Visite de l’Amazonie Colombienne Carnet 1/4 : Leticia (Colombie) & Tabatinga (Brésil)

Cet article fait partie de notre série d’articles « JB & Anh en Amazonie », pour consulter tous les articles de la série, cliquez ici. Pour lire notre guide pratique, c’est par ici.

JOUR 1 : Un jour à Leticia

Bogotá => Leticia

Depuis n’importe quelle ville en Colombie, pour visiter l’Amazonie colombienne, il faut absolument passer par Leticia, une petite ville au bord de l’Amazone, jouxtant le Brésil et faisant face à l’île péruvienne Santa Rosa.

Il n’y a pas de route menant jusqu’à Leticia et la seule ville colombienne « liée » à Leticia c’est Bogota, à 2h d’avion, ou 27 jours de navigation en bateau. Les petites voitures qui circulent à Leticia sont arrivées en avion; et les gros (type camions) en bateau.

Leticia est cependant lié à deux autres « hubs » d’accès à l’Amazonie : Iquitos au Pérou (13h de bateau) et Manaos (une ville énorme de +2 millions d’habitants au Brésil, à 3 jours de bateau).

Je ne sais pas si vous avez la même impression que moi, mais les réseaux fluviaux sur le plan ci-dessous de l’Amazonie ressemblent à un poumon. L’Amazonie est le poumon de notre planète.

L’Amazonie occupe 1/3 du territoire colombien mais les villes colombiennes sont toutes entassées au côté nord du pays, tandis que le Sud est laissé… aux FARC et aux peuples indigènes. Depuis la signature d’un traité de paix avec les FARC, la préservation de l’Amazonie colombienne est menacée car les FARC laissent beaucoup de territoires à l’abandon, et les gens très pauvres coupent les arbres pour planter du coca (pour la cocaïne).

Depuis l’avion (encore une fois, j’ai la chance immense d’être placée à côté d’un hublot), on s’aperçoit de l’immensité de l’Amazonie : pendant plus d’1h30, on ne voit que ça : des arbres à perte de vue ! On perçoit juste le fleuve, et très rarement, des villages indigènes au bord de l’eau.

Note : les zones sombres sont des ombres des nuages.

J’ai déjà vu depuis l’avion les grands espaces peu occupés comme ça : le désert du Sahara et le Groenland, mais ici, je suis envahie soudainement par les émotions et mes larmes commencent à monter. Voici à quoi devrait ressembler notre Planète, si on n’était pas tous occupés à la détruire et l’exploiter constamment.

Plus on s’approche de Leticia, plus on voit des « trous » dans la forêt, et des zones moins denses.

Alors qu’on se les gèle à Bogota, dès la sortie de l’avion à Leticia, on a l’impression d’être dans un hammam géant : chaud et humide. Alors qu’il ne fait pas si chaud que ça (une trentaine de degrés), la peau devient toute collante.

Taxe de visite

Nous avons été prévenus par l’agence, il faut régler dès notre arrivée les taxes de conservation de la ville : 35 000COP/personne, en cash uniquement. Sans quoi, on ne sort pas de l’aéroport. Cette taxe sert à financer les infrastructures de la ville.

Sergio, le boss de l’agence, nous attend déjà et nous appelle un taxi qui nous conduit jusqu’à l’agence. La course coûte 8000 COP jusqu’au centre-ville (tarif fixe, pas de compteur), mais si vous prenez un tuk-tuk, ce sera moitié-prix. L’agence a pris en charge ces frais pour nous, mais je vous le dis au cas où vous voyagez en indépendant.

Nous réglons les frais du tour à l’agence et recevons un imperméable ciré, super lourd et des bottes de pluie. Ces kilos en plus s’avéreront très utiles pour nos expéditions car on marche constamment dans la boue. La pluie en Amazonie, ce n’est pas de la pluie comme celle qu’on connaît, c’est le déluge !

Centre-ville de Leticia

Nous déposons nos affaires à notre hôtel. Le proprio est tellement relax qu’il ne checke même pas si l’on a effectivement réservé. La chambre est très simple mais dotée d’une clim. L’eau de la douche est froide, mais personne ne prend de douche chaude ici, il fait chaud dehors toute l’année.

le plan de la ville

Le proprio de l’hôtel nous recommande le restaurant Tierras Amazonicas, et nous arrêtons un tuk-tuk pour nous y rendre (4000COP la course). La décoration est assez kitsch, il y a plusieurs coins « instagram », mais ce resto est très connu pour ses nombreux plats à base de poissons, typiquement amazoniens. C’est dé.li.ci.eux.

