Jour 7 en Egypte : Temple de Kom Ombo, Marché de dromadaires à Daraw

Aujourd’hui est un jour important car c’est notre dernière nuit passée sur le bateau. Ça passe toujours trop vite, les vacances ! Comme hier, les visites sont concentrées dans la matinée.

Rappel : si ce n’est pas encore fait, lisez d’abord nos précédents carnets de voyage en Egypte : #1, #2, #3, #4, #5, et #6

On passe en bateau devant le temple de Kom Ombo mais il y a trop de bateaux de croisière (et trop de monde sur le site), notre dahabiya amarre un peu plus loin.

Sur cette partie du Nil, il y a beaucoup de banc de sable. Pour faciliter la navigation, deux équipes sont en train de travailler dur pour enlever le sable.

Nous prenons un kapout (??!! pas sûre de l’orthographe) qui ressemble au pick-up vu sur la photo… pour nous rendre au temple de Kom Ombo. Nos voisins de bateau ont pris la felouque de la même compagnie il y a 9 ans et ils sont ravis de retrouver le même chauffeur qu’ils ont eu il y a 9 ans. Alors forcément, les retrouvailles sont émouvantes et surprenantes.

Temple de Kom Ombo

La première chose que nous apercevons de ce temple, ce sont ces dessins incroyables.

Nous passons par une petite porte pour scanner le sac, avant de prendre l’escalier et arriver devant le temple. C’est un double-temple, ce qui est très rare en Egypte (il n’y en a que trois comme ça), la moitié du temple est consacrée au dieu faucon (Horus) et l’autre moitié, au dieu crocodile (Sobek). Inutile de vous dire que le temple est symétrique.

On a une très belle scène ici : le pharaon entouré des Dieux. Ce qui est intéressant c’est de voir deux Dieux Horus sur la droite. L’un est plus jeune et l’autre plus vieux. Pour savoir qui est plus vieux, il faut lire le hiéroglyphe, nous répond notre guide. Le Dieu faucon (Horus) le plus à droite est représenté avec des hiéroglyphes ressemblant à un faucon, mais accompagné aussi d’un signe représentant un vieil homme. De plus, on voit que son œil est plus profond que l’autre Horus, car c’était l’emplacement réservé aux pierres précieuses (que l’autre Horus n’avait pas).

On y trouve aussi une sorte de calendrier. Devant chaque jour, on notait la fête du Dieu correspond. Grâce à ce calendrier, on sait qu’ils sont basés sur le calendrier solaire.

Une autre scène vraiment intéressante, c’est la représentation des outils de chirurgie (au milieu) et les sièges d’accouchement (sur la gauche) ainsi que la recette pour je-ne-sais-plus quelle maladie : tant de gouttes d’eau sacrée de telle ville + tant de gouttes d’eau sacrée de l’autre ville, à mettre dans un vase en or. Beaucoup de monde venaient ici pour recevoir les recettes médicinales et médicaments. Ils pouvaient attendre pendant de longs mois dans la cour de devant. Et une fois guéris, ils payaient un bakchich pour faire graver l’empreinte de leur pied sur le sol devant le temple (on y voyait même des empreintes d’enfants, c’est trop chou).

Il reste quelques dessins de très grandes tailles, dont celui-ci, remarquez la taille des pieds !

Sur le mur extérieur, on trouve des représentations des ennemis d’Egypte (ils sont enchaînés). Chacun devait taper sur leur tête, et vous voyez, ça crée des trous énormes (il devait avoir beaucoup de pèlerins pour créer des trous comme ça).

On revient devant le temple. Malheureusement ces colonnes ne seront jamais restaurées à 100% car les pierres de ce temple ont été pillées et utilisées pour la carrière d’à côté. Impossible de trouver les restes maintenant. C’est sur le sol ici qu’on trouve les traces de pieds dont je vous parlais.

Nous partons vers la droite et trouvons un nilomètre très impressionnant. Il est important de mesurer la montée d’eau du Nil car cela permet de calculer les taxes. Eh oui, même si la crue du Nil est un phénomène naturel, elle permet de calculer les taxes. Plus le niveau monte, plus l’irrigation a été bonne et plus il faut payer de taxe.

Le temple vu de côté

Nous visitons ensuite le musée des crocodiles d’à côté (inclus dans le ticket d’entrée). Nous n’avons pas le droit aux photos donc je vais juste vous décrire ce que j’ai vu. On a une dizaine de crocodiles momifiées dont certains font plus de 6 mètres. même s’ils sont momifiés et bien morts, la vue de ces prédateurs suffit pour me donner un petit coup de stress. Ils ont même leur sarcophage (énorme) ! C’est incroyable. La visite est rapide mais plaisante, les guides ne sont pas autorisés à y entrer donc l’explication se fait à l’extérieur.

