Comment j’ai appris à skier au Monténégro ? Tarifs, Conseils, Adresses

Je suis surexcitée de vous annoncer, cher(ère) lecteurs(trices), que depuis février 2021, je sais skier ! Oui, moi ! Née au Vietnam, un pays qui n’a pas de neige. Qui l’aurait cru ! Moi-même je n’y aurais pas cru. Je suis trop fière !

Je n’aurais jamais osé apprendre à skier ailleurs qu’au Monténégro. Je vous ai raconté notre weekend « d’expédition » dans les montagnes monténégrines il y a quelques semaines.

Nous sommes allés voir s’il y avait une possibilité de skier et/ou apprendre à skier et la réponse est positive. Non seulement nous avons pu évaluer le budget, mais nous avons pu visiter plusieurs stations de ski et choisi la meilleure pour nous : à Zabljak.

Partie 1 : Contexte
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Contexte

Je suis nullissime en sport car je n’en pratique aucun. Mais dès qu’on me paie des cours, je suis plutôt douée, car je me mets la pression de réussir, comme à l’école. Ahahaha. J’aime avoir de bonnes notes.

Cependant, ma première expérience de ski lors d’un week-end de team building avec mon ancien employeur a été traumatisante. Non seulement je n’ai pas eu un bon moniteur, mais je n’avais pas de bons vêtements non plus. L’année suivante, mon entreprise est revenue exactement au même endroit, et en observant un autre moniteur donner des cours de ski, j’ai compris que mon premier moniteur n’était pas très cool de m’amener en haut de la piste dès la 2ème heure de cours, tout en omettant de m’enseigner des techniques de base.

Je me suis dit que ce n’était peut-être pas moi qui étais archi-nulle, mais pour avoir le cœur net, il fallait retenter le ski, chose qui n’est jamais arrivée. Nous prenions peu de vacances à l’époque et donc aller une semaine au ski (avec le budget qui va avec) juste pour « voir si finalement j’aime bien le ski » ne nous a jamais effleuré l’esprit.

Donc, après avoir découvert que le Monténégro était le paradis des débutants au ski comme moi, JB et moi avons décidé de skier au Monténégro. Entre ma mauvaise expérience et JB qui s’est blessé la dernière fois qu’il a fait du ski (il y a une quinzaine d’années) nous sommes vraiment en mode « les nuls vont au ski ». Mais nous mettons toutes les chances de notre côté en payant des cours.

Où apprendre à skier au Monténégro ?

Les trois stations de ski les plus connues sont :

  • Savin Kuk près de Zabljak
  • Kolasin 1900 et Kolasin 1450 (près de Kolasin)

Nous avons choisi Savin Kuk parce que cette station est plus petite, plus familiale et qu’il y a moins de monde. Elle est plus près du centre-ville, permettant potentiellement à JB de skier entre midi et deux les jours de travail, alors qu’à Kolasin, le temps de trouver une place de parking nous prend déjà 30 minutes. De plus, en analysant le plan des pistes, Savin Kuk a une piste bleue réservée aux débutants, alors que toutes les pistes bleues de Kolasin sont partagées avec les skieurs qui viennent tout juste de descendre une piste noire ou une piste rouge et qui dévalent à toute vitesse. C’est très moyen ! Pour en savoir plus sur Kolasin, consultez notre article

Note : au Monténégro, il n’y a pas de pistes vertes. Les pistes bleues monténégrines sont un peu plus faciles que les pistes bleues françaises.

Préparatifs

Excusez-moi d’entrer dans les détails mais cet article est comme un guide pour les débutants qui ont peur de skier, je vais donner des détails sûrement trop basiques pour vous. JB a fait un stage pour gravir le Mont Blanc donc il a toutes ses affaires en France et les a fait venir au Monténégro (80€ pour les frais d’envoi + 62€ de frais de douane, il en parle ici).

