Pokhara (Népal) – la ville des sensations fortes

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Jour 1 : Patan -> Pokhara

Départ de l’hôtel à 6h pour prendre notre « tourist bus » à 7h près de Thamel. C’est un tourist bus parce que chacun a un siège contrairement au « local bus ». Le bus est très confortable, climatisé, Wifi gratuit, prise électrique, bouteille d’eau offerte, … Pour 700 roupies par personne, le bus nous amène presque au centre de Pokhara.

Contrairement au trajet Kathmandou – Birgunj où l’on se demandait à chaque virage si on allait mourir, la route qui mène de Kathmandou à Pokhara est beaucoup plus grande, et plus touristique aussi. Il y a différents arrêts avec WC, restaurants prêts à accueillir 3 bus en même temps. Le prix est touristique aussi : 80 roupies le thé (au lieu de 20), 200 roupies le coca (au lieu de 80). La vue est moins impressionnante que Kathmandou – Birgunj. Cependant, on suit un fleuve et on voit plein de « cages » suspendus dans le vide pour transporter les hommes d’une rive à l’autre grâce à un long câble.

Au bout de 6h (dont 1h de bouchons autour de Kathmandou), nous arrivons enfin à Pokhara. Le côté touristique commence : 300 roupies pour aller jusqu’à l’hôtel (3km à peine), beaucoup trop cher. Mais nous le prenons quand même, trop fatigués pour négocier.

Notre hôtel est situé en hauteur et notre chambre a une vue plutôt sympa sur le lac. Les travaux sont en cours dans notre hôtel ce qui fait beaucoup de bruit. En se plaignant du bruit, JB réussit à nous obtenir une meilleure chambre pour moins cher pour les nuits suivantes. Il faut dire qu’il est devenu très fort en marchandage et malgré mon côté vietnamien, je suis toujours gênée quand il faut marchander et dire à quelqu’un que c’est trop cher pour moi de payer 0,5€ de plus (Note de JB : c’est pas parceque c’est 50 centimes qu’il faut se laisser arnaquer).

On trouve un restaurant coréen, super bien noté sur TripAdvisor. Je crois que c’est le meilleur repas que j’aie pris depuis le début du tour du monde. Allez je vous donne son nom : Natssul. Les proprio sont coréens. J’adore leurs « side dishes » (kim chi et légumes marinés). On décide de revenir le lendemain pour tester leur barbecue.

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Jour 2 : Bateau sur le lac Phewa, Massage, Restos

Grasse matinée car il pleut et on ne peut pas voir les montagnes enneigées de toute façon.

On se motive pour aller au supermarché acheter les produits d’hygiène de base. Ici, contrairement aux autres villes népalaises, c’est tellement touristique que c’est facile de trouver des papiers toilette (les indiens et népalais utilisent de l’eau et leur… main gauche, pour eux les papiers toilette ne sont d’aucune utilité).
A Pokhara, on trouve de tout : équipement de trek, restaurants internationaux pour tous les goûts (français, allemand, coréen, japonais, chinois, indiens mais peu de restos népalais), spa, massages… C’est la base depuis laquelle les gens partent trekker pendant des jours à Annapurna et aussi le lieu où ils reviennent de leur trek. Donc, après tant d’effort, ils seront plus intéressés par un bon massage, de la nourriture européenne plutôt que la nourriture locale. It makes sense.

On déjeune au resto coréen (Natssul) où on était la veille, leur barbecue est très bon et copieux mais il faut aimer ce genre de plat qui demande un peu de travail.

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On loue un bateau avec rameur pour 500 roupies l’heure, on est un peu déçus par la couleur de l’eau (brunâtre à cause de la mousson). La promenade sur le lac est très agréable, on peut même ramer nous-même si on veut. Un groupe d’étrangers préfèrent le pédalo. On s’arrête 10 minutes sur une île au milieu du lac, où se trouve un petit temple avec plein de pigeons (tous les temples népalais sont envahis de pigeons puisque le riz fait partie des offrandes). Le temps semble s’arrêter, on est tellement bien ici.

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Nous terminons l’après midi au Mandala Spa à l’hôtel Mount Kailash. Pendant le happy hour (10h-17h), le massage coûte 1600 roupies pour 1h et le forfait détente (1h30 massage, 30mn sauna/hammam) 2700 roupies. Ce qui n’est pas trop trop cher comparé à la qualité du soin et la propreté du lieu – et très abordable pour Pokhara. En sortant du spa, j’ai l’impression de flotter sur un nuage, je me sens toute légère. C’est rare qu’un massage fasse autant d’effet comme ça sur moi.

De retour à l’hôtel, la femme du patron insiste sur le fait que je sois chinoise (ma voix est chinoise, ma peau est chinoise, ma tête est chinoise selon elle) même si je lui affirme le contraire. Pauvre femme. Je me dépêche donc de finir mon thé et mettre fin à ses insultes.

Je remarque aussi que nous intéressons beaucoup les enfants du patron. En nous voyant nous activer pour changer de chambre, l’un d’entre eux vient même dans notre chambre jeter un coup d’œil.

