Carnet de voyage Kyoto (Japon) #2 : Museum of Traditional Crafts, Kyoto Botanical Garden, Fushimi Inari-taisha

Lisez la 1ère partie de notre séjour à Kyoto ici

Ce matin, nous nous réveillons tôt pour profiter du petit déjeuner chez Le Bac à Sable, un café ouvert par un couple franco-japonais. Ça fait du bien d’avoir un bon croissant et un bon pain de chocolat. D’ailleurs ici on ne parle pas de « pain au chocolat » mais de « chocolatine », ce sont des vrais de vrais. On vous recommande vivement !

Ce matin, nous avons rdv avec un ami vietnamien de longue date et sa femme. Mais nous avons encore une heure devant nous donc je me motive pour marcher jusqu’au Museum of Traditional Crafts, dont j’ai vu quelques flyers hier au Gion Corner.

Museum of Traditional Crafts

Le musée se trouve à gauche sur la photo

Il y a des performances de Geisha (appelées Geiko à Kyoto) ou Maiko (les apprenties geishas) à 14h, 14h30 et 15h, je ne sais pas si c’est tous les samedis toute l’année ou seulement jusqu’en mars. Renseignez-vous ! Le spectacle est gratuit, mais si vous voulez une place assise et une photo avec les geishas, ça coûte 1000yen.

Le musée se trouve au sous-sol et l’entrée est gratuite. D’habitude, je n’aime pas du tout les musées, je ne lis pas les explications. Mais puisque je suis une fan absolue de l’artisanat, j’ai lu quasiment toutes les explications (en anglais) de ce musée.

A partir de 10h, il y a de vrais artisans qui travaillent dans le musée et on peut voir comment ils font des poupées, des éventails etc.

Comme une grande partie des objets exposés sont aussi à vendre, il est interdit de prendre des photos à mon plus grand regret. La seule chose qu’on peut prendre en photo c’est ce booth qui résume assez bien tous les métiers d’artisanat exposés dans ce musée.

Je dois vous dire que je suis aux anges ! Ils expliquent en détails les techniques de teinture des kimonos. Soit les motifs sont appliqués à l’aide d’une pâte + la peinture. Soit les motifs sont dessinés directement sur le tissu. soit à l’aide des pochoirs géants (faits de trous tapés sur du cuir). Soit les motifs s’obtiennent avec des techniques de teinture de malade mental !!! Pour protéger la zone qui n’a pas besoin de teinture, des artisans cachent cette zone en les serrant avec des fils, ce qui donne des motifs super sympas. Mais imaginez que tout ce travail se fait de manière répétitive, et à la main ! Sur des dizaines de mètres de tissus ! J’ai trouvé une photo d’illustration :

Tapez « kimono dyeing techniques » et « stencil kimono » sur Google Images pour trouver d’autres techniques plus difficiles et plus time-consuming les unes les autres.

Il y a plein d’autres choses à voir, dont la technique de fabrication des poupées japonaises (les toutes petites mains de 1cm sont même faites à l’aide des fils de fer), la fabrication des éventails… Il y a parfois des vidéos si jamais un artisan n’est pas présent pour illustrer cet art.

Je ne crois pas avoir vu d’explication sur la fabrication des bougies traditionnelles japonaises (cf. la photo ci-dessous). J’ai vu sur Netflix la fabrication de ces bougies et franchement, je ne troquerai jamais mon métier contre ce métier-là, car c’est beaucoup beaucoup beaucoup de travail pour une petite chose.

Si vous aimez le Japon, et que vous êtes abonné à Netflix, regardez ABSOLUMENT la série Japanese Style Originator. On vous explique comment commander les tempuras, comment commander et manger les sushis, comment on fabrique telle ou telle chose. C’est OUF ! Après le visionnage de cette série, vous aurez beaucoup beaucoup d’estime pour les japonais, leur patience et leur perfectionnisme.

Bon, forcément, après une visite aussi WOW, j’ai dévalisé la boutique ! 😀 à moi les éventails japonais (souvenez-vous, je suis allée voir la fabrication artisanale des parapluies et éventails à Chiang Mai – et la qualité est loin derrière celle des japonais. Les éventails japonais sont faits pour durer, en plus d’être extrêmement esthétiques)

Il y a une librairie juste à côté de la boutique, je ne sais pas si l’accès est payant ou pas. Je suis juste un peu déçu de ne pas avoir plus d’infos sur les arts liés au papier. Mais bon, j’irai bientôt au Paper Museum à Tokyo.

