Digital Nomads : une semaine à Ninh Hoa (Vietnam)

En 2022, lors de notre séjour au Vietnam, nous avons décidé de nous installer à Ninh Hoa, dans un village de pêcheurs à 1h30 de Nha Trang. Je suivais depuis longtemps sur Facebook un club d’entrepreneurs vietnamiens et un des membres du club avait un hôtel particulièrement adapté aux digital nomads, en demi-pension face à l’océan.

L’hôtel nous a envoyé un chauffeur nous chercher à l’aéroport de Nha Trang. Celui-ci est plus proche de Cam Ranh que de Nha Trang et nous avons mis 2h pour venir jusqu’à Ninh Hoa. Le trajet en avion a été incroyable, Nha Trang a beaucoup plus de montagnes que dans mes souvenirs et j’ai pu voir Cam Ranh d’en haut, c’est vraiment un lieu extraordinaire et militairement intéressant.

Arrivés sur place, nous étions un peu déçus par le manque de professionnalisme de l’équipe qui gérait l’hôtel : les balcons n’étaient pas sécurisés, les salles pas bien rangées, notre espace de travail mal nettoyé et la communication pas fluide. Ils se considéraient comme des élites du pays, mais il manquait au propriétaire de l’expérience et de la finesse, je pense qu’il aurait dû passer quelque temps en temps que General Manager dans un hôtel avant d’ouvrir le sien. Cela va m’apprendre aussi à moins écouter les gens qui se jettent des fleurs sur Internet 🙂

La plage était très agréable, l’eau chaude comme j’aime, mais comme toutes les plages dans des villages de pêcheurs au Vietnam, il y avait pas mal d’ordures qui traînaient dans l’eau. De plus, c’était la saison des sargasses, que les habitants ramassaient pour les revendre (des compagnies pharmaceutiques en rachètent) donc même si tout le monde les ramassait, il y en a quelques-uns qui flottent dans l’eau, et beaucoup qui séchaient sur le sable. Une odeur pas très agréable en émanait. Mais c’était moins désagréable que l’odeur des sargasses au Mexique.

Il y avait deux restaurants dans le village, ouverts uniquement jusqu’à midi. Si on voulait plus de choix, il fallait se réveiller vers 6h du matin et petit-déjeuner au marché du village. Ici, ils n’étaient pas habitués aux touristes et ne faisaient aucun effort pour adapter les recettes. JB avait droit aux vraies recettes de Pho du Sud (avec énormément de sucre) et il a ENFIN compris pourquoi je lui disais depuis toujours que la cuisine du Sud n’était pas gastronomique.

Le soir, nous dînions à l’hôtel et la cuisine était meilleure (celle du Nord) mais les recettes étaient trop répétitives donc à midi, JB préférait quand même déjeuner au petit restaurant avec des recettes toutes simples juste en face de l’hôtel. Ma mère, après avoir vu les photos, a conclu qu’on mangeait comme des pauvres et n’aurait pas assez d’énergie pour vivre ici. Honnêtement, je n’ai pas à me plaindre, car si c’était moi qui cuisinait, on aurait mangé plus pauvrement ahahaha. Franchement, j’étais bien dans ce petit village, mais il manquait clairement à JB quelques pizzas de temps en temps 😀

Pour améliorer la situation, j’ai trouvé deux astuces pour ne pas mourir d’ennui (ou de faim) :

1/ louer un scooter pour aller à la ville la plus proche
2/ ajouter des options de fruits de mer (crevettes, crabes) proposées par l’hôtel

Le jour J, on nous a livré une moto et on était trop contents de quitter ce petit village de pêcheurs pour quelques heures. Direction : la plage et ses bui buis !! A 30 minutes en moto. Même si le village d’à côté était tout petit, on avait quand même l’impression de retrouver la civilisation car de la « junk food » était dispo et les magasins grands ouverts.

En rentrant au petit village, on est passés devant une grande usine (de fabrication de bateaux je crois, pour Huyndai) et c’était la fin de la journée, où les ouvriers en uniforme devaient marcher jusqu’aux shuttles qui les ramenaient dans leurs villages. Ce spectacle nous a vraiment émus, la France s’est très largement désindustrialisée ces dernières décennies et on ne voit plus des milliers d’ouvriers sortir des usines comme dans les films de Charlie Chaplin. Les ouvriers étaient très surpris de voir JB et JB surpris de les voir 😀 Vraiment, c’était top. A côté, il y a une autre usine, mais pour le gaz et une autre, pour le ciment. Elles sont toutes ici, car on est dans une zone stable, avec très peu de tempêtes, l’eau est profonde et peut accueillir des Panamax.

