Premières impressions mitigées de Bali (Indonésie) : Canggu, Ubud

J’ai choisi d’écrire d’abord sur Bali et je vais rattraper les carnets de voyage au Vietnam plus tard.

Même si cela fait 6 ans que nous voyageons, c’est la première fois que nous venons à Bali. Bali est pour nous synonyme du tourisme de masse et est la destination « clichée » du nomad digital. C’est pour ça que nous avons toujours soigneusement évité ce lieu. Ce n’est qu’après 3 mois au Vietnam, et alors que les pays asiatiques ouverts sont encore en nombre limités que nous nous y rendons, avec un apriori plutôt négatif.


Mi-juin 2022, le test PCR est un mauvais souvenir, seul un certificat de vaccination (deux doses) est nécessaire pour arriver en Indonésie.

Depuis l’avion, j’aperçois une île énorme mais plutôt plate. La première partie que j’aperçois est couverte d’arbres, il n’y a aucune construction, puis on aperçoit de loin un énorme volcan couvert par des nuages. On dirait qu’il est aussi haut que l’altitude à laquelle se situe notre avion, et puis on commence à longer la côte. Il y a énormément de nuages donc je n’arrive pas à voir la totalité de l’île, mais je suis effarée devant les milliers de constructions tout au long de la côte. Le terrain est plat et il y a des maisons à perte de vue. Depuis l’avion, on voit même les vagues donc elles doivent être nombreuses et violentes.

Nous faisons la queue pour payer le visa on arrival (indispensable si l’on souhaite rester plus de 30 jours) puis attendons une heure pour passer l’immigration. Pour une fois, nous ne trouvons pas d’ATM à la sortie de l’aéroport (il y en avait bien en chemin vers la sortie, mais à côté des bureaux de change, ces ATM ont généralement des frais élevés). Par contre, on tombe bien sur un stand de « prepaid taxi », qui a l’air officiel. Selon les zones, les tarifs diffèrent. On leur explique qu’on n’a pas de cash, mais ils nous assurent que le chauffeur nous déposera devant une banque sur le chemin. Les chauffeurs de taxi sont en tenue traditionnelle. J’ignore si c’est comme ça tous les jours car ils venaient d’avoir une grosse cérémonie la veille. Les cérémonies ont l’air fréquentes ici car quelques semaines plus tard, c’était déjà une autre grosse cérémonie. JB achète une carte SIM pour être sûr d’avoir une connexion Internet fiable. A noter qu’il y avait un point Grab (l’équivalent d’Uber en Asie) qui permet de payer par carte si vous avez déjà l’application installée.

Canggu

Bon, 3 millions retirés (en deux fois) sans frais chez Maybank dont 300 000 IDR pour le taxi, nous sommes enfin arrivés à notre premier hôtel à Canggu.

Je suis absolument bouche bé car tous les cafés sont extrêmement jolis, trop bien décorés. On peut prendre des photos instagram, pinterest partout partout.

Cependant, il a été très difficile de trouver un hôtel avec une table de travail dans la chambre car les villas et chambres ici sont plutôt adaptées aux touristes, donc il y a souvent un joli salon mais pas du tout de table haute.

Notre premier hôtel se trouve en plein centre de Canggu, le lieu du tourisme de masse. Cependant à l’hôtel même, ça reste très calme, tout est décoré avec goût. Notre second hôtel, à 550m de là, est moins joli mais il y a une longue table de travail dans la chambre. J’aime beaucoup car juste en face, il y a en plus un restaurant avec vue sur les rizières, que j’aime beaucoup (j’ai moins apprécié la mousse au chocolat végétalienne sans gluten, sans oeuf, sans chocolat on dirait !).

