Nous sommes en Mai 2022. Le Vietnam est à peine ouvert après le Covid et nous retrouvons notre ami F. à Da Nang pour un week-end à Hoi An. Nous louons chacun une moto de notre côté et décidons de faire Da Nang – Hoi An en moto. Nous venons chercher F. à Pullmann où il a dormi la veille. Il y laisse sa valise et garde juste l’essentiel dans un sac à dos. Nous aussi avons un petit sac à dos chacun.
Il y a plusieurs stops possibles sur le chemin : la montagne Ngu Hanh Son, où il y a un ancien hôtel militaire à l’intérieur de la montagne, Ba Na Hills, où les colons français passaient leurs vacances pour fuir la chaleur… mais nous n’allons pas faire tout ça car je les ai visités beaucoup trop. Si vous cherchez des pierres naturelles ou des sculptures en pierre, ou des pièces en marbre, c’est the place to be !!


Four Seasons Resort The Nam Hai
Je m’attendais à voir l’océan tout au long du chemin mais que nenni ! Les hôtels, les condos… ont tous bloqué l’accès à l’océan et nous ne voyons quasiment rien. Nous décidons de nous arrêter au Four Seasons Resort The Nam Hai (lien Booking), entre Da Nang et Hoi An, pour déjeuner. Il y a énormément d’hôtels 5 étoiles à Da Nang, mais dès qu’on s’approche de Hoi An, leur nombre diminue car Hoi An est trop petit pour qu’on y place un hôtel 5 étoiles digne de ce nom. Nous découvrons que Four Seasons propose un day pass pour ceux qui déjeunent sur place : nous pouvons aussi accéder à leur immense piscine. Et en payant plus, on peut même accéder à une des chambres le temps d’un après-midi.


Nous poussons le bouchon un peu plus loin en visitant leur lobby, leur spa, leur gym, et la villa la plus chère, avec piscine privée et une villa entière qui ressemble à une maison familiale des temps anciens. Je n’ose même pas regarder le prix de cette villa que j’estime facilement à 1200 euros la nuit. Voici le genre d’hôtels où les riches vietnamiens passent leurs précieuses vacances. Il y a des hôtels encore plus chers et plus sélect pour fortunés, car on ne peut même pas mettre les pieds dans ce genre d’hôtels sans avoir réservé une chambre.

Ce que j’ai appris à Dubai, c’est qu’il y a un risque quand on visite des hôtels de plus en plus chers : on a l’impression de ne pas avoir assez, de devoir faire plus, gagner plus… car il y aura toujours des produits, des services ou des hôtels inaccessibles quel que soit le revenu. Si ce n’est pas à cause de leur prix exorbitant, ce sera parce qu’on ne fait pas partie de tel ou tel club… L’envie n’aura jamais de limite, c’est à nous de mettre un frein à nos envies.


La nourriture n’est malheureusement pas tip top, mais c’est généreux.

Je passerais toute l’après-midi au bord de la piscine pendant que F. se fait masser au spa et que JB profite de la salle de sport. Chaque salle de spa est une maison sur pilotis, avec un espace extérieur où l’on peut rester un bon moment après le soin pour méditer. F. nous racontera plus tard que c’est une expérience particulièrement intéressante : le spa utilise une sorte de bol chantant mais en pierre, avant et après le massage. Chaque bol active un chakra. Ces bols ont l’air d’avoir beaucoup d’effet sur F. car il a eu une expérience quasiment spirituelle en les écoutant. A 18h, nous pouvons assister à une cérémonie des bols chantants mais nous avons encore un peu de route et je ne veux pas conduire dans le noir, mais je pense qu’on aurait dû rester pour cette cérémonie, ça a l’air merveilleux.
Je vous laisse découvrir ce magnifique hôtel :






Et le spa :

Nous arrivons à Hoi An juste avant le coucher de soleil et avons un petit aperçu des rizières.


Notre hôtel à Hoi An (Amanity, lien booking) est un hôtel 4 étoiles à 10 minutes en vélo de la vieille ville. L’hôtel met à notre disposition des vélos. A partir de 18h, on ne peut plus entrer dans la vieille ville en vélo, on doit les laisser au parking et payer 10 000vnd/vélo. De toute façon, c’est plus sympa à pied le soir. Nous choisissons d’être à Hoi An un jour de pleine lune car la vieille ville ne s’éclaire qu’aux lampions. Pour être honnête, à part les barques, ce n’est pas si différent d’une soirée normale car tous les soirs, il y a des lampions allumés, mais c’est encore plus visible le jour de pleine lune. J’ai tellement écrit sur Hoi An que je ne vais plus présenter cette ville figée dans le temps. Vous trouverez toutes les informations ici


Nous dînons dans un resto juste à côté de la vieille ville (Com Linh). Simple et efficace, ils vendent le fameux riz au poulet (riz cuit dans le bouillon de poulet).



