Bouches de Kotor, La Serpentine, Herceg Novi & Perast (Monténégro)

Après deux jours de repos à Dubrovnik en Croatie, sous un soleil splendide, nous voilà partis vers le Monténégro, le 21 décembre 2020.

Note : cet article fait partie de notre road trip Croatie – Monténégro. Pour lire les parties précédentes, cliquez ici : #1, #2

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Covid & Timing

En ces temps incertains, le timing est clé. Plusieurs cultures ont accès à une sorte de calendrier basé sur l’astrologie. En gros, l’emplacement des planètes peut influencer sur les humains. D’habitude, je ne prends même pas la peine de consulter ce calendrier mais suite aux événements incertains des derniers mois, de nombreuses éclipses, Blood Moon, alignement de planètes à foison, je dois calculer l’arrivée exacte au Monténégro pour éviter une fermeture de frontières ou les restrictions trop strictes, qui risquent de gâcher totalement nos vacances de Noël.

C’est ainsi que j’ai choisi d’arriver au Monténégro le 21 décembre 2020, une date importante car Jupiter et Saturne sont alignés avec la Terre cette nuit. sont très proches l’un de l’autre.

Une autre date importante est prévue dans quelques mois et j’ai envie d’être dans une situation stable ce jour-là donc le Monténégro n’est pas choisi au hasard : on peut y rester pendant 3 mois, donc jusqu’au 22/03/2021 sans aucun souci, en attendant que tout redevienne un peu plus normal.

On était encore début décembre quand j’ai pris cette décision et on n’était évidemment pas au courant des restrictions de déplacement entre les régions croates, imposées dès le 22 Décembre 2020, ni la découverte de la mutation du Covid et les restrictions renforcées partout en Europe dès le 20 Décembre, ni l’obligation d’un test PCR négatif sous 72h pour entrer au Monténégro dès le 24 Décembre 2020.

En gros, on est passés entre les mailles du filet en partant le 21/12, on est ni concernés par les restrictions croates, ni par les restrictions monténégrines, et sommes arrivés au Monténégro en mode la vie est belle.

Dubrovnik – Tivat

Herceg Novi se trouve juste à côté de la frontière croate mais nous choisissons de nous rendre à Tivat car on trouve des tarifs de location de voiture avantageux avec Hertz à Tivat : 10€/jour, sans obligation de carte de crédit ou assurance + une offre (temporaire) de 30€ de cashback avec American Express. Comme on est en basse saison (+ Covid), aucun bus ne circule entre la Croatie et le Monténégro, nous devons payer un transfert privé pour nous y rendre. 90€ pour deux personnes depuis Dubrovnik.

Si la première partie du trajet est super agréable (vue sur la mer), la seconde partie est bof bof, on ne voit que les arbres. Les douaniers posent beaucoup de questions à notre chauffeur qui heureusement répond à notre place. Il dit que cette frontière n’est pas si smooth à passer notamment en transfert privé car c’est un point de passage des trafiquants de drogue qui viennent d’Albanie. En haute saison, cette frontière très fréquentée peut vous prendre 2h !

Vous verrez des panneaux « Crna Gora », c’est le nom du pays qui signifie « montagne noire ». Monte negro, qui vient de l’italien veut dire « montagne noire » aussi.

Dès que nous arrivons à Herceg Novi, on est choqués de voir autant de bâtiments moches bétonnés qui nous rappellent que l’ex-Yougoslavie était un pays communiste. Après l’harmonie architecturale à Dubrovnik, c’est dur ! Heureusement, dès qu’on voit les bouches de Kotor (que je prends souvent pour un lac, mais c’en est pas un), on est rassurés par notre décision.

On prend un ferry pour traverser la partie la plus étroite des bouches de Kotor (pour arriver plus vite à Tivat, la traversée ne dure que 5mn – et coûte 4,5€/traversée, c’est inclus dans le tarif du transfert).

Nous sommes déposés à l’aéroport de Tivat. Alors que nous cherchons les bureaux d’Hertz, une dame nous demande gentiment si on a besoin d’aide dans un anglais parfait. Elle va même téléphoner à Hertz pour demander où ils sont (c’était mal géolocalisé sur Google Maps). C’est toujours bon signe quand le premier contact avec un local est aussi sympathique.

