Le Long du Rhin allemand : Bacharach, Mayence, Worms & Heidelberg – Road trip Allemagne en solo 2/2

Suite à quelques jours passés à Cologne et Bonn, je continue mon road trip solo de 3 semaines en Allemagne, armée de tout mon matos informatique, de mes shots de gingembre et mes gélules de moringa. L’objectif : ne pas être malade, ne pas choper le coronavirus et mener le voyage jusqu’au bout.

Note : pour lire la 1ère partie de mon road trip solo en Allemagne, cliquez ici

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Cet objectif est remis en cause très vite. Malgré mon Airbnb très confortable à Bonn, j’ai vraiment du mal à dormir, c’est l’anxiété qui monte. Sur mon fil Facebook, mes amis vietnamiens sont en train de flipper. Les mauvaises nouvelles arrivent d’heure en heure. Et après avoir rédigé un article long comme le bras pour rassurer informer les français présents au VN, je mesure toute l’ampleur que cette épidémie va avoir sur l’Europe. Du côté français et allemand, tout le monde est encore tranquille. Il y a deux foyers identifiés en Allemagne, un foyer identifié en Alsace, tout va bien pour l’instant.

Je revois mon itinéraire et tente un parcours plus prudent : descendre doucement jusqu’à Munich, me confiner là-bas puis rejoindre en dernière minute le Airbnb que JB nous a réservé à Vienne en Autriche, où nous allons nous confiner pour de bon, quitte à perdre mon billet d’avion Berlin – Vienne. Décision prise, je me sens plus légère d’un coup.

Jour 5 : Bacharach

Bacharach est une des destinations les plus attendues de ce road trip. Il y a de nombreux villages au long du Rhin allemand mais Lonely Planet est catégorique : Bacharach est the best. J’arrive de Bonn en train, le trajet dure 2h (placez-vous à gauche, les paysages sont sublimes) et malgré mon arrivée assez tôt, on me donne la chambre ASAP (elle est superbe d’ailleurs, dans un hôtel créé dans les années 18xx, Rhein Hotel à Bacharach (lien Expedia) 57€ la nuit). Le village étant tout petit, on peut visiter à pieds sans problème.

Je tente désespérément de trouver un restaurant ouvert, mais on est en basse saison. La plupart des hôtels n’ouvrent leurs restaurants que le soir. Je dois me contenter des choses trouvées au supermarché du village. J’en profite pour vous mettre en garde contre les « saucissons » vendus ici, c’est du salami et ce n’est pas bon du tout !!

Le temps est changeant, il pleut, puis il fait beau, plus il pleut… Mais quand il y a du soleil, ça fait énormément de bien. J’essaie de vous montrer uniquement les photos avec un ciel bleu 🙂

Première visite : Ruine Wernerkapelle : ruines d’une église gothique, érigée en hommage au jeune Werner, retrouvé mort en 1287 à l’âge de quatorze ans. On ne sait pas qui l’a tué, mais sa mort a servi de prétexte pour assassiner, un mois après sa mort, près de quarante juifs… tout ça pour reprendre en main les propriétés viticoles, qui leur appartenaient. La chapelle est désormais détruite et ses ruines ne sont là que pour témoigner d’un passé peu glorieux.

L’église à côté n’est pas toujours ouverte, je n’ai pas pu visiter l’intérieur.

En continuant tout droit, on arrive au Château. Si l’intérieur n’est pas fantastique (l’entrée est gratuite), il y a une terrasse où l’on peut prendre un café – face au Rhin – en été. Et la vue est vraiment incroyable.

Il y a un ferry pour se rendre au village d’en face – qui a l’air super joli aussi.

Si vous avez moins la flemme que moi, vous pouvez vous rendre au Postenturm, une des nombreuses anciennes tours de guet. D’en haut, vous pouvez prendre THE photo incontournable de Bacharach, avec le château, les ruines, l’église… sur le même plan.

Le vin de Bacharach semble être la fierté locale (je n’ai pas testé, je ne bois pas d’alcool), il y a énormément de vignes aux alentours, couvrant toute la colline d’en face.

Me promener dans les petites rues est vraiment un délice. Tout est super super beau, et il n’y a quasiment pas de touristes au mois de mars. J’ai juste vu un car de touristes, ils font le tour des villages au long du Rhin en un jour et semblent ne s’arrêter qu’une heure à Bacharach.

J’ai beaucoup hésité à prendre le ferry pour me rendre à d’autres villages du Rhin… en venant ici en train, j’ai déjà pu admirer pas mal de villages sur le chemin. Je suis vraiment en mode « low energy » avec ce qui se passe en ce moment. Mon article sur le coronavirus a été partagé partout et est très consulté, je me sens obligée de l’updater – mais les informations changent toutes les 3-4h, ce qui me met dans une ambiance extrêmement anxiogène.