Ils organisent des workshops tous les après-midi du dimanche, pour personnaliser les mouchoirs/sacs… à l’aide de pochoirs. Vus les exemples montrés ci-dessus, qui n’ont rien à voir avec la teinture des kimonos, ça ne m’intéresse pas trop.

Kyoto Botanical Garden

Nous prenons le métro pour aller au Botanical Garden où j’ai rdv avec mon ami de longue date. Sa femme et lui sont vietnamiens et habitent au Japon depuis 12 ans. C’est donc naturel qu’ils me proposent qu’on se voie dans un lieu 100% local.

info pratique : L’entrée coûte 200 yens, sans l’accès au jardin sous-serre. Si vous voulez aller au jardin sous-serre, il faut prendre l’entrée à 400 yens, ou payer 200 yens supplémentaire à l’entrée du jardin.

Je n’y vois effectivement aucun touriste. Les lieux du hanami (observation et admiration des fleurs de cerisiers) préférés des japonais sont assez différents de ceux des touristes. Ils aiment bien avoir un lieu pour pique-niquer. Tandis que les touristes recherchent plutôt des lieux instagram.

Je me plains du fait de voir uniquement des cerisiers aux fleurs blanches, et ils m’amènent tout de suite voir les cerisiers aux fleurs roses. Ahhh voilà !

On y voit également des futures mariées en séance photos. Elles sont habillées en kimono de mariage, càd 3-4 fois plus lourd que mon kimono loué hier.

Les tulipes ici sont deux fois plus grosses que celles que je vois en France !!

Dans le jardin sous-serre, on trouve beaucoup de fleurs et des choses amusantes, comme la fleur la plus grande au monde (il y en a deux qui font plus d’1m de largeur). Enormément d’orchidées.

Et une fleur qui s’appelle « hot lips », car ça a la forme de lèvres bien pulpeuses ahaha

Allez, encore quelques photos de cerisiers

Nous sortons du Botanical Garden et longeons la rivière. Et là, j’ai droit à un spectacle impressionnant de cerisiers aux fleurs roses, exactement comme dans mon imagination 😀

Nous déjeunons ensuite chez Hananomai près de Kyoto Station (qui n’est malheureusement pas indiqué sur Google Maps), une chaîne où l’on peut goûter aux spécialités japonaises. Ici aussi, il n’y a que des locaux. C’est un lieu particulièrement prisé par les locaux venant boire du saké, papoter et manger. On peut s’asseoir sur les chaises normales, ou être sur le tatami (mais ça fait mal au dos et aux pieds).

Ici, les morceaux de poissons sont super épais (genre 1cm). Tout est frais, très bon, même le thé frais servi gratuitement est délicieux.

Je profite d’avoir deux locaux à côté de moi pour poser plein de questions sur la vie au Japon, le japonais etc. Voici les infos qui pourraient vous intéresser :

  • pour le déménagement, on peut appeler la Poste qui viendra chercher vos meubles, et les livrer chez votre futur appartement (que ce soit dans la même ville ou à l’autre bout du pays). Ce sera moins cher que de louer un camion et le conduire
  • les japonais commencent le travail assez tard (9h à 10h), il n’y a donc pas beaucoup d’offre pour le petit-déjeuner car tout le monde va au travail et enchaîne vite sur le déjeuner (qui dure 30mn en moyenne). Par contre, ils peuvent rentrer très tard aussi (21h)
  • Il y a des livres japonais qui se lisent de gauche à droite, mais la plupart se lit de la page de droite à la page de gauche. Quand le japonais est écrit verticalement, il faut lire de droite à gauche. Mais quand il est écrit horizontalement, il faut lire de gauche à droite
  • Pour taper le japonais sur le téléphone, on tape la version phonétique en alphabet hiragana par exemple pour kyoto il faut taper les trois lettres correspondant au phonétique ky-o-to, et puis le téléphone va suggérer la bonne orthographe de ce mot. Ca sous-entend quand même qu’il faut savoir écrire et lire car il y a beaucoup d’homophones. On peut se tromper et choisir « je suis allé voir une pierre » au lieu de « je suis allé voir un médecin ».

