Comment assister (gratuitement ?) à un entraînement de Sumo à Tokyo (Japon) ?

Le Sumo est un sport ancestral apparu il y a 1500 ans. Visiter le Japon, c’est l’occasion de découvrir ce sport méconnu.

Il n’y a que 6 tournois de Sumo par an au Japon et ceux-ci durent 2 semaines. Le tournoi d’Osaka termine d’ailleurs le lendemain de notre arrivée sur place. N’ayant pas pensé à me renseigner à l’avance, nous ratons l’opportunité d’assister au tournoi. Dommage.

En dehors des périodes de tournoi, il est cependant possible d’assister aux entraînements matinaux dans un Heya (écurie) de Rikishi (lutteur de sumo).

Comment assister gratuitement à un entraînement de Sumo ?

J’ai lu sur plusieurs blogs qu’il était possible d’assister gratuitement à un entraînement de sumo. Avoir des notions de japonais est d’une grande aide mais ce n’est pas forcément indispensable.

A Tokyo, il existe un « quartier des sumos » (Ryogoku) dans lequel se trouvent de nombreuses écuries.

L’idéal est de téléphoner la veille pour savoir si il y a entraînement le lendemain (normalement les entrainements ont lieu tous les jours entre 6h30 et 10h environ) et surtout si on est autorisé à y assister.

Ne parlant pas un mot de japonais, je décide de tenter ma chance en m’y rendant à l’improviste.

Sur cette page : http://www.dosukoi.fr/annuaire-internet-heya/, vous trouverez un annuaire des Heya. La plupart se trouvent facilement sur Google Map.

Le mardi 1er mai, je me lève donc à 5h45 pour quitter l’appartement à 6h15. Je suis assez joueur car le lundi et le mercredi sont fériés au japon. Pas sûr que les entraînements auront lieu.

Je pars pour environ 30 minutes de marche pour me rendre à l’heya le plus proche.

Je profite du chemin pour apprendre par coeur la phrase suivante : ohayô (gozaimass’) – keiko no kengaku wa dekimasuka ? (Bonjour, puis-je assister à l’entraînement ?).

Première tentative : Shikoroyama-beya

La première écurie où je me rends s’appelle Shikoroyama-beya. La porte est fermée mais un poster de sumos sur la porte me confirme que je suis au bon endroit.

Je sonne à l’interphone, lorsque quelqu’un décroche, j’oublie instantanément la phrase que je viens pourtant d’apprendre par coeur. Je bredouille donc ma demande en anglais. Un jeune (sumo ?) ouvre la porte, je m’incline en signe de respect et lui formule ma question. C’est sûrement incompréhensible mais il comprends l’idée. Il me fait signe de patienter et rentre, probablement pour demander l’autorisation au maître des lieux.

Mon interlocuteur revient quelques instants plus tard, la réponse est négative.

Je n’insiste évidemment pas, le remercie et vais tenter ma chance ailleurs.

Je suis rassuré à l’idée que les entraînements ont bien lieu entre ces deux jours fériés.

Deuxième tentative : Takadagawa-beya

La deuxième écurie que j’ai repéré se trouve à seulement quelques minutes de là.

Cette fois-ci la porte principale est ouverte. J’entre et j’aperçois, dans l’entrebâillement d’une autre porte deux sumos se préparer.

Je me dis que je n’ai jamais été aussi proche. J’hésite un petit peu sur comment procéder. Alors que je m’apprête à enlever mes chaussures pour chercher le maître des lieux, un jeune assistant passe. Cette fois-ci je me souviens de ma phrase en japonais. La prononciation n’est sans doute pas meilleure mais la réponse est la même : négative.

Le coup est rude, c’est vraiment frustrant d’être si proche et de ne pas pouvoir assister à l’entraînement.

Troisième tentative : Arashio-beya

Pour ma troisième tentative, je me rends à Arashio-beya.

Cette écurie est la plus « touristique » et celle à laquelle j’ai le plus de chance d’assister à l’entraînement.

Ici en effet, nul besoin de demander une autorisation. L’intérieur de la salle est visible depuis la rue à travers les vitres. Il est donc possible et autorisé d’observer l’entraînement depuis l’extérieur.

J’arrive à 7h10 et l’entraînement est censé démarrer à 7h30, je trouve cependant que c’est étrangement calme.

Quelques minutes plus tard, un touriste américain arrive et me demande si j’ai téléphoné (il est possible d’appeler pour savoir si un entraînement a lieu le lendemain). Il m’explique qu’il est déjà venu la veille, qu’il n’y avait pas d’entraînement. Il remarque que les fenêtres sont ouvertes aujourd’hui, ce qui est un signe encourageant. D’autres touristes arrivent peu à peu.