Si vous voulez déjeuner pour moins cher, allez au marché central, près du port, il y a plein de boui boui (mais attention aux pickpockets, on a aperçu un vol lorsqu’on y est passé en touk touk).

Le centre-ville est super tranquille, pas très commerçant et assez moche et plutôt pollué à vrai dire, à cause des nombreuses motos / scooters. On n’a pas du tout l’impression d’être en Amazonie (paraît qu’Iquitos au Pérou est pire).

On se réfugie à l’ombre des arbres du Parque Santander, mais une crotte d’oiseau peut vite arriver (venez avec un chapeau), car ce parc est envahi par des centaines d’oiseaux en permanence. à la tombée de la nuit, on peut en voir des milliers ici.

Nous continuons à pied jusqu’au Museo Etnográfico del Banco de la República, aux murs aussi roses que les dauphins roses de l’Amazonie (l’emblème de la ville de Leticia). Il y a une petite salle exposant les chapeaux en plumes, les vêtements de cérémonies des peuples indigènes. Et il y a des photos et explications dans le jardin, traduites en anglais. J’avoue que je n’ai rien lu. Les locaux viennent ici surtout pour le Wifi gratuit.

La chaleur devient insupportable, nous marchons jusqu’à notre hôtel. Alors qu’on se plaint de ne pas se sentir suffisamment en Amazonie, on doit traverser ce terrain qui, j’espère, n’est pas rempli de serpents.

Le soir, des stands de barbecue sortent de nulle part et notre rue se transforme en HQ du street-food. Les brochettes sont énormes, donc avant de commander 3 brochettes, il vaut mieux réfléchir. Les brochettes sont toutes accompagnées de riz et d’une petite salade. Les boissons sont peu variées : du jus d’ananas frais, et c’est tout. Le dîner nous coûte 8000 COP par personne.

A 3h du matin, je suis réveillée par un cauchemar et m’aperçois en même temps que l’électricité a été coupée. Le lendemain, tout le monde me parle de la coupure d’électricité et tous mentionnent avec précision « l’électricité a été coupée à 3h du matin ». Je ne suis pas la seule à m’être réveillée à 3h.

Je suis très intriguée par cette histoire, car nous n’utilisions ni la clim ni le ventilateur, et une coupure d’électricité ne devait pas avoir d’impact sur moi. Peut-être qu’on est en Amazonie, et moins exposés aux ondes et champs magnétiques de toutes sortes (contrairement à la ville), que la disparition soudaine du champ magnétique le plus important de la ville a plus d’impact sur le corps ?

En tout cas, les locaux m’expliquent que l’électricité est générée à Leticia même et qu’en cas de panne, toute la ville est privée d’électricité, ce qui était le cas le matin.

JOURS 2, 3, 4

Les carnets de voyage correspondants sont disponibles ici :

  • jour 2 : L’agence nous amène au port. Trajet de 2h en bateau vers Puerto Nariño. Matin : dépôt de nos affaires à l’hôtel. Visite de la jungle. Déjeuner. Repos 1h. Après-midi : admirer les dauphins roses. Baignade à la plage au milieu de l’Amazone. Repos 1h. Début de soirée : explorer la jungle à la recherche d’insectes. Dîner. Nuit à Puerto Nariño. Cf. notre carnet de voyage
  • jour 3 : Matin : bateau jusqu’à un autre village. Visite de la jungle avec un guérisseur/chaman du village. Déjeuner. Repos 1h. Après-midi : balade en bateau : visite du lac Tarapoto, pêche aux piranhas, observation nocturne des caïmans (crocodiles). Dîner. Nuit à Puerto Nariño (ou chez l’habitant si l’eau est assez haute – ce qui n’était pas le cas pour nous en Octobre). Cf. notre carnet de voyage
  • jour 4 : Matin : bateau jusqu’au village péruvienne Santo Antonio de Cacao se trouvant sur une île. Visite de la jungle péruvienne. Déjeuner au Pérou. Repos 1h. + Quelques petites isites l’après-midi. Cf. notre carnet de voyage

JOUR 5

C’est déjà la fin de notre petit trip en Amazonie. Les guides viennent nous chercher à l’auberge à 6h30 pour nous amener jusqu’au port. C’est super pro, ils ont attendu jusqu’au départ du bateau pour s’assurer que tout se passait bien. Le bateau part à l’heure à 7h; nous voyons encore quelques dauphins (snif snif) et en deux heures, nous sommes rentrés à Leticia.