Jour 2 :
JB et F. doivent travailler le matin. J’en profite pour me faire masser au spa. Le massage est très énergétique mais il y a aussi une partie où la masseuse utilise des pierres chaudes, puis un bambou chaud, j’aime beaucoup ! Je vous laisse découvrir notre hôtel 4 étoiles. C’est malheureusement un peu bruyant à cause des enfants qui sautent dans la piscine dès le matin. L’hôtel s’appelle Amanity Hoi An, lien booking.




Nous reprenons nos motos pour nous rendre à la plage An Bang, en passant devant les rizières. Cette route est très pittoresque, à faire au moins une fois ! D’habitude j’aurais mangé sur la plage, dans un buibui mais F. me dit qu’il a le ventre fragile à cause d’une mini intoxication alimentaire chez Pullmann Da Nang, donc je l’amène dans un hôtel 4 étoiles particulièrement adapté aux nomades, avec piscine et lieu de travail. Le lieu nous plaît beaucoup mais ils n’ont pas beaucoup de choses à manger. Après avoir un peu insisté, ils acceptent de nous servir du riz cantonais et des limonades face à la plage.




L’après-midi, on visite un producteur de soie à Hoi An (je n’arrive toujours pas à acheter quoi que ce soit là-bas, c’est trop cher et les couleurs pas assez tendance) mais le lieu est magnifique !


Nous nous promenons dans les rues de la vieille ville et dégustons la fameuse boisson aux herbes à Hoi An.

Ma copine H. gère deux boutiques à Hoi An, passez les voir :
- Sunday in Hoi An : où elle vend plein de choses en soie, et du linge de lit en bambou
- Moments in Hoi An : un café / bar / cocktail dans une très très jolie maison


Nous nous posons dans un des trois cafés avec rooftops à Hoi An.





C’est alors que F. nous annonce qu’il a mal au ventre (aka vomito). On lui commande un Coca en espérant que ça va passer, mais ce n’est pas le cas. Après le vomito, il a l’air de se sentir mieux. On pense que c’est à cause de son intoxication qui traîne encore depuis Pullmann Da Nang.
F. se sent beaucoup mieux désormais et nous allons voir les lumières et privatiser un bateau pour aller brûler les bougies sur des fleurs en papier et les laisser flotter sur l’eau jusqu’à l’océan. C’est pour imiter une dame qui attendait son mari et qui lui envoyait des messages à la mer.
Alors qu’on s’aprête à monter sur un bateau, JB ne se sent pas bien (aka vomito). C’est trop tard pour que je trouve un restaurant ou une maison d’habitant… il vomito là il peut c’est à dire au pied d’un arbre 😀 Je suis comme paralysée et à part lui acheter une bouteille d’eau, je ne sais pas trop quoi lui proposer d’autre.
Mais après, JB aussi se sent mieux et on continue notre balade sur le bateau comme si rien ne s’était passé. Nous n’osons plus rien manger et rentrons à l’hôtel après avoir acheté des médicaments au goût atroce à la pharmacie du coin. La pharmacienne a pris beaucoup de temps pour demander les symptômes et nous conseiller et son traitement a l’air de marcher car après ça JB et F. vont beaucoup mieux.
On fait la liste des choses qu’on a mangées et on pense qu’il y a peut-être un problème avec le riz cantonnais à midi, car l’hôtel avait l’air de ne pas vouloir nous servir à manger à la base. Quant à moi, après avoir vu les deux incidents, je me dis que je suis peut-être malade aussi. En cas d’intoxication alimentaire, la meilleure solution est de se débarrasser du poison, et je fais un vomito préventif ahahaha car notre chambre d’hôtel a deux niveaux. En cas d’incident au milieu de la nuit, je me dis que je n’aurai pas assez de temps pour descendre ce long escalier jusqu’aux WC.
Bref, nous prenons des médocs tous les trois et mangeons des trucs ultra safe au petit-déjeuner à l’hôtel. Cet incident restera mémorable, et je m’en veux toujours d’avoir insisté pour le riz cantonais alors qu’on aurait dû aller ailleurs, mais bon, il n’y a pas mort d’homme.


