Salar de Uyuni (Bolivie) : quand le désert de sel se transforme en un miroir géant


La visite du désert de sel de Uyuni chamboule tout notre classement des « meilleures expériences de notre tour du monde ». Désormais, le Salar de Uyuni se trouve en 1ère place, devant le glacier Perito Moreno (Argentine) et la baignade avec les requins à Moorea. En plus, nous le visitons à la meilleure période de l’année, où le désert de sel inondé se transforme en un miroir géant (mi-Janvier).

Partie 1 : Carnets de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnets de voyage

Suite à mes problèmes de mal de montagne, on décide de faire seulement le tour d’une journée pour visiter le désert de sel, au lieu de prendre le tour de 3 jours qui inclut aussi la visite des lagunas et le Sud Lipez.

Quelle bonne décision ! Je vous expliquerai plus tard pourquoi.

Nous avons toujours su qu’il fallait venir ici mi-janvier, quand le salar est inondé mais que la pluie reste passagère. Car visiter le salar quand il pleut n’est sûrement pas une expérience plaisante, quand on sait que le jeu favori des touristes au salar est de prendre des photos en jouant avec les perspectives. Il y a des retours contradictoires quant à la visite du salar entre décembre (où il n’est pas sûr qu’il y ait de la pluie) et février (où il risque de trop pleuvoir), donc pour être tranquille, on coupe la poire en deux et marquons dans notre agenda, dès l’établissement de l’itinéraire du tour de monde, qu’on visitera le salar mi-janvier. Le hasard fait qu’on le visitera pile poil le 15 janvier 2017 !

Salty Desert est une des meilleures agences de Uyuni (selon les avis sur TripAdvisor). Nos deux places réservées la veille, nous y allons à 10h pour découvrir un jeep impeccable et étonnamment confortable, pris en charge par Herman, notre chauffeur pour la journée. Herman ne parle pas anglais, mais son espagnol est suffisamment compréhensible pour qu’on n’ait pas besoin de traduction.

Comme nous ne voyageons qu’une journée, il n’y aura pas de cuisiner, ce qui libère une place en plus pour les touristes (7 places en tout) d’où le prix défiant toute concurrence (160$B – 20€/personne), une économie intéressante vs. le tour de 3 jours (500$B).

L’agence nous a déjà prévenus qu’on ne se rendrait pas sur l’île Incahuasi à cause des inondations, mais qu’on sera amené là où il y a de l’eau pour prendre de belles photos. Vamos vamos! Il est 10h15, on part 15mn plus tôt que les autres agences pour être les premiers à arriver dans un cimetière des trains…

…Un endroit super cool où sont stockées les anciens trains à vapeur. JB a toujours rêvé de monter sur un de ces engins comme dans les westerns. Son rêve est devenu réalité !

15 minutes plus tard, le lieu est déjà envahi par une centaine de touristes (il suffit de regarder le nombre de jeep. Un jeep = 8 personnes)

Même si le chauffeur ne nous donne que 20 minutes pour visiter ce lieu, les 3 chiliens qui voyagent avec nous ont du mal à comprendre ce que veulent dire 20 minutes. Ainsi, nous devons les attendre pendant 35 minutes. Notre côté parisien stressé de la vie reprend le dessus, nous sommes plus impatients/énervés/mécontents/inquiets que le chauffeur. Dès que les chiliens se pointent, je me charge de les engueuler (en espagnol pour être sûre qu’ils comprennent bien), suite à quoi ils seront à l’heure pour le reste de la journée.

Nous faisons un deuxième stop à Colchani où l’objectif est de nous vendre des souvenirs. On découvrira cependant des maisons faites de boue et des briques de sel. Les 50 familles qui y vivent gagnent leur vie grâce à l’exploitation du sel, du quinoa et de l’élevage de lama (et accessoirement de la vente des souvenirs aux touristes).