Bon, petites parenthèses sur ma santé mentale : après 3 mois au Vietnam, je suis absolument épuisée. Entre de nombreux déplacements, visites, des gens à voir, des trucs administratifs à régler, des pannes… Comme je parle vietnamien, des choses qui d’habitude étaient gérées par JB, finissent chez moi. Donc je me suis retrouvée avec le double de la charge mentale habituelle et 10 fois plus d’interactions sociales. Pour une introvertie, c’est juste ingérable. Il ne se passait pas une semaine où il n’y avait pas une grosse m*rde quelque part, dans ma vie privée, dans ma vie pro et j’étais au bord du burn-out. C’est peut-être pour ça que j’ai fait beaucoup d’achats au Vietnam, pour me déstresser, alors que j’étais censée juste manger là-bas 😀 J’ai donc choisi le Bali pour changer d’air et me détendre un peu. A l’arrivée à Bali, j’avais en plus un énorme deadline à respecter, donc pendant notre première semaine à Bali, je vivais comme une zombie : manger, travailler, massage, dormir. Et pour me faire perdre le moins de temps, on allait juste aux restaurants bien touristiques juste à côté. J’ai réduit drastiquement mes stories sur Instagram, d’une part parce que ça ne m’intéressait plus comme plateforme, mais en plus ça me prenait du temps pour rien.

De Canggu, je n’ai pas vu grande chose. Ah si, j’ai vu des étrangers, plus nombreux que les indonésiens, à moitié à poil toute la journée, roulant sur des scooters énormes.

Il y avait juste un midi où j’avais la tête à peu près disponible pour me connecter à la nature donc on est allés déjeuner à la plage.

Et c’est la déception.

J’ai déjà vu du sable noir auparavant (c’est normal, il y a quand même des volcans sur l’île) mais c’était en Islande et dans mes souvenirs, le sable noir était beaucoup, beaucoup plus fin et joli. Le sable ici n’est pas aussi agréable, on dirait qu’on marche sur du charbon, je ne sais pas, mais je n’aime pas du tout.

Si regarder les surfeurs était vraiment superbe, regarder une touriste au bord de la noyade était moins cool. Eh oui, malgré le drapeau rouge, une touriste est allée se baigner, mais bien loin (alors que les autres se contentaient juste de tremper leurs pieds), avec le courant, impossible de revenir. Heureusement qu’un sauveteur a remarqué qu’elle avait du mal, et il a envoyé deux surfeurs l’aider. C’est seulement avec la planque de surf qu’on peut revenir. Bref, on ne peut pas se baigner ici, ce n’est pas fait pour.

Bref, le seul moment où j’ai pu me détendre un peu à Canggu était rempli de stress et me rappelait à quel point la vie était fragile et pouvait se perdre entre deux vagues stupides, devant des yeux ébahis des touristes qui sont en train de se goinfrer de hot dogs pas bons.

Il y a un autre restaurant au bord de la plage, mais quand on y est allés, il pleuvait. Un autre restaurant vietnamien avec une vue splendide sur les rizières, mais nous y sommes allés un jour de canicule et avons failli faire un malaise.

Bref, 0 chance de me détendre malgré les tentatives car même les massages indonésiens sont vraiment nuls. Il y a un seul spa qui sache masser correctement, c’est Espace Spa.

Ubud

Après Canggu, je termine enfin le projet professionnel et peux me détendre le week-end. Pour le premier week-end de vrai repos depuis très très longtemps (avant je travaillais ou je devais organiser des visites), on est allés à Ubud. Tout le monde m’a dit beaucoup de bien d’Ubud donc je m’attendais à un endroit paradisiaque.

Malheureusement, dès l’instant où j’ai vu le centre-ville hyper touristique, la circulation horrible, je suis morte de l’intérieur. Le peu d’énergie que j’ai encore en moi s’envole et je deviens absolument irritable. La moindre chose m’énerve et me stresse.

Nous avons réservé une villa avec piscine à l’extérieur de la ville pour que je me détente ce week-end-là, mais je n’ai pas réussi, malgré le cadre, car le niveau de stress reste beaucoup trop élevé.

Ensuite, JB réserve une semaine dans le coliving/coworking OUTPOST car on ne trouve aucun hôtel avec une table de travail, et franchement ce n’est pas mauvais, car 0 interaction sociale (merci ! j’ai bien besoin d’un peu de silence) mais bon, niveau zen, ça reste toujours 0.

De plus, à cause de la pluie torrentielle à Bali, on est amenés à dîner un peu trop souvent au restaurant juste en face.