Quant à moi, je dois acheter quasiment la totalité de mes affaires. Il y a plusieurs magasins Intersport au Monténégro et nous choisissons d’aller à celui à Podgorica, au City Mall pour faire nos courses (celui de Budva était fermé à cause du covid). La bonne nouvelle, c’est qu’on est en fin de saison (et je m’habille au rayon enfants) donc tout est entre -30% et -40%. J’ai acheté :

  1. des gants de ski (plus utiles que ce que je ne pensais) – lien Go Sport, lien Amazon : entre 8€ et 30€
  2. des lunettes de ski McKinley (plus utiles que ce que je ne pensais) : quand il fait trop froid, on peut remonter l’écharpe jusqu’au nez et avec les lunettes de ski, il n’y aura pas de buée (contrairement à nos masques anti-covid et nos lunettes de soleil normales) – lien Amazon : environ 30€
  3. un pantalon de ski (acheté au rayon enfants, c’est beaucoup moins cher), j’ai acheté ce pantalon (lien Amazon), taille 12 ans (152cm). Il est aussi beau qu’un pantalon normal, tout en étant doublé de polaire à l’intérieur et imperméable à l’extérieur. Il y a juste une petite poche pour glisser un pass de ski. La taille est ajustable par des velcros. Je suis agréablement surprise par la beauté de ce pantalon 😀 je l’ai eu en soldes en plus ! 22€
  4. un bonnet, à partir de 2€ lien Go Sport
  5. des chaussettes longues de ski (indispensables !!!) – de la marque FALKE (lien Amazon). J’adore ce modèle, la taille la plus grande est 38. Il y a des zones renforcées pour minimiser les frottements. 16€ la paire. J’en ai acheté deux pour pouvoir en changer.

Tout ça m’a coûté 103€

Pour le reste, heureusement que je suis plus ou moins équipée grâce à mes affaires de tour du monde, j’ai donc :

  1. un collant : j’ai le Heat Tech d’Uniqlo. Je le porte sous mon pantalon de ski quand il fait 0°C ou moins. Plus je bouge, plus ce collant diffuse de la chaleur.
  2. un tee-shirt manches courtes en laine mérinos Icebreaker, respirant, à partir de 34€, lien Amazon
  3. un tee-shirt manches longues en laine mérinos, chez Decathlon, respirant
  4. s’il fait trop froid, je remplace le tee-shirt manches courtes par mon pull en laine mérinos d’Icebreaker (lien Amazon), un de mes meilleurs achats. Il a des mitaines intégrées et une capuche.
  5. une polaire Uniqlo
  6. une doudoune Uniqlo (modèle light down), déperlant, mais pas waterproof, ça convient largement s’il ne neige pas. Il y a même une capuche, très pratique, en cas de vent.
  7. une écharpe normale : la mienne est assez longue pour pouvoir garder ma poitrine au chaud et couvrir une partie de mon visage si besoin

Avec ça, je suis armée jusqu’aux dents et peux tomber sans problème.

J’insiste sur l’importance des vêtements. Je n’en avais pas conscience. La première fois que j’ai fait du ski, j’ai porté de la laine d’agneau, des chaussettes en grosse laine et j’ai fini en nage, et j’avais très froid. Si vous n’avez pas les vêtements nécessaires, et n’êtes pas sûr(e) d’aimer le ski, n’hésitez pas à les emprunter à vos copains. La réussite d’un bon séjour au ski dépend beaucoup de vos vêtements.

Je suis tellement novice que quand j’ai mis mes chaussettes, JB a dû me dire que les chaussettes étaient marquées Gauche/Droite (L/R). J’ai trouvé ce détail tellement fou et découvert les zones renforcées avec excitation. C’est rare qu’un produit à 16€ soit fabriqué avec autant de neurones derrière. Ahahaha.

Photo : quand il fait chaud vs. quand il fait froid

Logement

Pour trouver un hôtel, JB a simplement écrit à plusieurs hôtels et on a shortlisté deux hôtels :

  • Polar Star (lien Booking), 396€/semaine en demie pension pour deux personnes. Sauna gratuit, petit-déjeuner inclus. Chambre avec table de travail. Tarifs préférentiels pour la station de ski. Location de ski possible sur place (pas de chaussures à grande taille par contre).
  • Hôtel Soa (lien Booking), 511€/semaine en demi-pension pour deux personnes. Sauna gratuit, petit-déjeuner inclus. Chambre avec table de travail. Possibilité de travailler au restaurant de l’hôtel (avec vue). Le restaurant de l’hôtel SOA est un des meilleurs de la ville.

