Potosí (Bolivie) : la ville classée par l’Unesco

JB vous parlera des conditions de travail inhumaines des mineurs à Potosí. Mais moi, je vais vous parler du Potosí avec ses belles églises et ses casas datant de l’époque des conquistadors. La ville ne se contente pas d’être une des plus hautes au monde (4070m d’altitude), elle se mérite car toutes les rues sont en pente.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Jour 1 :

Trajet Uyuni – Potosí

La route Uyuni – Potosí est très pittoresque. On peut voir le salar de Uyuni de loin et observer son côté « miroir géant ». C’est incroyable !

On traverse ensuite de nombreux petits villages, avec des paysages époustouflants. Ainsi, les 3h30 de trajet passent très rapidement.

Nous sommes déposés au terminal Antigua, à l’extérieur de la ville. Tous ceux qui veulent aller à Sucre doivent descendre ici aussi et se débrouiller pour aller à l’autre terminal de bus (Nueva Terminal), d’où partent les bus pour Sucre. Etant au courant de ce « piège », nous faisons exprès de passer deux jours à Potosí, pour visiter la ville et la mine, avant de partir pour Sucre plus tard.

Ce qui est marrant c’est qu’il y a un nombre incroyable de gens qui veulent aller à Sucre et qui sont déposés au mauvais terminal. Ainsi, ils ont la flemme d’aller à l’autre terminal et préfèrent prendre des taxis collectifs (à peine plus cher que le bus). Chaque touriste qui a l’air un peu perdu se voit entourer par 4-5 personnes lui demandant s’il va à Sucre, puisque le premier taxi collectif rempli sera le premier à partir.

Notre hôtel se trouve à 11mn de voiture. Nous n’avons pas de choix : il faut prendre un taxi. On arrête un taxi avec un logo qui semble officiel (l’un des risques pour les touristes en Bolivie est de se faire embarquer par un « faux taxi » qui vous emmènera dans un endroit isolé pour vous dépouiller avec des complices). 15$B nous annonce-t-il alors que Lonely Planet nous annonce un tarif de 4$B/personne. En plus, le conducteur ne semble pas connaître notre hôtel. On tente sans succès de négocier la course à 10$B. Tant pis, on arrêtera un deuxième taxi, 10$B. Super ! Ce conducteur a le compas dans l’oeil, il nous amène à notre hôtel en suivant des ruelles à peine suffisamment larges pour faire passer une voiture, se gare en créneau sur les rues en pente en 10 secondes montre en main. C’est impressionnant ! En descendant de la voiture, on le remercie chaleureusement sans oublier de le complimenter sur sa conduite hors-norme.

La réceptionniste de l’hôtel nous apprend qu’il est possible de prendre aussi des bus pour 1,5$B. On le fera la prochaine fois quand on ira au terminal de bus. Malgré de très mauvais avis sur TripAdvisor (tous les hébergement sont mal notés à Potosí de toute façon), on trouve la chambre très acceptable même si tout semble vieillot. On est même surclassé ! Avec une douche (très chaude) privée. Très contents de la chambre, on réserve une nuit de plus et un tour pour visiter les mines le lendemain pour JB (pas pour moi).

On déambule dans les rues de Potosí pour arriver jusqu’à San Francisco, reconverti en musée. Cette église est très connue pour ses cryptes où l’on peut voir de vrais ossements humains (20$B/personne). On visitera ça plus tard.

Nous continuons donc jusqu’à la Plaza 10 de Noviembre, en face de la cathédrale. Il y a plein de gens assis sur les bancs, un petit groupe de jeune chante du rap, des vendeurs de jus d’orange pressé (entre 5$B et 10$B) et de donuts (1$B). C’est super sympa !

On se perd dans les ruelles et tombe sur l’office de tourisme qui nous propose de payer 10$B pour monter jusqu’au mirador au bâtiment d’en face. Depuis celui-ci, on a une vue à couper le souffle sur toute la ville (c’est le cas de le dire, monter jusqu’au mirador a fini nous tuer – on respire la bouche grande ouverte – c’est plutôt pathétique).