Heureusement que le restaurant à mon hôtel est super, les plats sont parfaits, cela fait longtemps que je n’ai pas mangé quelque chose d’aussi bien exécuté. On m’a réparé le chauffage dans la chambre et j’ai beaucoup mieux dormi que la veille.

Jour 6 : Mainz / Mayence

Je quitte Bacharach avec beaucoup beaucoup de mal, tellement je suis bien installée. Après 50mn de train (mettez-vous du côté gauche près d’une fenêtre), me voilà à Mainz, je laisse ma valise à l’accueil de mon hôtel et toute excitée, je file au Musée de Guthenberg. Depuis la visite de l’excellent musée de l’imprimerie à Anvers, je n’ai qu’une hâte : faire ma propre impression au musée de Guthenberg, qui propose le service pour seulement 5€. Je sais déjà quelles sont les lettres que je vais préparer et le nombre d’impressions que je compte faire. Ici, la collection d’estampes est plus importante qu’à Anvers et j’ai hâte d’en savoir plus.

En tout cas, rien que le bâtiment répond clairement à mes attentes.

Regardez-moi cette porte qui reprend les motifs d’impressions :

Malheureusement, il y a un petit mot sur la porte indiquant que le musée est fermé à cause du coronavirus. Le personnel ne se sent pas en sécurité car le musée est très fréquenté :'( je suis arrivée avec 2 jours de retard. Une vague de déception m’envahit, et je repense à tous ces touristes qui attendent avec impatience leurs vacances au Vietnam pour se retrouver avec la baie de Ha Long fermée, Ninh Binh fermé… limite chassés de leurs hôtels. Ma déception est certes incomparable, mais me fait énormément réfléchir sur le but de mon voyage ici. Que fais-je ici ? A quoi ça sert de continuer à voyager ?

Cathédrale Saint-Martin de Mayence

Je ressens un besoin urgent d’aller me changer les idées à la Cathédrale d’en face. Les gens viennent à Mayence pour le musée, mais surtout pour cette Cathédrale.

Je pense avoir passé 45 minutes à l’intérieur, le temps de me calmer. Les sites religieux sont toujours construits sur des lieux chargés d’énergie, et j’en avais besoin. Cette cathédrale a une structure peu commune, avec deux chœurs. Les sculptures sont absolument magnifiques. Le côté austère et le manque d’oxygène sont présents, mais à travers une porte, on accède soudainement à une cour, bordée de colonnes et de voûtes…

La petite place en face de la Cathédrale était full de monde ce matin – il s’y tenait un marché de légumes. Les façades sont très colorées et très décorées, ça me manque ce genre de façades, j’en avais vu tellement en Belgique, ça me fait du bien de les retrouver en Allemagne.

Je passerai le reste de la journée à déprimer dans mon hôtel. De plus en plus de frontières se ferment pour les ressortissants français. C’est la crise partout, mon Facebook est inondé de messages alarmants, je continue à updater mon article pour les français coincés au Vietnam, me sentant impuissante de ce qui se passe en ce moment… Tout le monde commence à s’inquiéter pour moi. Je décide d’arrêter l’update de cet article à partir de ce soir, car ça me travaille trop et est en train de pourrir mon voyage.

Jour 7 : Worms

C’est en étant déprimée que j’arrive à Worms. La seule chose à visiter ici, c’est la cathédrale, qui se trouve juste en face de ma chambre d’hôtel. La proprio de l’hôtel est charmante et me laisse récupérer la chambre beaucoup plus tôt que prévu. Elle prend le temps de m’indiquer tous ses restaurants préférés. Elle essuie depuis plusieurs semaines beaucoup d’annulations et est incertaine de l’avenir de son hôtel dans les semaines qui suivent.

Je choisis de déjeuner dans un restaurant vietnamien. Si je ne peux plus rentrer au Vietnam, au moins je peux me consoler avec un bun nem délicieux (les nems étant faits maison). En Allemagne, la plupart des vietnamiens viennent du Nord donc ils cuisinent très très bien, contrairement aux vietnamiens en France qui viennent du Sud du Vietnam – et qui mettent beaucoup trop de sucre partout. J’ai un peu honte car depuis mon arrivée en Allemagne, à part un currywürst, j’ai toujours évité pour le moment de tester la gastronomie allemande.

Le Dom de Worms, la cathédrale est entourée de bâtiments, c’est assez difficile de prendre une photo de l’ensemble de la structure, donc je préfère vous montrer une photo de sa maquette pour que vous ayez une idée de sa taille impressionnante.

