-Yuzen Kimono Center présente un art propre à Kanazawa : la peinture sur kimono, très différente des autres techniques traditionnelles de teinture qu’on voit à Kyoto.

Ce n’est pas grave, car le Gyokusen-en Nishida Family Garden occupe tout notre esprit. C’est un véritable jardin japonais, en pente donc on change de scène à chaque pas, il y a trop de détails à voir, à admirer.

Nous montons tout en haut et mes parents sont surpris de voir une dame habillée en kimono. Ils pensent que ça fait partie d’un service « normal » du jardin, mais comprennent vite que c’est le premier RDV surprise du jour.

Cérémonie de thé

Je ne pensais pas m’intéresser à la cérémonie de thé car la dernière fois, elle n’était pas exceptionnelle à Kyoto, où on assistait par centaine à une cérémonie de thé assez stressante avec un matcha extrêmement amer. C’est seulement grâce à la lecture du livre « Cérémonie du thé » de Noriko Morishita et du film d’adaptation du même livre Every Day A Good Day (2018) que j’ai compris la beauté de cette cérémonie et la beauté du matcha.

Mes parents et moi avons déjà eu plusieurs occasions ces derniers jours pour pratiquer le rituel du thé de matcha (il faut tenir le bol et boire d’une certaine façon), mais c’est la première fois que nous sommes aussi près d’une « tea master ». Pour profiter un max de l’expérience et pouvoir traduire pour mes parents, j’ai privatisé la cérémonie, mais sachez que cette salle peut accueillir jusqu’à 8 personnes en même temps. Il faut réserver par email au moins 3 jours avant. C’est la plus belle maison de thé à Kanazawa, en plus d’être authentique (400 ans d’existence), alors que une autre maison de thé dans le même jardin, près de l’entrée est une « fausse » (une copie moderne d’une autre maison de thé de Kyoto).

Devenir tea master est une affaire sérieuse, les gestes paraissent simples mais demandent beaucoup de maîtrise. On dirait de la danse. De plus, les ustensiles sont extrêmement nombreux, ça change selon le moment de la saison, la saison de l’année, la météo… il y a 2 types de fours : le four d’été, le four d’hiver, et puisque nous sommes en avril, nous avons le droit au four d’été (et pas celui d’hiver qui est enfoui à la hauteur du tatami). La pâtisserie qu’on nous sert est extrêmement sucrée pour rendre le thé de matcha moins amer. Nous devons finir la pâtisserie et finir le bol de matcha.

La salle de la cérémonie est thé est presque vide, mais contient toujours un rouleau sur le mur où il y a un poème ou une phrase en relation avec le jour où a lieu la cérémonie. Quelques fleurs décorent le lieu, il faut que ce soit des fleurs sauvages, et elles viennent justement du jardin. Comme nous sommes touristes, la configuration du lieu est légèrement modifiée pour nous accommoder : le four n’est plus face au jardin, et nous avons le droit de nous asseoir sur de petites chaises, mais normalement, le tea master et les invités doivent s’asseoir de manière traditionnelle sur le tatami.

Nous sommes reçus par une dame qui essaie de communiquer avec nous grâce à son appareil de traduction japonais – français. Nous demandons qu’elle le fasse en vietnamien, mais c’est trop lent. Nous finissons par lui dire qu’on comprend aussi l’anglais et la communication devient un peu plus fluide.

Une autre dame vient se présenter, c’est notre guide. C’est elle qui va expliquer la cérémonie et nous expliquer comment nous comporter. Nous devons dire certaines phrases entre nous et à la tea master. Elle nous explique aussi comment manger la petite pâtisserie, et comment boire notre bol de matcha. La tea master nous prépare un bol de thé chacun. Même sa boîte qui contient la poudre de matcha est décorée de fleurs de cerisiers, pour être « dans le thème ».

Ensuite, elle nous donne un plateau avec un bol non préparé et c’est à nous d’utiliser le chasen (le fouet en bois) pour faire le mouvement caractéristique pour mousser le thé. Une fois le thé suffisamment bien mousseux, on fait le tour du bol avec le chasen et le dépose sur le plateau. A mon avis, JB a complètement détruit son chasen car il l’a mis jusqu’au fond du bol alors qu’il faut l’utiliser un peu en-dessous de la surface de l’eau. J’espère qu’on nous a donné des chasens pas trop chers car les plus beaux sont faits main par un artisan expérimenté, à partir d’un morceau de bambou.