Jour 3 :
Nous rentrons à Da Nang en moto. Sur le chemin, nous croisons beaucoup de touristes en maillot de bain, la peau brûlée par le soleil de midi. Quelle inconscience ! Nous trois sommes protégés jusqu’aux dents bien sûr. Après avoir passé beaucoup de temps en Asie, on finit par craindre le soleil.
Le programme d’aujourd’hui est simple : squatter l’hôtel de F. Au début, on voulait opter pour un day pass dans un autre hôtel 5 étoiles à Da Nang, mais F. doit passer la nuit à Da Nang de toute façon et nous propose gentiment de passer toute la journée dans son immense (vraiment immense !) villa chez Premier Village Danang Resort (lien Booking), qui appartient aussi à Accorhotels.
La valise de F. est encore chez Pullmann, l’hôtel juste à côté. Les deux hôtels appartiennent à Accor, donc je demande à la réceptionniste d’aller chercher sa valise à l’hôtel d’à côté, ou de les téléphoner et la faire venir. Elle me sort je ne sais quelle excuse, mais on insiste, on insiste comme si on ne comprend pas le pourquoi du comment, et la valise de F. apparaît dans sa villa 30 minutes plus tard comme par magie.
Nous attendons longuement une voiture électrique pour nous amener du lobby jusqu’à la villa. Bref, autant le service chez Four Seasons était sans faute, autant on a l’impression de déranger les gens qui travaillent ici. Nous sommes vraiment très très contents d’y être invités par F. mais nous remarquons, tout comme lui, que quelque chose cloche ici. Même l’herbe, même le choix des arbres… ça ne fait pas 5 étoiles… on rigole et on se dit qu’on est peut-être trop exigeants ou trop gâtés (depuis le Covid, nous traînons énormément dans les hôtels 5 étoiles notamment en Thaïlande: JB est Platinum chez Accorhotels, F. est Platinum chez Mariott, nous sommes des consommateurs d’hôtels de luxe). Mais effectivement, quelque chose cloche, et on ne sait pas pourquoi. Le luxe est dans de micro-détails comme ça, et ceux qui traînent souvent dans les 5 étoiles savent distinguer le standard international du standard local.
Notre ami J. qui a l’habitude des chaînes d’hôtels luxueux nous expliquera plus tard que depuis le Covid, beaucoup d’hôtels de luxe ont perdu des employés expérimentés. Même les GM ne sont pas aussi expérimentés qu’avant, donc le service baisse en qualité partout dans le monde, et il faut du temps pour que le service soit smooth comme avant. Mais ici, dans cet hôtel, il y a un souci de design aussi, je pense. Par exemple, le bar à la piscine est très en-dessous du niveau d’eau, donc non seulement on ne voit pas le sable depuis le bar, mais en plus, on ne voit pas la piscine non plus 😀 La raison pour laquelle les boutiques de luxe se ressemblent toutes quelle que soit la marque, c’est parce que l’intérieur est fait par le même architecte. Et si c’est le cas, c’est parce que le design fait par cet architecte génère plus de ventes qu’un autre design, et donne une ambiance luxueuse, c’est aussi simple que ça. Il y a des règles subtiles que le consommateur ne connaît pas, mais il ressent quand elles ne sont pas respectées.
Les photos font toujours rêver, alors je vous les montre :
La piscine et la plage de l’hôtel. La plage n’est pas privatisée mais pour y accéder, il faut marcher longuement depuis la ville, ou y accéder depuis des hôtels aux alentours.




La villa : 2 chambres à coucher, un immense salon et une piscine privée. Nous avons un accès quasi direct à la plage (jardin – jardin – plage !). J’ai préféré la piscine privée à la piscine commune en face de la plage. Celle-ci est suffisamment profonde et reçoit des rayons de soleil jusqu’au coucher du soleil donc l’eau est bien chaude. Autant les espaces communs clochent, autant la villa est incroyable, je m’y vois bien vivre toute la vie ahaha 😀




A midi, nous faisons appel au room service : des pâtes, plus safe pour le ventre.
Pour remercier F. pour sa généreuse invitation, nous invitons F. à dîner au restaurant japonais /coréen d’en face. Nous devons griller notre propre viande et ils proposent même du wagyu japonais. C’est très bon, je vous le recommande ! Encore merci F. pour ce week-end plein d’émotions.

Sur ce, nous rendons la moto et appelons un Uber qui nous amène à l’aéroport. L’avantage de Da Nang, c’est que l’aéroport est juste à côté du centre-ville, donc on peut profiter pleinement de la ville, pas la peine de mettre 1h comme Hanoi. Après Da Nang, on enchaînera des beaux hôtels à Saigon avant d’aller à Bali.