Jour 1

Comme il y a l’alignement des planètes ce soir, nous optons pour un spot super tranquille, un peu en hauteur pour que je puisse observer les étoiles (et les planètes) à l’œil nu. Les villages autour des bouches de Kotor sont idéaux pour ça. Avec des reliefs spectaculaires, fruits de forces tectoniques extraordinaires, à la rencontre des plaques africaines et européennes. D’ailleurs, qui dit plaques tectoniques dit tremblements de terre. Celui de 1979, de magnitude 7, est à l’origine de nombreux dégâts (et explique en (mini) partie des constructions bétonnées remplaçant les anciennes constructions en pierre). Le bilan humain est de 90 morts, miraculeux car une première petite secousse a conduit les habitants à évacuer tous les bâtiments qui s’effondraient ensuite.

Voici la vue depuis notre chambre d’hôte (22€/nuit, avec balcon, lien Booking)

On ne le savait pas, mais sans le couvre feu le soir, on aurait pu se rendre dans des restaurants ou cafés en altitude. Beaucoup sont équipés de télescopes ! Pensez-y si vous y allez en août.

En tout cas, le temps est magnifique et nous sommes ravis de profiter de ces rayons de soleil qui donnent des nuances de bleu incroyables sur les bouches de Kotor mais aussi sur les montagnes aux alentours. Kotor est un peu comme un lac énorme, qui communique avec la mer Adriatique quelques kilomètres plus loin.

Il y a plusieurs rivières et sources d’eau qui déversent ici, mais l’eau reste salée, d’où de nombreuses fermes de moules et d’huîtres. Les huîtres ici sont riquiqui et certaines fermes en vendent à 4€ l’unité. On a repéré une ferme qui en vend entre 1,5€ et 2€ et qui sert des moules (cuites), on vous tiendra au courant.

Pour notre premier restaurant au Monténégro (eh oui les restaurants sont ouverts tous les jours jusqu’à 19h), notre chambre d’hôte nous conseille un restaurant très classe et réputé, dans un environnement féérique : Stari Mlini. C’est un ancien moulin, au bord de l’eau, servant des fruits de mer on-ne-peut-plus-frais. Les poissons sont vendus au poids et quand JB opte pour « la pêche du jour », on lui présente deux poissons super frais, qu’il doit choisir 😀 Quant à moi, j’opte pour un plat à l’encre de seiche « à la dalmate », servi avec une sorte de semoule. Ce n’est pas transcendant mais c’est mangeable. Le service est impeccable : le serveur prépare le poisson en enlevant les arêtes pour JB

L’eau est hyper transparente, il me semble qu’il est plus dur de pêcher quand l’eau est aussi belle car les poissons nous voient (nous aussi on les voit super bien, sans avoir besoin de faire du snorkeling). Mais ça ne décourage pas les pêcheurs, on en a vu pas mal sur leur barque. Voici quelques photos prises depuis le restaurant :

On découvre quelques arbres qu’on ne connaissait pas, dont un avec des fruits tellement juteux qu’on dirait des morceaux de confiture. Ca donne trop envie de manger ! Mais on se dit que si même les oiseaux n’y touchent pas, ce n’est peut-être pas comestible 😀

Le temps de faire les courses, longer une partie des bouches de Kotor en voiture… et il fait déjà nuit noire. Le coucher de soleil, c’est vers 16h20.
A 17h, on dirait qu’il est déjà 23h. Après avoir passé plusieurs hivers en Asie et en Amérique du Sud, on a oublié comment se passe l’hiver en Europe lol

Nous nous arrêtons à un restaurant sur le chemin et commandons des plats à emporter (les restaurants ferment à 19h en ce moment donc il vaut mieux acheter à emporter), dont une paella aux fruits de mer (qu’ils appellent risotto aux fruits de mer ici). Malheureusement, j’ai une intoxication alimentaire cette nuit et ça me découragera pendant plusieurs jours, de manger des fruits de mer alors que c’est la spécialité du coin.

La bonne nouvelle, c’est qu’on a réservé ce logement pour 2 nuits, donc j’ai le temps de me récupérer (changer de logement le lendemain d’une intoxication alimentaire m’aurait achevée).

L’étoile de Noël

Notre chambre d’hôte se trouve à flanc de montagne, comme la majorité des maisons ici. On a tous la vue sur les bouches de Kotor, sans vis à vis, c’est génial. Malgré les nuages, j’arrive à observer le rapprochement entre Jupiter et Saturne, c’est marrant car on dirait qu’on voit double. Malheureusement au moment où elles sont alignées, les nuages arrivent et les cachent. Comme d’habitude, je n’arrive jamais à observer correctement les étoiles ou planètes. Sur Internet, ils disent que L’Étoile de Bethléem, c’est sûrement due à une autre conjonction, formée par le rapprochement de Jupiter et Regulus. Alors que d’autres affirment que L’Étoile de Bethléem au moment de la naissance de Jésus, ce serait plutôt une comète. Qui croire ?