  • les sons japonais sont assez limités (25 si je ne me trompe pas), du coup pour former les différents mots, ils sont besoin de beaucoup de syllabes => les mots japonais sont super longs.
  • Il n’y a pas d’espace entre les deux mots. Il faut donc connaître les mots pour savoir où s’arrête un mot 😀
  • J’ai demandé si le fait que j’omette le gozaimasu derrière « arigato » (merci) fasse de moi une inculte impolie (je n’arrive pas à retenir ce mot), et ils m’ont dit que ce n’était pas très grave, le gozaimasu est une forme d’extrême politesse à ajouter à la fin, mais son absence ne fera pas de moi une inculte
  • Ils m’ont aussi confirmé que konichiwa s’utilisait bien pour « bonsoir » aussi; ça passe ! Alleluia ! Donc je dois juste retenir ohayo gozaimasu (bonjour) et konichiwa (bon après-midi/bonsoir).
  • Les japonais sont très contents que les étrangers fassent l’effort d’apprendre ne serait que quelques mots en japonais, donc faites l’effort d’apprendre les mots de base quand vous serez au Japon.

Fushimi Inari-taisha

Il est déjà temps pour nous de quitter nos amis et nous rendre au sanctuaires aux milles torii. Ce lieu se trouve entre Kyoto et Osaka, c’est pour ça que nous choisissons de le visiter en dernier, avant de rentrer chez nous à Osaka.

Fushimi Inari-taisha (伏見稲荷大社) est un complexe composé de petits sanctuaires disséminés sur l’ensemble d’une montagne ainsi que de bâtiments principaux au pied de cette dernière. Ce sanctuaire englobe la montagne également nommée Inari, haute de 233 mètres au dessus du niveau de la mer. Le sommet est atteignable en environ 2 h de marche via l’un des chemins qui s’étendent sur environs 4 km.

Ce sanctuaire est surtout connu pour ses milliers de torii (鳥居) vermillon formant un chemin sur la colline sur laquelle le temple est construit2. Ces torii (鳥居) sont pour la plupart des dons faits par des particuliers, des familles ou des entreprises à Inari.

Un torii ou tori-i (鳥居?) est un portail traditionnel japonais. Il est communément érigé à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste, afin de séparer l’enceinte sacrée de l’environnement profane. Il est aussi considéré comme un symbole du shintoïsme.

Du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde physique et du monde spirituel, chaque torii traversé lors de l’accès à un sanctuaire doit être retraversé dans l’autre sens afin de revenir dans le monde matériel. Il n’est pas rare de voir des Japonais contourner un torii lorsqu’ils pensent ne pas repasser plus tard par cet endroit.

Source : Wikipedia

La première fois que j’ai vu ces portails, c’était dans le film « Memoirs of a geisha », un film controversé issu d’un roman très controversé je sais je sais. Mais bon, ça permet aux gens comme moi qui ne connaissent rien du Japon d’avoir une petite preview de l’ancien Japon.

Dès l’entrée au temple (dont l’accès est gratuit), on peut voir des nombreux mini-torii suspendus. Ce sont des torii achetés par des touristes (pour 800yens) et il y a une liste des voeux en japonais à écrire sur le torii (voeux de santé, bonheur, réussite etc.) On peut en ramener un à la maison si on le souhaite. Encore une fois, la série de Netflix dont je vous parlais en haut a une épisode consacrée à la fabrication des (vrais) torii.

Le début de la visite est un peu difficile : trop de monde, on se bouscule pour une photo moche.

Et puis on passe sous des torii plus petits, plus serrés les uns les autres… et c’est presque insupportable.

info pratique : L’avantage c’est que tout ce parcours est accessible aux fauteuils roulants, sauf les 10 premiers mètres menant à l’entrée du temple.

On est super déçus… jusqu’à ce qu’on voit qu’au bout de cette série de petits torii, il y a un passage menant vers le haut de la montagne. On monte on monte… et il y en a plus de mille !!! On est partis pour 2h, sans le savoir.

L’effort paie, sur le chemin, on voit ce type de paysages :

L’avantage c’est que la plupart des groupes chinois et coréens ne font pas l’effort de monter. Les 2 ou 3 selfies tout moches qu’ils ont fait leur suffisent. Du coup, même s’il reste du monde, c’est beaucoup plus agréable.