Une employée de l’agence nous attend déjà au port et nous paie un tuk-tuk qui nous amène à l’agence. En montant dans le tuk-tuk, je remarque un monsieur qui court derrière un moto-taxi… qui transporte un touriste à l’arrière. Au début je croyais qu’il connaissait le chauffeur et le touriste, mais il n’a pas hélé ni rien, et voulait toucher à la poche du touriste. J’ai eu confirmation que c’était en fait un pickpocket, parce qu’il s’est fait ensuite engueuler par un local. Bref, même si Leticia est une ville tranquille, ça reste une ville frontalière, donc il ne faut jamais baisser la garde.

Arrivés à l’agence, petite surprise : on nous offre un petit-déjeuner fait maison. Nous rendons les bottes et l’imperméable à l’agence et comme notre vol est seulement à 12h30, le boss de l’agence nous paie un taxi qui nous amène faire un tour à la ville brésilienne d’à côté. Ce n’est pas grand chose mais c’est ce genre de petites attentions qui fait la différence ! C’est là qu’on comprend pourquoi cette agence est n°1 sur Tripadvisor.

La frontière entre les deux pays est marquée par un truc symbolique en béton. Il n’y a pas d’immigration, pas de poste, ni de policiers. Comme nous sommes entre la Colombie, le Brésil et le Pérou, les trois monnaies circulent en même temps. Et avec les taux actuels, le chauffeur de taxi nous dit qu’il fait ses courses au Brésil parce que c’est moins cher.

Effectivement, le côté brésilien a plus de commerces et si vous cherchez des Havaianas, c’est l’occasion rêvée car ces tongs ne coûtent pas grande chose au Brésil (4€ à peine) et sont vendus 20€ en Europe.

Nous passons devant le port de Tabatinga, d’où partent les bateaux pour Manaos au Brésil et en face se trouve l’île péruvienne Santa Rosa.

Enfin, on termine le petit tour par l’aéroport de Tabatinga, en passant devant les militaires brésiliens. Malgré une ambiance peace and love, il y a une forte présence militaire des deux côtés : Colombie & Brésil. Nous ne sommes pas allés au Pérou mais je pense que ça doit être pareil. A l’approche des élections régionales colombiennes, il y a même un bateau militaire qui stationne juste devant le tranquille village de Puerto Narino.

Le logo de Tabatinga, c’est le jaguar, c’est l’emblème de l’Amazonie brésilienne, alors que l’emblème de l’Amazonie colombienne, ce sont les dauphins roses

Au Parque Zoobotânico, on peut voir un avion militaire, un anaconda et un vrai jaguar tout mignon

Sur ce, nous rentrons à Leticia, et prenons l’avion pour Bogota.

Les tarifs & conseils sont déjà détaillés dans cet article

Conseils pratiques pour Leticia

La libre circulation est la règle ici, on se croirait presque dans l’espace Schengen mais si vous voulez avoir des tampons :

  • tampon colombien : si vous entrez/sortez via la voie terrestre/fluviale : sur la plateforme flottante d’où partent les bateaux pour Puerto Narino (le tampon à l’aéroport de Leticia ne se fait que pour les personnes partant par voie aérienne)
  • tampon péruvien : sur l’île Santa Rosa et/ou sur la plateforme flottante d’où partent les bateaux pour Puerto Narino
  • tampon brésilien : sur la rue principale séparant les deux pays

Tarifs :

  • tuk tuk : 4000COP la course
  • moto-taxi : 2000COP la course
  • taxi : cf. les tarifs ici, enregistrez la photo pour pouvoir zoomer
Visite de l’Amazonie Colombienne Carnet 2/4 : Puerto Nariño, la forêt secondaire, les insectes venimeux et les dauphins roses
3 Semaines en Colombie : Itinéraire, Budget, Conseils Pratiques
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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