L’autel est extrêmement chargé, mais j’aime beaucoup beaucoup !

Dans un parc pas très loin de la gare – et de la cathédrale se trouve Luther Monument, rendant hommage à Martin Luther. En effet, lors de la Diète de 1521 à Worms, Luther a refusé de désavouer ses écrits. S’il a déjà été condamné comme hérétique et frappé d’excommunication, il a été officiellement mis au ban un mois plus tard.

Le parc est petit mais on peut s’y promener tranquillement… Worms est une petite ville très pittoresque.

Mon Airbnb à Heidelberg annule ma réservation, parce que je viens de France et éventuellement porteuse du coronavirus (alors que cela fait plus de 14 jours que je suis hors de France). La combo française + tête asiatique ne doit pas rassurer grand monde. J’apprends aussi que c’est au tour de l’Autriche de fermer les frontières avec la France. J’ai encore une chance de rejoindre notre Airbnb réservé à Vienne, mais je ne sais pas comment JB pourra le faire. Tous mes plans tombent à l’eau… Je regarde si je peux visiter le fameux château au Sud de l’Allemagne avant de rentrer en France mais il est fermé aussi. Je décide de rentrer en France mardi.

Jours 8 & 9 : Heidelberg

J’arrive à Heidelberg dimanche. Ce sera la dernière destination de mon road trip en Allemagne. J’ai décidé de pousser jusqu’à Heidelberg car j’ai déjà réservé un Airbnb ici. Le hasard fait bien les choses, car la ville est à côté de deux aéroports : Stuttgart et Francfort, et à 15mn de train de Mannheim, d’où part un train direct pour Paris Gare de l’Est. Si avec ça, je ne peux pas rentrer en France…

Je commence à être fatiguée aussi de bouger autant. Mon Airbnb n’est pas encore prêt (nettoyage en cours) et je suis trop fatiguée pour traîner la valise avec moi sur les rues pavées. Je me pose tranquillement au Mc Donald’s du coin (contente de l’avoir fait car avec le confinement en France, plus de McDo pendant des mois) et attends de faire le check-in. Depuis mon arrivée ici, je me sens vraiment mal à l’aise. Certains jeunes m’ont regardée très méchamment, je sens tellement de haine dans leur regard que je dois éviter de prendre le même tram qu’eux, de peur que quelque chose ne m’arrive. Je ne saurai pas expliquer pourquoi, mais c’est juste mon intuition.

Une fois le check-in fait, je me balade dans les rues et je suis effarée de voir autant de monde dans la rue malgré le risque de contagion. Heidelberg est une ville d’étudiants, c’est peut-être pour ça que les gens ne s’inquiètent pas trop du coronavirus. Mais le pire c’est qu’il y a énormément de personnes âgées aussi assises tranquillement à la terrasse des restaurants et profitant du soleil. Aucun confinement n’est imposé pour le moment, la chancelière allemande a l’air de miser sur une immunité de groupe (contamination de plus de 50% de la population qui va développer des anticorps et ainsi mettre un terme à la transmission du virus). Les écoles ferment seulement le lendemain donc tout le monde en profite encore.

Le centre-ville est énorme mais aussi INCROYABLE ! Je ne sais pas où donner de la tête, c’est très très joli, les bâtiments sont plus beaux les uns les autres. A un moment, on aperçoit le château de loin. Il est énorme et domine toute la ville.

C’est un peu sportif de monter jusqu’au château, mais le chemin est extrêmement agréable et agrémenté de vues sur le Rhin, sur la ville et son joli pont. Il ne faut pas s’arrêter toutes les 10 secondes car la vue d’en haut est encore plus prometteuse. Les ruines du château de Heidelberg (Schloss Heidelberg) attirent chaque année près d’un million de visiteurs du monde entier. Depuis le début du XIXe siècle, elles sont un symbole du romantisme.

L’accès au château coûte 8€. Je vous recommande vivement d’opter pour un tour guidé (6€ en plus) car en visitant seule, je crois que j’ai loupé la moitié des choses.

Il y a un bâtiment servant de musée de pharmacies. Je cite : « Le toit à double pignon avait été endommagé depuis l’explosion du château par les Français en 1693 et a été complètement détruit par la foudre en 1764. Seul le rez-de-chaussée était protégé par un toit au XXe siècle. »

On peut y trouver des comptoirs des anciennes pharmacies – et découvrir comment les ingrédients et remèdes étaient stockés.

Au sous-sol, on peut voir des tonneaux géants – tellement grands qu’il faut prendre un escalier pour pouvoir voir tous les détails.

