Fallacies
J’ai fait un semestre d’échange à Sydney en Australie et mon meilleur ami à Londres au Royaume-Uni. Un jour, on en discute et découvre que, que ce soit l’Australie ou le Royaume-Uni, le plagiat est inadmissible pour eux. Dès les premiers jours à l’université, on nous apprend à écrire des dissertations en citant les sources selon le « référencement Harvard », un style de citation auteur-date très utilisé dans les travaux académiques, exemple (Durkheim, 1893) et les références complètes sont données à la fin, dans la partie « Bibliographie ». Je trouve ce système très intéressant car il m’oblige, à chaque fois que j’avance une idée, de savoir si cette idée vient de moi (et sortir les arguments valables) ou si cette idée vient de quelqu’un d’autre. Ainsi, les dissertations que nous avons écrites lors de notre semestre d’échange étaient beaucoup plus argumentées et mieux structurées que celles qu’on faisait en France.
Cependant, après mes études, j’ai complètement oublié cette méthode. Je reconnais avoir écrit et dit des choses dont la logique était défaillante. Ou alors, parfois, je tombe sur un article très orienté, truffé de manipulation, et je n’arrive pas à identifier précisément ce qui ne va pas. Récemment, quelqu’un a publié un article manipulateur (en vietnamien) qui a beaucoup circulé. Une autre personne a pris le temps de déconstruire chaque argument en pointant toutes les fallacies (ou « sophismes », raisonnement erroné) de cet article.
Un sophisme est un argument qui semble logique à première vue, mais qui repose sur une erreur de raisonnement ou une manipulation.
C’est là que résidait le problème dans ces articles.
Exemples :
- Ad hominem : attaquer la personne plutôt que l’argument. « Tu ne peux pas parler d’écologie, t’as une voiture. »
- Faux dilemme : « Tu es soit avec moi, soit contre moi. » (Comme s’il n’y avait pas de position neutre, de nuance ou d’alternative.)
- Fausse causalité (post hoc ergo propter hoc) : croire qu’un événement en cause un autre juste parce qu’il le précède. « Depuis que je porte ce bracelet, j’ai plus de chance. » Alors qu’on a le droit d’exprimer ses opinions sans forcément donner d’argument, mais il faut que ce soit clairement indiqué comme tel : « Depuis que je porte ce bracelet, je me sens plus chanceux, mais je ne sais pas si cela en est la cause ».
- Fausse équivalence « C’est ton opinion, je la respecte, mais j’ai aussi mon opinion », on traite deux opinions comme égales, alors qu’elles peuvent être fondamentalement différentes. Cependant, il me semble que certaines idées ne devraient pas être considérées comme de simples opinions, par exemple, affirmer que « la Terre est plate » n’est pas une opinion valide, mais une erreur factuelle. Respecter une telle affirmation sous prétexte de respecter les opinions d’autrui peut prêter à confusion.
Dans notre société actuelle, où l’on tend de plus en plus à mélanger opinions et faits, il devient difficile de distinguer le vrai du faux. Il suffit parfois de présenter un point de vue différent du courant dominant pour être accusé de « haters », ce qui conduit à une confusion dangereuse.
Cela pourrait nous conduire à un relativisme extrême, où la vérité serait réduite à une simple question de ressenti personnel ou d’opinion subjective, où 2+2 pourrait être 5 à tout moment (comme dans le roman 1984).
Il y a plusieurs livres sur les fallacies mais je ne peux en recommander aucun pour le moment. Si vous en connaissez un, dites-moi en commentaire !
Le déterminisme


Récemment, un livre de Noh Sang-jin, un maître en sa-ju (astrologie coréenne, à partir de l’heure et la date de naissance), gwan-sang (physionomie) et pung-su (géomancie), a été traduit en vietnamien. C’est un événement exceptionnel car, généralement, les Vietnamiens ne traduisent ce type d’ouvrage que des auteurs chinois éminents, mais rarement des Japonais ou des Coréens. Après quelques recherches sur Naver, j’ai découvert que l’auteur était le dernier disciple de Je-san Park Jae-hyun, une figure légendaire dans ce domaine. Noh Sang-jin est également conseiller pour de nombreux politiciens coréens et joue un rôle dans le recrutement des cadres supérieurs de Samsung (!!!).
