Week-end à la Montagne en hiver (Monténégro) : Durmitor, Zabljak, Kolasin

Après un mois et demi au Monténégro, c’est la première fois qu’on s’aventure vers le nord du pays. Nous avons souffert avec les routes très dangereuses tout près de la mer, alors nous hésitons beaucoup à aller à la montagne, de peur de trouver des routes verglacées en mauvais état. Nous avons des chaînes dans le coffre mais on n’a aucune expérience dans leur utilisation. Nous décidons de passer uniquement 3 jours à la montagne, histoire de voir comment ça se passe, et y revenir plus tard en mars si cela nous plaît.

Nous pouvons ainsi admirer la belle vue sur la plage ensoleillée depuis notre Airbnb à Budva le matin et nous retrouver avec 2 mètres de neige sur les deux côtés de la route quelques heures après. C’est l’avantage quand on est dans un petit pays avec des paysages aussi variés que le Monténégro.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Note : nous avons l’habitude de louer un appartement pour un mois, puis rayonner depuis notre base. Nous ne rendons pas l’appartement à chaque fois car louer un mois de suite nous permet de payer jusqu’à -50%. Ainsi, même si nous payons un double loyer quelques jours quand nous partons en week-end, finalement, nous sommes gagnants et ne sommes pas obligés de trimballer toutes nos affaires à chaque fois.

Jour 1 : Budva – Zabljak

Je vous montre le paysage de rêve aperçu en passant à proximité de Cetinje (lien Google Maps), sur le chemin vers le massif du Durmitor.

En voyant autant de brume, on s’inquiète un peu pour le froid en pleine montagne, mais la brume n’est présente que sur une petite partie du chemin. S’en suivra 30 minutes de travaux (mais on roule toujours bien, la voiture est salie c’est tout), puis on commence à être dans les nuages, littéralement.

La neige commence à apparaître sur les côtés. JB et moi nous demandons à partir de quel moment il faudra mettre les chaînes neige.

Avant de partir, nous avons quand même pris soin de regarder sur YouTube comment mettre les chaînes, et vérifier que l’agence de location nous a bien mis 2 chaînes.

Puis nous roulons, nous roulons… et la route reste parfaitement dégagée, malgré plusieurs mètres de neige sur les côtés. Nous sommes trop contents : en fait, nous n’aurons pas besoin de chaînes neige.

Avant, nous n’avions pas beaucoup de moyens et les vacances à la montagne ne faisaient pas du tout partie de nos plans (JB a dû aller deux fois au ski dans son enfance, Anh a skié quelques heures lors d’un team building avec son entreprise. Ce n’est pas du tout notre univers). Quand nous avons enfin pu partir en voyage à l’étranger, nous avons toujours choisi le soleil. Donc c’est notre premier « week-end au ski » ensemble. C’est pour ça qu’on est à la fois très excités mais pas rassurés.

Je pense que nous avons quand même raison de nous inquiéter parce que les autoroutes monténégrines n’ont que deux voies. Pour dépasser, les voitures n’hésitent pas à doubler en plein virage, sans aucune visibilité, nous avons failli prendre deux voitures en pleine face (dont une ambulance !!) car elles étaient en train de doubler et n’avaient aucun moyen de se rabattre. JB, après un mois et demi au Monténégro, trop habitué aux comportements dangereux des chauffeurs monténégrins, n’est même plus choqué d’éviter des accidents pour quelques centimètres. D’habitude, on aurait été traumatisés et aurait fait demi-tour, l’estomac noué. ahahaha. Mais ça va cette fois, le chauffeur JB a oublié très vite l’incident et roule de nouveau comme si rien ne s’était passé.

A un moment, nous devons attendre que la route soit dégagée car il y a eu une mini avalanche, coupant la route. Mais ils ont l’air très efficaces ici et ont de gros moyens. Nous sommes très impressionnés car nous ne pensions pas qu’ils pouvaient s’occuper aussi bien des routes dans un si petit pays.

A l’approche de Žabljak, où se trouve notre hôtel ce soir, seules les routes principales sont dégagées. Les petites routes sont ensevelies sous plusieurs mètres de neige. Nous trouvons ça trop marrant quand le GPS Google nous dit de tourner à gauche, alors qu’on se retrouve nez-à-nez avec 3 mètres de neige. A un endroit, la neige est complètement dégagée, laissant voir un restaurant tout mignon : Izvor (lien Google Maps)

Ce restaurant a vue sur une station de ski, même si on est trop loin pour apercevoir les télésièges et les pistes.