Nous avons choisi de passer 7 jours chez Polar Star et 10 jours à l’hôtel Soa. Je préfère l’hôtel Soa parce qu’on a une chambre plus grande et le restaurant, où l’on peut se poser pour travailler, est plus lumineux. Oui je rappelle que nous sommes nomades digitaux donc nous devons toujours travailler. JB travaille quelques jours fixes par semaine, et je travaille l’après-midi, après le ski.

Pour nous qui n’avons absolument pas l’habitude d’aller au ski, un séjour de 17 jours rien que pour apprendre à skier nous semble tellement irréaliste qu’on croyait rêver.

Il y a beaucoup plus de choix moins onéreux dans la zone (25€ – 30€/jour avec une cuisine), des chalets pour 5-6 personnes avec jacuzzi, mais circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Nous voulions être :

  1. être en demi-pension (avec le Covid et le couvre-feu à 22h, peu / pas de restaurants sont ouverts le soir)
  2. et avoir accès au sauna (principalement pour le kiff mais à l’usage, c’est sûrement notre séance quotidienne qui nous évite les courbatures).

Location de skis

Il n’y a pas beaucoup d’endroits où louer nos skis. Tout le monde nous renvoie directement vers la station de ski Savin Kuk, où nous louons nos skis (chaussures, skis & bâtons) pour 75€/semaine/personne. Paiement en cash en plus, il faut compter les frais de retrait.

Update : les skis se louent aussi chez Restoran – Pansion Javorovača. L’hôtel Polar Star les loue aussi mais ils n’ont pas de grandes tailles (44 maximum).

Le local de location de skis est un véritable souk, mais le monsieur qui s’en occupe sait retrouver exactement ce qu’il cherche. Il parle un peu allemand, italien et anglais, donc on arrive à communiquer un peu. Les chaussures et skis sont dans un état correct (gros doute sur l’entretien). Pas d’odeur désagréable à signaler.

Par contre pour les réglages, c’est du grand n’importe quoi. Il s’assure que les chaussures se clipsent au ski et… c’est tout ! N’espérez pas de conseils sur le serrage de vos chaussures ou un réglage personnalisé de la fixation. La location de skis dans la station Kolasin correspond plus au standard qu’on connaît en France, avec des casiers hyper organisés. Ici, on est plus laxiste. Heureusement que JB a des notions minimales et sait me dire si mes chaussures sont bien serrées ou pas. Les horaires d’ouverture sont un peu aléatoires, il arrive au monsieur d’arriver en retard, laissant 20 personnes attendre dehors alors que les téléphériques fonctionnent déjà depuis une bonne heure.

Au début, on pensait lui déposer nos skis après nos séances pour ne pas les trimbaler jusqu’à la voiture mais en voyant ça, on a changé d’avis. Du coup on ramène tout dans la voiture et nous remontons les chaussures dans la chambre pour les sécher pour le lendemain, c’est tout. Cette fois, ils m’ont donné des skis beaucoup plus petits que ceux que j’avais en France. J’en suis ravie, car pour la première fois, je pouvais les porter et les soulever avec mes pieds sans avoir mal. Je pense que ces skis petits et légers ont contribué grandement à mon apprentissage.

Ma présence a l’air de surprendre tout le monde car le monsieur de la location n’arrête pas à dire à d’autres clients que je viens du Vietnam et JB de France. En apprenant notre présence, plusieurs moniteurs nous demandent si on a besoin des cours de ski. Ils ne sont nullement présents sur Internet, j’ai eu un mal fou à trouver le contact d’un moniteur, et voilà sur place, j’ai l’embarras du choix. Ahahah.

Mon astuce : dès que quelqu’un vous aide à mettre les chaussures, prenez en photo les réglages. Comme ça vous saurez jusqu’à quel endroit il faut resserrer les crochets.

Les pass de ski

PassPrix
Pass touristique (une seule montée pour profiter de la vue)5€
Pass 1 jour10€
Pass 2 jours 18€
Pass 3 jours 25€
Pass 5 jours40€
Pass 6 jours 45€
Pass 7 jours50€

Sachez qu’en logeant chez Polar Star, nous avons des discounts sur les pass. 7€/jour au lieu de 10€/jour.

Les pass sont équipés d’une puce RFID, on n’a même pas besoin de les badger. Il suffit de le laisser dans la poche.

Mes cours de ski (100% débutante)

Je vais vous les décrire rapidement ici, pour vous montrer ce que c’est qu’un bon moniteur de ski.