Ca ne s’arrange pas avec les voitures datant de l’Antiquité (notamment les bus locaux) dont le pot d’échappement laisse échapper une fumée noire, toxique et puant. On se bouche le nez toutes les 30 secondes lorsqu’on croise un bus. Déjà qu’il n’y a pas beaucoup d’oxygène, les rues sont en pente, être obligée de respirer cette fumée noire me coupe toute envie d’explorer la ville. C’est bien dommage car elle est trop belle !

Jour 2 : Itinéraire à refaire

Hier, on est passé de 3500m d’altitude à Uyuni à 4070m d’altitude à Potosí, c’est rien 500m non ? C’est pour ça que je n’ai pas pris de médicaments. Le mal de montagnes ne frappera pas tout de suite, il arrive progressivement, pour m’achever complètement le lendemain. Heureusement, ce n’est pas aussi grave qu’à San Pedro de Atacama, j’ai juste très mal à la tête, et passerai la journée à dormir.

C’est quand on est malade qu’on a le plus envie de la nourriture de son pays. J’aurais tellement aimé avoir un peu de saucisson, ou une salade de papaye tout de suite, maintenant.

JB et moi passons de longs moments à discuter sur la faisabilité d’un aller-retour Cuzco-La Havane. Si le sens Cuzco – La Havane ne pose aucun problème, le retour risque d’être problématique vu mes problèmes avec l’altitude. Pour aller à Cuzco, on passe de 0 d’altitude à La Havane, à Bogota (2500m d’altitude) avec 12h d’escale pour ensuite finir à 3500m à Cuzco. On passe de longs moments à trouver des vols pas chers depuis d’autres destinations en Amérique du Sud, en vain.

C’est alors qu’on décide de visiter La Havane à la fin de notre tour du monde, mais depuis Paris (l’aller-retour depuis Paris est au même prix que depuis Cuzco, c’est fou non ?). En attendant, on ira à Cuzco et Machu Picchu le plus vite possible pour éviter la saison de pluie en février, pour revenir tranquillement en Bolivie et enfin… traverser le Paraguay jusqu’aux chutes de Iguazu :  un pays de plus à visiter et le bonus de découvrir le deuxième meilleur carnaval de l’Amérique du Sud apparemment. C’est génial d’ajouter des pays comme ça sur un coup de tête. En plus, cette solution est plus économique que le premier itinéraire que j’ai établi pour l’Amérique du Sud.

Donc, au lieu d’aller à Sucre, nous irons le plus vite possible à La Paz pour remonter sur le Machu PIcchu en mode express. L’avantage de La Paz est son altitude (3500m) et son lot de restaurants français, vietnamiens ou coréens où je pourrai récupérer un peu de force.

Jour 3 :

Je suis guérie ! Le temps de faire garder nos bagages à la réception de l’hôtel et nous voilà dans un bus local pour aller au terminal de bus. Nous préférons acheter les tickets à l’avance au cas où.. Très bonne décision car on comprend vite que se déplacer en bus n’est pas du tout en bonne option. On a mis 40mn pour aller au Nuevo Terminal. Ce soir, on ira au Terminal en taxi.

Les bus locaux ressemblent à ça. 50 est le numéro du bus. Il y a aussi des bus U, F, G.. et les principaux stops sont marqués sur le panneau. Cependant, on ne sait pas trop dans quelle direction va le bus donc il vaut mieux demander au chauffeur. Ce type de bus existe aussi pour de longues distances. Ce n’est pas rare de tomber sur des bus desservant Uyuni et Oruro.