Il y a plein de plats traditionnels, dont le boiled lamb, que je trouve particulièrement délicieux pour seulement 8,5€. Le kebab de JB (à droite) est juste de la viande grillée, sans plus. Nous payons 18,5€ pour deux, boissons incluses. Paiement par carte accepté. Une très bonne adresse !

Savin Kuk Ski Centre

Depuis le restaurant, il faut prendre le chemin bleu, qui est dégagé car une partie du chemin gris est couverte par la neige.

Dès qu’on prend les routes plus petites (blanches sur Google Maps), la qualité diminue : il y a plus de trous, un côté de la route est dégagé à moitié, donc les voitures se croisent avec un peu de difficulté, mais ce n’est pas impossible. Il faut rouler lentement, c’est tout.

Nous arrivons à trouver une place au parking principal, mais nous avons vu beaucoup de voitures qui se garent le long de la route. Je pense que même en semaine, si vous voulez avoir une place de parking, il faut venir tôt. En venant vers 15h comme nous, il y a de la place, mais le soleil se cache derrière la montagne assez vite et on a rapidement froid. Voici le plan de la station de ski. Je pense que c’est ma préférée. Elle est petite, mais bien équipée : avec 2 télésièges à 2 places, 1 tire-fesse et une piste à part pour les débutants. J’aime beaucoup cette configuration car ça permet de ne pas se retrouver sur la même piste que des gens expérimentés qui descendent à toute vitesse, alors qu’on apprend à skier.

Je pense qu’ici, la piste bleue équivaut à la piste verte en France. Par contre la rouge semble bien rouge, et la noire me donne le vertige rien que de la regarder.

Voici les tarifs pour les pass. Le forfait d’un jour coûte 10€, versus 25€ en France en moyenne si je ne me trompe pas. De plus, les hôtels dans le coin sont très abordables, on en trouve actuellement, alors que c’est la haute saison, à partir de 30€ la nuit sans aucun souci. Il y a même des chalets avec jacuzzi et sauna privés. La voiture que nous louons à Tivat, nous coûte 15€/jour. Je pense que le Monténégro est clairement une destination bon marché pour les sports d’hiver.

Je sais que les stations de ski sont fermées en France. Si vous êtes trop jaloux, et si ça peut vous réconforter, nous n’avons pas du tout skié au Monténégro, car je ne sais pas skier, et JB n’en a pas fait depuis une quinzaine d’années et a une appréhension à l’idée de s’y remettre (il s’est fait très mal au genou aux dernières vacances de ski). Donc ne nous détestez pas !

Updatez : nous y sommes revenus 3 semaines plus tard pour skier. Vous pouvez être jaloux, mais ne nous détestez toujours pas !

Nous payons 5€ chacun (A/R) pour monter en télésiège juste pour regarder les paysages. Le paiement par carte est accepté.

Ce qui est cool pour les skieurs débutants, c’est qu’il est possible de s’arrêter au milieu pour prendre la piste n°3. Cependant, l’arrêt est très rapide, donc dès que vous voyez une cabane sur la droite, apprêtez-vous à descendre. On voit des enfants qui skient seuls et se débrouillent très bien. Ils doivent vivre dans le coin et connaissent cette montagne par cœur.

Quand on arrive au bout, il faut obligatoirement descendre du télésiège, avant de faire demi-tour avec le télésiège de l’autre côté. C’est un peu compliqué à expliquer, mais il y a toujours une personne pour vous aider à descendre et vous signaler ce qu’il faut faire. Ici, même si je suis sans ski, la personne m’a pris la main pour que je puisse descendre en toute sécurité (car c’est la première fois de ma vie que je prends un télésiège, eh oui). J’avais vraiment peur de mal descendre, puis de me prendre le télésiège en plein cul et me retrouver le visage dans la neige, mais ce monsieur a été d’une grande aide.

Vous qui êtes plus habitués que moi, vous avez sûrement oublié la sensation que ça fait quand on le prend pour la première fois. J’ai vraiment eu peur de voir autant de vide sous mes pieds. Le fait d’être dans une structure aussi ouverte, à une altitude aussi haute, et avec autant de vent, me paraît très impressionnant.