Mon moniteur s’appelle Danilo et il est à la tête de l’agence Summit (citée dans le Lonely Planet) spécialisée dans les sports extrêmes & excursions pour prendre des photos incroyables dans le Durmitor. D’habitude, il donne des cours de ski en Autriche, mais pour mon plus grand plaisir, à cause du Covid, il est ici cette année. Je l’ai vu donner des cours aux enfants, et avec beaucoup de patience. Il est très encourageant et explique très bien chaque technique. J’ai beaucoup de chance d’être tombée sur lui. D’autres moniteurs m’ont dit en off qu’il était très respecté. Il parle parfaitement bien anglais.

Quant à JB, comme il a un autre niveau, il a un autre moniteur : Mirko, avec qui il a eu 6h de cours (3 sessions). Mirko est aussi pédagogue et propose des exercices variés pour que JB progresse doucement et prenne confiance. Il parle parfaitement bien anglais. Il l’amène skier la moitié d’une piste puis la totalité d’une piste, jusqu’à ce que JB en connaisse toutes les difficultés, avant d’en changer. Je pense que ça a beaucoup aidé JB qui avait une petite appréhension puisque sa dernière descente en ski s’était soldée sur une entorse au ligament du genou. Et après les cours avec Mirko, JB a pu parcourir ces pistes tout seul.

Tarifs : ça dépend du volume total. C’est à partir de 15€/heure jusqu’à 25€/heure. C’est donc au moins deux fois moins cher qu’en France. Leurs coordonnées sont à la fin de l’article

Préparatifs

Juste après la location de ski, JB a pris 30 minutes à me montrer comment chausser les skis et comment les enlever. Quand on a vu que je n’arrivais ni à chausser les skis, ni à les enlever avec le bâton, on a échangé de skis. Ainsi, ne vous traitez pas tout de suite de nul. Le matos est très important. Si vous n’y arrivez pas, le matos a peut-être un problème. En théorie c’est au loueur de faire ça mais bon, on s’adapte 😀

J’ai également regardé cette vidéo qui m’a énormément aidée : COMMENT SKIER | 10 COMPÉTENCES DÉBUTANTES POUR LE PREMIER JOUR DE SKI (activez les sous-titres français)

Première session de 2h

Nous commençons par apprendre à monter avec les skis, puis à stopper avec la technique du « chasse-neige » (mon moniteur préfère dire « slice of pizza »)

Au Monténégro, ils ont un système incroyable. J’ignore si ça existe en France. C’est un tire-fesse pour les nuls. Cet espace est gratuit.

Le système d’accroche ressemble à un boomerang et on s’y accroche avec nos bras, pour monter à peu près 150 mètres. Il y a beaucoup d’enfants, mais les adultes ne seront pas chassés. Ca monte lentement, mais à vitesse irrégulière, donc il faut se pencher vers l’avant. Il y a très peu de risques de tomber. La difficulté est de se mettre sur le côté lorsqu’on arrive en haut. On monte un peu afin de descendre. Naturellement, j’ai glissé en arrière, passé en dessous du fil et ai fini en « hors-piste » (à gauche sur la photo). Mais ce hors-piste est tellement plat que je ne me suis pas fait mal.

Pendant les 2 premières heures, je n’ai appris que ça : descendre les 100 mètres, sans bâtons, en chasse-neige. Danilo a planté des bâtons pour que je tourne à gauche puis à droite. J’ai mis 1h30 à maîtriser enfin les directions. Je suis tombée une fois avec Danilo. Après, je me suis entraînée avec JB, mais j’ai fini par glisser en arrière et ai failli tomber dans un trou. J’ai conclu que je ne skierais désormais qu’avec un moniteur.

Après 2h à cet endroit, j’ai pu reconnaître tous les enfants de la station de ski. Ahahah. Quand je suis tombée, un petit est venu me tendre sa petite main pour m’aider à me relever. C’est trop chou. Je suis très surprise de ne pas avoir autant de courbatures que ça. Je pense que la séance quotidienne de sauna de 15 minutes aide beaucoup.

Deuxième session de 2h

Nous commençons de nouveau avec le tire-bras pour les nuls. Après avoir vu que je maîtrisais beaucoup mieux la vitesse et les virages, au bout de 10 minutes, Danilo m’amène au tire-fesse.

