Mes Favoris du Moment – [Janvier 2026] : Livres, Mémoire, Soldes

Les soldes

Les soldes sont revenus, j’en ai profité pour remplacer certains produits de la maison. Mon oreiller en mémoire de forme s’est aplati avec le temps, j’ai décidé de m’offrir un nouvel oreiller. J’ai profité des soldes chez Marriott pour m’acheter un oreiller 3 compartiments en duvet & plumes de canard, coton 233 fils/cm², 625g (pour 76,3€ + 24€ de frais de livraison).

Ce n’est pas aussi haut de gamme que celui de JB qui est en duvet d’oie et qui pèse 700g – mais puisque je n’ai pas besoin d’oreiller trop haut, celui-ci me convient . Pour 14€ de plus, vous pouvez ajouter 2 sous-taies en coton 140g/m², je vous le recommande vivement. Pour les taies, j’utilise celles en soie tissée à la main chez Lua Lang comme d’habitude.

Les oreillers à compartiments sont utilisés dans les hôtels 5 étoiles. Les couches extérieures sont composées de duvet, plus mou (90% duvet, 10% plumes pour mon oreiller), donc quand vous posez votre tête sur l’oreiller, ça s’enfonce comme un marshmallow et épouse bien votre cou & votre tête. La couche au milieu est constituée essentiellement de plumes (dans mon cas 95% plumes, 5% duvet), ce qui permet une structure interne dense pour que l’oreiller ne s’enfonce pas complètement.


JB cherche depuis un petit moment une serviette de bain XXL. Comme il est grand, même s’il est très content de son drap de bain d’hôtel 5 étoiles chez Atelier Particulier, il aurait aimé un format plus grand. Je l’ai trouvé chez De Witte Lietaer, le fournisseur de linges pour les hôtels 5 étoiles W Marriott. Celui-ci fait 100x200cm, 50€. Le grammage (450g/m²) est moins élevé que celui d’Atelier Particulier (600g/m²) mais la priorité est le format XXL. Je vous le recommande car les serviettes d’Atelier Particulier sont désormais out of stock.

Note : chez De Witte Lietaer, il y a des gammes pour particuliers et des gammes pour hôtels, c’est pour ça que je ne recommande que certains produits hyper précis chez eux.

Un dernier achat pour ne pas mourir de froid cet hiver : une doudoune réversible en cachemire/duvet de canard (cf. mon review détaillé). C’est le seul produit que je trouve bien chez Falconeri. Je l’ai eu à -50% à Porto, soit 150€. Malheureusement il n’est pas soldé en France 🙁

Jusqu’à maintenant, je n’avais pas encore trouvé de chemise de pyjama en soie. Celles que j’ai achetées étaient trop serrées au niveau des manches, ou trop courtes. J’ai opté pour un petit haut plus ample en crêpe de soie chez Princesse Tam Tam et la coupe est parfaite. Je pense que je pourrai la filer à mes couturiers vietnamiens pour qu’ils en fassent un patron et m’en fassent d’autres avec de la soie vietnamienne.

Nobodinoz est une marque pour bébés que j’aime beaucoup. J’ai déjà acheté un sac week-end chez eux il y a quelques années. Ils ont une valisette maternité en coton bio que je trouve trop chou mais elle est en rupture de stock. Je l’ai trouvée par hasard sur Vinted (juste la valisette, sans les vêtements). Si je ne couds pas moi même ma valisette, c’est parce que je l’ai déjà fait il y a quelques années et je me suis rendu compte que c’était très très difficile, surtout pour les coins. Cette valisette me servira de sac week-end et de rangement.