Aujourd’hui, le deuxième télésiège est HS car on voit la trace d’une grosse avalanche. Idem, c’est la première fois que je vois à quoi ça donne, une avalanche. JB, pendant son stage pour le Mont Blanc, a déjà vu une vraie avalanche, mais sur la montagne d’en face. J’ignore si vous voyez le deuxième télésiège sur cette photo, mais ça a l’air de monter encore très très haut. La vue depuis ce deuxième télésiège doit être époustouflante.

Nous avons trop de chance ! Le temps est magnifique et la vue est bien dégagée. Vous qui savez skier, vous avez trop de la chance de voir ces beaux paysages chaque année.

Nous voyageons avec des vêtements des 4 saisons donc nous avons de quoi nous protéger contre le froid. Cependant, rester ici sans bouger pendant de longues minutes suffit pour me geler les mains. Appréciez ces photos car j’ai lutté contre le froid pour vous les prendre (à -2°C)

Voyez-vous la forêt sur la gauche ? Eh ben, vous pouvez la traverser en raquettes jusqu’au Lac Noir. Le trajet fait 6,7km, 2h. Vous pouvez le faire seul ou accompagné. Voici un panneau qui résume bien cette randonnée :

Il y a un restaurant et un café en bas de la piste, mais avec le soleil qui se cache déjà derrière le sommet, il fait froid tout d’un coup.

Au sommet, nous voyons un couple avec des skis aux pieds, arriver. La fille n’arrive pas à tenir debout et partir de la zone télésiège. Elle me dit que c’est son tout premier jour au ski. Finalement, elle doit reprendre le télésiège pour descendre (car la seule piste pour descendre au ski est une piste rouge).

Update : JB a descendu cette piste rouge tout seul. Il est tombé et a glissé non-stop sur 50 mètres, donc il faut avoir un bon niveau. C’est irresponsable d’amener quelqu’un en haut d’une piste rouge lors de son premier jour de ski.

Cette histoire me fait revivre de très mauvais souvenirs : mon premier cours de ski, lors d’un teambuilding. Notre boss à l’époque a eu la gentillesse de payer des cours de ski pour mes deux collègues débutantes et moi. Malheureusement, on est tombées sur un moniteur peu compatissant (et nul). Non seulement, il ne m’a pas appris les bases, mais on a pris, après 45 minutes de cours seulement, le téléphérique pour monter tout en haut. Je fonçais à chaque fois vers la piste noire, me faisais engueuler par d’autres skieurs qui fonçaient comme des malades, et n’avais pas d’autres choix que de me laisser tomber.

Ensuite, comme le cours est terminé, il nous a laissées là, en haut de la piste, et j’ai dû porter mes skis super lourds, en pleurant, pour monter jusqu’au téléphérique et descendre. J’en ai gardé une expérience horrible du ski et je me suis dit que j’étais trop nulle et trop bête pour comprendre. Surtout que mes collègues, ayant pourtant le même moniteur, ont réussi à descendre la piste verte comme des pros dès le premier jour. En l’apprenant, mon ancien boss m’a proposé un autre cours mais j’ai refusé, pensant que j’étais trop nulle pour le ski. J’ai appris plus tard que cette station avait bien un tire-fesse et une piste uniquement pour les nuls, mais le moniteur ne nous y a pas amenées.

Žabljak

Nous reprenons la voiture jusqu’à notre hôtel, qui n’est qu’à 10 minutes en voiture.

Je vous montre à quoi ressemble le centre-ville de Žabljak, la ville la plus haute d’Europe du Sud-Est et la porte d’entrée du parc national du Durmitor. Avec plusieurs mètres de neige de part et d’autre de la route, on a du mal à repérer les magasins ouverts et les magasins fermés. Devant les chambres d’hôtes, à côté des tonnes de neige, il y a juste une ou deux places de parking complètement dégagées. C’est impressionnant. Il y a certaines routes avec deux centimètres de neige et de verglas dessus mais personne ne met de chaînes neige, alors nous nous contentons de rouler tout doucement, en évitant les voitures au bord de la route.

Le réceptionniste de notre hôtel est trop content de nous voir car cela fait trop longtemps qu’il n’a pas vu de touristes étrangers (enfin étrangers non régionaux, il semble y avoir des visiteurs russes et albanais) et nous offre un upgrade directement, avec vue sur la montagne et les petits chalets. C’est une suite avec un petit coin cuisine pour préparer le petit-déjeuner, et un sauna à privatiser (inclus dans le prix) à cause du Covid.