Note : finalement, après avoir regardé les photos prises partout dans le monde, les planètes gardaient quand même une distance entre elles. Ce que j’avais vu à l’œil nu, c’était bien la conjonction, avant l’arrivée des nuages. Car ces planètes n’étaient pas alignées avec la Terre. On ne voyait pas l’étoile de Noël mais une double étoile. Pour une fois, j’ai réussi à observer un phénomène astronomique important ahihihi

Jour 2

A cause de l’intoxication alimentaire, je me lève seulement à midi. Il nous reste seulement 4h30 d’ensoleillement. Nous avons juste le temps de visiter le centre-ville historique de Kotor, qui est absolument magnifique. Les rues partent dans tous les sens (pour que les ennemis se perdent dans la cité en cas d’attaque).

Il y a un chemin menant vers les remparts de la cité, puis une église, puis une forteresse à flanc de montagne. Typiquement le style de constructions que j’aime : ça fait très « Le Seigneur des Anneaux ». Ohlala ! Magnifique ! Ca donne trop envie. Mais c’est seulement accessible à pied, on va y revenir un autre jour, quand je serai en pleine forme.

La vue depuis le port de Kotor n’est pas la plus belle mais c’est joli quand même

En attendant, on prend un déjeuner rapide… avant de prendre la route de montagnes vers le sommet du mont Lovcen.

La Serpentine

Cette route a été créée en 18xx pour relier Kotor et Cetinje (ancienne capitale du Monténégro). Il y a 25 virages en épingle à cheveux sur 17km. Heureusement que (1) JB prend confiance en montagne (2) il n’y a personne (3) notre petite voiture est très maniable (4) les virages sont étudiés pour que même un bus puisse passer. Si la route n’est pas très large, il y a de la place pour éviter quand même la voiture d’en face. Contrairement aux croates, les monténégrins sont un peu plus prudents sur les routes de ce type.

Il y a tellement de view points qu’on est tentés de s’arrêter toutes les 2 minutes.

Le premier view point est celui-ci

Le second est celui-ci (coordonnées Google Maps). En pleine saison, il doit y avoir un vendeur de souvenirs mais aujourd’hui c’est fermé.

On voit mieux l’autre partie des bouches de Kotor d’ici

Le troisième, c’est celui-ci (coordonnées Google Maps). Quelle surprise ! Le café en altitude (Horizontal Cafe) est ouvert (un thé = 1,5€). Avec WC en plus. Le monsieur parle quelques mots français et nous a prêté des jumelles pour observer les maisons autour des bouches de Kotor. On voit absolument tout, même les piétons à des kilomètres ! Il est équipé de télescope aussi si besoin (mais qui ne fonctionnait pas quand on est passés).

Anecdote : l’électricité du café vient d’un générateur branché au moteur de la voiture du propriétaire. Quand il doit préparer quelque chose comme nos thés, il démarre la voiture 😀 J’ai cru bugguer en voyant que la voiture était immatriculée en Bretagne. Il nous explique qu’il aime bien faire du business, qu’il s’est rendu à Paris en avion pour acheter la voiture et l’a ramenée par la route !

Nous avons le temps de profiter de la vue avant que la brume ne couvre tout et ne cache totalement les paysages. Quelle chance ! Quel timing !

Bon, ça ne sert à rien de monter jusqu’au sommet. On y reviendra un autre jour. Nous devons reprendre la même route pour descendre. Prendre l’autre route nous aurait ajouté 1h30 de plus. Donc c’est reparti pour 25 virages serrés 😀

Au menu ce soir pour le dîner : des plats achetés au traiteur du supermarché Aroma. Tout est bon marché au Monténégro, ça fait du bien après plusieurs mois de grosse dépenses en France et en Italie.

Jour 3

Il y a des restrictions de déplacement les 24, 25, 26, 27 décembre (on ne peut pas changer de régions) donc aujourd’hui (23/12) est notre dernière chance pour changer de régions. Nous réservons un hôtel 5 étoiles pour passer Noël au chaud et dans le luxe dans la région de Budva. Il y a de la brume ce matin et on admire la vue depuis notre chambre d’hôte (lien Booking). Je ne m’en lasserai jamais.