Le tire-fesse monténégrin est excellent aussi. Je ne pense pas que ce soit la même chose dans toutes les stations de ski, mais à Savin Kuk en tout cas, ils ont un tire-fesse double, appelé pioches en France. C’est génial car le moniteur pourra m’aider à prendre le tire-fesse et y descendre. Si je devais prendre le tire-fesse français toute seule, je serais tombée direct, la tête en première.

Pour ce deuxième jour, nous montons seulement jusqu’à un terrain plat, pour que je puisse me débarrasser du tire-fesse plus facilement. J’ai quand même glissé en arrière et suis tombée deux fois en sortant du tire-fesse, mais il m’a toujours rattrapée à temps et m’a empêché de prendre un tire-fesse dans la tête, en tombant. Ouf.

J’ai fait les 600m de descente plusieurs fois, sans bâtons, en chasse-neige. Je vous mets une vidéo. Trop fière lol 😀

Je suis ultra surprise d’être capable de skier. Mon moniteur est excellent, mais je pense que j’ai gagné en muscle et en endurance après toutes ces années de voyage. Avant, je vous jure, je sortais ma moto juste pour faire 20 mètres !

Troisième session de 2h

Aujourd’hui, la température chute et la neige est dure, un peu verglacée. Pour la première fois, nous faisons partie des 20 premiers à skier. C’est extrêmement difficile de contrôler ma vitesse avec cette neige. Je suis tétanisée par la peur et les douleurs. Je dois fournir deux fois plus d’effort pour freiner ou ralentir. Par miracle, je ne tombe pas une seule fois, mais j’ai failli. Mon moniteur affirme que la neige va fondre un petit peu, et qu’avec les traces laissées par d’autres skieurs, la piste sera plus facile. On prend 10 minutes de pause et il a raison : cette fois-ci, j’arrive à skier tranquillement comme hier. J’ai même trouvé une technique pour oublier les douleurs dans les jambes : en skiant de manière mécanique, comme un réflexe, en regardant les paysages au lieu de penser à la douleur. Grâce à cette technique, j’ai pu dévaler la piste en m’arrêtant une seule fois. J’ai aussi appris à sortir du tire-fesse sans aide, sans tomber et à améliorer la position du corps (plus vers l’avant et pas en arrière comme hier).

la piste rouge est sur la droite du téléphérique

Du côté de JB, après avoir fait la piste rouge deux fois avec son moniteur, il y retourne après le déjeuner, sans moniteur cette fois. Il n’y a que 700m de piste rouge, dont les 50m très pentus. Et c’est le drame ! La piste rouge est encore verglacée, et JB tombe doucement, mais la pente est tellement raide qu’il dévale 50 mètres comme sur un tobogan, sans pouvoir s’arrêter. Toujours doucement. Il perd un ski, ramené par un autre skieur, mais n’arrive plus à le chausser. Deux autres skieurs s’arrêtent pour l’aider et concluent que ses skis sont de la merde. Ils ont littéralement dit « your skis are shit ». Ahahaha.

Vidéo : JB sur une piste bleue

Quatrième session de 2h

Aujourd’hui, on a cours à 11h au lieu de 10h. Comme ça, la neige aura le temps de fondre un petit peu et j’aurai moins peur. Aujourd’hui, on ne fait que des exercices pour que mon corps se penche plus vers l’avant. A la fin du cours, j’enchaîne le ski parallèle en traverse et le chasse-neige au virage. L’idée de passer à la technique parallèle à 100% d’ici deux jours. J’ai enfin pris les pioches toute seule, sans aide.

Pour la première fois, je peux skier sans moniteur (toujours accompagnée par JB quand même), sans crainte. JB m’a filmée lors d’un exercice. Je suis mortifiée en regardant la vidéo. J’avais l’impression d’aller très vite, mais je me suis rendu compte en regardant la vidéo que j’étais aussi lente qu’une tortue.

Cinquième session de 2h

A cause du travail, je dois prendre un cours tous les deux jours, et c’est toujours difficile de reprendre le ski. Heureusement que le week-end arrive et je peux skier plusieurs jours de suite. J’ai l’impression qu’en faisant une pause, même d’une journée, toutes les nouvelles techniques apprises sont oubliées. A la fin du cours, j’ai quand même réussi à apprendre à skier parallèle alors des traverses (et tourner en chasse-neige). J’ai eu un déclic et j’ai dévalé la piste en mode « rien à foutre, on n’a qu’une vie » et ai atteint une vitesse jamais obtenue auparavant.

