Berat (Albanie) : la ville aux milles fenêtres classée au patrimoine d’UNESCO

Après Gjirokastra, nous visitons aujourd’hui une autre ville classée au patrimoine d’UNESCO en Albanie. Nous l’avons parcourue trop rapidement la dernière fois et n’avons pas pu profiter de son charme.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Le chemin entre Gjirokastra et Berat est magnifique mais je n’arrive pas du tout à me concentrer sur la beauté des montagnes cachées sous la brume, des vallées qui se découvrent au détour d’une route, la rivière à l’eau transparente, ondulant et disparaissant…

Mon esprit est en Thaïlande et je n’arrive pas à vivre l’instant présent. Depuis que nous avons décidé de nous rendre en Thaïlande mi-mai, la planification du voyage nous prend beaucoup de temps. Les mauvaises nouvelles tombent chaque matin : nombre de nouveaux cas Covid, nombre de morts, nombre de jours de quarantaine qui passe de 11 jours à 15 jours… Je découvre ce matin que Koh Samui (ma destination principale en Thaïlande) impose une quarantaine de 14 jours à tout voyageur venant de Bangkok. Après des recherches, croisements de différentes sources, je suis enfin soulagée : cette quarantaine ne s’applique pas à ceux qui viennent de faire une quarantaine à Bangkok et qui partent tout de suite pour Koh Samui.

Malgré le cœur lourd devant mille et une questions concernant la Thaïlande, je remarque de plus en plus de coquelicots au bord de la route. Ca m’apporte une joie immédiate et j’oublie tout de suite le Covid.

Les coquelicots albanais sont beaucoup plus rouges et éclatants que les coquelicots normands vus l’année dernière lors de notre road trip près de Rouen. JB s’arrête pour que j’en ramasse 2 et les étudie attentivement dans la voiture (pour les refaire en papier si je le veux).

Et puis, comme ils n’ont pas l’air d’utiliser des pesticides, il y a de plus en plus de champs de coquelicots.

Il y a des champs de fraises pas très loin. Il est encore tôt donc on n’y a aucun vendeur sur la route, mais d’habitude, il y en a plein (nous avons traversé cette route deux fois déjà). Les fraises albanaises sont énormes, délicieuses, juteuses et incroyablement sucrées. Je vous conseille vivement de les goûter si vous venez ici en avril.

Arrivés à Berat, patrimoine d’UNESCO, j’ai déjà oublié Koh Samui, le Covid et la Thaïlande.

Nous décidons de passer une nuit à Berat pour bien profiter de cette ville. JB a repéré un hôtel au centre-ville (lien Booking), avec un très large balcon et vue sur la vieille ville et la nouvelle ville (et la mosquée). Voici la vue depuis notre balcon :

De nuit, c’est très joli également :

La vieille ville est toute petite donc le jeu est de se perdre dans les ruelles étroites et pentues. Cependant, on a les plus belles vues depuis le château & les deux ponts de la ville : un pont suspendu moderne et un vieux pont en pierre trop mignon pas loin. Nous ferons ce parcours deux fois car le jour où nous y allons, il fait un peu moche, et le lendemain il fait tellement beau que nous décidons de refaire le même parcours pour prendre des photos qui vous donneront envie de visiter l’Albanie 😀

Commençons par le château que nous avons déjà visité la dernière fois. Cette fois, avec notre voiture automatique et plus puissante, nous montons la rue étroite et pentue menant jusqu’au château sans crainte et imitons même les locaux : nous passons la porte principale et roulons directement jusqu’à l’église.

Le printemps est définitivement arrivé, on voit plein de fleurs partout partout. Ca fait du bien !

D’ici, la vue est tellement satisfaisante, même si le vent souffle encore très fort

La dernière fois, je n’ai pas eu le courage de monter jusqu’en haut et me demandais toujours ce qui se cachait derrière les murs, donc nous sommes montés cette fois-ci, pour découvrir… une grande pelouse et un café tout simplement 😀 pas d’autres viewpoints à signaler.