Vidéo de fabrication d’un chasen traditionnel :

Notre tea master nous explique ensuite que tout ça n’est pas que la forme. Le plus important c’est de profiter de la cérémonie de thé pour vivre le moment présent (Ichi-go ichi-e). Ce moment ne reviendra plus jamais, donc il est unique et il faut le savourer. L’art du thé japonais met bien en avant le lien étroit avec la nature. Tous les éléments de cette cérémonie doivent faire UN avec la nature : ustensiles, décoration, process… en tant que tea master, on doit savoir exactement quel temps il fait, quel jour nous sommes : premier jour de l’automne, fête des enfants etc. il faut être en communion avec la nature. Le choix des bols est aussi un message aux invités. Il n’est pas choisi au hasard, et après la consommation, nous devons admirer le bol qu’on nous a choisi. Des fois, il y a des bols tellement chers qu’il faut enlever tous les bijoux pour éviter de les rayer. Et on doit regarder au-dessous du bol car la signature de l’artisan peut y figurer. Je vous recommande vivement de lire le livre et regarder le film avant de venir, pour mieux apprécier la précision des gestes.

J’ai été mise à la place de l’invitée principale, donc j’ai un peu plus de responsabilité et ai plus de conversation à faire. Mais dans une vraie cérémonie de thé, ce rôle est encore plus important car il faut poser des questions intelligentes, notamment sur les ustensiles, le rouleau du mur etc. car les autres invités, eux, ne sont pas censés parler.

Kenroku-en

J’oublie complètement le centre de kimono et nous nous dépêchons d’aller visiter le fameux jardin Kenroku-en d’en face. Je ne pense pas avoir bien compris mais si je ne me trompe pas, les deux jardins ne faisaient qu’un auparavant. Mais maintenant, il y a une route qui les sépare en deux. Après plusieurs pâtisseries et le petit-déjeuner, nous zappons complètement le déjeuner, mais sachez qu’il y a des restaurants au sein du jardin si jamais vous avez faim.

Kenroku-en est un des plus beaux jardins du pays. Il est immense et comme il est en pente, on a l’impression de découvrir un autre jardin en montant ou en descendant un peu. C’est dommage qu’il ne reste plus beaucoup de cerisiers en fleurs à Kanazawa, ce jardin devait être un endroit particulièrement apprécié pendant le hanami.

Château de Kanazawa

Nous devons marcher longuement jusqu’au château de Kanazawa. Nous montons d’un côté et descendons de l’autre, ce qui nous permet de le voir de presque tous les côtés. Surnommé « château de mille tatamis » (un tatami = 1,6m²), il a été brûlé deux fois, et ce que nous voyons là est un effort moderne de reconstruire l’ancien château. L’intérieur est quasiment vide, tout est en bois. Mais il est très beau et grand. Il y a des remises si on achète les billets du château et du Kenroku-en en même temps, nous ne le savions pas.

Quartier des geiko

Il est temps de nous préparer pour le dernier RDV surprise de la journée. Nous marchons jusqu’au quartier des geisha. Mes parents ont une petite idée de la surprise car ils me savent capable d’idées les plus extravagantes. Ce quartier est très touristique mais il y a plein de cafés, boutiques sympas. On ne s’ennuie pas du tout malgré sa petite taille. Il y a du monde mais je trouve plus acceptable que le quartier Gion à Kyoto. Aucune trace de geisha à part une « geisha house » qu’on peut payer pour visiter. Je suis passée devant le Soyu, où l’on peut réserver une cérémonie de thé en last minute, mais c’est incomparable avec celle qu’on avait ce matin : le lieu n’est pas aussi classe.

Il faut maintenant dévoiler la surprise à mes parents car nous arrivons sur les lieux à 16h et l’événement ne commence qu’à 17h. Puisque c’est « premier arrivé, premier à choisir sa place », je veux être en avance pour avoir une belle place. J’annonce à mes parents qu’on va assister à un petit événement avec des geikos. Nous serons 32 personnes max. En attendant, nous visitons les lieux, ce n’est pas super intéressant.

Malheureusement, l’organisation n’est pas digne des japonais. Par exemple, nous sommes les premiers à arriver, mais ne pouvons pas accéder à la salle, donc les premiers à entrer dans la salle sont ceux qui sont plus proches de l’escalier. C’est injuste, mais heureusement que nous voyions l’arnaque venir à des kilomètres et réussissons quand même à être au premier rang pour 3 personnes sur 4 (JB étant juste derrière moi). Pour ceux qui veulent vraiment être tout proche, il y a l’option des coussins (au lieu des chaises) mais cela veut dire qu’il faut pouvoir s’asseoir à la japonaise pendant une heure (option que choisiront quelques désespérés).