Nous roulons encore 25km avant d’atteindre le désert de sel. L’excitation est à son comble. Nous voyons seulement quelques pauvres plaques d’eau par-ci par-là partagées par 3 jeeps. L’effet miroir n’est pas là ! Hyper déçus, nous nous demandons si on ne s’est pas trompés de période. Herman nous demande si on veut prendre les photos tout de suite ou il vaut mieux aller déjeuner à l’hôtel de sel. Tout le monde se met d’accord pour manger d’abord et prendre des photos ailleurs car les paysages sont un peu décevants pour nous. Encore un très bon choix de notre part (pour une fois nous aimons bien les chiliens car ils ont le même objectif que nous : voir l’effet miroir. On n’a pas trop demandé l’avis des deux chinois voyageant avec nous car ils ne comprennent pas la question).

Nous passons d’abord aux mini-geysers (plutôt sources d’eau – froides), créés par l’évaporation de l’eau pour prendre quelques photos.

Et nous arrivons à l'(ancien) hôtel de sel qui sert de QG pour tous les jeeps qui viennent déjeuner ici. Comme son nom l’indique, tout est fait de sel (table, chaise), sauf le plafond qui est fait de taule. Comme nous faisons partie des premiers à arriver, nous avons droit à une place tranquille. En attendant que le chauffeur prépare le déjeuner, on prend des photos.

.. de la statue faite de sel du Dakar qui est passé là il y a quelques jours à peine.

… de l’ancien hôtel de sel et plein de drapeaux devant

 

Les jeeps avec plein de bagages sur le toit sont ceux qui partent 3-4 jours. Ceux qui n’ont pas de bagages sont ceux, comme nous, ne passant qu’une journée au désert de sel. Nous sommes minoritaires.

Le déjeuner est simple mais suffisamment consistant pour affronter cette journée fatigante. Notons les super chaises en sel et les petits coussins moelleux.

Après le déjeuner, nous découvrons avec horreur une cinquantaine de jeeps stationnant devant l’hôtel de sel. Fuyons ! Le chauffeur nous demande où on veut aller : là où il y a de l’eau ou pas d’eau du tout ? La réponse est unanime : agua ! On roule un bon petit moment avant de trouver une grosse plaque d’eau. Il n’y a absolument personne autour, nous sommes seuls au monde ! A quelques km de là, il pleut, et nous sommes super contents car cela veut dire qu’on aura peut-être encore plus d’eau d’ici quelques heures.

Dès le premier contact avec l’eau, ceux qui portent des chaussures comprennent très vite qu’ils ne peuvent pas marcher avec. En enlevant les chaussures et chaussettes, ils se rendent compte aussi qu’il est impossible de marcher pieds nus. Le sel cristallisé fait mal aux pieds. La plupart de nos voisins portent donc des chaussettes. Nous sommes déjà en sandales et tongs (car l’agence nous as prévenu en amont) donc aucun soucis à signaler.

Tout le monde s’active pour prendre des photos plus ou moins artistiques, mais on est un peu limité par la largeur de la plaque d’eau. Le sel n’est pas assez sec pour faire des photos en perspectives.

Ce n’est pas grave, on est en mode « test & learn », en attendant d’aller à un autre endroit plus inondé. Herman prend les choses en main et nous suggère quelques poses. Les meilleures photos prises dans ce coin sont les suivantes :

Nous passons ensuite à une zone partiellement inondée. C’est mieux déjà ! Il y a beaucoup de nuages mais les photos rendent bien. La vue est incroyable, nous passons beaucoup de temps à regarder le paysage, à gauche, à droite, à gauche, à droite… c’est trop beau, on s’en lasse pas ! (cliquez sur les photos de cet article pour zoomer).


Il est temps de passer à un endroit plus sec pour faire des photos en jouant avec les perspectives. Herman est équipé d’un tapis et s’allonge par terre pour nous prendre de superbes photos et vidéos. Mon iPhone n’arrive pas à faire un focus mode paysage, d’où les photos un peu floues. Mais on s’amuse comme des enfants, c’est l’essentiel ! Les chiliens passeront la totalité du temps passé ici pour prendre des photos, tandis que JB joue au foot avec Herman.