Je vous recommande vivement cet hôtel car non seulement nous avons été très bien traités (un petit dessert offert en room service sans ne rien demander), le réceptionniste parle parfaitement bien anglais (c’est rare) et le restaurant est trop bon et pas cher (c’est un des plus réputés de la ville). Sans compter la proximité avec la station de ski & le lac noir.

Hôtel SOA (lien Booking), 68€ la chambre double, accès au sauna et petit-déjeuner inclus. Comptez 20€ pour le dîner pour deux, une des meilleures tables de la ville

Le wifi est assez bon, mais pas exceptionnel. Si vous voulez travailler d’ici, il vaut mieux compter sur votre 4G (qui est très peu cher au Monténégro), JB en a parlé ici.

Admirez cette vue depuis notre balcon !

En sortant de l’hôtel, JB glisse sur du carrelage et a failli faire une gamelle mémorable. Par miracle, je marche juste à côté et ai pu le rattraper, sans glisser moi-même fort heureusement. Clairement, les chaussures de trail ne sont pas du tout adaptées à la vie en montagne.

Jour 2

Le Lac Noir – Crno Jezero

Il y a 18 lacs glaciaires dans la zone mais le Lac Noir est le plus grand et il est gelé en hiver. Il se trouve à 1417 mètres d’altitude et porte son nom car ses eaux reflètent les arbres très denses, et crée une impression d’eau foncée alors qu’en vrai l’eau est émeraude (en été).

Nous pouvons soit marcher depuis notre hôtel, soit aller au parking du Lac Noir en voiture. Bien sûr que j’ai opté pour la voiture car j’ai vu beaucoup de piétons galérer avec leurs chaussures non adaptées. Le parking coûte 2€, et l’accès nous coûte 3€/personne (car cela fait partie du parc national du Durmitor). Pas sûre que les locaux paient, mais bon. Paiement en cash uniquement.

Une fois la voiture garée au parking, il faut encore marcher 750m sur la neige bien tassée, au milieu des arbres. Avec nos chaussures de trail, on ne glisse pas (trop), mais on n’est pas rassurés à 100% non plus. Cela me fait penser à mon stage d’un an en Norvège. Tout le monde m’a dit que tout étranger venant en Norvège finissait par se casser une jambe ou un bras lors de sa première année norvégienne, mais j’étais trop pauvre pour me permettre un tel accident, je leur ai dit « pas moi ! » et ai adopté « la marche du pingouin », très efficace pour contrer les chutes, et ça a marché en plus !

Et voici le lac, complètement gelé, et on peut marcher dessus sans crainte. On admire le pic d’Ours (2288m) au loin.

Nous prenons chacun un chocolat chaud (2,5€) au restaurant. La vue est sublime, surtout avec ce temps magnifique

Ils y louent aussi des luges pour 5€ (sans limite de temps). Ca aurait été dommage de s’en priver. Nous faisons donc de la luge depuis la petite colline sur le côté. Je dois être tellement nulle en sport que même après la luge, j’ai des courbatures un peu partout. Ahahaah. Les enfants viennent ici avec des luges traditionnelles en bois, c’est tellement fun qu’on a le sourire jusqu’aux oreilles.

Je vous montre une photo prise en été pour vous montrer la structure du lac. JB a voulu aller jusqu’au rétrécissement pour accéder à la deuxième partie du lac, mais un monsieur lui a fait signe qu’il risquait de finir trempé (et congelé)

source photo : Lonely Planet

Il est peut-être intéressant en été de vous rendre jusqu’au Piva Lake, créé artificiellement lors de la construction d’un barrage, et vous baigner à la petite plage à Pluzine, mais cela veut dire qu’il faut prendre la route P14, une des routes les plus dangereuses (car étroite) du Monténégro. Je veux bien la prendre en été, mais en hiver, je n’ose pas.

Javorovaca

Nous reprenons la voiture pour nous rendre à la deuxième station de ski à Žabljak. Il n’y a quasiment aucune voiture au parking. Cette station est beaucoup plus petite avec juste un tire-fesse je crois. Aujourd’hui, le tire-fesse n’est pas fonctionnel, et un moniteur donne des cours de ski aux enfants. Je pense que cette station est pour moi. ahahah. Update : le tire-fesse n’est toujours pas en fonctionnel quand nous y sommes revenus fin février.

