Digital Nomads : Un mois à Buenos Aires (Argentine)

Après quelques jours de repos à Salta, nous prenons l’avions vers Buenos Aires. C’est soit l’avion soit 30h de bus, je pense que le choix est vite fait. Nous aurions pu choisir Salta ou Mendoza, mais nous avons beaucoup aimé Buenos Aires, une ville qui ressemble étrangement à Paris donc nous avons souhaité y passer un mois. Ce n’est pas du tout reposant, JB et moi avons des projets assez prenants, qui nous demandent de ne pas bouger pendant un certain temps et d’être branchés à la fibre optique.

La ville est immense, nous avons pris un bus hop-on hop-off (30$/personne) et avec les bouchons, nous avons mis une éternité à faire ne serait que la moitié du trajet. Je n’ai jamais vu une ville dont les arrêts du bus hop-on hop-off sont aussi in-intéressants ahahah. C’est une ville pour vivre, pas vraiment pour visiter. Les principales visites ont déjà été faites la dernière fois, et je n’ai franchement pas été impressionnée donc cette fois, nous nous contentons de profiter de l’ambiance de la ville.

Nous arrivons en Argentine trois mois après l’élection du nouveau président ultra-libéral, le taux de change et l’inflation ne nous sont pas du tout favorables. Un restaurateur français nous explique qu’en décembre, le même repas que nous payons 30 € nous en aurait coûté 8 ! Tous les produits importés coûtent une fortune (un Kinder Surprise à 4€!), une crème hydratante vendue 15€ en France coûte 33€ ici ! Il faut voir comment ça va se passer dans les années à venir, si le dollar va être utilisé largement dans les rues. Car le paiement se fait toujours en pesos ici, avec des billets de 1000 pesos max (1€). On se sent comme des mafieux avec nos liasses de billets à chaque fois qu’on va dans un restaurant qui n’accepte que le cash. Apparemment, des billets de 20 000 pesos sont à l’étude, ce ne sera pas du luxe.

Le manque de cash nous pèse un peu malgré les +200 000 pesos qu’on a pu avoir à Salta, car les Western Union à Buenos Aires sont souvent à sec. Il faut jongler entre les paiements par carte de crédit, les pourboires en cash, les restaurants qui n’acceptent que le cash… heureusement qu’il nous reste des euros, qu’on peut échanger plus facilement (on perd 3% avec le change), JB vous explique plus en détails ici.

Même nos restaurateurs n’en peuvent plus. Ils doivent anticiper la hausse de prix en permanence, même le salaire des serveurs change tous les mois, ils doivent jongler entre les pesos et le dollar, échanger au bon moment etc. bref la galère. Quand nous allons au restaurant, nous ne savons pas si le prix va être le même cette fois ou va augmenter de 10% d’un coup. En un mois, on a eu 2 fois +10% chez nos restaurants préférés.

C’est ici que nos vêtements choisissent de tomber en lambeaux, mes cosmétiques sont à sec, malgré les prix exorbitants, on est quand même contents de pouvoir faire le stock, et d’avoir beaucoup de choix par rapport à la Bolivie. Mon ordinateur s’allume une fois sur 3, et ne s’allume que quand il est posé sur la table. Bref. Nos affaires s’usent avec le temps mais bien sûr, ils s’usent tous au même moment 😀

Buenos Aires est devenu très cher, il y a 7 ans, 14 pesos = 1€, maintenant 1000 pesos = 1€, les pauvres argentins ! Les manifestations sont nombreuses car les nouvelles réformes touchent directement les fonctionnaires et les proches de fonctionnaires (qui représentent 20% de la population). C’est un pays qui ne va pas très bien depuis longtemps, mais comme partout en Amérique du Sud, il y a toujours des gens qui s’en sortent très bien et qui n’ont pas l’air impactés, car les restaurants raffinés sont toujours pleins comme si de rien n’était.

Nous passons notre vie chez Grandes Carnicerias del Plata, où la viande est à tomber ! Je recommande aussi leur « ensalada de rucula » et leur « ojo de bife ». Quand nous avons faim, nous prenons un « ojo de bife » chacun, et partageons une salade, mais quand nous n’avons pas très faim, un « ojo de bife » suffit pour deux. Le service est impeccable, prévoyez 10% en cash pour le pourboire (des fois, 10% de servicio est déjà inclus, lisez bien la note).