Le salar de Uyuni est comme ça la plupart du temps. C’est très joli, avec une surface craquelée. Quand il y a du soleil, c’est tout blanc et ça éblouit. Cependant, ça n’a absolument pas le charme d’un salar inondé. Franchement, j’aurais été un peu déçue si je venais à une période où l’on ne pouvait me montrer qu’un salar totalement sec (je fais ma blasée mais en réalité, on a vu tellement de choses merveilleuses qu’on est très exigeants maintenant).

 

Pour attendre le coucher de soleil, nous finissons dans une zone complètement inondée, l’eau arrive jusqu’à la cheville ce qui décourage nos deux touristes chinois qui préfèrent rester dans la voiture. Nous avons de l’eau à 360 degrés et grâce à la platitude du désert de sel, le ciel et les montagnes se reflètent parfaitement bien sur la surface de l’eau, créant un paysage incroyable où on ne peut plus distinguer l’horizon. Nous avons beau fouiller dans nos souvenirs, nous n’avons encore jamais vu un spectacle aussi extraordinaire. On n’arrête pas de faire « ohhh » « woooow ». Les photos ne rendent pas justice (même si elles sont déjà très belles). Comment expliquer ça ? on se croirait au paradis, ou dans le ciel en train de voler, on est dans les nuages, on est quelque part… mais pas sur terre, do you see what I mean, hein, hein?

Exercice pratique : où est l’horizon sur cette photo ?

A force de sauter et marcher dans de l’eau hyper salée, nos pantalons sont un peu mouillés et les parties mouillées deviennent rêches comme du carton. Nos mains, dès qu’elles touchent trop l’eau, deviennent sèches et désagréables. On se blesse aussi en appuyant nos mains sur le sel (pour les photos). Je ne sais pas comment font les gens qui font le tour de 3 jours sachant qu’ils n’ont pas de douche le 1er jour.

Herman nous explique que le tour de 3 jours ne s’arrête pas ici, c’est beaucoup trop inondé et pas top pour le jeep. Les jeeps qui partent 3 jours s’arrêtent plutôt aux plaques d’eau qu’on a vues au début de la journée. Ainsi, nous sommes tout contents d’avoir choisi le tour de 1 jour à la place car l’effet miroir ici n’a RIEN à voir avec celui qu’on voit sur les plaques d’eau.

L’eau est immobile, on ne voit plus l’horizon, les montagnes ont l’air de flotter sur l’eau… c’est un spectacle hors du temps, hors du commun. Même Herman sort pour la 1ère fois de la journée son téléphone pour prendre quelques photos, lui qui vient pourtant ici tous les jours. Le mot « lindo » sort de sa bouche toutes les minutes. Lindo en espagnol veut dire « joli ».

Le téléphone de JB bugue complètement, le mode panoramique ne réussit pas à trouver des points de repère avec un paysage comme ça. Heureusement, mon iPhone est encore utilisable en mode panoramique mais il gère très mal la lumière et intensifie le contraste alors qu’en vrai, le paysage s’offrant à nous est beaucoup plus harmonieux.

 

Les nuages menaçants cachent le soleil et nous partons à 19h pour Uyuni sans avoir de véritable coucher du soleil. C’est seulement à ce moment que les autres touristes disent au chauffeur qu’ils ont un bus à 20h30 pour La Paz. Allo ! Si on voulait attendre le coucher du soleil à 19h30, tu aurais raté ton bus !

La nuit tombe très vite et la pluie aussi. Sur le chemin du retour, nous ne voyons pas moins de 30 tonnerres frapper le désert de sel. Comme il n’y a aucune construction aux alentours, on dirait que la foudre frappe juste à côté de nous, ce qui est un peu inquiétant (même si scientifiquement, il y a très peu de risques car les pneus de la voiture ne sont pas conducteurs). Nous sommes une vingtaine de jeeps à rentrer à Uyuni, la plupart sans mettre les feux (?!! euh, pourquoi ?? por qué?)…

On arrive à l’agence à 20h et Herman propose de déposer les chiliens directement au terminal de bus. JB et moi lui donnons un petit pourboire pour le remercier tellement il a été d’une patience exemplaire et à l’écoute de nos besoins toute la journée. Nous disons au revoir à tout le monde avant de rentrer à notre hôtel, affamés et très fatigués mais avec le sourire jusqu’aux oreilles.