Ce restaurant est la représentation vivante des préjugés qu’on a de Bali.

Il y a énormément de gens qui s’y posent pour travailler, alors qu’à 3 mètres, il y a l’espace coworking qui est plus calme et plus adapté au travail. Mais bon, les gens font ce qu’ils veulent… Les gens s’y posent pour passer leurs calls, et on y trouve principalement des coachs (ils parlent tellement fort désolée, que j’ai écouté un peu). C’est vraiment triste de voir ces gens donner des leçons de vie, « d’abondance financière », de mindset à d’autres. Alors qu’ils sont dans un restaurant bondé, bruyant, avec un verre d’eau gratis dont le glaçon a déjà fondu depuis plusieurs heures, dans un environnement absolument pas adapté au bien-être et à la détente. Il y a un tel contraste entre ce qu’ils vendent (du bien-être intérieur, l’abondance, une vie de rêve), et le lieu où ils se trouvent.

Tout respire le consumérisme, rien n’est authentique. D’ailleurs s’il y a autant de gens dans ce restaurant, c’est parce qu’ils donnent aussi des sessions de yoga à la chaîne, toute la journée, et les gens se retrouvent pour un verre avant/après le yoga. 100% sont étrangers. Les seuls indonésiens sont des serveurs.

A Ubud, en s’éloignant un peu du centre, on trouve des villas isolées, des rizières, des cafés avec une meilleure vue que ça. J’ignore pourquoi ils s’entassent ici, qu’il pleuve ou pas. La nourriture n’est pas si bonne que ça en plus. Le menu donne l’impression que c’est la tendance d’être allergique à tout car il y a énormément de plats sans gluten, sans viande, sans oeuf, sans poisson, sans sel (?!).

BREF.

Je sais que c’est surtout à moi d’améliorer mon bien-être et augmenter mon niveau énergétique, donc pour le second week-end « vraie détente », on passe d’abord 2 nuits dans une villa un peu isolée, avec vue sur les rizières (lien Booking).

En cherchant un restaurant dans cette zone, je me fais balader par Google Maps et on finit dans une zone isolée où les chiens, peu habitués aux touristes, sont très agressifs. Heureusement qu’on était en scooter et on ne s’est pas fait mordre, mais pour quelqu’un au bord du burn-out comme je suis en ce moment, c’est la goutte d’eau de trop. Dès que je vois un chien, mon niveau de stress est au plus haut, et il y en a énormément ici en plus ! La rage est belle et bien présente, les chiens sont sauvages, certains agressifs, d’autres traversent les routes en mode free-style.

Heureusement que j’ai eu la bonne idée d’appeler mon hypno thérapeute à l’aide. Elle a tout de suite saisi la situation et m’a proposé une séance de détente, qui n’a pas eu l’effet pendant la séance, mais qui a eu effet de me donner une vraie bonne nuit de sommeil. Il faut que je reprenne les séances de cohérence cardiaque, toutes les heures. Ca, combiné à l’emplacement absolument magique de la villa, un massage que le manager de la villa m’a offert… mon stress est parti pour la première fois depuis plusieurs mois.

Le souci avec les villas isolées, c’est que la route n’est pas éclairée la nuit et les chiens sortent et aboient agressivement dès la nuit tombée (et la nuit tombe tôt). Si on ajoute à ça que les routes sont mouillées, on n’était pas très chaud pour sortir. Nous avons trouvé une solution simple : livraison à domicile, via l’appli Grab. Les plats étaient non seulement délicieux, mais en plus pas chers comparé à l’autre restaurant pour « coachs de vie ».

Suite à ces deux nuits très relax, on trouve enfin le restaurant qu’on cherchait (et pour lequel on a failli se faire mordre par les chiens). En fait, le restaurant se trouvait de l’autre côté de la rivière, juste à côté de chez nous, et au sein d’un hôtel 5 étoiles magnifique. On a été reçus comme des rois, avec une vue magnifique, et les plats délicieux m’ont enfin réconciliée avec la cuisine indonésienne.