Le salon Maison & Objet

JB et moi avons eu des tickets d’entrée grâce à Carole M. (merci beaucoup !). Par chance, on devait être en IDF pendant la durée du salon. J’ai toujours voulu y aller (cf. mon avis ici). C’est un salon pour professionnels mais les particuliers peuvent quand même s’y glisser discretos car on n’a pas besoin d’extrait Kbis à l’entrée ou pour acheter des tickets. J’ai adoré la section « Fine Craft » où j’ai vu les créations des artisans-artistes très talentueux. Ce salon est un concept store géant, on peut même acheter directement au salon pour un retrait des objets le dernier jour. Il est très fréquenté et tout le monde est super occupé à passer commande. Ca doit être assez rentable pour les exposants.

Rotring

Un peu avant Noël, quelqu’un a volé dans ma boîte aux lettres un colis contenant mon compas vintage Rotring. Il n’avait pas une grande valeur, mais comme il était ancien, impossible d’en retrouver un identique. Finalement, à force de chercher, je l’ai remplacé… par trois sets de compas ! Comme quoi, un petit malheur peut parfois se transformer en belle opportunité : ma collection est maintenant dix fois plus belle ! Je vous ai parlé de ma collection Rotring dans cet article. Ces outils ultra précis destinés aux ingénieurs et architectes me sont très utiles pour l’enluminure et la géométrie sacrée.

Tao Te King

Je suis en train de traduire un livre sur le Tao Te King (du chinois en vietnamien), un classique du taoïsme. Pour me familiariser avec ce livre, je suis en train de le recopier à la main. Cela me permet de travailler ma calligraphie et bien étudier le livre. C’est dommage qu’on n’écrive plus trop à la main. C’est le meilleur moyen d’apprendre par coeur un texte. En prenant le temps d’écrire chaque lettre, chaque mot a le temps d’entrer dans la tête.

Selon cette étude, « L’écriture manuscrite active un réseau plus large de régions cérébrales impliquées dans les processus moteurs, sensoriels et cognitifs. La frappe au clavier sollicite moins de circuits neuronaux, ce qui entraîne une implication cognitive plus passive. Malgré les avantages de la dactylographie en termes de rapidité et de praticité, l’écriture manuscrite demeure un outil important pour l’apprentissage et la rétention de la mémoire, en particulier dans les contextes éducatifs. »

Selon le livre Atteindre l’excellence par Robert Greene (lien Amazon, lien Fnac, mon review), réfléchir tout en gribouillant ou en écrivant permet d’imiter la synesthésie. C’est « un phénomène par lequel la stimulation d’un sens en déclenche un autre […] Des études ont prouvé que la synesthésie est plus développée chez les artistes et les penseurs de haut niveau. […] la synesthésie représente un degré élevé d’interconnexion dans le cerveau ». La synesthésie est innée, mais on peut travailler pour augmenter les synapses (surtout chez les enfants de moins de 3 ans). Cela explique aussi pourquoi même si je lis des ebooks, je les lis sur ma liseuse reMarkable équipée d’un stylo pour pouvoir surligner, résumer les paragraphes importants en quelques mots, gribouiller.


J’ai appris que les américains Gen Z n’apprenaient plus à écrire en cursive et ne savent plus lire l’écriture cursive ! C’est une forme d’analphabétisation. En Grèce, face à l’alphabet grec, je me sentais analphabète. On était devant l’immeuble d’un médecin et on ne savait pas quelle sonnette appuyer car son nom était écrit en majuscule en grec et sur Internet, on avait juste son nom en minuscule lol, les deux ne correspondaient pas. J’imagine qu’une personne n’ayant jamais appris le cursive va éprouver devant une lettre manuscrite le même sentiment d’impuissance que j’ai ressenti face à l’alphabet grec : l’incapacité totale de lire.

Je vous cite et traduis un article de The Atlantic : Gen Z Never Learned to Read Cursive.

Most of these history students admitted, they could not read manuscripts. If they were assigned a research paper, they sought subjects that relied only on published sources. One student reshaped his senior honors thesis for this purpose; another reported that she did not pursue her interest in Virginia Woolf for an assignment that would have involved reading Woolf’s handwritten letters. In the future, cursive will have to be taught to scholars the way Elizabethan secretary hand or paleography is today. […] All of us, not just students and scholars, will be affected by cursive’s loss. The inability to read handwriting deprives society of direct access to its own past. We will become reliant on a small group of trained translators and experts to report what history—including the documents and papers of our own families—was about. The spread of literacy in the early modern West was driven by people’s desire to read God’s word for themselves, to be empowered by an experience of unmediated connection. The abandonment of cursive represents a curious reverse parallel: We are losing a connection, and thereby disempowering ourselves.