Partie 2 : Conseils pratiques

Comment venir à Uyuni ?

  • Si vous êtes déjà en Bolivie, c’est super simple, il y a plein de bus (et même des trains) desservant Uyuni pour pas cher.
  • Si vous venez du Chili (San Pedro de Atacama), j’ai écrit un article complet ici
  • Si vous venez de l’Argentine, traversez la frontière à La Quiaca et allez jusqu’à Tupiza. Soit vous commencez votre tour depuis Tupiza pour finir à Uyuni, soit vous prenez un bus jusqu’à Uyuni et faites un tour d’un jour (ou 3 jours).

Concernant le tour d’1 jour :

  • Départ entre 10h15 et 10h30 – Retour à 20h (ou plus tôt selon l’heure du coucher du soleil)
  • ll vaut mieux réserver la veille. 2 personnes qui se pointent à l’agence le jour même se sont fait refouler.
  • Coût : entre 160$B et 200$B. 7 personnes par jeep + chauffeur
  • Le chauffeur peut aider à prendre des photos
  • Déjeuner + boissons inclus
  • Si l’accès à l’isla Incahuasi est prévu, prévoyez environ 160$B/personne pour l’entrée
  • On vous recommande vivement l’agence Salty Desert et particulièrement notre chauffeur Herman
  • On vous recommande de passer une nuit à Uyuni après le tour car c’est trop fatiguant pour prendre directement un bus pour une autre ville, et vous aurez envie de prendre une bonne douche !

Tour d’un jour ou 3 jours ?

Attention, ce n’est que mon opinion, je n’ai pas fait celui de 3 jours mais je me suis renseignée suffisamment pour vous livrer mon opinion

  • Les deux tours (1 jour ou 3 jours) ne passent qu’une journée au Salar de Uyuni, mais le tour de 3 jours permet d’aller plus loin dans le salar.
  • Le tour d’une journée peut vous amener dans des zones plus inondées (vous n’imaginez même pas l’état de la voiture quand 7 personnes avec les pieds couverts d’eau salée montent dans la voiture), ce que ne permet pas le tour de 3 jours
  • Renseignez-vous sur la possibilité de prendre une douche le 1er jour si vous partez 3 jours. Il me semble que ce n’est pas possible. Si vous n’avez pas la possibilité de prendre une douche ou de vous changer le jour même, évitez de sauter partout surtout quand le salar est inondé.
  • Evidemment, si vous venez en Juin par exemple, le salar ne sera pas inondé du tout, donc les deux arguments ci-dessus ne tiennent plus
  • Si vous prenez le tour d’un jour : Aucun risque de mal de montagnes, le salar est à la même altitude que Uyuni. Si vous prenez le tour de 3 jours, faites attention au mal de montagne (traversée de cols à plus de 4500m). Aucun jeep vu au salar n’est équipé de bouteilles d’oxygène

A prendre avec vous :

  • Si le salar est inondé : des sandales ou des tongs
  • Un pull car il fait froid le soir
  • Beaucoup de crème solaire, un chapeau et des lunettes de soleil
  • Beaucoup de batterie pour le téléphone/appareil photo
  • Au moins 1L d’eau/personne. L’eau n’est servie par l’agence qu’au déjeuner donc prévoyez de l’eau pour vous hydrater (et laver vos mains pleines de sel si besoin).
  • De quoi grignoter
  • Du PQ
  • Du gel antibactérien

Quelques explications un peu plus scientifiques sur le pourquoi du comment de la création du salar de Uyuni, ses réserves de lithium etc. : http://nature-extreme.psyblogs.net/2012/04/le-plus-grand-desert-de-sel-le-salar-de.html

San Pedro de Atacama (Chili) : des paysages lunaires
Uyuni (Bolivie) : une ville plus sympa que prévu
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

    Tous Mes Articles
    3 commentaires
    Write a comment

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.