A la fin, on a droit à une vue absolument splendide sur tout le centre-ville de Heidelberg, on distingue les places vues un peu plus tôt, la cathédrale et le pont… Les étudiants ont trop de chance de vivre dans une ville aussi belle !!

Je me dirige vers le pont et trouve sans difficulté le Brückenaffe, une statue (un singe) tenant un miroir et appelle à l’auto-critique.

Je termine ma visite quand je reçois des appels dans tous les sens : des rumeurs indiquent tque l’Allemagne ferme les frontières avec la France dès ce soir. Je suis tellement épuisée et tellement désemparée que je décide d’y réfléchir plus tard. Je vais maintenir mon vol mardi. Au pire, je prendrai le train jusqu’à Bruxelles et rentrerai en France avec Thalys.

Cependant, le lendemain, lundi – une rumeur circule sur la mise en place d’un confinement strict en France et des frontières totalement fermées. J’ai un pressentiment et ne peux plus rester sans rien faire. Dans l’après-midi, je saute dans le seul train direct vers Paris Gare de l’Est (qui ne s’arrête même pas en Alsace, je n’ai pas envie que le train s’y arrête car j’ai peur qu’on me mette en quarantaine toute seule en Alsace – un autre foyer du coronavirus). Heureusement que Heidelberg n’est qu’à 15 minutes de la ville d’où part le train. Jusqu’à la dernière minute, je n’étais pas sûre de pouvoir rentrer. Même assise dans le train, le contrôleur annonce que c’est un « train à but professionnel » et qu’on devait pouvoir justifier que c’est un voyage pro. On est 6 : 4 françaises et 2 allemandes. Pour la 1ère fois, le risque d’être recalées à la frontière comme des pauvres clandestins se présente à nous – et on est toutes dans le déni : « ce n’est pas possible, on rentre chez nous quand même ». Nous sommes tellement privilégiés avec notre passeport – qui ouvre la porte des centaines des pays, que c’est inédit pour nous de se retrouver dans cette situation désagréable. Aucune de nous ne savons où dormir ce soir en Allemagne si nous sommes recalées car nous sommes toutes résidentes françaises.

Je me souviens, quand la quarantaine a été annoncée pour Wuhan, des millions de chinois ont fui la ville pour rentrer chez eux. Beaucoup les ont critiqués d’avoir propagé le virus dans toute la Chine, mais maintenant en étant dans la même situation, je comprends trop dans quel état ils étaient. Moi aussi je me suis enfuie – alors que j’ai beaucoup plus d’infos sur le virus qu’eux à ce moment-là. Je ne pouvais pas faire autrement que rejoindre JB à Paris quel que soit le prix. J’avais encore mes 4 nuits prépayées, 2 billets d’avion achetés – et je me suis enfuie. Par on-ne-sait-quel miracle, nous ne sommes pas contrôlées à la frontière (la frontière semble être fermées dans le sens France – Allemagne mais pas l’inverse). Le train met 45 minutes à attendre les passagers français recalés à la frontière allemande – les pauvres devront faire demi-tour et rentrer dans le même train que nous – ils auront fait Paris – frontière allemande – Paris dans la même journée. Horrible ! Pour voir comment JB a vécu cette expérience de son côté, vous avez la version de JB dans cet article.

Bref, mon séjour en Allemagne s’est arrêté brusquement, mais j’ai été enchantée par ce que j’ai vu. Les gens étaient adorables, les villes magnifiques et j’espère avoir l’occasion d’y revenir bientôt.

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Transport (en train)
    • Bonn – Bacharach : 25€ tarif normal (comptez -50% avec la carte Bahncard 50 2nd class)
    • Bacharach – Mainz : 10,15€ tarif normal ( -25% avec la carte Bahncard 50 2nd class)
    • Mainz – Worms : 11,4€ tarif normal ( -25% avec la carte Bahncard 50 2nd class)
    • Worms – Heidelberg : 11,5€ tarif normal ( -25% avec la carte Bahncard 50 2nd class)
  • Hébergement :
    • Rhein Hotel à Bacharach (lien Expedia) 57€ la nuit
    • The Niu Mood à Mainz (lien Booking) 41,7€ la nuit
    • Hotel-Restaurant Kriemhilde à Worms (lien Booking) 55€ la nuit
    • Airbnb à Heidelberg : 32€ la nuit
  • Visite :
    • Château à Heidelberg : 8€ + 6€ pour une visite guidée
  • Restaurants : entre 10€ et 12€/repas
Interview de Maxime Garin rapatrié du Sri Lanka à cause du Coronavirus
Cologne et Bonn : Road trip Allemagne en solo 1/2
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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