Sixième session de 2h

Aujourd’hui, on enchaîne les exercices pour corriger (encore) la posture de mon corps qui est trop penché vers l’arrière, tout en améliorant mes techniques de skis parallèles. Aujourd’hui, je n’arrive à voir mes progrès qu’à la fin du cours, quand je suis autorisée à skier avec les bâtons et non seulement le corps était parfaitement vers l’avant, mais en plus j’ai pu gagner en vitesse. A la fin du cours, il m’a amenée vers l’autre piste bleue et j’étais tétanisée. La pente était beaucoup plus importante (cf. la vidéo avec JB). J’étais constamment en chasse-neige et j’ai oublié comment skier parallèle car j’ai activé le mode « survie ». Comme il y avait peu de monde, j’ai fait plein de descentes, ce qui m’a énormément fatiguée. J’ai dormi tout l’après-midi et séché la séance de sauna. Résultats : courbatures partout.

Septième session de 2h

Il neige depuis ce matin et il fait très froid (-4°C, température ressentie -9°C) et il n’y a aucun rayon de soleil. Pour une fois, j’ai la flemme de skier. Heureusement que je suis bien équipée et n’ai pas froid, contrairement à JB et mon moniteur qui ont probablement sous-estimé le froid. On dirait que je suis habillée pour l’Antarctique aahahah. J’ai sur moi : un tee-shirt manches longues & un pull en mérinos, une polaire, ma grosse écharpe, un bonnet, des gants de ski & une doudoune. En bas, j’ai le collant d’Uniqlo et mon pantalon de ski. La particularité du collant Heat Tech d’Uniqlo, c’est que plus je bouge, plus ça transforme en chaleur. A la fin du cours, les quelques cheveux qui dépassaient de mon bonnet étaient congelés ! Ca va, le plus froid que j’ai eu, c’était en Norvège, -20°C. Et j’ai survécu !

Aujourd’hui, nous continuons les exercices, c’est super dur. Mon cerveau est déconnecté, je mets mon poids sur le mauvais ski pendant 20 minutes et ne comprends pas pourquoi c’est si fatiguant. C’est en réalisant ma bêtise que je regagne en souplesse et en vitesse. Skier sur de la neige fraîche est tellement agréable. Cependant, il y a certains passages où il y a juste une petite couche de neige et en-dessous c’est verglacé. J’ai failli tomber 2 fois. Je sens que mes skis commencent doucement à être parallèles lors des virages. Comme il y avait peu de monde, j’ai fait plein de descentes, ce qui m’a énormément fatiguée. On ne voit rien avec cette brume de toute façon, on termine le cours un peu plus tôt. J’ai encore dormi tout l’après-midi, après le sauna, cette fois.

Huitième session de 2h

J’ai l’impression de régresser. Rien n’est bon aujourd’hui : position du corps, les jambes, la vitesse. Je suis passée sur l’autre piste bleue pour la 1ère fois (mais juste un bout) et les skis parallèles ont été vite remplacés par la position de chasse-neige car c’était trop pentu pour moi et j’étais tétanisée de peur. Le passage d’une piste à l’autre est verglacé et j’ai l’impression que je peux perdre l’équilibre à n’importe quel moment, reculer en arrière en mode verticale (c’est juste une impression, c’est à 60 degrés peut-être ?). Nous n’avons fait que des exercices aujourd’hui, je suis épuisée. Pour la première fois depuis le début des cours, j’ai des doutes sur mes capacités et me demande vraiment si ce n’est pas mieux, pour ma sécurité, d’arrêter le ski pour toujours. J’ai encore dormi tout l’après-midi, suivi d’un sauna rapide.

Neuvième session de 2h

8 Mars, journée de la femme. Même mon moniteur y a pensé et m’a offert des chocolats (c’est trop trop gentil!). A cause de la neige pas top, pas d’exercices aujourd’hui. Youpi ! J’ai donc skié sans exercices, du début jusqu’à la fin. Ma position n’est pas revenue à la normale car les nombreuses bosses sur la neige verglacée me font très peur. On est allés plusieurs fois sur l’autre bout de piste bleue mais mes techniques ne sont toujours pas améliorées. Après le déjeuner, j’ai skié avec JB, qui est venu skier entre midi et deux et il m’a félicitée pour mes progrès. Je pensais pourtant avoir ramé ces derniers jours, mais il m’a affirmé que mes skis étaient presque parallèles et que j’ai pris de la vitesse.

