Shopping à Tokyo : Ozu Washi, éventails et Tsukiji Market

Nous avons encore un jour à Tokyo avant de partir pour le Kansai. JB ayant conduit non-stop pendant une dizaine de jours, je fais mes petites visites seule le matin et on se rejoint plus tard au Tsukiji Outer Market.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Ozu Washi

Je suis toujours très intéressée par les papiers japonais et malgré mon petit atelier de washi il y a quelques jours, je visite quand même le Ozu Washi, en activité depuis 1653. Cette boutique, spécialisée dans le washi (papier japonais), fonctionne aujourd’hui comme un centre culturel dédié au washi, offrant des expositions et des ateliers de calligraphie et de peinture à l’encre. Utilisé pour sa durabilité et sa translucidité exceptionnelles, le washi trouve aussi des applications modernes comme des chaussettes sportives, emballages antibactériens et les rubans adhésifs pour les chantiers, continuant à jouer un rôle essentiel dans la culture japonaise, à la fois traditionnelle et pratique.

Le 2ème étage est consacré aux galeries, et le 3ème présente des usages modernes du washi. Le RDC est dédié aux ateliers et à la boutique de souvenirs.

Il est interdit de prendre des photos donc voici une photos autorisée.

Le washi est fait à partir de l’écorce du kozo. Les plantes sont découpées et bouillies pour qu’on puisse facilement enlever l’écorce. Seul la partie intérieure de l’écorce est gardée, pétrifiée, puis mélangée avec une colle naturelle à base de plante. Chaque feuille est faite à la force des bras, et c’est l’artisan qui contrôle donc la quantité qu’il met, permettant des feuilles d’épaisseur variable.

Je vous invite à regarder cette vidéo pour comprendre la fabrication du washi :

Cet article explique très bien pourquoi même quand c’est fabriqué à la machine, le washi reste supérieur au papier occidental : http://ihcsacafe-en.ihcsa.or.jp/news/ozuwashi/ Je vous traduis un petit extrait :

Contrairement à la matière première du papier occidental qui se fragmente aisément, celle utilisée pour le washi est plus résiliente. Le papier occidental utilise du bois, alors que le washi est produit à partir de l’écorce fibreuse de plantes telles que le kozo, le mitsumata, le gampi et le chanvre, réduite en fines lamelles. La longueur, la solidité et l’entrelacement de ces fibres rendent la matière première difficile à déchirer, ce qui confère au washi sa flexibilité et sa robustesse remarquables.

Dans la fabrication du papier occidental, la matière première est superposée en couches, rendant le papier final épais mais solide. En revanche, pour le washi, les fibres sont entrelacées grâce à un processus complexe qui secoue la matière première dans les sens vertical et horizontal. Cette technique produit un papier robuste, fin et translucide, sans nécessité de superposition, utilisant moins de matières premières et étant ainsi écologique, adaptée aux ressources limitées du Japon. Cette méthode se distingue également dans la fabrication industrielle du papier.

En effet, cette technique permet de produire des feuilles à 2g/m², et elles sont utilisées pour restaurer des documents anciens (les documents anciens sont collés sur ces feuilles de washi ultra légères).

La boutique vend du washi fait main comme du washi fait à la machine. J’ai pris quelques chutes.
Je vais prendre du washi fait main un peu plus tard à Kyoto.

J’ai opté pour des chaussettes en washi, une matière anti-bactérienne. C’est assez étonnant puisque il y a une séparation entre les doigts du pied. Apparemment c’est mieux car ça évite la friction entre les doigts du pied. Le toucher est un peu désagréable au début mais on s’y fait assez vite. En quelques jours, j’ai appris à apprécier mes chaussettes en washi. Elles coûtent très chères à la base (5500yen) mais j’ai eu une réduction (3300yen). Je recommande vivement, plusieurs athlètes japonais ont fini par opter pour cette matière.

Ibasen

A 2 rues se trouve la boutique d’éventails Ibasen. Lors de mon premier séjour au Japon, j’ai acheté deux éventails que j’aime beaucoup, j’en ai offert un et j’ai perdu le deuxième. Depuis, à chaque fois qu’il fait chaud, je pense à cet éventail perdu. Aucun éventail ne me plaît autant que les éventails japonais donc cette fois, je suis déterminée à en racheter un.

Ibasen est connue pour ses éventails avec estampes (ukiyo-e). Ils ont même un musée, mais je n’étais pas au courant donc je vous montre les photos officielles :

Pour faire des estampes, il faut plusieurs blocs en bois, un bloc par couleur.

Bien sûr, l’idéal serait de repartir avec un éventail ukiyo-e mais ça coûte beaucoup trop cher pour moi et c’est tellement beau que c’est plutôt décoratif. Vous pouvez voir des estampes connues, Ibasen a refait des planches en bois à partir du modèle et fait des impressions selon la technique ancienne (wood block printing).

On a :

  • des éventails pour hommes/femmes
  • des éventails Edo (style Tokyo), pliables mais avec moins de tiges de bambou
  • des éventails Kyo (style Kyoto), pliables avec plus de tiges
  • des éventails décoratifs, de cérémonie
  • des éventails non pliables
  • des éventails ukiyo-e

Les éventails japonais sont faits avec trois couches de papier washi qu’on vient de voir. Ils sont très résistants. Les deux tiges aux extrémités sont courbées, donc l’éventail se ferme parfaitement en faisant un petit bruit très caractéristique.

