Jour 6 en Egypte : Carrières du Djebel Silsileh, Marche dans les Palmeraies

Aujourd’hui, nous avons deux visites exceptionnelles, proposées seulement aux dahabiyas et felouques : la visite des Carrières du Djebel Silsileh, et une longue marche dans les Palmeraies.

Si vous ne les avez pas encore lus, lisez d’abord nos précédents carnets de voyage en Egypte : #1, #2, #3, #4, et #5

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Aujourd’hui, nous nous levons assez tard (enfin 7h30) pour un petit-déjeuner à 8h.
Nous voyons au loin deux magnifiques felouques, qui ne s’arrêtent pas au même endroit que nous, mais qui contribuent fortement à la beauté du lieu et à l’idée qu’on se fait d’une croisière sur le Nil (il y en a moins à cause de la baisse du tourisme, tout comme les dahabiyas et bateaux de croisière). C’est comme dans un rêve. Il n’y a pas beaucoup de vent aujourd’hui et j’espère secrètement qu’il y en aura assez pour qu’on navigue à la voile comme hier.

Nous arrivons à la carrière du Djebel Silsileh. Il y a deux carrières sur les deux rives, mais nous visitons seulement sur une rive car l’autre n’est pas accessible aux touristes. A l’entrée de la carrière se trouve un petit temple, creusé dans la roche, comme Abou Simbel. Cette carrière n’est plus active, car classée.

Notre guide Bassem nous montre la déesse du vent à l’extérieur du temple et j’en profite pour prier secrètement qu’il y ait plus de vent aujourd’hui.

Cette carrière est source des pierres du même type de celles utilisées à Karnak ou Louxor par exemple. Comme les ouvriers viennent des 40 provinces d’Egypte, sur le mur, on voit les Dieux principaux mais aussi les dieux caractéristiques de chacune des 40 régions, comme ça, chaque ouvrier pourra s’adresser au Dieu de sa région.

Pour vous donner une idée de la taille des pierres et de la carrière, je me suis porté volontaire.

Ces trous servent à passer les cordes pour descendre les pierres. Du sable est mis ici exprès pour faciliter l’acheminement des pierres.

Il y a quelques chapelles mémoriales sur le chemin, utilisées ensuite comme tombeaux, mais à la base ils servent à marquer la visite de tel ou tel pharaon. Et puis, ils mettent des graines de blé dedans. Quand l’eau du Nil monte et que le blé pousse à l’intérieur de ces chapelles, a lieu une fête très joyeuse : la fête du vin, un peu comme Oktoberfest.

Nous sommes invités à monter jusqu’en haut. D’ici, on voit effectivement que le Nil est très étroit (quelques centaines de mètres de largeur vs. 1km habituel). Quand l’eau du Nil monte fortement, le courant est très fort, mais ce passage est tellement étroit que l’eau est obligée de « se calmer » un peu. Cela fait penser du mythe de la Déesse lointaine.

Déesse lointaine : Lorsque Rê était le grand Roi de l’Égypte, son œil quitta le palais de son maître. Il prit la forme de la Déesse Hathor, puis se rendit en Nubie et prit l’aspect d’une lionne sanguinaire. Rê demanda alors à Shou et Thot de faire ce qui était en leur pouvoir pour faire revenir l’œil en Égypte. Afin de pouvoir approcher la Déesse, ces derniers se changèrent en singes. Thot parvint à convaincre Hathor de rentrer en Égypte. Dans le but de l’apaiser définitivement, il la précipita dans les eaux du Nil à la première cataracte. Elle se transforma alors sous les traits d’une chatte de la Déesse Bastet.

On voit comme un « trou » au milieu de la montagne.

Depuis ce point de vue, on voit aussi au loin une forme de champignon (mais appelée aubergine en arabe), la légende dit que c’est pour accrocher une chaîne (il y a un autre champignon de l’autre côté de la rive, aujourd’hui inexistant), et empêcher l’avancée des ennemis d’Egypte.

