Nous vivons toujours au paradis donc je vous invite à lire sur nos sorties le week end ici et là. Le reste du temps, je suis devant mon écran, à écrire des prompts. Toute la journée.
La loi de l’attraction
Je suis une fan de la loi de l’attraction mais c’est la première fois que j’applique à la lettre les méthodes pratiques de quelqu’un d’autre. Le mois dernier, je vous ai fait un long review de ce livre « Get Rich, lucky bitch » ici et depuis, tous les jours je fais deux choses : le money tracking, et écrire mes objectifs. Je suis hyper surprise mais extrêmement excitée de vous dire que cette méthode fonctionne !!! Franchement, si vous n’y croyez pas, faites-le au moins pendant un mois.
Claude Code
Récemment, le modèle Fable 5, le plus avancé du marché, est sorti (merci A. de m’avoir prévenue). Il est marketé comme THE modèle à utiliser pour les tâches complexes. Je l’ai tout de suite exploité en lui balançant 1200 pages d’un vieux livre vietnamien à la figure.
Il y a 5 ans, 4 autres personnes et moi l’avons relu manuellement à la recherche de fautes d’orthographe pendant 2-3 semaines, mais il en restait beaucoup. Fable 5 a trouvé 200 fautes en quelques heures. De plus, il a pointé des erreurs de noms de personnages qui changeaient d’un chapitre à l’autre, et pointé des erreurs historiques, erreurs d’encoding et m’a fait un .docx tout beau tout propre. En quelques heures, il a mieux travaillé que 5 personnes en 3 semaines !
Le vietnamien étant une langue très difficile avec beaucoup d’accents, des verbes qui peuvent être dans n’importe quelle place dans la phrase pour un « effet littéraire », des double mots qui changent de sens si l’on change l’un des mots etc. donc il lui fallait énormément de contextes pour reconnaître une vraie faute. Et il y est arrivé. J’ai consommé l’équivalent de 223$ de tokens pour ce projet (ouch). Heureusement que c’était inclus dans mon abonnement Pro !! (20$)

J’ai à peine eu le temps de terminer la correction du livre que ce modèle a été INTERDIT par le gouvernement américain pour des « questions de sécurité nationale », il est uniquement valable sur le territoire américain. Mes amis me disent de ne pas m’inquiéter car d’ici 6 mois, il y aura des modèles 2 fois plus puissants et 4 fois moins chers.
Je suis vraiment contente que la technologie me permette maintenant d’avancer vite sur des projets que je traîne depuis plusieurs années. Mon ami O. en profite à fond, il est freelance; il a un abonnement IA à 200$/mois et laisse l’IA fait 80% de son travail, il vend son temps à 3 entreprises en même temps, touche 5 fois le salaire qu’il avait avant. A ce rythme, il sera à la retraite dans quelques années seulement.
Je ne pense pas que les gens se rendent compte du tsunami que représente l’IA. Je m’inquiète pour ceux qui vont perdre leur travail, les juniors qui ne trouveront pas de postes car l’IA sera plus efficace qu’eux.
Comment se protéger face au tsunami IA ? La solution est toute trouvée dans les romans de la série visionnaire Dune : suite à la guerre contre les machines pensantes (IA), ils ont décidé de développer des capacités mentales (mentat, prescience). Et je pense que c’est THE solution. On a tous un higher self qui est à l’intérieur de chacun de nous. On a oublié qui on était vraiment, donc l’IA va nous pousser vers l’extrême; et dans l’extrême, on sera obligés de se reconnecter à notre higher self.
Je vous en parle tout juste après.