Cerise sur le gâteau : On trouve par hasard une maison à 2 étages au sein d’un hôtel (lien Booking) qui ne paie pas de mine. Pas trop isolé quand même (pas de problèmes de chiens). Exactement comme le havre de paix qu’on avait sur l’île Koh Phangan. Dès l’instant où j’y mets les pieds, je ressens une énergie abondante qui me recharge immédiatement. Ca y est, je revis !

Avec son joli polo, on dirait un membre du personnel qui porte ma valise. Mais non, c’est JB !

Comme quoi, quand mon niveau énergétique est élevé, j’attire des choses qui me conviennent, au lieu de subir la situation.

Cet article vous rappelle également qu’il ne faut pas faire des suppositions, ce n’est pas parce que les photos sont belles que la personne qui les prend est forcément heureuse ou chanceuse. Ne soyez pas jaloux de qui ce que ce soit, parce que vous ne savez pas ce que la personne est en train de vivre ou de ressentir. Sachez que peut-être un influenceur, dont la vie vous fait rêver, est juste en train de s’asseoir inconfortablement dans un restaurant végétalien dégueulasse avec un verre d’eau gratis pas frais, pour vous prêcher de l’abondance ou autres 😀


Update en Août 2022 : Je sais maintenant pourquoi je sentais horriblement mal à Bali. Ce n’est pas lié à Bali, c’est lié à mon intuition. Je devais me sentir très mal et en danger (de mort), pour qu’on quitte Bali ASAP. Car juste une semaine après notre départ de Bali, JB a été amené aux urgences et opéré d’urgence au Vietnam (dans mon pays). Si on était restés à Bali, JB aurait été en grand danger : nous aurions été dans un pays où l’on ne maîtrise pas du tout la langue et dans des coins trop isolés, pour être opéré immédiatement.

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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    3 commentaires
    • Répondre jordan

      15 août 2022, 17 h 22 min

      Salut Anh
      te souviens tu du nom de ta visa isolée avec vue sur le rizières? merci

      Jordan

    • Répondre Karyn

      1 juillet 2022, 16 h 56 min

      Salut,

      Je lis votre blog depuis un bon moment et j’apprécie vraiment tous vos conseils qui m’aident dans ma propre vie nomade depuis 2 ans 🙂

      En lisant cet article, j’ai pensé à une anecdote de ma vie d’il y a quelques années quand je travaillais au Liban. J’ai raconté à une amie française qu’il y avait un Starbucks à 10 minutes à pied de chez moi. Elle le trouvait super dommage car, pour elle, l’existence de ce Starbucks rendait la vie moins ‘authentique’ au Liban et cela representait l’homogénéisation du monde.

      Je comprenais exactement ce qu’elle voulait dire. Pourtant, les Libanais ne sont pas du tout obligés de rester dans une bulle statique du passé. Ce n’est pas leur devoir de donner aux visiteurs au Liban une expérience « authentique » qui ressemble à ce que les autres imaginent et attendent.

      Ils font partie du monde interconnecté et sont tout à fait touchés par les tendances qui viennent d’ailleurs. Comme dans tous pays, il y a un mélange de personnes qui préfèrent plutôt les vielles traditions et d’autres qui préfèrent des nouveautés et toute société évolue constamment pour négocier ce mélange continuel.

      Certes, un Starbucks au Liban est, en partie, le résultat du pouvoir aggressif des sociétés multinationales et leurs activités présentent certains désavantages. Mais il y a plein de Libanais qui veulent bien leur Venti Mocha comme tout le monde ailleurs. Avant mon départ je voyais aussi de plus en plus de cafés « Third Wave »- tendance qui se répand un peu partout. Ils veulent aussi accès aux choses qu’ils trouvent désirables et ils font leurs choix (des fois encore plus s’ils font face à plein d’obstacles pour voyager eux-mêmes niveau visas et coût).

      J’ai aussi le souvenir d’une période récente à Paris où il semblait que tout.e Parisien.ne d’un certain âge voulait adopter tout ce qui leur semblait « Brooklyn »- habits, cocktails, langage… Etant une Américaine longtemps résidante en France, j’ai bien rigolé!

      Bref, je pense qu’on va toujours être décu si l’on cherche « l’authenticité » ailleurs.

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