Ce restaurant propose aussi des chambres en demi-pension, au pied de la piste donc. Il faut envoyer la demande de réservation directement sur leur site (je ne connais pas les tarifs). Les skis se louent aussi sur place (comptez 10€/jour maximum au Monténégro).

J’ai lu en ligne qu’il y avait des shuttles desservant les deux stations de ski depuis le centre-ville, mais j’ignore comment ça s’organise et à quel rythme. En semaine, il est tout à fait possible de trouver une place de parking, mais je ne sais pas comment ça se passe le week-end le week-end, il vaut mieux venir avant 10h ou après 15h.

Pont de Đurđevića Tara

Nous nous rendons à ce pont magnifique, pour avoir une vue sur le canyon de Tara, deuxième canyon le plus profond du monde, après celui du Colorado (avec des parois hautes parfois de 1300m). En été, les activités ne manquent pas : rafting, baignade, kayak, zipline…

Ce fameux pont est en béton, mais ça ne l’empêche pas d’être très joli. L’histoire du pont est bien triste selon Wikipedia : « Une grande partie du Monténégro, dont le canyon de la Tara, est occupée par les forces armées italiennes après l’invasion allemande de la Yougoslavie en avril 1941. Comme le relief montagneux est approprié pour la guérilla, un soulèvement mené par des partisans survient dans la région. Les Italiens prennent le contrôle du pont de Tara lors d’une offensive en 1942. Un Partisan yougoslave fait exploser l’arche centrale avec l’aide de l’un des ingénieurs du pont, Lazar Jaukovic. Cette attaque coupe le seul passage possible sur le canyon de Tara et freine l’avancée italienne. Jaukovic est cependant capturé et exécuté. Une plaque commémorative sur le nouveau pont rappelle son geste héroïque. »

Nous sommes accompagnés par un chien trop mignon, qui me montre sa balle pour que je joue avec lui. Il nous suit jusqu’au milieu du pont mais n’ose pas aller plus loin. Il y a un stand de miel à près de la statue, pour 5€, vous avez un miel délicieux et sûrement bio, j’aime beaucoup !

Les paysages perçus depuis le pont sont incroyables. N’hésitez pas à marcher sur le pont, il y a un peu de place pour les piétons et il y a très peu de trafic.

L’eau est vraiment bleue comme sur les photos. Ca donne trop envie ! Il y a un café au bout du pont, avec une jolie terrasse, très bien noté.

En prenant la route longeant le canyon, il y a quelques viewpoints où vous pouvez voir l’eau de plus près. Il y a sûrement des endroits pour descendre davantage et s’y baigner mais comme ça ne nous concerne pas en hiver, on n’a pas cherché.

Ce view point est magnifique. Vous pouvez le retrouver sur Google Maps : 42.95654, 19.57608

Nous roulons non-stop jusqu’à Mojkovac, là où nous allons passer la nuit.

Mojkovac n’a rien d’exceptionnel, mais c’est le carrefour entre le parc du Durmitor et celui du Biogradska Gora. L’hôtel Serdar (lien Booking) ne coûte que 29,5€ (chambre double) et leur restaurant sert des plats traditionnels très consistants pour pas cher. Le beef goulash ressemble beaucoup au bœuf bourguignon français. Le pain monténégrin est délicieux. Le repas nous a coûté 19,2€ à deux, avec boissons et (un) dessert.

Jour 3

C’est le grand jour ! Après avoir été bluffés par les infrastructures de ski, nous décidons de nous rendre à Kolasin, qui compte deux énormes stations de ski pour voir si on peut louer du matériel de ski pour notre séjour fin février. Nous nous arrêtons au hasard chez un loueur de ski (il y en a beaucoup ici), et les tarifs sont très intéressants :

  • Location de ski/chaussures/bâtons : 10 € /jour, 8 € / jour si location à la semaine
  • Location de vêtements de ski : 8 € / jour, 6 € /jour si location à la semaine
  • Location de casque : 3 € / jour
  • Location de lunettes : 2 € / jour
  • Leçons de ski : 25 € le cours de 45 minutes

En gros, ça va nous coûter 20 € /jour + le forfait de ski si on n’arrive sans aucun équipement.

Si on a au moins les vêtements et les lunettes, ça nous coûtera 10 € / jour pour louer les skis et 15 € / jour pour le pass = 25 € /jour maximum. Tarifs très intéressants comparés à la France.