La visite se termine ici et on aperçoit sur la rive un sandal (type de voilier) étonnement chargé. En fait, il s’agit juste du bateau des archéologues qui travaillent encore sur place.

Nous reprenons le bateau et depuis le pont, nous observons les chapelles mémorielles, le champignon ainsi qu’une chapelle lointaine mais très jolie, difficilement accessible.

Ensuite, nous naviguons encore 20 minutes et nous sommes déposés sur la rive, pour une balade de 1h30 dans les palmeraies. Le capitaine viendra nous chercher un peu plus loin. C’est la première fois que nous voyons notre bateau naviguant sans nous 😀 et il est magnifique. c’est probablement le plus beau dahabiya en Egypte encore en service.

Nous partons pour une promenade de 1h30 avec un matelot et notre guide dans les palmeraies. C’est super agréable car nous sommes la plupart du temps à l’ombre.

On nous montre le « doume », qui ressemble aux palmeraies mais qui ne l’est pas.

Son fruit, quand il est sec, est utilisé pour faire du thé

Voici un arbre à NE PAS TOUCHER. Le fruit, les feuilles, nada ! Risque d’être aveugle.

Après 1h30 de marche, nous sommes fatigués mais contents d’avoir brûlé une partie des calories que nous avons absorbées en trop (le chef cuisine trop bien). Mais on est aussi très contents de retrouver notre bateau.

Le lit est fait, comme tous les jours, les serviettes sont pliées de manière très innovante.

Nous naviguons à voile cette fois (le vent souffle très fort), on dirait que mes prières ont été entendues. On navigue dans un calme absolu.

Nous tombons nez à nez avec cet énorme pont en construction. Apparemment, ce serait pour mieux faciliter l’accès à Kom Ombo.

Il y a une très jolie dahabiya qui nous suit, et puis on la voit disparaître derrière la pompe japonaise. Le remorqueur qui nous suit fait un signe à notre capitaine. On apprendra plus tard qu’elle a été prise au piège sur un banc de sable, et les remorqueurs dans le coin (dont le nôtre) ont été mobilisés pour la sortir de là. Malheureusement, nous n’avons pas pu assister à la scène pour vous décrire comment ça marche exactement.

Naviguer sur le Nil est un exercice difficile notamment pour les voiliers. Il n’y a pas de panneau indiquant les bancs de sable (ça change tout de temps à cause du limon déposé), il faut juste regarder à l’oeil nu. Et un coup de vent est si vite arrivé. Dans ce cas de cette dahabiya, il est possible que le vent trop fort aujourd’hui (+ un énorme bateau de croisière créant des vagues qui est passé au même moment), l’ait conduite sur le banc de sable.

Il arrive très souvent, quand un grand bateau de croisière passe trop près d’une dahabiya toute voile dehors, que son remorqueur fonce à toute vitesse entre le bateau et la dahabiya, pour être prêt à intervenir à tout moment.

Les bateaux de croisière, eux, ne peuvent pas se permettre d’être coincés sur un banc de sable car ça mobilisera une armée de remorqueurs pour les sortir de là. Notre guide nous raconte qu’une fois, c’est arrivé à un bateau de croisière et le boss a préféré envoyer un autre bateau, migrer tous ses clients sur le nouveau, plutôt que d’attendre le sauvetage.

Nous sommes pourtant loin de « l’autoroute » des bateaux comme avant la révolution. Avant, il y en avait 400, maintenant ils espèrent arriver à 100 d’ici Noël 2018.

On s’amarre ensuite ici, on aurait pu se baigner mais JB ne se sent pas très bien et préfère faire une sieste. Il y a de très beaux chiens qui attendent être nourris par les matelos. Un chien en particulier, magnifique, blanc, se laisse caresser et il a l’air de m’aimer particulièrement. Il est tout excité de me voir. On le verra plus tard car il suit le bateau. Trop chou !