Visite de la petite ville de Daraw

Le chauffeur nous amène dans une petite ville. Franchement, à part ceux qui voyagent en dahabiya, personne ne s’aventure par ici. JB demande timidement si on a le temps de passer chez le barbier, et hop, nous voilà chez le barbier, qui se fait charier par son voisin boucher « aujourd’hui tu rentres dans la légende » 😀 Le service est impeccable, pour 30 livres (1,5€), il a utilisé deux lames (neuves bien sûr) pour mieux raser JB. J’ai conseillé JB d’opter pour la moustache égyptienne, pour mieux fondre dans la masse, et ça lui va bien je trouve.

Vue depuis chez le barbier : à droite le vendeur de fruits

A gauche le boucher: il vend de la viande de dromadaire, d’où les cuisses énormes

Les sucreries roses sont vendues partout, à l’occasion de l’anniversaire de Mahomet qui aura lieu la semaine prochaine.

Du thé d’hibiscus (carcadet)

Le vendeur de poissons écaille et vide le poisson sous le soleil (miam), mais comme les poissons sont ultra frais, ça ne pue pas du tout !!

Falafels (à base de légumes) en cours de production

il est important que nous visitions une petite ville pour voir comment les locaux vivent vraiment. Nous avons vu les grandes villes comme Louxor et les petits villages perdus au bord du Nil. Il faut maintenant voir une petite ville comme celle-ci.

L’ambiance est, comme vous vous en doutez, chaotique. Nous sommes entourés de locaux, habillés de façon traditionnelle, les scènes de vie sont locales, il n’y a pas d’autres touristes à part nous. Je me sens un peu mal à l’aise, vu les regards rivés sur nous, sur moi (faut dire que mon dress code est un peu bling bling et que nous ne passons pas du tout inaperçu). Toutes les femmes sont voilées et habillées en noir, donc avec mon écharpe orange, je ne peux qu’attirer l’attention.

Etant hypersensible, je pense que j’atteins le niveau de saturation. Mes sens sont sur-sollicités et n’arrivant pas à décoder les gestes et regards, je me mets en mode « danger imminent ». S’y ajoutent la poussière, le soleil, la pollution, mes mains toutes sèches que je n’arrive pas à hydrater… je sature.

Je pense que je m’inquiète pour rien car tout le monde nous dit bonjour avec le sourire. En plus, nous sommes accompagnés par le guide et le chauffeur.

Nous nous arrêtons pour boire à un café. On est vraiment sur une autre planète. L’ambiance est cool, et la déco aussi, on se sent tellement privilégiés. Surtout moi, car les femmes égyptiennes ne vont jamais au café comme ça, elles risquent de se faire huer. Mon niveau de stress descend tout d’un coup car je ne suis plus observée, c’est moi qui observe cette fois.

Nous voyons beaucoup de sud-soudans ici (souvent avec la canne), ils font du business ici en vendant des dromadaires (ça coûte très cher, dans les 1000€/dromadaire) en passant par les intermédiaires égyptiens. Ils font beaucoup de troc : des dromadaires contre du textile ou les épices. On en parlera plus tard.

Les rares femmes croisées dans la rue. Une seule vieille dame n’est pas voilée.

Marché des dromadaires

Nous reprenons la voiture et je suis ravie de quitter ce lieu trop animé pour moi. Mais nous ne rentrons pas tout de suite au bateau. Nous passons devant le marché des dromadaires, qui a lieu les samedi et dimanche. Nous sommes vendredi et le lieu est vide. Le guide nous dit que même le jour du marché, il n’aurait jamais laissé les touristes s’aventurer là-dedans. Trop chaotique. Des milliers de dromadaires, des marchands dans tous les sens, quelques pickpockets…

C’est un lieu qui me met extrêmement mal à l’aise, même quand il est vide. Il y a des stands de boucher sur place cad qu’un dromadaire acheté pour la viande est tué sur place, devant des milliers d’autres dromadaires. Trop de souffrance, trop sinistre. Je n’aime pas du tout.

Un dromadaire se vendrait dans les 1000€. Ils servent toujours pour le transport, ou pour leur viande. Et pas que pour amener les touristes faire un tour devant les pyramides. Certains ont marché depuis le Sud Soudan jusqu’ici. Et une fois achetés, il est possible qu’ils soient acheminés aussitôt au Caire et revendus là-bas.