Après réflexion, JB se dit qu’il est plus économique que sa mère lui envoie ses vêtements de montagne par DHL (et qu’il les renvoie ensuite en France), plutôt que de louer les vêtements & matériel à la journée. Quant à moi, comme je n’ai rien, je vais acheter des vêtements sur place.

A Kolasin, il y a 2 stations : 1450 et 1600.

Kolasin 1450

1450 est beaucoup plus grande que 1600, mais comme 1600 est plus récente (ouverture en 2019), tout le monde court là-bas. Le parking est minuscule (suffisant pour 20 voitures peut-être) donc les voitures se garent le long de la route. Mais il y a des policiers qui nous montrent où nous garer, ce qui facilite grandement la tâche. Ils laissent toujours les virages vides, pour que deux voitures puissent se croiser.

Voici le plan de la station 1450. Malheureusement, comme on ne savait pas, on ne s’y est pas arrêtés. Je pense sincèrement que cette station est plus adaptée aux débutants comme moi, même si elle reste énorme vs. celle qu’on a vue à Durmitor. Il y a une piste dédiée uniquement aux enfants et les nuls. Une autre piste, très large, pour débutants mais partagée avec ceux qui viennent juste de descendre la piste rouge (très moyen). En tout cas, avec ses deux énormes télésièges (fonctionnels tous les deux en ce moment), on en a pour son argent.

Je vous montre des photos prises depuis l’autre station. On voit les pistes de Kolasin 1450 de très loin.

Les voitures se garent le long de la route, sur plusieurs kilomètres. C’est dommage car les policiers ne laissent pas déposer les gens en hauteur (avec leurs skis) puis se garer en bas plus tard (la route est trop étroite). Donc les gens se trouvent à porter leurs matériels super lourds sur 1 km ou plus, surtout s’ils arrivent trop tard. Il y a toujours des connards qui se garent n’importe comment et qui bloquent la sortie de 3-4 voitures. Ils se contentent juste de laisser un numéro de téléphone sur leur parebrise, pour que les personnes ayant besoin de partir, les appellent. A cause d’eux, même une ambulance ne pourra pas passer au cas où.

Kolasin 1600

Voici le plan de Kolasin 1600, où nous avons pris le télésiège. Il n’y a qu’un télésiège et une piste riquiqui pour les nuls (qu’on ne voit pas très bien sur le plan).

Les tarifs des remontées mécaniques sont très abordables : 15€/jour et 5€ pour monter au sommet si on ne skie pas. Quel que soit le pays, le ski est un sport qui coûte cher. 15€ correspond à deux déjeuners au restaurant au Monténégro.

Il me semble qu’on peut faire garder ses skis ici pour pas cher. Il est possible de les louer aussi mais certains se plaignent de la mauvaise qualité des skis (je ne peux pas confirmer).

Il y a énormément de monde (on est en week-end). Comme cette station se trouve à proximité de Podgorica, la capitale, et pas très loin de la frontière albanaise, elle est super fréquentée. Il semble y avoir un problème avec des Albanais, car j’ai lu sur plusieurs commentaires Google, des Albanais qu’on refuse de servir, à qui on refuse de louer des chambres, juste parce qu’ils sont albanais. J’ignore pourquoi ce racisme, mais c’est triste.

Je ne suis pas dans un environnement familier, je ne suis pas équipée pour marcher sur la neige, et des skieurs expérimentés n’arrêtent pas de me passer devant en toute vitesse, me donnant la peur de ma vie. Le manque de considération et de politesse, surtout dans un environnement difficile pour moi, me mettent toujours en rage, donc cette station ne me plaît pas du tout, car les gens se marchent dessus constamment. Aujourd’hui, les pistes ne sont pas pleines, c’est surtout devant le télésiège qu’il y a des bouchons. L’attente est assez rapide quand même : 15 minutes à peu près.

Il y a 4 places par télésiège et malgré les règles sanitaires, les gens partagent le télésiège avec des inconnus sans réfléchir. Nous sommes les seuls à porter le masque. Je comprends mieux pourquoi les stations de ski sont fermées en France car ils ne sont pas capables d’attendre 3 secondes le télésiège suivant.

Les télésièges ici sont plus high tech qu’au Durmitor. Ils ralentissent bien à la fin. Je n’ai même pas eu besoin d’aide pour descendre.