Avec le vent, la voile, la présence des chiens, je suis toute contente et me pose façon « Titanic ».

Trois personnes d’une dahabiya d’à côté profitent de cette petite pause pour venir visiter notre bateau parce que le nôtre est trop beau. Nous nous sommes dit qu’ils pouvaient sûrement nous donner plus de détails sur leur sauvetage de la bande de sable. Ça doit faire une jolie anecdote de voyage. Mais l’incident est peut-être trop récent et au lieu de le raconter en mode « c’est trop marrant ce qui nous est arrivé », l’expérience a l’air encore traumatisante pour eux 😀 Ils ont beaucoup de choses à reprocher à leur bateau. Comment peut-on être mécontent quand on navigue sur une dahabiya ?

S’ils savaient qu’on avait du Wifi à bord (wifi grâce à notre connexion 4G, qu’on a partagée avec nos voisins à bord), et que nous avons été en plus upgradés pour être sur ce bateau, on les aurait achevés ! Notre guide nous dit qu’une fois, un client s’est plaint parce qu’il y avait trop de bateaux sur le Nil, l’empêchant de profiter des paysages ahahha 😀

Cours d’hiéroglyphes

Cela ne fait pas partie du programme de la dahabiya mais comme notre guide Bassem est égyptologue, il est aussi « bilingue » en hiéroglyphes. Comme il nous aime bien, il nous a donné un mini cours. Il n’y a pas d’alphabet à proprement dit, mais des symboles qui reproduisent un son. Et des symboles type « dénominatif » qui permet de clarifier la signification, indiquant que c’est un lieu, une personne…

Donc, il est possible, si on a bossé au moins 2 ans sur les hiéroglyphes, de reconnaître les signes (on compte 5000 signes) et savoir lire à haute voix les hiéroglyphes, mais pour comprendre la signification… c’est du boulot en plus ! En tout cas, grâce à ce mini cours, le lendemain, nous avons pu reconnaître pas mal de signes, même si nous ne comprenons pas la signification. Et puis, en voulant copier le cours de Bassem, on s’est rendu compte qu’il fallait aussi apprendre à dessiner les signes, par exemple la chouette, le faucon, le canard etc. dans les deux sens en plus, car des fois le faucon tourne à gauche, et des fois, il tourne à droite.

J’ai donc arrêté de copier son cours, et il m’a donné sa feuille à la fin du cours, c’est plus simple ahahaha. Bassem nous dit que le fait de parler l’arabe – égyptien – aide beaucoup car pas mal de mots égyptiens viennent des hiéroglyphes.

Encore une fois, nous avons un magnifique coucher de soleil sur le Nil, un dîner exceptionnel fait maison avec des ingrédients achetés parfois directement aux villageois (je veux un chef comme lui chez moi toute l’année). Ce soir, beaucoup de bateaux de croisière passeront à côté, il y a plus de vagues que d’habitude mais nous passons une excellente nuit, grâce à la longue balade de l’après-midi.

JB ne se sent pas très bien, il a pris froid hier je pense (après la baignade), et ne mange plus depuis hier soir. Il commence à avoir de la fièvre. Après avoir vomi, il se sent mieux (attention, c’est lié au vent et au froid d’hier, mais pas lié à la nourriture du bateau car seul JB est malade). Le chef a même cuisiné du riz blanc et des légumes sautés spécialement pour lui. Tout l’équipage a demandé comment il allait… C’est vraiment trop chou. Après une bonne nuit, beaucoup de baume de tigre, il s’est rétabli le lendemain.

Suite de notre aventure ici

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

Encore une fois, tout est déjà prépayé (cf. notre budget du voyage ici)

Conseils

Les visites d’aujourd’hui ne se font qu’avec une dahabiya ou une felouque. En voiture, c’est assez laborieux d’y aller

Jour 7 en Egypte : Temple de Kom Ombo, Marché de dromadaires à Daraw
Jour 5 en Egypte : Croisière en dahabiya, Visite de deux villages
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine.

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