C’est ici que deux autres start-ups du même club des entrepreneurs se sont installés, le premier pour fabriquer de la sauce de poisson selon les méthodes japonaise. Le second, une très grande ferme, pour des produits alimentaires (thé, sel, compléments alimentaires etc.). J’ai essayé quelques-uns de leurs produits, c’est pas mal du tout. Ils savent faire du story-telling et savent motiver les revendeurs. J’ai beaucoup à apprendre de leurs méthodes de vente.

C’était la journée la plus heureuse à Ninh Hoa, et on s’est dit qu’on pouvait louer une moto comme ça ou partir en tour avec notre hôtel. Le soir, JB avait droit, en plus, à une grande assiette de crevettes…

Mauvaise surprise

Mais tout a bousculé vers une heure du matin quand JB m’a réveillée en annonçant qu’on devait aller à l’hôpital. Après toutes les cochonneries qu’on a mangées la veille, j’ai pensé que c’était à cause de la nourriture.

Je ne savais même pas comment réveiller le propriétaire de l’hôtel, je n’avais pas son numéro, puisqu’on se communiquait via des apps, mais heureusement je pouvais l’appeler via Zalo. Il n’a pas éteint son téléphone la nuit et un de ses employés a amené JB à l’hôpital. Par chance il y avait toujours une voiture disponible à l’hôtel, imaginez, si l’on devait réveiller tout le village pour nous trouver une voiture ? ou devoir attendre l’ambulance ? Nous étions à 30 minutes de la clinique du village et 1h30 de Nha Trang. JB a été amené au village, puis à Nha Trang, dans deux hôpitaux différents. Il a fini par être opéré d’urgence à l’hôpital vietnamien l’après-midi même, car l’hôpital international a refusé de l’opérer, sous prétexte que leur chirurgien était absent (mouais !). Finalement, tout s’est bien passé, mais il a perdu sa vésicule et pendant plusieurs mois, j’ai perdu ma mémoire d’éléphant, car j’étais sous le choc et devais gérer trop de choses en une seule journée. L’avantage, c’est que, comme on savait qu’on allait être dans un coin paumé, j’avais pris beaucoup de cash avec moi et je n’avais, au moins, pas peur de manquer d’argent pour payer l’hôpital (au Vietnam, on paie d’abord, les soins arrivent après). Bref, c’était une journée épouvantable, mais à la fin de la journée, mes parents sont venus depuis Hanoi (ils ont aussi galéré pour trouver un avion) et nous sommes restés un mois à Nha Trang pour la convalescence de JB. Après cet incident, on a conclu qu’on devait toujours rester proches des grandes villes, au cas où… et qu’être sur une île coupée du monde ou un petit village de pêcheurs pouvait être une très mauvaise idée.

Tour d’un jour

Le propriétaire et l’employé de l’hôtel ont très bien géré le transfert de JB (et suivi mes instructions pour déposer nos affaires à un hôtel que j’avais réservé à Nha Trang) donc pour les remercier, mes parents les ont contactés pour faire un tour d’un jour avec eux (le tour qu’on voulait prendre, si JB n’était pas amené à l’hôpital). L’idée est de visiter une cascade bien cachée et Diep Son.

La cascade dispose de trois niveaux et il fallait être en bonne santé physique pour arriver jusqu’au dernier, où il y avait une petite piscine naturelle secrète.

Ensuite, mes parents sont allés à l’hôtel où nous sommes restés plusieurs jours.

Ils sont allés visiter Diep Son. On ne pouvait pas y aller soi-même, car l’attrait du lieu était le banc de sable reliant deux îles. A cause de la marée changeante, il fallait connaître l’heure exacte et donc, avoir des gens à qui on pouvait téléphoner pour demander. Partir avec une agence était une meilleure option.

Le comble du sort, lors de la visite, il a commencé à pleuvoir des cordes et le petit bateau qui a amené mes parents sur l’île ne pouvait pas partir dans de telles conditions. Les vagues étaient trop hautes et il pleuvait beaucoup trop. Heureusement, pour la pluie, le petit restaurant sur l’île avait des ponchos pour tout le monde. Ensuite, une famille qui visitait cette île au même moment, avait un bateau beaucoup plus grand et a proposé de ramener mes parents avec eux. Ils insistaient beaucoup, car plus de monde = plus de stabilité aussi. Au téléphone, le boss était en train de contacter des locaux pour héberger et le guide et mes parents pour une nuit. Mais heureusement, le gros bateau a réussi à ramener tout le monde. Le guide a ensuite conduit mes parents à Nha Trang, sains et saufs.

Le boss m’a envoyé un petit message, alors que j’étais tranquille à Nha Trang et je n’étais pas au courant de la tempête, si mes parents étaient rentrés car il n’arrivait pas à joindre le guide. Je n’avais pas encore le temps de m’inquiéter que mes parents franchirent la porte de notre appartement à Nha Trang. Quelle aventure !

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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