On adore le tartare de bœuf chez Intercontinental. Le « lomo » est la partie la plus noble de l’animal, avec peu de graisse, le bœuf argentin (le meilleur au monde) combiné à la recette de tartare française, miam miam !! Attention, le restaurant est très mal noté, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai beaucoup aimé !

Un autre endroit où j’aime beaucoup déjeuner, c’est le Mercado San Telmo. C’est très touristique et il fait horriblement chaud, mais il y a plein de choix. Alors, les empanadas sont normalement délicieuses en Argentine mais à Buenos Aires, c’est quelconque, c’est cuit au four et ce n’est pas aussi bon que quand c’est frit. Je n’ai encore pas trouvé d’empanadas dignes de ce nom. Les terrasses autour du Mercado sont vraiment cool aussi. Il y a de bonnes vibes. Beaucoup d’argentins sont d’origine italienne, on y trouvera une quantité de bons restaurants italiens. Préférez la semaine pour vous y rendre, le week-end, c’est blindé !

Très stressé par le travail, JB et moi avons fini par nous offrir un soin de 2h30 au spa grâce à un voucher pour la St-Valentin, c’était bien, on en avait trop besoin.

Enfin, suite à mon insistance, nous sommes allés au cinéma voir Dune 2 (JB n’est pas très « science fiction »). Il y a une catégorie « DBOX » où l’on a trois rangées de chaises spéciales qui bougent avec le film. J’ai déjà une expérience similaire à Sofia et cette fois, c’est encore mieux. La scène où les Harkonnen volent au début du film a été parfaitement retranscrite sur ma chaise, j’avais l’impression de voler aussi, c’était trop trop bien ! Tout ça pour 10€/personne. Ouf !! Enfin un truc pas cher.

JB, quant à lui, a assisté à 3 matchs de football, dont un dans le mythique Bombonera, pas vraiment pour la qualité du jeu, mais pour l’ambiance. Cette fois, un stade particulièrement craignos en banlieue (San Lorenzo) est devenu beaucoup trop craignos pour qu’il puisse y retourner, mais les autres sont fréquentables à condition d’y aller avec une agence (c’est de toute façon très compliqué d’obtenir des places autrement).

Il y a des quartiers tellement craignos qu’il y a des policiers devant pour empêcher les gens de s’y aventurer par erreur. En ce moment, il y a de gros problèmes d’électricité dans quelques quartiers, ils n’ont plus d’électricité depuis plusieurs mois !!! Heureusement que nous ne sommes pas concernés, car nous avons besoin de la clim quasiment tous les jours.

Ici, partout, vous verrez que les premiers étages sont bien protégés, pas non plus craignos comme Rio de Janeiro, mais tout le monde se protège un max derrière les barreaux métalliques. Quand JB va déposer notre linge à la laverie, c’est à travers des barreaux que ça se fait.

Les habitants de notre quartier qui n’ont pas de clim traînent dans la rue le soir. Les rues sont parfaitement parallèles et perpendiculaires comme à Manhattan, créant un courant d’air très agréable le soir. Les gens y traînent pour se rafraîchir. Il y a toujours du monde devant notre immeuble, car il y a apparemment un hotspot Wifi gratuit (et un courant d’air).

Par contre, parfois il y a de grands changements de température importants et nous sommes envahis par des moustiques et moucherons. Et puis, ils disparaissent on-ne-sait-où. Le jour de notre départ, on apprend d’ailleurs que le gouvernement vient de déclarer une épidémie de dengue.

Bref, je trouve que Buenos Aires est une ville très agréable à vivre, quand on a les moyens. La ville n’est qu’à une heure de bateau de l’Uruguay (les deux pays sont séparés par le fleuve le plus large au monde). L’inconvénient, c’est qu’il y a pas beaucoup de villes intéressantes aux alentours. Je pense que les digital nomads qui veulent combiner le travail et le tourisme préféreront une ville comme Salta ou Mendoza. Même s’il y a de gros problèmes de cash, par rapport à ce qu’on a vécu il y a 7 ans, la situation s’est nettement améliorée, et quand le dollar sera officiellement adopté, ce sera encore plus facile je pense (mais plus cher aussi).

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Repos à Salta (Argentine)
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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