Les idées de Noh Sang-jin m’ont interpellée, notamment sa forte insistance sur le déterminisme.
Il compare la vie à une voiture et à une route. Le destin représente le véhicule (la nature de la personne, qui serait choisie avant la naissance en fonction du projet de vie qu’on souhaite accomplir), tandis que la chance correspond à la route empruntée. Autrement dit, bien que le véhicule (la personnalité et les talents) soit prédéterminé, la trajectoire de vie (les opportunités et les obstacles) dépend de facteurs extérieurs, comme les efforts et les choix personnels. Quand on est sur l’autoroute, il faut accélérer et atteindre les 110km/h et ne pas rester à 50km/h. Alors que sur une route difficile, il faut au contraire ralentir et accepter de rouler des fois à 5km/h pour éviter de finir dans un ravin. Mais à tout moment, il faut avoir de l’essence, sinon même si on est sur l’autoroute, on n’avancera pas d’un seul centimètre.
Cette métaphore souligne l’importance d’agir au bon moment et de se préparer, même si le destin semble déjà tracé. Cependant, l’effort, ou son absence, fait partie des « compétences » attribuées par le destin. Par conséquent, bien que nous ayons l’impression de disposer d’un libre-arbitre, celui-ci est tout de même limité par les contours du destin. Il soutient, par exemple, que même si une personne fait tous les efforts possibles, si elle n’a pas le destin de devenir milliardaire, elle ne le deviendra jamais.
Comme personne ne connaît la limite de son destin (la destination finale de la voiture), il faut continuer à avancer, à fournir des efforts, quelle que soit la route, pour découvrir la destination finale. En revanche, il ne faut pas non plus en vouloir aux « paresseux », car leur manque de volonté fait également partie de leur destin. Ils vont être paresseux quand ils poursuivent le mauvais objectif.
Je m’explique : Selon lui, le destin est un contrat qu’on signe avant de venir dans ce monde. On choisit nos parents, nos obstacles, nos malheurs et notre objectif principal. Toute notre vie est de trouver quel objectif on s’est fixé avec « l’univers » et de l’atteindre. Paulo Cuelho l’appelle « la légende personnelle ». Il dit « tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir », parce que l’univers a signé un contrat avec nous pour nous aider à atteindre ce désir.
Ainsi, si on n’est pas riche, ce n’est pas forcément de notre faute, mais parce que notre objectif est ailleurs, l’univers nous appauvrit exprès pour nous orienter vers le bon chemin, vers notre « légende personnelle ». C’est pour ça que la loi d’attraction ne fonctionne pas pour tout le monde : l’objectif en question doit faire partie du « contrat » et dans la limite fixée du destin.
D’une part je trouve ce déterminisme très libérateur. D’autre part, elle remet en question l’espoir secret que nous avons tous de pouvoir changer notre destin. En vietnamien, il existe une expression vietnamienne : « đức năng thắng số », qui se traduit en français par « la vertu et la capacité triomphent du destin », soulignant l’idée que les qualités intérieures et les compétences peuvent influencer et surpasser le destin.
Qu’en pensez-vous ?