Il y a une dizaine de compagnies de bus au terminal. Elles vont à Sucre, Cochabamba, La Paz, Tupiza.. mais Trans Copacabana S.A nous a été recommandé par le réceptionniste de l’hôtel pour La Paz. Les voyages de nuit en bus sont particulièrement dangereux en Bolivie (à cause des chauffeurs bourrés), il vaut mieux choisir une bonne compagnie. 100$B/personne plus tard, nous avons nos tickets, 2 sièges en cama (la meilleure catégorie, chaise complètement inclinable).

Nous arriverons à 7h-7h30 à La Paz. Le réceptionniste de notre hôtel nous prévient qu’il vaut mieux rester à l’intérieur du terminal jusqu’à 8h, puis prendre un taxi de la compagnie « Terminal ». Héler un taxi dans la rue ou marcher aux alentours du terminal à La Paz est très dangereux.

Suite à ces recommandations pas très rassurantes, nous décidons de retirer de l’argent ici, pour ne pas à le faire à La Paz.

Nous nous arrêtons au Mercado Central pour manger, 10$B/personne, on a pris du Calde de Res (une soupe avec un énorme morceau de viande et 2 patates) et Albondiga (boulettes de viande avec pâtes). C’est bon et pas cher !

A côté, il y a des stands du type « bar à salades ». On achète sa salade composée au poids. C’est trop tentant, mais nous allons prendre le bus ce soir, il ne vaut mieux pas prendre des risques.

JB devant le Mercado Central

De l’autre côté du marché central, une belle église :

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Hostal San Pedro Velmont : 124$B/nuit avec lits jumeaux (+50% plus cher si c’est un lit double), petit-déjeuner compris
  • Laverie à l’hôtel : 10$B/kg
  • Nourriture :
    • entre 10$B et 25$B/plat dans les restaurants locaux
    • 5$B la bouteille d’eau de 2L dans les supermarchés
    • 5$B – 10$B le jus d’orange pressé
  • Visites (tarif par personne)
    • 100$B la visite des mines (le prix varie fortement d’une agence à l’autre), nous sommes passés par notre hôtel donc moins cher
    • 25$B de cadeaux pour les mineurs
    • 20$B la visite de San Francisco (il y a un mirador ici aussi)
    • 10$B l’accès au mirador depuis l’office de tourisme
  • Bus : Uyuni -> Potosí : 30$B avec 11 de Julio. Les bus partent de Uyuni pour Potosí tous les jours à 10h et 13h30 avec Emperador; et à 11h30 et 18h avec 11 de Julio. Ce sont les deux meilleures compagnies de bus partant de Uyuni
  • Transport :
    • Taxi : 5$B/personne du terminal Aguia jusqu’au centre ville
      • 8$B/personne du terminal Nuevo jusqu’au centre ville
    • Bus local : 1,5$B/trajet, à payer à la sortie du bus. On peut héler le bus n’importe où et descendre n’importe où

Conseils pratiques

  • Transport :
    • Les bus pour Uyuni partent du terminal Antigua
    • Les bus pour Sucre et La Paz partent du terminal Nueva Terminal.
    • Tous les bus partant pour La Paz sont des bus de nuit, les horaires de départ des bus (liste non exhaustive) sont disponibles sur le site www.potosy.com.bo
    • Il est possible de prendre des taxis partagés pour aller à Sucre (3h de route), la ville de Potosí est plutôt safe. On évitera de faire ça à La Paz par exemple.
  • Mal de montagnes :
    • Ne marchez pas trop vite ici, ne montez pas les rues en courant, prenez le bus si besoin (1,5$B), à payer à la sortie du bus
    • Prenez les médicaments avant de venir à Potosí
  • Brossez vous les dents avec de l’eau minérale, l’eau du robinet ici est trop chargée en métaux
  • Préparez-vous psychologiquement aux fumées des pots d’échappement, la ville est ultra polluée
  • Choisissez toujours un hôtel avec de l’eau chaude (si possible avec chauffage), la ville étant en haute altitude, l’air est glacial le soir.
Visite de la mine de Potosí (Bolivie) : Germinal en 2017
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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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