La vue est époustouflante, on voit des dizaines de sommets d’ici. Cependant, il y a 2 pistes noires et 2 pistes rouges juste à côté, ça me fait très peur de voir des pentes presque verticales.

JB monte à pied jusqu’au sommet. C’est trop pentu, il y a du vent et j’ai peur de ne pas pouvoir descendre donc je le laisse monter tout seul pendant que je joue au photographe pour les touristes en bas.

JB suit jusqu’aux dernières traces de pas mais n’ose pas aller plus loin, car il a peur aussi. On ne saura pas ce qui se cache derrière cette ligne de neige 😀 Mais à mon avis c’est du vide ^^.

En bas de la station, il y a une piste minuscule pour les nuls. Les gens s’accrochent à une corde qui les tire jusqu’en haut, puis ils descendent sans bâtons. La piste est tellement petite que j’ai vu une dame tomber la tête dans la neige, dans l’indifférence totale. Je suis vraiment traumatisée par cette station de ski.

Sans compter le restaurant noir de monde en plein Covid…

Après cette matinée traumatisante, JB et moi décidons qu’on prendra des cours à la petite station de campagne tranquille au Durmitor, en semaine. Une fois que JB et moi maîtrisons totalement les pistes à nos niveaux là-bas, on pourra revenir à Kolasin, à la station 1450 d’à côté, qui a plus de pistes pour débutants et moins hautes. Je me ferai accompagner obligatoirement par un moniteur car je ne suis pas rassurée d’être seule, mais JB, au bout de 2-3 h de cours, devrait retrouver son niveau et se débrouiller seul.

Restaurant Savardak

JB trouve un restaurant trop sympa à proximité Savardak, en forme de hutte. Vue de l’extérieur, la hutte n’a pas l’air si grande, mais à l’intérieur, il y a 5 tables de 4 personnes et un chauffage au milieu.

Nous optons pour le Kacamak, sans trop savoir ce que c’est. 16 € pour deux et c’est délicieux ! C’est un peu équivalent de gratin de pommes de terre, avec du fromage monténégrin, pas très fort.

Et nous testons pour la première fois leur sour milk, lait fermenté, yaourt traditionnel au goût beaucoup trop fort pour moi. Mais j’essaie quand même d’en manger car c’est super pour la peau et la flore intestinale (beaucoup de probiotiques). Le repas nous a coûté 20€ pour deux, boissons incluses. Un très bon plan, je vous le recommande ! Paiement par carte accepté.

JB me montre les chiots qui se cachent sous la hutte. Ils sont 5 et trop mignons. Ils sont très curieux mais n’osent pas s’approcher de moi. Il y en a un qui n’arrête pas de mâchouiller les autres chiots, et même les chaussures de JB, il doit avoir des dents qui poussent actuellement. Les chats et chiens au Monténégro sont tous mignons et la plupart câlins. Malheureusement, la rage n’a pas encore été éradiquée dans le pays donc évitez de toucher les animaux en dehors des endroits touristiques.

Monastère de Moraca

En voyant les photos de ce monastère, je ne comprends pas pourquoi tout le monde y accourt. Mais une fois sur les lieux, et malgré le bruit de l’autoroute jusqu’à côté, je suis charmée par la cascade et le bruit d’eau, acheminée vers le monastère. Il manque juste un moulin à eau.

L’église principale est magnifique. L’intérieure est couverte d’images de ce type. Et la chapelle au fond de l’église, avec son dôme style italien, est de toute beauté. La visite coûte 2€/personne. Encore une fois, ce tarif semble s’appliquer uniquement aux touristes, mais ça vaut le coup. Attention, les photos et vidéos sont interdites à l’intérieur, pour préserver les dessins, car comme on peut le constater sur les dessins à l’extérieur, le soleil les abîme très rapidement. Il y a une autre petite salle à droite de l’entrée principale avec des dessins magnifiques, ne la ratez pas !

Le jardin dont s’occupent les nonnes, doit être très joli en été. Il y a deux chiens adorables et des chatons qui font leurs griffes sur les troncs d’arbre, en se pourchassant.

N’hésitez pas d’aller sur l’aire des jeux pour voir ce vieux pont charmant. Aucune idée de comment faire pour descendre jusqu’en bas. L’eau du canyon Morača est tellement bleue !

Sur le chemin du retour, nous sommes émerveillés par ce paysage de rêve (lien Google Maps).