Laissez-moi raconter une histoire pour alimenter un peu le débat, car on avait bien appris précédemment, il faut éviter les sophismes et proposer différents points de vue 😉 héhéh
Ayant consulté plusieurs médiums, je sais que cette idée de déterminisme est largement partagée parmi eux. Pourquoi ? Parce qu’ils réussissent à prédire de nombreux événements futurs, et même si les personnes sont averties, ces événements demeurent inévitables. Dans ces situations, on est tenté de croire au déterminisme. Je me souviens d’une médium que j’avais consultée avant mon tour du monde, car j’avais soudainement des doutes. Ses clients parlaient tous de sa grande précision, et plusieurs évoquaient des incidents mineurs qu’elle avait prévus, notamment un vol à la tire. Il faut savoir qu’il est extrêmement rare d’être ciblé par des pickpockets lorsqu’on fait attention et qu’on est habitués à repérer les pickpockets dans le métro parisien, mais il se trouve que JB a bien été volé en plein jour sur la plage de Copacabana. En lisant plusieurs ouvrages quelques années plus tard, j’ai compris d’où venaient ces vols qui se produisaient chez ses clients. En fait, il est probable qu’elle soit aidée par un djinn ou une âme perdue. Ces âmes ont la particularité de voir le présent et le passé, mais pas l’avenir. En échange des informations qu’elles donnent, elles demandent quelque chose en retour. Et ces vols à la tire étaient donc le prix que ses clients payaient, et c’est probablement la seule prévision correcte qu’elle réussit à faire à chaque fois. Évidemment, cette médium croit au déterminisme, car malgré ses avertissements, beaucoup finissent par se faire voler à un moment ou un autre.
Kindle Unlimited chez Amazon Japan
J’ai repris un abonnement Kindle Unlimited chez Amazon.co.jp. Vous savez les stores Kindle n’ont pas le même stock d’un pays à l’autre. Au Japon, il y a énormément de livres DIY faisant partie de l’offre Kindle Unlimited et c’est un grand plaisir pour moi de trouver de les lire. Enfin, « lire » est un grand mot. Ces livres sont super bien illustrés, on n’a nullement besoin de comprendre le japonais. Voici une petite liste des livres que j’ai « empruntés » sur Kindle Unlimited.


En ce moment, vous pouvez essayer gratuitement Amazon Kindle Unlimited sur amazon.co.jp pendant 2 mois, il suffit de créer un compte sur Amazon.co.jp et entrer sa carte de paiement internationale. L’interface d’Amazon peut être réglée pour afficher l’anglais. En tout cas, si vous connaissez bien l’interface d’Amazon France, vous ne devez pas avoir de difficultés.
Il y a tellement de livres de qualité qu’il m’est difficile de vous faire une liste. Perso, je lis des livres sur le découpage de papier, la couture, la broderie et les maisons de miniature. Ils ont des techniques uniques au monde. Certains ebooks contiennent des liens vers les téléchargements des templates sur un site japonais. C’est super pratique pour ceux qui ont des machines de découpe comme moi. Je vous recommande vivement ! c’est gratuit !
DIY
Ce mois-ci, j’ai ressorti ma machine de découpe et j’ai enchaîné les oiseaux en papier. Le papier est une matière qui m’accompagne depuis que je suis toute petite, je faisais beaucoup de cartes de vœux en 3D. Probablement parce que c’est le matériau le moins cher auquel tout enfant a accès. Maintenant que j’ai une machine de découpe, je m’amuse encore plus.
J’ai participé à un atelier pour créer un jardin en miniature en papier avant d’assembler deux kits de miniature. Ma visite d’un musée de miniatures à Amsterdam (JB a compté, il a dit que j’y suis allée 4 fois en 2 jours) m’a rappelée à quel point j’aimais ça. Je ne me sens pas encore capable de créer une miniature de A à Z. Je fais des kits pour apprendre les techniques, mais j’aimerais un jour créer mon propre design. Je pense que la miniature est l’art le plus abouti du DIY, car on peut aller très loin, être perfectionniste et faire à la fois la maroquinerie, la reliure, la peinture, la dorure et la couture.
J’ai parlé de tous ces projets sur mon autre blog créatif mehach.com.




En parlant de miniatures, j’ai découvert ce concept de musée miniature (qui est très petite de taille, loué pour 200$/mois). Ils partagent leur stratégie marketing et de merchandising et je trouve ça très intéressant.