Quand on remonte de nouveau sur la voiture je me réjouis de partir pour finalement apprendre qu’on s’arrête encore quelque part. Cette fois un marchand nous ouvre ses portes. Et ce, grâce à notre superbe chauffeur (qui l’a appelé au téléphone).

Le marchand vient d’acheter quelques bébés dromadaires et compte les nourrir et les revendre quand ils seront grands. Ils sont tous collés ensemble malgré la place qu’ils ont et ont l’air apeurés. Mais le petit garçon, fils du marchand a l’air tendre avec eux et nous montre comment il les nourrit via un petit trou dans le mur.

Nos voisins de bateau sont tous contents de revoir un deuxième chauffeur, le frère jumeau de notre chauffeur, qu’ils ont aussi croisé il y a 9 ans. On apprendra que l’un d’entre eux a eu des jumelles récemment.

Nous retrouvons enfin notre bateau alleluia mais je n’arrive pas à me calmer et je reste silencieuse tout l’après-midi. La visite de cette petite ville m’a profondément bouleversée et il y a quelque chose qui me déplaît sans que je ne puisse l’expliquer.

Surtout quand tout le monde est ravi de cette visite et moi non.

Heureusement avec de très bons repas préparés par le chef (midi et soir), notamment en apprenant que notre chauffeur, en nous voyant baver devant les falalels, est allé acheter des falalels pour nous… et que notre guide a acheté du pain solaire parce qu’on aimait trop ce pain… toutes ces petites attentions discrètes m’ont beaucoup beaucoup touchée et me voilà heureuse de nouveau.

Comme c’est notre dernière nuit sur le bateau, le chef nous sort sa recette secrète et nous sert du poulet farci à tomber. Les poulets ici sont à peine plus grands qu’une caille et farcis avec du riz mariné, c’est une tuerie ! Je ne pensais pas pouvoir manger quelque chose d’aussi bon en Égypte.

L’équipage nous amène un énorme gâteau pour le dessert et joue de la musique. On danse tous ensemble pendant une dizaine de minutes. Comme décidé la veille, nous remettons une enveloppe au capitaine. C’est lui qui aura comme tâche de partager équitablement et remercier chaque membre de l’équipage de son excellent service. Et une enveloppe pour notre guide qui nous a bluffés avec ses connaissances et explications.

C’est comme une tradition locale, que ce soit sur une dahabiya ou un bateau de croisière, il est attendu que le client remette aux membres d’équipage et au guide une belle somme à la fin du séjour en guise de remerciement. Ce n’est pas toujours précisé explicitement mais c’est comme la politesse, le touriste doit se renseigner sur les coutumes locales avant de voyager. Quand nous voyagerons avec un guide et un chauffeur, il faudra aussi penser à leur remettre quelque chose aux deux.

Dans notre cas, nous avons préféré les donner en euros, histoire d’injecter un peu de devises étrangères en Egypte. C’est important, un pays qui importe beaucoup doit avoir un bon stock de devises étrangères.

Pour les montants nous nous sommes renseignés et on nous a donné ça comme indication pour notre bateau : 20€/membre de l’équipage (à partager entre les touristes à bord) et 50€ pour le guide (à partager entre les touristes à bord). Libre à nous de donner plus (mais pas moins car c’est le minimum d’après ce que j’ai compris). Ensuite, s’il y a plus de touristes sur le bateau, faut il donner plus par membre de l’équipage (parce qu’il y a plus de boulot) ? Franchement je ne sais pas 🙁

C’est assez délicat comme question je vous conseille de demander conseil directement à l’agence chez qui vous réservez le bateau.

Sur ce, nous préparons nos valises pour partir le lendemain et nous amarrons à côté d’un joli pont, à 9km d’Assouan.

Attendez, je vous montre à quel point notre cabine est près de l’eau. C’est trop joli !

La suite de notre aventure en Egypte par ici

Ce que vous auriez dû payer si vous faisiez la même chose que nous en indépendant

  • Voiture privatisée Louxor => Assouan avec arrêts à El Kab, Edfou et Kom Ombo : entre 500-600LE pour deux, 150LE de pourboire (37,5€)
  • Ticket d’entrée pour Kom Ombo : 100LE/personne
Jour 8 en Égypte : Temple de Philae & Son et Lumière à Abou Simbel
Jour 6 en Egypte : Carrières du Djebel Silsileh, Marche dans les Palmeraies
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine.

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