Mais avant ça, on va visiter Perast, une petite ville toute mimi au bord de l’eau.

vue sur Perast depuis l’autre rive

Alors qu’on peine à trouver un emplacement de parking, un monsieur nous montre une place.. avant de dévoiler ses intentions commerciales : il a un bateau et peut nous amener sur l’île d’en face pour visiter Notre-dame-du-Rocher. C’est la seule église ouverte en ce moment car il y avait une inondation hier et la femme de ménage est venue nettoyer aujourd’hui, d’où l’ouverture exceptionnelle de l’église (c’est ce qu’il nous raconte en tout cas). OK.

On découvre en marchant qu’il y a d’autres places de parking beaucoup plus accessibles au bout du village ahahha donc son « aide » était totalement intéressée. Idem, la visite de l’île d’en face, ce sera pour plus tard car nous resterons au Monténégro 3 mois. En tout cas, le tarif annoncé est de 10-15€ par personne AR en basse saison. L’église en question, c’est celle sur l’île à gauche.

En ce moment, seuls deux restaurants sont ouverts et ils ont tous les deux des tables avec vue 5 étoiles sur les bouches de Kotor. L’un d’entre eux a un menu du jour à 5€ !

Ce village est tellement beau que beaucoup de chambres d’hôte et Airbnb de la rive d’en face mettent « vue sur Perast » dans le titre pour attirer les touristes ahaha. Un autre restaurant gastronomique avec vue sur Perast, c’est Verige 65. Il y a toujours du monde devant ce restaurant, soit pour prendre une photo, soit pour prendre un verre tellement la vue est époustouflante.

Je pense que le village a beaucoup de charme car c’est un des rares à être en pierre (beaucoup d’autres sont en béton). Malheureusement les maisons sont toutes rachetées par des russes, donc le village devient un village fantôme en basse saison.

Se baigner aux bouches de Kotor ?

C’est une bonne idée, mais il faut savoir qu’il n’y a aucune infrastructure et les plages sont petites et composées de galet. L’eau est transparente par contre, il n’y a pas de vagues.

Herceg Novi

On se dépêche d’aller à Herceg Novi pour corriger notre première impression des bâtiments bétonnés de la ville. Elle a une vieille ville tout à fait charmante mais nous commençons par un café/restaurant vegan au bord de l’eau Peters Pie & Coffee (la quiche est à 3,6€, la limonade est à tomber). L’emplacement n’est pas évident à trouver tout seul, il faut connaître. Rien que pour se garer, c’est difficile. Il vaut mieux opter tout de suite pour les parkings privés (1€/h) au lieu d’essayer de trouver une place dans la rue (0,4€/h).

OMG, ils font encore des souvenirs comme au Vietnam il y a 20 ans ! Même le Vietnam a compris que c’était kitsch 😀

Ensuite, pour visiter la vieille ville d’Herceg Novi, il faut en vouloir car il y a énormément d’escaliers à monter. Si on monte en plus jusqu’aux forteresses, ça va m’achever, donc je me contente juste de sa place Bellavista, qui n’est pas un view point contrairement à son nom.

La petite église orthodoxe au milieu de la place est trop chou. A côté, il y a une source. L’eau est froide malheureusement (j’aurais tellement aimé une source d’eau chaude) mais beaucoup viennent remplir leur bouteille d’eau ici (ou boivent directement à la fontaine du village, il y a des robinets et tout).

Il nous reste 1h avant le coucher de soleil et on doit déjà reprendre la route pour nous rendre à notre hôtel près de Budva. Sur le chemin, le coucher du soleil sur la mer Adriatique est un moment magique, malheureusement pas capturé en photo car on n’a pas pu trouver d’emplacement pour se garer sur la route sinueuse à seulement 2 voies.

En tout cas, le coucher du soleil au Monténégro, c’est toujours une bonne idée

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Transfert privé :
    • Dubrovnik – Herceg Novi : 45€/voiture pour 2-3 personnes
    • Dubrovnik – aéroport de Tivat : 90€/voiture pour 2-3 personnes
    • Vous pouvez faire une partie de notre programme en un jour depuis Dubrovnik pour 56€/personne (lien Civitatis)
  • Location de voiture (Hertz Tivat) : 10€/jour
  • De temps en temps, on a des offres avec American Express (plus d’infos ici) sur les hôtels ou locations de voitures
  • Chambre d’hôte : 22€/nuit pour 2 à 3 personnes, vue sur les bouches de Kotor, balcon lien Booking

Pour vos demandes d’excursions ou visites guidées à Kotor et les environs, consultez les offres de Civitatis ou Viator (une compagnie de Tripadvisor)

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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