Nous reprenons la voiture pour nous rendre à l’autre côté du pont suspendu moderne. Malgré sa taille, le pont tremble quand on marche dessus, ça fait super bizarre (et un peu mal à la tête).

A gauche, on voit la vieille ville, à droite les montagnes enneigées et cet énorme building façon Capitol, qu’est l’hôtel de ville.

Vue depuis le pont

Le bâtiment qui m’a le plus impressionné c’est l’hôtel Muzaka qui a l’air d’avoir un restaurant avec baie vitrée, mais aussi une belle terrasse avec vue.

En faisant un peu attention, vous pouvez remarquer St. Michael’s Church, qui semble être agglutinée par les parois. Elle a l’air inaccessible comme ça mais il y a bel et bien un chemin pour y amener. Nous n’avons pas eu le courage de monter aussi haut.

En marchant un peu, ou en prenant la voiture, vous pouvez vous rendre au vieux pont Gorica Bridge. Je préfère nettement ce pont. Non seulement parce qu’il est beau, mais parce que de l’autre côté du pont, il y a un café local, avec des gens trop tranquilles en train de fumer, papoter, boire le petit café. Il y a un petit supermarché toujours plein de monde, et beaucoup d’activité, même si l’on ne sait pas exactement qui fait quoi. Il y a toujours une bonne ambiance, qu’on y passe le matin ou l’après-midi.

De part et d’autre de la rive, les maisons ottomanes se rivalisent de beauté. L’ensemble est encore plus harmonieux que ce qu’on avait vu à Gjirokaster. Cette ville me plaît énormément !

Vous pouvez visiter le Musée d’ethnographie, histoire de voir à quoi ressemble une ancienne maison ottomane. Ou errer dans les ruelles, à la recherche des hôtels et restaurants cachés. De notre côté, nous nous sommes contentés de dîner à notre hôtel (lien Booking). C’est frais, délicieux, parfaitement bien assaisonné et très abordable. Je recommande vivement ! Le petit-déjeuner est inclus et peut être servi dans le jardin.

Plage

Nous suivons la direction de Fier pour nous rendre à la plage près de Darëzezë e Re. C’est une plage 100% locale. Les gens sont trop surpris de nous y voir. Heureusement, les restaurants sont toujours ouverts le week-end. Il n’y a pas de menu, mais nous connaissons maintenant quelques mots-clés pour commander en albanais. On nous dit qu’il n’y a plus de crevettes, mais du poisson et de la salade. OK. Contre toute attente, c’est simple mais délicieux. Même JB qui n’avait pas faim a goûté avec gourmandise son poisson grillé.

Nous faisons ensuite l’erreur de suivre Google Maps pour rentrer à Vlorë. Google nous dit de traverser un pont, où plusieurs pêcheurs amateurs sont en train de s’activer, chacun avec sa voiture garée non loin. Les voyant avec leur voiture, nous ne nous posons pas de question et pensons que la route est safe. Mais plus on roule et plus on se rend compte qu’il y a des trous sur la route. Mais les champs, les oiseaux, la nature sur les deux côtés nous enchantent et JB arrive à passer d’un trou à l’autre. Comme il a plu tout le week-end, les trous sont inondés et nous arrivons à un trou plus profond que les autres. Des deux côtés, ce sont des champs remplis d’eau.

En regardant les traces de pneus et en mesurant la profondeur du trou avec les branches d’arbre d’à côté, on conclut que c’est faisable. Il ne nous reste que 7 minutes en voiture pour rejoindre le chemin principal. Je guide JB pour qu’il emprunte le chemin idéal.