La plupart de ces étudiants en histoire ont admis qu’ils ne savaient pas lire les manuscrits. Lorsqu’on leur demandait de rédiger un mémoire de recherche, ils choisissaient des sujets qui ne s’appuyaient que sur des sources publiées. Un étudiant a remanié son mémoire de fin d’études dans ce but ; une autre a expliqué qu’elle n’avait pas poursuivi son intérêt pour Virginia Woolf, car cela aurait impliqué de lire les lettres manuscrites de l’auteure. À l’avenir, l’écriture cursive devra être enseignée aux chercheurs comme on enseigne aujourd’hui l’écriture secrétariale élisabéthaine ou la paléographie. […] Nous serons tous concernés, pas seulement les étudiants et les chercheurs, par la disparition de l’écriture cursive. L’incapacité à lire l’écriture manuscrite prive la société d’un accès direct à son propre passé. Nous deviendrons dépendants d’un petit groupe de traducteurs et d’experts formés pour nous rapporter ce que fut l’histoire — y compris les documents et papiers de nos propres familles. La diffusion de l’alphabétisation dans l’Occident moderne a été portée par le désir des individus de lire la parole de Dieu par eux-mêmes, d’être nourris par une expérience de connexion directe. L’abandon de l’écriture cursive constitue un curieux renversement de ce mouvement : nous perdons une connexion et, ce faisant, nous nous privons de notre propre pouvoir.

C’est pour ça que la calligraphie est si importante. Il y a pas mal de polices archaïques comme le gothique, si on ne l’a pas appris via la calligraphie, on aurait beaucoup de mal à déchiffrer les livres manuscrits du Moyen Âge (les j, c, r et s sont illisibles).

Au milieu de l’étude du Tao Te King, je me rends compte qu’il y a plusieurs versions du texte. Ma bibliothèque municipale a un livre de la collection Pléiade (Philosphes taoïstes I, lien Amazon, lien Fnac édition de 2022) qui contient deux versions traduites du Tao Te King (la version Guodian (la plus ancienne) & la version canonique). Par curiosité, je lis un autre long livre écrit par un chercheur (The Bamboo Texts of Guodian: A Study and Complete Translation) qui compare toutes les versions du Tao Te King . Un vrai travail de passionné / Bac +15 ! Les chinois ont encore plus de problèmes que nous pour lire l’écriture ancienne car leurs caractères ont évolué avec le temps (les traits disparaissent peu à peu pour arriver aux charactères simplifiés). S’il existe autant de traductions, c’est parce qu’il y a beaucoup de versions manuscrites; et puis les chercheurs ne se mettent pas tous d’accord sur la signification de tel ou tel charactère du 3ème siècle avant J-C. Fascinant ! Depuis que JB me file ses accès BnF pour lire des thèses & recherches, je tombe sur des documents hyper précieux.

Je vous recommande vivement le Tao Te King, il complète le Yi King. Plus je le lis, plus je me sens légère. Plus rien ne me semble important, les envies et besoins diminuent, on apprend ce que c’est que de se contenter, ce que veut dire « assez ». J’ai même fait le tour de mon appartement pour mettre plein de choses en vente sur mon Vinted pour faire le vide, car d’après le chapitre XI, « Le percement des portes et des fenêtres permet de faire une maison. Et c’est là où précisément il n’y a rien, que se concentre tout l’usage de la maison. C’est pourquoi il y a un profit dans l’avoir, mais il y a un usage dans l’absence d’avoir.«  Laissez-moi étudier davantage ce texte puis je vais vous faire un review plus détaillé.