Il y a un autre compte Instagram qui me plaît beaucoup : c’est un créateur qui crée des tableaux à partir des fils de couture (string art). La particularité, c’est qu’il le fait avec un ordinateur connecté à une machine faite sur mesure. Il a codé un programme pour planter automatiquement les clous, guider le fil et le résultat est époustouflant. Je ne suis pas d’avis qu’on doit revenir au Moyen Âge. J’aime beaucoup l’artisanat mais je trouve ça encore plus extraordinaire quand des artistes utilisent les nouvelles technologies pour aller plus loin dans la créativité.
La couture m’énerve de plus en plus, je ne ressens aucun plaisir quand je couds. Et puis à un moment, j’ai dû finaliser mon chemisier et je l’ai fait en mode « tant pis si c’est moche ». Cette absence d’attente a enfin déclenché le plaisir de créer. Les finitions sont malheureusement pires qu’avant car je coupe et je couds plus vite et je ne reprends pas forcément les défauts. Mais au moins, je ne couds pas en traînant les pieds. Je pense qu’avec la couture, contrairement à d’autres formes d’artisanat (où je n’utilise pas de machine et maîtrise mieux mes gestes), je dois baisser mon perfectionnisme et laisser le temps et la pratique faire son œuvre. J’ai fait un ensemble pour ma sœur. Pour le haut, je l’ai fait 3 fois, jusqu’à ce que ça devienne portable et c’est la répétition qui rend ce top meilleur, pas le perfectionnisme.
A Bruxelles, j’ai vu ces petites boîtes de chocolat en forme de maison. Les boîtes coûtent dans les 24€ et ont des chocolats à l’intérieur. Mais je veux juste des boîtes donc j’ai acheté ces boîtes vides sur Vinted entre 1€ et 3€. Les valisettes en carton sont également trouvées sur Vinted pour 3-5€. Cela permet de ranger mes outils, mes fils de couture… quand je ne les utilise pas.

DIY & monétisation
De plus en plus de personnes m’encouragent à monétiser le temps que je consacre au DIY. Certains me demandent pourquoi je ne fais pas le lien entre les consommateurs et les artisans sur-mesure que je connais — j’ai d’ailleurs déjà répondu à cette question ici. D’autres s’interrogent sur la manière dont je compte tirer un revenu de mes expériences en maroquinerie, couture, miniatures, traduction automatique etc. Pourtant, personne ne demande à un coureur comment il va rentabiliser son prochain marathon.
Mes passions, même si je les pratique avec rigueur et à un niveau quasi professionnel, restent pour moi dans cette même logique : c’est un espace de créativité, pas un business plan. Quand je me perds dans une activité manuelle, c’est un peu comme si je méditais. Je ne pense plus à rien d’autre, je suis juste là, concentrée, apaisée. On appelle ça “le flow” : ce moment où on est tellement plongé dans ce qu’on fait qu’on oublie le temps qui passe. C’est un état qui ressemble beaucoup à celui montré dans le film Soul, quand les personnages entrent dans cet espace spécial où ils sont complètement connectés à leur passion. Ils s’élèvent.
Une passion qui devient source de revenus devient aussi un travail — et ce n’est pas rare que la part de plaisir s’évapore rapidement. À chaque fois que je reçois une commande — même celles de JB — je ressens beaucoup de pression, et cela me coupe souvent du plaisir de créer. Peut-être parce que je ne maîtrise pas encore assez mes techniques manuelles pour travailler avec la même assurance que j’avais dans mon ancien métier, le marketing? Pour l’instant, elles répondent à un besoin très clair de liberté : liberté face au consumérisme, aux tendances imposées. Dès que quelque chose me plaît, je peux la créer moi-même, de mes mains — et je l’en apprécie d’autant plus.
Si un jour je décide de monétiser mes passions, vous serez les premiers au courant. En attendant, vous pouvez déjà profiter de ce que je partage — ne serait-ce que pour passer des commandes personnalisées auprès de mes artisans préférés.