Dixième session de 2h

Après 3 jours de repos bien mérités (et il neigeait non-stop de toute façon), je suis de retour. Les pistes sont tellement agréables pour les débutants. Il n’y a plus de trou, de bosses, la pente est moins importante et la neige toute fraîche ralentit énormément, c’est parfait pour les débutants comme moi. Pour la première fois, je dévale la piste bleu de 600m sans m’arrêter une seule fois, et je prends vraiment plaisir à skier, au lieu de penser aux questions techniques : gauche, droite, pression, position…

Je pensais ne jamais pouvoir passer à la deuxième piste bleue et prendre le télésiège mais mon moniteur considère que les conditions sont idéales aujourd’hui et que j’ai atteint le niveau pour découvrir cette nouvelle piste. Yeaaaahhhh ! C’est avec beaucoup d’excitation que je prends le télésiège pour découvrir que la première descente est beaucoup plus pentue que tout ce que j’ai connu jusque là. Je suis tétanisée par la peur, je me demande dans quel pétrin je me suis mise. Je peux entendre mon cœur battre très fort et le stress envahir mon corps.

Plus tard, j’apprends que ce morceau aurait pu être considéré comme « piste rouge » dans certains pays.

Je suis constamment penchée en arrière, limite assise sur mes fesses. Pour la 1ère descente, le moniteur me file des bâtons auxquels je m’accroche tout en skiant en chasse-neige. Le reste de la piste, assez pentue, est fatiguant, mais pas impossible. Je peux me remettre en parallèle.

Je guette la réaction de mon moniteur, pensant qu’il va me ramener au tire-fesse, mais non. On remonte sur le télésiège et tente une nouvelle descente. Cette fois, je suis moins tétanisée, même si mes jambes souffrent à cause de la position chasse-neige en permanence. Je me laisse descendre 1/3 de la pente en tout schuss, car le terrain suivant est plat de toute façon. La troisième descente sera la dernière, mes jambes sont fatiguées de toute façon. Ceux qui m’ont vue prendre des cours depuis deux semaines me félicitent car ils voient une nette amélioration. J’apprends que l’autre élève débutante de mon moniteur s’est fait mal au genou, en skiant toute seule hier 🙁 Elle est sportive de haut niveau donc elle s’entraîne avant et après les cours, elle doit skier 4h/jour depuis une semaine. Cela me réconforte dans l’idée qu’il faut toujours que je sois accompagnée par mon moniteur, et 2h/jour est nettement suffisant.

Du côté de JB, lors d’un tout schuss sur la piste rouge, il a tenté de s’arrêter trop brusquement et est tombé de manière spectaculaire. Skis et bâtons partis. JB est couvert de neige. Un bâton s’est même cassé en deux. Fort heureusement, il n’a rien du tout, juste des courbatures. Plusieurs skieurs l’aident à ramasser ses affaires. JB est interdit de piste rouge jusqu’à la fin du séjour, car nous quittons la station de ski bientôt. Ce n’est pas le moment de se mettre à risque. J’essaierai de lui trouver un ostéopathe quand on sera en Albanie. Quelques jours plus tard, ses courbatures vont disparaître mais on découvre un hématome aussi gros que le baume de ma main, au niveau de ses hanches.

Onzième session de 2h

Aujourd’hui, la neige est moins agréable qu’hier. En dévalant la piste bleue, j’ai comme une mauvaise intuition car je ne contrôle quasiment rien : ni la vitesse ni le trajectoire. Je ne me sens pas très bien. On décide de prendre le télésiège car la neige en haut doit être meilleure et JB, apprenant que j’ai skié la piste bleue en haut, veut me voir à l’œuvre.

Mon intuition & les difficultés de cette piste me tétanisent et je ne fais que crier du début jusqu’à la fin, en faisant de très longues minutes de pause toutes les 10 secondes de descente. Pathétique ! Je n’arrive pas à oublier mon pressentiment, même si tout le monde me rassure qu’il n’y a aucun danger et aucun risque à cette vitesse. Je vous montre cette piste qui me hante : c’est celle sur la droite.