La route elle-même est une prouesse technique, longeant le canyon, avec de nombreux tunnels, ponts qui relient les montagnes. A un moment, on aperçoit le canyon, très profond, et les parois verticales rocheuses. Dans ce sens (Moraca => Budva), c’est impossible de s’arrêter aux viewpoints emménagés, mais si vous faites le chemin dans l’autre sens, vous pouvez vous arrêter pour profiter des vues de rêve. Il est très difficile de faire des dépassements ici, car il y a des virages tous les 100 mètres. Nous avons vu des voitures dépasser dans les virages et avons une crise cardiaque à chaque fois.

Il y a un énorme pont en construction, il sera très beau et impressionnant quand il sera terminé. Cette nouvelle autoroute permettra de rejoindre Podgorica (la capitale) aux stations de ski en seulement 30 minutes (et 45 minutes depuis l’aéroport). Il y a un projet coûtant des milliards d’euros, pour construire 224km de pistes de ski, 52 remontées mécaniques et plusieurs hôtels (de 1600 chambres) au pied des pistes. Je pense sincèrement qu’ils doivent penser à élargir les parkings d’abord.

Pour terminer ce carnet de voyage en beauté, voici une photo de bébé Rosalie, mon chat qui est toujours à Paris, au chaud et dormant sur ses multiples couvertures comme elle l’aime.

La suite de notre aventure au Monténégro, c’est par ici

Partie 2 : Conseils pratiques

Conseils

  • Nous avons eu des routes avec travaux en nous rendant directement de Budva au Durmitor, mais ces routes ne sont pas dangereuses, il faut juste ralentir et rouler en alternance.
  • En suivant Google Maps, les routes jaunes sur le plan sont toutes dégagées et en parfait état. Les routes blanches ne sont pas toutes dégagées, donc si votre hôtel ne se trouve pas au centre-ville, contactez-les avant de venir pour connaître la meilleure route pour y aller en hiver.
  • Ces routes ne doivent pas poser de souci en été. La location d’une petite voiture, mais puissante, comme notre Skoda Rapid, est conseillée, car les routes n’ont que 2 voies, et certaines parties sont assez pentues et demandent à ce que la voiture ne glisse pas en arrière.
  • Pour votre sécurité, achetez une carte SIM avec crédit téléphonique pour pouvoir appeler au Monténégro. JB vous montre chez quelle compagnie et quelle carte il faut acheter ici
  • Si vous venez pour skier, ça ne vaut pas forcément le coup de venir avec vos skis, car ça se loue pour pas cher ici. Par contre, venez avec vos vêtements, lunettes, gants… car au Durmitor, ces choses se louent plus difficilement qu’à Kolasin.
  • Venez avec un peu de cash car certains endroits n’acceptent pas le paiement par carte. Attention, le Monténégro ne fait pas partie de la zone euro donc les paiements par carte vont engendrer des frais (même en payant en euro). Optez pour une carte internationale gratuite ici.

Budget

Total : 315,7€ pour 3 jours, 2 nuits pour 2 personnes, tout inclus

  • Transport : location de voiture 15€/jour avec Hertz Tivat (comparez les offres de location pour trouver la moins chère avec Rentacar ici)
  • Essence : 40€ pour 3 jours
  • Hébergement :
    • Hôtel SOA à Zabljak (lien Booking), 68€ la chambre double, accès au sauna et petit-déjeuner inclus. Comptez 20€ pour le dîner pour deux
    • Hôtel Serdar à Mojkovac (lien Booking) : 29,5€ la chambre double
  • Restaurants : pour deux, boissons incluses
    • à Zabljak, au restaurant Izvor : 18,5€
    • à l’hôtel SOA à Zabljak : 28,5€
    • au café du lac noir : 5€
    • au restaurant de l’hôtel Sedar : 19,2€
    • au restaurant Savardak près de Kolasin : 20€
  • Visites :
    • Télésiège à Savin Kuk : 5€/personne
    • Visite du lac noir : 3€/personne + 2€ de parking
    • Télésiège à Kolasin 1600 : 5€/personne
    • Visite du monastère : 2€/personne

Si vous préférez payer des excursions, vous pouvez consulter les activités proposées par Civitatis (lien) et Viator (lien, une compagnie de Tripadvisor) au Monténégro.

Toutes les adresses et tous les lieux cités dans cet article sont sur notre Google Maps personnalisé. Vous pouvez y accéder gratuitement en cliquant ici

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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