Birgunj nous a malheureusement appris une leçon : si on n’aime pas les enfants, il ne faut jamais les encourager d’une manière ou d’une autre à établir le contact, surtout pas pendant un instant de faiblesse, en leur proposant de jouer au UNO ou quoi que ce soit. Surtout si on reste au même endroit plusieurs jours. Car cela signera la fin de notre liberté/intimité, que ce soit Couchsurfing, Airbnb ou à l’hôtel. Ils viendront toquer à la porte, regarderont par la fenêtre ou autre tentative d’intrusion. Là, on leur a juste souri, et ils ont passé je ne sais combien de temps à regarder par notre fenêtre. Certes, c’est mignon, c’est touchant… mais j’aime pas les enfants.

Nous dînons dans un resto vietnamien (Pho 99) et découvrons que le menu ressemble étrangement à celui près de Kathmandou. En fait, c’est une chaîne. Le pho est vraiment très bon, et les nouilles sautées également.

Jour 3 : Parapente

Nous nous réveillons de bonne heure, en espérant pouvoir faire du parapente, mais il pleut. La veille, nous sommes passés à une agence de voyage (reconnue par l’état -> gage de qualité), Essence Tours & Travels, qui a des tarifs plus bas que les autres. Nous leur avons donné notre téléphone en leur demandant de nous appeler dès qu’il y a une possibilité de faire du parapente.

A 9h, ils nous appellent, comme promis, pour nous dire qu’on peut le faire à 11h.

A peine les frais réglés (10 000 roupies/personne photos et vidéos incluses) qu’une voiture nous attend déjà devant l’agence de voyage pour nous amener en haut de la montagne. A part nous, il y a 5 autres voyageurs chinois dans la voiture. Comment je sais qu’ils sont chinois ? Je les entends parler. Beaucoup trop.

JB et moi, nous nous regardons, en nous demandant ce que ça va donner quand on sera en Chine et entourés de chinois. Parleront-ils tout le temps comme ça ? super fort ? feront-ils des selfies dans la voiture comme ça toutes les 10 secondes ?

Arrivée en haut de la montagne, je suis la première à descendre en parapente. Du coup, à part les infos de base (il faut courir au début, déplier les jambes à l’atterrissage), je n’ai pas beaucoup échangé avec mon guide. JB, quant à lui, est le dernier à descendre donc il a pu demander pas mal d’infos à son guide. Apparemment 60% de leur clientèle serait chinoise, intéressée par dessus tout par les belles photos/selfies. Cela explique pourquoi les guides connaissent quelques mots de base en chinois pour dire à leurs clients de courir, plier les jambes etc. parce que la plupart d’entre eux ne parlent pas un mot d’anglais.

A cause du manque de vent, nous ne volons que 15 minutes (au lieu de 30 minutes en cas de vents forts), mais c’est amplement suffisant. La vue est pas mal, mais en temps normal (hors mousson), les paysages doivent être époustouflants.

Nous faisons quelques figures acrobatiques à la fin du vol, ce qui donne les mêmes sensations que les montagnes russes au parc Astérix. L’atterrissage se fait juste à côté du lac de Pokhara, si près de l’eau qu’on aurait pu avoir peur de se trouver effectivement au fond du lac. Mais les guides sont expérimentés et atterrissent avec une telle précision qu’on peut atterrir à la chaîne, à quelques secondes d’écart, sans rentrer l’un dans l’autre.

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Nous passerons l’après-midi à regarder le lac depuis notre balcon en travaillant.

Jour 4 : Mini Trek

Nous prenons un petit déjeuner bien copieux dans un petit resto avant de trekker. Nous avons la surprise de voir deux vaches qui ont la même idée que nous : elles tentent aussi d’entrer dans le resto. Chassées par le patron, elles se contenteront de manger sa pelouse et ses belles plantes.

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L’avantage d’être en basse saison, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de touristes. Nous avons un guide rien que pour nous, ce qui m’a motivée pour faire ce trek (au début je ne voulais pas, craignant d’être un boulet pour tout le monde). J’amène avec moi le minimum des choses : mon téléphone, ma carte bancaire, 500 roupies, 1 Kit Kat, mon mini kit de survie urbain et 1 veste imperméable. Une casquette vissée sur la tête, des chaussures des trail aux pieds & une paire de lunettes de soleil, c’est parti !

Notre guide de trek est très sympa, est dans la quarantaine, a deux chats à la maison et semble très patient.

Un taxi nous amène tous jusqu’à Kande (1000m d’altitude), où il pleut des cordes. Nous allons trekker de là jusqu’à l’Australian Camp (2000m), Dhampus puis Phedi en descendant.

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La première partie s’annonce facile : on monte on monte, via des escaliers en pierre assez solides.

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Arrivés à Australian Camp après 1h30 de marche, on fait une petite pause. La vue est censée être magnifique mais il pleut et on ne voit rien.  IMG_2396

Après la pause, on s’apprête à partir quand je sens comme un moustique aux pieds. Je regarde et découvre avec dégoût une sangsue en train de me vider de mon sang. Je mets un pansement (merci mon kit de survie) et continue à marcher. La descente sous la pluie est très dure, le guide me prendra la main pendant toute la descente car je n’arrête pas de glisser (sans tomber heureusement).

