Faut-il se mettre au sport avant un tour du monde ? surtout quand on est nul en sport ?

Quand j’ai dit à mes amis proches que j’allais faire un tour du monde en backpack, et que ce n’était pas une blague, leur réaction était unanime : l’inquiétude. Pas parce qu’ils ne me croient pas capable de tout lâcher, mais parce qu’ils me voient pas capable de marcher autant, et surtout pas avec un backpack.

S’en suivent des tentatives pour me préparer physiquement à ce challenge : tiens, le numéro de ma prof de sport, tiens une réduc pour une salle de gym, je me promène dans Paris, tu viens ? Ce à quoi j’ai toujours dit NON, j’étais plus occupée à vider l’appartement, prendre rendez-vous avec les acheteurs sur Le Bon Coin, que pendant les 3,5 mois de préparation où je chômais avant le voyage, les seules fois où je suis sortie pour marcher un bon moment, c’était avec mes Couchsurfeurs.

Pour vous dire à quel moment je suis nulle en sport / déteste marcher, je vais tout simplement vous raconter quelques anecdotes :

Au lycée, pour le ping-pong, on était séparés par niveau. Chaque table de ping pong correspondait à un niveau. On était 4 par table si je me souviens bien. Si tu gagnes 2 sur les 4 matches, tu montes d’une table, sinon tu descends d’une table. Eh ben, je n’ai jamais pu monter à la table supérieure, ayant perdu quasiment tous mes matchs.

Quand je vivais au Vietnam, il m’arrivait très souvent de sortir mon scooter pour faire 10 mètres (pour acheter des légumes). Ma maison était en haut d’une toute petite colline de 5m et j’avais tellement la flemme de descendre cette colline et la remonter qu’il me semblait plus judicieux de sortir mon scooter.

Quand je vivais à Paris, j’étais tout le temps abonnée au Vélib, parce que partout où je vivais, le métro était entre 5 et 8 minutes à pied. Et je préférais prendre le Vélib pour faire 2 minutes de vélo jusqu’au métro, plutôt que de marcher. Parfois, je prenais même le bus, pour une station !

Après avoir lu ces anecdotes, pensez-vous toujours que je suis capable de faire un tour du monde en packback ? Même moi j’ai douté. Même si je n’ai pas de problème de poids, je déteste tellement la marche que même le poids de mes bras m’insupporte.

Et pourtant, après 3 mois de voyage, je peux vous affirmer qu’on peut être nulle en sport et être capable de faire un voyage autour du monde. Il faut juste se fixer quelques limites.

  1. Limiter le poids du backpack : Le poids idéal étant d’environ 25%-30% max du poids du corps. Je pèse 40kg, donc normalement je peux porter jusqu’au 12kg, mais j’ai préféré porter < 20% de mon poids, soit 7,3kg. L’astuce pour porter peu est de choisir un petit sac, comme ça, même si je le voulais (consommatrice comme je suis, oui, beaucoup de choses me tentent), je n’aurais pas pu mettre plus de choses dans mon sac. J’ai choisi l’Osprey Mira AG 26 dont j’ai fait une review ici. En réalité, on se promène très peu avec son backpack sur le dos. Les hôtels et guesthouses acceptent tous de garder nos bagages. La seule fois où les bagages ne sont pas les bienvenus, c’est quand on a pris un Airbnb.
  2. Choisir les treks et les sports à son niveau : Le voyage au Népal m’a mise un peu de pression. Tout le monde y va pour trekker. Je déteste marcher, je déteste trekker, et le fait de trekker seulement un jour à Pokhara (et avoir abandonné au milieu) me fait culpabiliser : est-ce que je ne suis pas en train de rater quelque chose, j’ai fait tout ce chemin pour venir au Népal pour finalement ne pas voir la beauté du lieu blablabla… Et ben finalement mon guide m’a calmée direct en montrant les photos des montagnes si j’avais fait les 5 jours de trek. Sensiblement les mêmes paysages que ce que j’ai pu voir en prenant la voiture. Pas de regrets donc. Je pense qu’il ne faut pas se mettre trop de pression et se forcer parce que TOUT LE MONDE fait ça dans tel ou tel pays. Tout le monde ne peut pas atteindre le sommet de l’Everest à ce que je sache, mais on peut très bien voir les sommets enneigés tranquille depuis son hôtel à Pokhara ou Nagarkot.
  3. Avoir des chaussures et chaussettes confortables : Je pense que c’est un des secrets pour que marcher soit moins douloureux pour une paresseuse comme moi. J’amène 3 paires de chaussures avec moi : (1) les sandales Tirra de Teva, très confortables dès la première utilisation (2) les chaussures de randonnée avec GoreTex, modèle Moab chez Merrell waterproof, respirantes et très confortables; que je complète avec des semelles en cuir chez Minelli (3) une paire de tongs pour marcher à l’hôtel (et dans la douche quand c’est trop craignos). Pour les chaussettes, j’ai choisi deux paires de chaussettes de randonnée respirantes chez Decathlon (une courte et une longue).
  4. Arrêter de vouloir tout faire à pied : Sérieux, on n’a pas inventé différents moyens de transport pour tous finir à pied. Si ça ne vous vient jamais à l’esprit de faire Châtelet – Orsay (zone 4) à pied, ne le faites pas en Inde, sous 40 degrés non plus ! Je suis d’accord que voyager, c’est vivre différemment de ce qu’on vit d’habitude mais il y a quelques limites quand même. En plus, marcher et souffrir, vous empêche fortement de profiter des paysages. En marchant, vous allez moins vite et voyez moins de choses. A Mandalay par exemple, il était impossible de visiter la ville à pied, il valait mieux dans ce cas louer un vélo ou un scooter. Renseignez-vous, avant de tenter d’économiser 2€ de transport, sur le temps qu’il faut pour marcher depuis ce terminal de bus, au milieu de la poussière et d’odeurs fortes, jusqu’à votre hôtel. Et surtout, faites comme des locaux : la plupart du temps, ils prennent un tuk tuk, un bus, un taxi, un scooter, ils font du stop, mais ils ne marchent pas non plus.

Voilà, j’espère avoir rassuré les non-sportives comme moi. Sans être une princesse qui voyage en taxi/Uber non plus, je ne me suis pas tuée en marchant. Il n’est vraiment pas nécessaire de faire du sport avant le tour du monde non plus (vous en faites ? tant mieux, mais ne vous mettez pas trop de pression), quand on voyage, on est moins stressé. L’excitation du voyage et aussi des plats délicieux pendant le voyage boostent l’énergie au maximum. Et puis, si c’est trop fatiguant, rien ne vous empêche de faire une petite sieste après le déjeuner, comme ce que font les locaux dans PLEIN de pays.

 

 

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine.

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