Le choix peut être difficile. Je pense qu’il faut ouvrir, fermer les éventails et voir ce qui convient le mieux à votre main. Ceux qui ont beaucoup de tiges vont faire plus de vent mais c’est plus cher. Ceux qui sont en soie coûtent plus cher aussi. Ceux qui sont dessinés à la main, ou dorés, ou qui ont des tiges laqués. Est-ce qu’il y a une couche de laque sur le papier quand l’éventail se ferme… etc. Bref, le prix reflète certainement la qualité de l’éventail, mais il faut connaître pour apprécier. N’hésitez pas à demander si c’est un éventail à utiliser vraiment, ou à décorer.

Sinon, contentez-vous des éventails dans les 2500yen – 3500yen, ça fait largement l’affaire. En tout cas, je trouve les prix ici plus justes que ceux des boutiques de souvenir. Si vous cherchez un éventail, venez dans une boutique spécialisée comme celle-ci. A Kyoto, il y en a plein, je vous y amènerai.

Voici une vidéo qui explique la fabrication des uchiwa, des éventails non pliables. Je trouve qu’ils sont plus efficaces (càd donnent plus de vent) mais ce n’est pas très élégant 😀

Si vous aimez les éventails type uchiwa, sachez qu’il y a deux types, regardez la tige de bambou en bas, à vous de choisir le style qui vous convient. Le premier (à gauche) se fabrique à partir d’un seul morceau de bambou, c’est le style Edo (Tokyo). Le second (à droite) est le style de Kyoto et se caractérise par un cadre de support en bambou à la base de l’éventail.

Et voici la vidéo sur les éventails Kyo (kyo-sensu). Attention, seuls les éventails fabriqués entièrement de matériaux venant de Kyoto, et à Kyoto sont appelés « kyo-sensu ». L’insertion des tiges de bambou dans le papier est délicate. Tout est difficile, même mettre de la colle est difficile car il faut en mettre suffisamment mais pas trop non plus.

Voici mon éventail, il vient de chez Yamani à Kyoto, 2500yen

Tsukiji Market

JB et moi nous retrouvons au Fish market. Il y en a un pour le B2B (plus loin) et un autre (celui où on va) où les touristes viennent manger. Il faut venir tôt car à 14h les stands ferment déjà.

Je fais l’erreur de tout commander dans un seul restaurant (j’ai trop faim) alors que JB aurait préféré qu’on passe d’un restaurant à l’autre.

J’ai toujours voulu essayer l’araignée de mer. Une pièce me suffit amplement car c’est énorme. Je trouve ça bon mais ce n’est pas non plus du homard. Les huîtres sont énormes mais n’égalent pas non plus les Gilardeau. J’aime toujours autant les sushis fatty tuna. Il y a tellement de gras qu’on croit que c’est du bœuf.

Les oursins me disent trop mais au restaurant, ça coûte dans les 10 000yen. JB me montre un stand où ils vendent des poissons congelés. A côté, il y a des barquettes d’oursins frais. Le mien ne coûte que 1800yen, il faut manger debout, mais c’est trop trop bon et économique ! Les japonais en raffolent, ce sont les top consommateurs d’oursins. Leurs oursins sont plus doux que ceux que j’ai testés au Maroc ou sur l’île de Pâques, c’est moins écœurant, plus sucré.

Idem pour les brochettes de bœuf wagyu, 5000 yen minimum pour une brochette.

On s’éloigne un peu et un stand de boucherie propose une barquette (cuisinée sur place) pour 1500yen seulement. Du wagyu aussi. Viande bien marbrée.

A un autre endroit, nous repérons une boutique de couteaux japonais. Ils sont dans les 20 000 yen l’unité. La seule chose qu’on puisse s’offrir, c’est une pince à épiler (1000yen je crois). Mais c’est en acier inoxydable, et c’est trop efficace 😀 JB et moi adorons ce genre de boutiques, car ils vendent souvent d’autres objets en acier inoxydable de qualité inégalée.

Ensuite, il est difficile de résister aux mochis aux fraises. C’est la saison des fraises en ce moment, il y a plusieurs goûts et celui au sakura reste mon préféré.

JB est très fatigué et nous rentrons ASAP à l’hôtel. Le soir, nous sortons dîner avec notre copain F. qui est en voyage au Japon également. Nous dînons dans un restaurant donnant sur la station de Tokyo. Ce qui est marrant avec F. c’est que je le vois dans plusieurs pays, mais jamais en France 😀 nos dates ne coïncident pas. Seul JB a croisé F. , complètement par hasard, dans un lounge d’aéroport à CDG !!

Partie 2 : Conseils pratiques

  • Ozu Washi : musée gratuit, mais vous pouvez vous inscrire aux ateliers
  • Eventail : à partir de 1000yen, mais optez pour des éventails à partir de 2000yen ou plus, pour la qualité
  • Fish market :
    • Prenez de la monnaie, car les stands n’acceptent pas toujours le paiement en carte bancaire
    • Comparez les prix avant de choisir votre restaurant
    • Cherchez des stands cachés dans les ruelles. Ceux de la rue principale sont bondés et coûtent plus cher
Prendre le shinkansen entre Tokyo et Kyoto
Ashikaga Flower Park [Road trip au Japon #9]
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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