Et puis, la roue arrière semble être coincée. Je souris à JB, tout en l’encourageant, mais je commence à envisager l’option de devoir appeler les secours et j’estime, si jamais les secours n’arrivent pas à nous situer, le temps qu’il nous faut à pied pour rejoindre les pêcheurs croisés tout à l’heure pour demander de l’aide. En plus, après avoir mal fermé la bouteille d’eau, il ne nous reste que 30ml d’eau pour deux. Notre propriétaire ne parle pas anglais, le loueur de voiture n’est pas bilingue non plus, comment on va faire ? Pendant cette seconde qui dure une éternité, JB appuie sauvagement sur l’accélérateur et par miracle, la voiture arrive à passer ce trou difficile.

Nous crions de joie tous les deux, pensant que c’est fini. Mais 3 mètres plus tard se trouve un trou encore plus profond.

Et surtout, il y a la trace d’un pneu qui s’est coincé là-dedans, créant un trou de 60cm au moins. Nous ramassons autant de pierres que nous pouvons à côté pour remplir ce trou, mais quand les pierres sont jetées là-dedans, ça fait un « plouc » inquiétant et on n’arrive vraiment pas à boucher le trou jusqu’à un niveau acceptable. Nous commençons à couper les herbes à côté, ramasser les branches… qui ne font que flotter… Nous étudions différents scénarios, faisons des tests, pour voir si nous pouvons pousser la voiture à deux si jamais la voiture est coincée. La route principale n’est qu’à 7 minutes.

Mais ayant eu une grosse frayeur au Monténégro, je n’ai plus envie de jouer à ça. Qui dit qu’il n’y aura pas d’autres trous encore plus profonds ? Et puis, comme il n’y a absolument aucune voiture roulant dans le sens inverse, il y a très peu de chance que cette route puisse être empruntée en l’état.

En pesant le pour et le contre, on décide de faire demi-tour. JB a tout juste de la place pour faire demi-tour sans finir dans le fossé. Mais cela veut dire qu’il faut repasser par le trou difficile où l’on a failli s’enliser il y a quelques minutes.

Cette fois-ci, la partie difficile est traversée d’abord par les roues motrices, donc JB passe avec beaucoup plus de facilité que la première fois. J’avoue que l’instant où les pneus se posent sur les parties moles du trou me semble durer une éternité, et mon estomac se noue, mais JB a parfaitement bien guidé la voiture en faisant le nécessaire pour que les pneus se posent exactement là où il fallait.

Nous sommes ensuite consolés par une dizaine d’oiseaux qui volent à la hauteur de nos yeux, juste en face de la voiture. On dirait qu’ils nous accompagnent. C’est tellement beau et tellement touchant. Nous roulons sous le doux soleil de l’après-midi, et avec un petit vent doux. L’eau de la rivière coule doucement, l’eau est étincelante. On a l’impression de revivre et apprécions cet instant de grâce avec beaucoup de gratitude.

En repassant devant les pêcheurs, ils nous regardent l’air étonné, ne comprenant pas comment une voiture si ordinaire pouvait venir de ce côté de la route. Bref, si vous faites le même chemin, ne traversez pas le pont, visez uniquement les belles routes (les routes jaunes sur Google Maps).

Nous nous posons ensuite à Vlorë au café sur le ponton (dont je vous ai parlé ici) pour reprendre nos esprits, et puis nous avons découvert plusieurs sources d’eau. Quelle journée mémorable !

Pour rendre la voiture, c’est très facile, on a RDV à telle heure à tel endroit. Le monsieur de Sixt n’est pas content de voir la voiture pleine de boue. Il nous demande pourquoi on a emprunté une « dirty road ». Sourire gêné de ma part 😀

La suite de notre aventure en Albanie, c’est par ici

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Hôtel Rezidenca Desaret (45€/nuit, lien Booking)
  • Location de voiture : 22€/jour avec Sixt
  • Essence : 15€/jour
  • Dîner : 2700LEK pour deux
  • Déjeuner à la plage : 1800LEK pour deux

Liens

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Pour les excursions, visites guidées en Albanie, regardez sur Civitatis ou Viator (de Tripadvisor) ici.

Mes meilleures adresses en Albanie sont sur ce Google Maps personnalisé. Vous pouvez aussi y accéder ici

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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