Et pourtant, lors de la descente des deux autres collines, quasiment aussi pentues mais plus courtes, j’y vais à fond sans me plaindre.

Mon mauvais pressentiment ne me quitte pas : j’abandonne après 60 minutes de cours. Dès le cours termine, mon pressentiment disparaît et je me sens libérée.

Je laisse JB terminer la seconde heure de cours avec le moniteur. C’est l’occasion rêvée pour lui d’aller sur la piste rouge, accompagné. Ce sera plus safe pour lui. Malheureusement pour JB, la piste a été souillée par des randonneurs qui font des trous partout dans la neige. JB tombe et est coincé dans 40cm de neige. Heureusement il ne se fait pas mal comme hier. Je pense qu’il doit définitivement abandonner l’idée de faire cette piste rouge, trop casse-gueule.

Douzième session de 2h

J’ai peur de remonter en haut et redescendre cette piste bleue difficile mais heureusement que la météo ne me laisse pas choisir. Il y a trop de vent et les télésièges ne fonctionnent pas. Pas de regrets non plus pour JB qui choisit de faire sa valise au lieu de dévaler les pistes. Il y a même de la grêle. Mon moniteur et moi sommes seuls sur la piste. Grâce à mes vêtements, je ne suis pas trempée, je me sens même très bien.

Pour ma dernière session de ski cette saison, je profite enfin de la liberté et la sensation de glisse. Je termine les cours en beauté et suis ravie de mes progrès depuis plus de deux semaines. Je pense que je resterai hésitante si je dois skier dans d’autres stations, j’aurai toujours besoin d’un moniteur, mais qui aurait cru que j’étais capable de descendre toute seule cette piste verte. Je suis tombée très rarement, sans me faire mal en plus, donc pour moi c’était un miracle. Le miracle du Monténégro.

Partie 2 : Infos pratiques

Pour les nuls et archi-débutants comme moi, je conseille la station Savin Kuk à Zabljak car elle est petite, familiale et les gens sont beaucoup moins stressés qu’à Kolasin. On est entre villageois en semaine. Kolasin reçoit plus de touristes étrangers. Il y a une ambiance stressante là-bas.

  • Vêtements de ski : de la tête au pied : comptez 200€. Je vous conseille vivement d’acheter soit en occasion, soit à la fin de la saison. Si vous êtes plutôt fin(fine), habillez-vous chez les enfants, la plus grande taille, c’est 176cm.
  • Location de voiture : entre 5€ et 15€/jour au Monténégro (cela dépend des modèles). Comme vous allez à la montagne, optez pour un modèle un peu plus puissant. Il n’est pas nécessaire de prendre une grosse voiture car ils louent des skis plus petits qu’en France, qui entrent dans la voiture sans problème (si vous n’avez pas de passagers à l’arrière).
  • Coordonnées de nos moniteurs (qui parlent anglais) à Savin Kuk :
    • Danilo : whatsapp +382 68 535 535
    • Mirko : whatsapp +382 67 447 589
    • Comptez entre 15€ et 20€/heure selon le nombre d’heures prévu
  • Location de skis : 10€/jour/personne maximum. 8€ est un bon prix
  • Pass pour les remontées mécaniques : entre 7€ et 10€/jour (selon le nombre de jours que vous prenez)
  • Logements :
    • les moins chers : 25€ à 30€/nuit dans un chalet avec cuisine équipée
    • nos hôtels :
      • Polar Star (lien Booking), 396€/semaine en demi-pension pour deux personnes. Sauna gratuit, petit-déjeuner inclus. Chambre avec table de travail. Tarifs préférentiels pour la station de ski. Location de ski possible sur place (pas de chaussures à grande taille par contre).
      • Hôtel Soa (lien Booking), 511€/semaine en demi-pension pour deux personnes. Sauna gratuit, petit-déjeuner inclus. Chambre avec table de travail. Possibilité de travailler au restaurant de l’hôtel (avec vue). Le restaurant de l’hôtel SOA est un des meilleurs de la ville.
  • Restaurants : entre 10€ et 15€/repas pour deux (boissons incluses)

Notre Séjour au Ski à Savin Kuk, Zabljak (Monténégro)
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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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