Je ne sais pas si c’est l’altitude ou la fatigue mais mes genoux tremblent et ma vue m’offre des hallucinations un peu inquiétantes : je vois par exemple une maison en effet zoom in/zoom out.

Une demie heure plus tard, sentant quelque chose me piquer, je vérifie et vois une énorme sangsue de 8cm sur ma jambe. Je hurle de peur tellement la vision m’est épouvantable. Les moustiques sont tellement mignons à côté. Je n’ose même pas l’enlever et c’est le guide qui doit s’en charger, le pauvre. Lui aussi est attaqué par d’énormes sangsues, même sous son tee shirt. En fait, elles sont très nombreuses en haute altitude et quand il pleut. Elles peuvent se projeter vers les victimes, en l’occurrence sur nos chaussures et remontent lentement sur les pieds ou les jambes. J’aurais dû porter des chaussettes longues pour me protéger.

Quand on est attaqué par des sangsues, c’est plus fort que nous, on devient obsédé par le moindre désagrément. Le guide et moi vérifions nos chaussures tous les 50m et la moindre gêne entraîne une inspection minutieuse de nos pieds et nos jambes.

La présence massive des sangsues sonne la fin de mon envie de trek. Je me renseigne auprès du guide pour que le taxi vienne nous chercher le plus vite possible, ce qui est malheureusement très difficile pendant la mousson. On marchera encore 2h avant que le taxi ne réussisse à nous rejoindre entre Dhampus et Phehdi. Entre temps, il fait beau, les sangsues ont disparu et les pierres moins glissantes. Mais mes genoux continuent à trembler donc on termine le trek une heure plus tôt que prévu.

JB, ayant fait un trek au Vietnam (à Sapa) en sandales pendant 5h et gravi le Grand Paradis en Italie, s’en sort très bien et n’est pas du tout visé par les sangsues. C’est pourtant le seul à être en short.

Bref, le trek en pleine mousson, très mauvaise idée ! Mais vu le preview qu’on a quand le ciel est dégagé et les sangsues disparues, le trek au Népal en Septembre/Octobre/Novembre doit être sensationnel. On vous met quelques photos ici :

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Je sais que plusieurs blogueurs déconseillent les guides mais franchement je ne suis pas d’accord. Déjà, le chemin n’est pas bien indiqué, du tout. Il y a plusieurs passages où l’on est à côté d’une falaise ou les pieds dans une cascade. Avoir un guide ne serait que pour appeler les secours si quelque chose nous arrive nous semble essentiel.

Après tant d’effort, nous nous offrons un dernier dîner au resto coréen d’à côté (Kims Restaurant), pas super authentique mais très bon et surtout servi généreusement.

Je découvre sur Internet que les hackeurs chinois ont pris le contrôle des écrans et haut-parleurs de deux aéroports vietnamiens. La Chine est très mécontente de notre position défavorable par rapport à leur réclamation des espaces maritimes qui ne sont pas les leurs. Quelques jours avant, ils ont détruit le plus gros site bouddhiste tibétain. Ca ne me donne plus aucune envie d’aller en Chine, nous enlevons la Chine de notre itinéraire initial. A la place, on ira dépenser notre argent aux Philippines.

Nous préparons nos bagages pour le retour à Kathmandou le lendemain matin, avant de nous envoler pour la Thailande et ses belles plages.

Partie 2 : Conseils pratiques

  • Tout est négociable même si les prix sont affichés sur les flyers ou dans les bureaux des agences. C’est tellement touristique qu’il y a une agence de voyage tous les 5m. Une remarque type « l’autre agence nous a proposé 20% moins cher » et c’est dans la poche
  • Préférez les agences reconnues par l’Etat. C’est marqué en gros sur leur flyer ou sur leur panneau. Nous avons choisi Essence Tours & Travels et sommes très satisfaits de leur tarif & service
  • Ca ne sert à rien de réserver quoi que ce soit avant votre arrivée à Pokhara. Les agences sont très nombreuses, vous pouvez tout réserver sur place voire acheter les vêtements de trek sur place
  • Comme partout ailleurs au Népal mais surtout à Pokhara, ils donnent toujours des prix en dollars et calculent l’équivalent en roupies selon le taux de change. Si vous n’avez pas assez d’argent en roupies népalaises, vous pouvez payer en dollars
Népal : Notre itinéraire, Guide du pays & Budget
Patan (Népal) - un ancien royaume Newar
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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    Un commentaire
    • Répondre FabGreg

      3 février 2021, 23 h 16 min

      Nota : le trekking est possible pendant la mousson dans les régions dans l’ombre climatique de l’Himalaya. Par ex. la région de Manang, le Naar-Phu, et les zones à accès restreint (guide imposé + permis onéreux) du Haut-Mustang et du Haut-Dolpo.

      Mais l’accès à ces zones peut être contrarié par les intempéries, notamment avec des éboulements sur la route.

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