L’événement Meet the geisha a lieu seulement 2 fois par an : ce sont deux séries de 10 spectacles chacune, et nous avons de la chance d’assister à la dernière date de la saison !!! Sachant que nous ne sommes sur place que 2 jours. Je suis trop trop contente. Il faut aller sur le site visit kanazawa pour savoir s’il y a des événements de ce type lors de votre voyage. Honnêtement, puisque ça coûte très cher, je n’aurais jamais pensé à la réserver pour nous, si mes parents n’étaient pas avec nous. En leur faisant plaisir, nous nous offrons aussi cet événement unique.

La soirée commence par 10 minutes de danse/chant et de percussions. Beaucoup trop rapide !! Il n’est pas autorisé de prendre de photos.

Mais s’en suivent des jeux où nous pouvons jouer face à la geisha. Qu’on gagne ou qu’on perde, on reçoit un petit morceau de papier portant le nom de la geisha (comme un porte-bonheur). Je dis « geisha » mais à Kanazawa, il faut dire « geiko ». Contrairement aux geishas d’autres régions qui ont une spécialité particulière (danse/chant/musique), ici les geikos doivent maîtriser tous les arts, donc elles sont très occupées.

Les touristes sont assez pudiques et n’osent pas trop jouer, surtout le premier jeu qui paraît difficile. Le second (avec la boîte noire) est plus facile donc ma mère et moi avons pu jouer avec la geiko, mais nous avons perdu toutes les deux 😀

S’en suit une séance Questions/Réponses, avec l’aide d’une interprète. Nous avons pu poser des questions assez naïves par ex peuvent-elles se marier (oui), si être geisha est une activité à temps plein (oui), combien de kimonos elles ont (beaucoup). Les kimonos qu’elles portent aujourd’hui sont des kimonos d’hiver.

A la fin, chaque groupe est autorisé à se prendre en photo avec nos deux geikos. Et tout le monde sort de la salle le sourire jusqu’aux oreilles.

J’avoue que jusqu’à maintenant, je ne comprenais pas l’attrait de ces femmes, trop maquillées (parce qu’avant, avec la lumière des bougies, il fallait se maquiller comme ça pour bien voir leurs visages), douées artistiquement mais pourquoi elles doivent aussi servir du saké ? après cette soirée, je me rends compte à quel point ça peut être amusant d’être avec une geiko. On ne peut que passer une bonne soirée : on aura une bonne musique, de belles danses, une conversation agréable, des jeux amusants…. sans compter qu’elles sont très belles – selon les anciens critères – et sont impeccables.

Nous dînons ensuite au sous-sol du centre-commercial juste en face de l’hôtel. Nous optons pour du noto beef, encore un boeuf AOC de la région, mais c’est moins raffiné que le boeuf Hida que nous avons dégusté il y a quelques jours.

Une petite séance au onsen pour se détendre et dodo. Pour lire la suite de notre voyage, c’est par ici

Partie 2 : Conseils pratiques

L’itinéraire détaillé de notre road trip est disponible ici

Bon, pour cette journée, nous avons fermé les yeux devant les prix. Mais les expériences mémorables en famille n’ont pas de prix, on gardera cette journée dans nos cœurs pour toujours, donc si c’est à refaire, on aurait opté pour les mêmes choix.

Attention, prenez assez de cash avec vous car certains lieux n’acceptent pas le paiement par carte. Et pour payer le bus + parking

  • Maison samourai : 550yen/personne, paiement en espèces
  • Bus : 210yen/trajet/personne, paiement en espèces
  • Cérémonie du thé : 4000yen/personne + 8000yen si vous voulez privatiser le lieu. Paiement en espèces uniquement. Incluant la visite libre du jardin. Réservez au moins 3 jours avant par email : [email protected]. Site web : gyokusen-en.net
  • Kenroku-en : 320yen/personne
  • Château Kanazawa : 310yen/personne
  • Meet the geisha : 11000yen/personne, à réserver en ligne, incluant la visite libre du Museum of Geisha Culture
  • Parking : entre 300yen et 800yen. Parking près de notre hôtel : 1200yen pour 24h
  • Hôtel : Torifito Kanazawa 13000yen/personne (lien Booking), avec onsen. Petit-déjeuner en supplément : 2200yen/personne
  • Dîner avec du noto beef : 5000yen/personne
  • Dîner ramen : 2000yen/personne
Location voiture au Japon : comment obtenir une traduction du permis ?
Ogimachi, Suganuma, Ainokura, Villages aux toits de chaume et Atelier de Papier Washi [Road trip au Japon #5]
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

    Tous Mes Articles
    Write a comment

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.