A 7h30 précise, quelqu’un vient ouvrir les rideaux qui masquaient l’intérieur de la salle. Cette fois-ci je me dis que ça va être bon.

Las, les minutes passent et la salle reste désespérément vide. Je patiente jusqu’à 8h avant de laisser tomber.

Conclusion de mes tentatives

Il y aurait de nombreuses autres écuries à tester mais je me dis qu’il est trop tard, impossible que je sois accepté si l’entraînement a déjà commencé.

Assister gratuitement à un entraînement de sumo c’est possible, plusieurs ont réussi. L’incertitude d’y être autorisé, l’honneur d’être accepté, la chance d’être seul « touriste » à y assister, … doivent rendre cette expérience unique.

Mais ce ne sera pas pour moi. Il y a clairement une part de chance et le fait de parler ou d’être accompagné par un japonais doivent bien aider.

Le Japon a également récemment été marqué par plusieurs scandales dans le monde du Sumo, ce qui ne doit pas non plus aider.

Comment assister à un entraînement de Sumo en payant ?

Si je restais plus longtemps à Tokyo j’aurais retenté ma chance une autre matinée mais le temps presse. Je décide donc de payer un tour pour être certain de pouvoir assister à un entraînement.

Je trouve un tour sur le site Viator organisé par « Beauty of Japan ». C’est assez cher et dégressif en fonction du nombre de personnes. Cela nous coûte 150 € pour deux.

Le lendemain de la commande, nous recevons les instructions, le rendez-vous aura lieu à 8h30 devant l’écurie Tamanoi-beya.

Nous arrivons 15 minutes à l’avance, je suis épuisé physiquement et psychologiquement par mon réveil à 4h du matin pour suivre la demi-finale de l’Europa League Salzburg – Marseille.

Le responsable du tour est déjà présent, il nous tends une feuille avec plusieurs instructions en anglais tel que :

  • Interdiction de boire ou de manger
  • Interdiction de parler
  • Autorisation de prendre des photos mais uniquement sans le flash
  • Mettre les téléphones en mode silencieux

Après avoir pris connaissance des règles, nous entrons dans la salle et nous asseyons, une quinzaine de touristes assiste à l’entraînement. J’aurais évidemment préféré être seul pour plus d’authenticité mais ça va, ça ne fait pas trop usine à touriste.

L’avantage d’assister à un entraînement plutôt qu’à un tournoi c’est la grande proximité avec les lutteurs, nous sommes à 3 ou 4 mètres du combat. Suffisamment proche pour entendre l’impact des corps qui s’entrechoquent, pour voir la sueur ruisseler, pour entendre les gémissements. C’est impressionnant.

L’entraînement consiste principalement à la répétition de combats. A chaque fois, le perdant laisse sa place tandis que le vainqueur reste. Il suffit qu’un sumo remporte 3 ou 4 combats de suite pour le voir suffoquer et transpirer à grandes goûtes tant l’effort physique est important.

Pendant les combats, deux entraîneurs prodiguent des conseils. On devine à leur gestuelle que les conseils portent principalement sur la manière d’attraper l’adversaire et les mouvements à effectuer. On sent un très grand respect vis à vis des maîtres, lorsqu’un d’eux donne des conseils, on écoute religieusement puis on s’incline pour remercier.

Les sessions de combats semblent organisées par catégories de poids (ou de niveau ?). Il y aura 4 sessions différentes des plus légers (les moins lourds plutôt ?) aux plus gros gabarit. Pendant les combats, les autres lutteurs font quelques étirements sans grande conviction. Ce temps d’attente pourrait à mon avis être exploité plus efficacement.

A la fin de chaque session, les lutteurs font un exercice assez étonnant de force, ils doivent percuter un camarade et le déplacer sur quelques mètres. Vu le poids des molosses, il faut y aller.

L’entraînement durera environ 3h. Les sumos finiront par quelques étirements, quelques pompes et un exercice physique ou ils devront déplacer une grosse roue de tracteur.

A la fin, nous avons la chance de pouvoir poser en photo avec quelques uns des lutteurs.

Petite vidéo de combats

Conclusion

Assister à un entraînement de sumo est une superbe expérience permettant de découvrir un pan de culture typiquement japonais.

L’inconfort de rester assis 3h en position du lotus, sans pouvoir prononcer un mot et le côté très répétitif de l’entraînement peut cependant paraître long. Pas forcément conseillé de venir avec des enfants qui auront du mal à tenir en place.

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    Jean-Benoit

    Passionné de SEO, Jean-Benoit a toujours rêvé d'aventures et de grands espaces. Ce tour du monde est pour lui la réalisation de son plus grand rêve.

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