Quand on monte, on ne voit pas les noms des donateurs sur les torii

Par contre, dans l’autre sens, les noms sont clairement visibles

Les torii ne sont pas tous de même couleur et l’état de conservation est très variable car il y en a qui sont plus vieux que d’autres. Les tailles sont un chouia différentes. Ils coûtent aux donateurs entre 1335€ et 9900€. Si vous êtes pauvre, optez pour le mini-torii à l’entrée du temple à 800yens (soit 6€). Il sera jeté sans pitié à la fin de la journée, mais bon… 😀 c’est l’intention qui compte

Tout au long du chemin, on voit de nombreux cimetières et endroits sacrés avec des petits torii.

On voit aussi de très belles fleurs

De temps en temps, il y a un endroit avec de l’eau sacrée, il faut utiliser la spatule en bambou pour prélever de l’eau et nettoyer ses mains et sa bouche (il ne faut pas boire par contre). On le voit à chaque entrée de temples partout au Japon.

Arrivés tout en haut, on voit un vieux cimetière, comme toutes les autres. Mais nous sommes tous les deux très contents d’avoir fait tout ce chemin et avons profité au max du lieu.

Ce qui ne me plaît pas trop c’est la présence nombreuse et les cris des corbeaux. Corbeaux + Cimetières, c’est un peu sinistre.

Ce n’est pas très cool pour nous les touristes car à un moment, ils nous obligent de passer par un autre chemin pour descendre (c’est le cas des petits torii vus au début). Mais la tradition veut qu’on retraverse les mêmes torii en descendant, pour pouvoir redescendre dans le monde matériel.

allez une dernière photo de ce lieu magique (notez la présence d’un cerisier fleuri au fond)

Nous mettons 1h30 à rentrer à Osaka, il y a seulement un changement (alleluia), du coup j’ai pu dormir un peu. Nous sommes tellement épuisés qu’on dîne dans une chaîne type Matsuya à côté de chez nous puis dodo.

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Visites :
    • Museum of Traditional Crafts : gratuit. par contre sa super boutique risque de vous faire dépenser beaucoup 😀 petit éventail à partir de 200yen, les plus beaux dans les 3000yen
    • Kyoto Botanical Garden : 400yen (avec visite du jardin sous-verre), prévoyez de la monnaie car les tickets s’achètent à la machine
    • Fushimi Inari-taisha : gratuit
  • Transport :
    • Centre ville => Kyoto Botanical Garden : 260yen
    • Kyoto Botanical Garden => Fushimi Inari-taisha : 290yen
    • Fushimi Inari-taisha => Osaka : 630yen
  • Petit déjeuner chez Le Bac à Sable (j’ai oublié combien ça coûtait)
  • Déjeuner : minimum 1000yen/personne chez Hananomi

Astuces

  • Aujourd’hui, nous n’avons pas pris de bus donc nous n’avons pas acheté de pass journalier pour le bus. Le paiement des transports (métro et train) s’est fait avec la carte prépayée ICOCA.
  • On a failli se tromper de trains, lisez notre article pour éviter les pièges de google maps
  • Comme nous avons RDV au Botanical Garden, nous visitons dans l’ordre indiqué, mais je vous conseille de regrouper vos visites, car ce jardin se trouve tout au nord de la ville, et les torii tout au sud de la ville entre Kyoto et Osaka.
  • Je vous conseille de visiter les torii sur le chemin vers Kyoto, ou en rentrant à Osaka. Ne les visitez pas trop tard, il n’y a pas de lumière en haut de la montagne et s’y trouver avec les cris des corbeaux et des cimetières quand il fait noir, c’est d’une tristesse !
  • Si vous aimez l’artisanat, le Museum of Traditional Crafts est fait pour vous ! Allez-y de préférence l’après-midi pour assister au spectacle des geishas. Si vous n’aimez pas l’artisanat, vous allez vous ennuyer à mourir (comme JB) 😀
  • La boutique du musée propose de faire des factures tax-free pour tout achat supérieur à 5000yen, pensez-y et prenez votre passeport avec vous.
  • Comparé à Osaka, je trouve que les boutiques de souvenirs de Kyoto sont beaucoup plus nombreuses et qualitatives, il y a plus de choix et les produits vendus sont vraiment représentatifs de la culture et l’artisanat japonais, donc n’hésitez pas à s’y arrêter.
  • Pour en savoir plus sur la culture et l’artisanat japonais, regardez sans modération la série Japanese Style Originator sur Netflix

 

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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