Il y a d’autres livres que j’ai beaucoup aimés ce mois-ci, dont j’ai écrit un review :

  • Le meilleur des mondes Aldous Huxley : Dans ce roman dystopique, un détail m’a particulièrement marquée : l’auteur évoque souvent la musique synthétique. Ce sujet me parle d’autant plus que j’ai pratiqué le clavier électronique pendant plus de dix ans. Malgré les avancées technologiques, il reste très difficile d’insuffler une vraie énergie vitale (le qi) et émotion aux sons synthétiques. La sensibilité des touches, par exemple, n’égalera jamais celle d’un piano. Je me suis alors demandé pourquoi la musique contemporaine nous émeut si peu. Ce n’est pas seulement parce que les compositions et les paroles ont perdu en richesse, mais aussi parce qu’un véritable orchestre coûte cher. Résultat : la plupart des morceaux reposent sur des sons artificiels. Et malheureusement, aucune machine ne parvient encore à reproduire la vie et l’émotion que dégagent des instruments physiques joués par de vrais musiciens. De plus, si on chante faux, les logiciels peuvent corriger chaque note. Je pense qu’il faut toujours privilégier la musique en live.
  • Marcel Proust : la Fabrique de l’œuvre : Ce livre présente la synthèse de l’exposition consacrée aux archives de Proust à la BnF en 2022, et retrace la manière dont l’écrivain a conçu son chef-d’œuvre À la recherche du temps perdu. Un détail m’a particulièrement frappée : l’ouvrage explique le concept de mémoire volontaire et montre que Proust lui-même implante des souvenirs dans la mémoire de ses lecteurs. Par exemple, toutes les deux à trois cents pages, il fait référence à un événement survenu dans les tomes précédents. Ce procédé rappelle étonnamment la technique de répétition espacée, utilisée aujourd’hui pour apprendre les langues ou mémoriser avec des flashcards (ANKI). En réévoquant certains événements tout au long du récit, Proust amène le lecteur à les enregistrer durablement dans la mémoire long terme, au point de les ressentir comme des souvenirs personnels. De nombreux événements du roman sont évoqués à travers la synesthésie. Par exemple, la sonate de Vinteuil est décrite avec un vocabulaire emprunté à l’écriture : on parle de « phrase » plutôt que de « mélodie ». Ainsi, en évoquant cette sonate, le lecteur a simultanément l’impression de l’entendre et de la voir. C’est d’autant plus fascinant que La Recherche est justement le roman que j’avais choisi (au hasard) lorsque j’ai voulu retravailler ma mémoire, après m’être rendu compte qu’elle s’était affaiblie. Je suis convaincue que ce texte est excellent pour stimuler la mémoire : tout le roman fonctionne comme un exercice de mémoire.
  • The Art of Illumination: The Limbourg Brothers and the Belles Heures of Jean de France, Duc de Berry : En ce moment, je travaille sur un fac-similé enluminé d’une page des Belles Heures du duc de Berry. En 2010, a lieu un événement exceptionnel : l’exposition au MET des 225 bifolios des Belles Heures du duc de Berry, un chef-d’œuvre de l’enluminure, dont la reliure a été enlevée pour une restoration. En 2012, 47 bifolios ont été exposés au musée du Louvre. Deux livres sont publiés suite à ces expos. Vous pouvez télécharger gratuitement la version ebook en anglais ici. La version française en papier (avec quelques ajouts français provenant de l’expo au musée du Louvre) peut être achetée ici. Ce n’est pas vraiment un fac-similé, mais le livre a les mêmes dimensions que l’original. C’est très pratique pour se rendre compte de la taille exacte de chaque enluminure. La plupart des textes en latin sont retranscrits et traduits (ce qui me permet de me familiariser avec la police gothique littera textualis), les enluminures sont décrites et commentées. On nous explique à la fin du livre toutes les techniques utilisées pour faire ce manuscrit.

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[avis] Salon Maison & Objet 15-19 Jan. 2026
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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