Interview de Maxime Garin rapatrié du Sri Lanka à cause du Coronavirus

Maxime Garin est un ancien collègue avec qui je partage désormais la passion du voyage. Si nous avons pu rejoindre la France avant que la situation ne dégénère, ce n’est pas le cas de Maxime qui a dû quitter le Sri Lanka en catastrophe à cause du Coronavirus. Il a accepté de nous partager son expérience.

Bonjour Maxime, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? Depuis quand voyages-tu ? Quel était ton itinéraire ?

Hello. Je m’appelle Maxime, alias Mowgli, petit surnom que l’on m’a donné en voyage et que j’ai gardé depuis ! Ça fait tout le temps marrer les locaux quand ils me demandent comment je m’appelle, donc ça permet de créer un lien tout de suite. Je voyage depuis décembre 2018. J’ai commencé par l’Océanie (Nouvelle-Zélande, Australie) et ensuite l’Asie : Philippines, Hong-Kong, Indonésie, Malaisie, Birmanie, Laos, Cambodge. Et je reviens tout juste du Sri Lanka après y voir passé seulement 10 jours : Coronavirus oblige.

Quand as-tu entendu parler pour la première fois du Coronavirus ? T’es tu inquiété à ce moment là ?

En décembre je crois, je suivais de loin ce qu’il se passait en Chine à Wuhan. Non, je n’étais pas du tout inquiet à ce moment là.

A quel moment as-tu décidé de rentrer en France ? Pourquoi ne pas rester où tu étais ou aller dans un autre pays ?

J’ai décidé de rentrer lorsque le pays est rentré en confinement. J’ai été en quelque sorte viré de mon hôtel qui m’a « conseillé » de rejoindre l’aéroport au plus vite et de quitter le pays. Rester au Sri Lanka n’était vraiment pas une option, les locaux étaient en panique quand ils voyaient un étranger, ils nous lançaient des phrases du type : « go home Corona ! ». Certains se sont même fait cracher dessus. Je n’ai pas pensé une seconde à aller dans un autre pays, je n’avais qu’une envie : rentrer dans mon pays !

Comment as-tu trouvé un vol pour la France ?

Un vol ? Des vols plutôt ! Le pays est entré en confinement le 20 mars. A la base je devais rentrer le 25 mars (vol classique), et attendre ce vol bien sagement dans une chambre miteuse près de l’aéroport. Mais la situation commençait à dégénérer ici, les locaux étaient agressifs, on ne pouvait pas sortir de nos chambres, et on manquait de nourriture et d’eau. J’ai donc réservé un second vol qui devait partir le 22 mars. Mais le 21 mars, surprise : la compagnie aérienne décide de suspendre les vols en direction de la France… J’ai donc réservé un 3ème vol dans l’urgence qui m’a couté un bras. Il restait très peu de billets disponibles et il fallait agir vite car on nous disait que l’aéroport au Sri Lanka allait peut être fermer…

As-tu dû payer le prix du billet ou l’ambassade la pris en charge ? Les tarifs étaient-t-ils plus élevés qu’en temps normal ?

J’ai payé moi-même les billets. Les deux premiers avaient un niveau de tarif normal mais le dernier coûtait deux fois plus qu’en temps normal.

Quels ont été tes contacts avec l’ambassade de France ? A-t-elle été utile ?

Zéro utilité, l’ambassade était bizarrement fermée au Sri Lanka pendant plusieurs jours, et lorsqu’elle était ouverte elle était injoignable …

Comment as-tu géré ce moment où tu ne savais pas si tu allais pouvoir rentrer ?

Panique à bord. J’étais assez anxieux, c’est dur d’être loin de chez soi dans de telles circonstances. Vu la réaction des locaux face aux étrangers, je voulais vite rentrer. Je savais aussi que si j’avais un pépin de santé ici, je ne serais pas soigné. En tant qu’étranger dans un pays comme le Sri Lanka, on passe au second plan c’est sûr. J’ai fait plusieurs pneumothorax il y a quelques années, et ça me rend souvent anxieux quand je voyage, la peur d’en refaire une et d’être mal soigné. Donc Covid + pneumothorax = anxiété.

Où étais-tu en attendant ton vol ? Etais-tu en confinement ? Avais-tu de quoi manger ?

Quand je suis parti en urgence avec un chauffeur direction l’aéroport, je ne savais pas où j’allais. Le chauffeur devait me déposer et rentrer au plus vite chez lui avant le « lockdown » qui commençait à 18 heures. Le timing était serré, il m’a déposé près de l’aéroport dans un espèce de bâtiment délabré. Quelqu’un m’a dit assez agressivement de monter au 1er étage et de me confiner dans une chambre. C’était un espèce d’internat, des chambres minuscules, bien sales.

On était plusieurs étrangers dans cette espèce de prison. Il y avait un gardien qui autorisait les sorties juste pour aller aux toilettes. Les gens avaient pris leurs précautions avant de se confiner ici, mais moi, dans l’urgence qu’était mon « rapatriement » près de l’aéroport, je n’avais rien prévu, il me restait juste une bouteille d’eau et une dizaine de noix de cajou … Mon voisin de « cellule », un Russe avec qui je parlais à travers le mur, m’a dépanné en me donnant quelques vivres. Deux jours dans cet endroit, c’était assez horrible…

Les vivres partagées par le voisin russe…

Comment s’est passé le vol de retour ? Était-il différent d’un vol classique ?

Non, c’était un vol classique, à part qu’on ressentait beaucoup de stress chez les uns et les autres. Il faut dire qu’à l’heure où il est bon de rester confiné, être dans un aéroport ou dans un avion, ce n’est pas le meilleur confinement possible …

Quelle était l’ambiance à l’aéroport à Paris ? As-tu eu un contrôle sanitaire ? As-tu obtenu une attestation pour pouvoir te déplacer jusqu’à ton lieu de confinement ?

Je n’ai jamais vu l’aéroport aussi vide. Pas de contrôle sanitaire, je n’ai pas vu l’ombre d’un flic. J’ai récupéré mon bagage et j’ai sauté dans un taxi. Pas d’attestation non plus, je me disais que mon billet d’avion ferait l’affaire en cas de contrôle.

Où es-tu désormais ?

Je suis à Neuilly, dans l’appartement de ma cousine qu’elle m’a gentiment prêté pour me confiner, étant donné qu’elle est confinée ailleurs. J’ai un balcon, donc je suis content, ça me permet de prendre un peu l’air car le retour est difficile. Etre confiné quand on est habitué à voyager depuis longtemps, ce n’est pas facile… Besoin d’espace, de nature, et de rencontres ! Ça va pas être possible pendant un bon moment mais bon, priorité first !

As-tu perdu de l’argent avec ces péripéties ? Vas-tu être indemnisé par ton assurance ?

Plus de 3000 euros de billets d’avion… ! Ça pique. J’ai fait une déclaration de sinistre auprès de mon assurance voyage mais je n’y crois pas trop… J’ai aussi contacté la compagnie aérienne qui a annulé son vol mais pas de réponse pour l’instant. Affaire à suivre !

As-tu des conseils pour ceux qui essaient de rentrer en France actuellement ?

De rentrer le plus vite possible, et d’essayer de contacter les ambassades, apparemment depuis quelques jours il y a des rapatriements organisés dans certains pays.

Bon confinement à tous !

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    Jean-Benoit

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