Chili (Amérique du Sud) : Premières impressions très mitigées

Je vous préviens : ce n’est pas un post très joyeux. Le moral est bien tombé pendant ces 4 premiers jours au Chili.

Notre plus grand problème c’est la communication. Nous ne comprenons RIEN à l’espagnol chilien. Je vous cite un exemple tout bête. On voulait seulement faire de la lessive à notre hôtel. Après 5 minutes, on comprend enfin que le gars a une machine à laver et va le faire pour nous. « Cuanto cuesta? » (combien ça coûte ?), c’est pas une question difficile n’est-ce pas ? et le gars nous répond par un monologue où on n’arrive même pas à comprendre un seul mot. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Suite à ce problème de communication avec à peu près tous les chiliens qu’on croise sur notre route, on se voit en plus arnaquer par un UBER qui laisse le compteur tourner 10 bonnes minutes après nous avoir déposés à l’aéroport (suite à réclamation, Uber nous remboursera l’intégralité de la course, tant pis pour lui !)… ou un taxi qui facture au compteur alors qu’il y a un tarif réglementé pour tout transfert depuis l’aéroport.

Ma carte bancaire fait grève également, je ne peux retirer qu’un jour sur deux, 200 000 pesos max à la fois, avec 6000 pesos de frais à chaque fois. Plusieurs hôtels refusent les cartes bancaires, à 35 000 pesos la nuit, on ne tiendra pas longtemps.

Dernière chose : la moitié des adresses citées par Lonely Planet n’existe plus. Les prix cités sont incorrects à cause de l’inflation très forte en Amérique du Sud.

Tout cela nous met dans une situation de stress qui réduit considérablement le plaisir du voyage. On ne s’est pas senti aussi mal depuis Birgunj. Plusieurs nuits de suite, je n’arrive pas à dormir. Si dans un pays sûr comme le Chili, on nous arnaque, comment ça va se passer dans les pays moins sûrs comme la Bolivie et le Pérou, où il se passe des choses plus graves qu’une simple arnaque ?

Où a-t-on merdé ?

L’avantage de ces nuits sans sommeil, c’est qu’on arrive à prendre plus de distance et mieux analyser la situation.

Tout à bord, je me rends compte en me renseignant que l’espagnol chilien est très difficile vs. les autres pays en Amérique du Sud car ils n’utilisent beaucoup d’argot et ne prononcent pas le S. Tu m’étonnes que je ne pige rien !

Ensuite, je me rends compte que ma méthode d’apprentissage Michel Thomas met trop l’accent sur la capacité à PARLER et moins sur la compréhension orale. Ainsi, je sors mes phrases sans trop de difficulté mais je ne comprends pas la réponse. En réalisant ce point, je me mets tout de suite à la méthode MosaLingua qui elle, favorise plus la compréhension orale et est complémentaire à la méthode Michel Thomas. C’est encore trop tôt pour juger l’efficacité de celle-ci, mais après 5h d’apprentissage, j’ai réécouté la chanson « Me gustas tu » de Manu Chao et soudainement je comprends beaucoup mieux les paroles.

En général, les voyageurs commencent d’abord par l’Amérique Centrale avant d’attaquer l’Amérique du Sud. Ainsi, ils ont déjà plusieurs mois de pratique avec des natifs parlant un espagnol plus compréhensible et surtout… lent. Notre erreur était de commencer par Santiago (pensant que seul Santiago desservait l’île de Pâques). On aurait dû commencer par Lima qui a aussi un vol direct depuis/vers l’Île de Pâques. Ceux qui ne parlent vraiment pas espagnol peuvent même commencer avec un cours d’espagnol intensif à Guatemala en logeant dans une famille d’accueil. Et seulement ensuite, ils voyagent. Mon erreur était mon excès de confiance quant à ma capacité d’apprendre une langue étrangère sans pratiquer avec les natifs, alors que j’étais en mode voyage tranquillou en Asie et en Nouvelle-Zélande.

Une amie m’explique aussi que les 3 pays : Chili, Argentine et Uruguay ont de gros problèmes de liquidités, d’où mes difficultés pour faire des retraits. Et qu’il fallait retirer beaucoup en Bolivie ou au Pérou avant de descendre au Sud. Ou alors venir avec beaucoup de dollars américains.

Si les hôtels où nous étions refusent le paiement par carte et ne parlent pas anglais, c’est parce qu’ils sont petits et plus habitués aux voyageurs hispaniques. Désormais, nous dormirons uniquement dans les grosses auberges de jeunesse. Ce sera moins cher et il y aura plus d’anglophones, forçant peut-être les auberges à recruter des employés parlant anglais.

Quant aux arnaques, il faut désormais fonctionner à l’indienne et à la népalaise : demander des prix avant, systématiquement; préférer les transferts prépayés qu’aux taxis, et ne pas arriver dans une nouvelle ville le dimanche (nous étions étonnés par le peu de services ouverts à l’aéroport mais ici le dimanche, c’est le jour du seigneur).

Croisons les doigts pour que ça se passe mieux à l’avenir ! 🙂 Au pire, on passera 3 semaines à Sucre (Bolivie) pour apprendre l’espagnol hihihi

Punta Arenas (Chili) : îles des pingouins, dauphins et lions de mer
Île de Pâques (Chili) : au milieu de l'océan
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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    2 commentaires
    • Répondre Zetondu

      24 octobre 2017, 17 h 17 min

      Bonjour,
      Je pars au chili en novembre prochain. Merci pour l ambiance … :o)
      Au sujet de la langue, j etais en Birmanie l an passé, et je suis parti en me disant que j ‘allais jouer au sourd muet. Communiquer avec un carnet d images, et jouer aux mimes.
      A defaut de mieux se comprendre (je ne sais pas si j’ai finalement mieux communiqué, parce l autre reste dans son monologue), mais au moins c’est plus marrant et ca dedramatise.

      • Répondre Anh

        24 octobre 2017, 17 h 49 min

        Hello, ahahha avec le recul je me suis rendue compte que j’avais seulement un problème avec Santiago. j’ai adoré toutes les autres villes chiliennes. Bon voyage !

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