Philippe Guillemant et le multiverse de potentialités
Mon ami J. (un grand merci !) m’a recommandé les vidéos de Philippe Guillemant, ingénieur physicien français, récemment retraité du CNRS. Il a développé plusieurs technologies innovantes (vision artificielle, intelligence artificielle), mené des recherches en neurosciences, en IA puis en physique théorique. Je vais vous résumer la vidéo ci-dessous :
L’humanité vit aujourd’hui une crise profonde parce qu’elle a confondu le langage et la pensée, et qu’elle croit que la conscience est produite par le cerveau. Cette confusion, qu’il qualifie de physicalisme ou de matérialisme, nous a conduits dans une impasse, car elle nous empêche de comprendre la véritable nature de l’intelligence et celle de la réalité elle-même. C’est cette confusion qui explique, selon lui, l’engouement excessif et le risque que représente aujourd’hui l’intelligence artificielle.
L’intelligence est reliée à la faculté d’adaptation. Qui dit faculté d’adaptation dit capacité à faire les meilleurs choix, mais aucune intelligence artificielle n’est capable de faire des choix. […] On a l’impression que l’intelligence fait des choix, mais ces choix sont en réalité faits par les règles qui sont dictées au niveau des algorithmes. […] Si on commence à se servir de l’IA pour prendre des décisions, là ça ne va plus, parce qu’une décision est forcément fondée sur quelque chose qui fait appel au cerveau droit, un aspect émotionnel, un aspect vibratoire. Et là, l’IA n’est pas en mesure de faire ce genre de choix. Une IA ne peut pas faire un choix. Un choix, c’est quelque chose qui nécessite d’avoir conscience. Les IA n’ont pas de conscience, elles n’ont pas de structure vibratoire.
===> Là !! Là !!! la faiblesse de l’IA !!
Pour lui, le futur n’est pas figé mais existe déjà sous forme d’un multiverse de potentialités, dans un autre temps qu’il appelle l’horloge divine, celui où se prépare la réalité que nous allons vivre. Parmi toutes ces potentialités, une seule finira par se concrétiser dans le présent, et la question est de savoir qui opère cette sélection.
Philippe Guillemant explique que la conscience, dans le présent, ne peut être modélisée qu’en faisant appel à une certaine épaisseur de temps, une sorte de fenêtre par laquelle le futur vient entrer dans le présent. Cette épaisseur peut être augmentée dans les états de méditation, ce qu’il affirme pouvoir démontrer par le calcul. Plus elle est large, plus la conscience dispose d’une marge pour accéder à un éventail étendu de potentialités futures, et pour opérer un choix qui ne soit pas mécanique. Or ce choix n’est pas analytique mais vibratoire et émotionnel, lié au cerveau droit. Une même situation vécue dans la peur ou dans la confiance ne donnera pas le même choix.
Nos pensées + émotions
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configurent le vide quantique
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Le vide contient un multivers de potentialités
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La décohérence transforme ces potentiels en réalités possibles
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L’observation sélectionne LA réalité vécue
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Ce que nous avons nourri (consciemment ou non) ÉMERGE
J’y vois deux conséquences qui en découlent.
- D’une part, il faut se reconnecter à ce qu’on pourrait appeler son higher self, c’est à dire ce que Guillemant nomme l’âme. Cette reconnexion permet de se libérer du conditionnement habituel, fait de croyances, de jugements et d’ego, et c’est elle qui élargit l’épaisseur de temps de la conscience. Une fois cette épaisseur élargie, la conscience nous mènera naturellement à un meilleur choix, c’est à dire un choix qui ouvre sur la ligne de temps la plus favorable parmi les potentialités disponibles. Il y a plusieurs méthodes pour y arriver, perso j’ai choisi l’art.
- D’autre part, la loi d’attraction fonctionne parce que certaines personnes savent à la fois reconnaître et entretenir une information par la foi. Le processus se fait en deux temps : une information captée dans cet état reconnecté doit d’abord être validée par la joie qu’elle procure, car selon Guillemant, le cerveau seul n’est pas capable de produire cette joie ni cet amour inconditionnel, ce qui en fait le signe que l’information vient bien de l’âme et non d’une simple projection mentale. C’est ensuite le fait d’entretenir cette information sous forme de foi qui potentialise ce nouveau futur, augmentant la probabilité que cette ligne de temps émerge dans le présent. C’est pour cette raison que dans l’Alchimiste, Paulo Coelho parle de « légende personnelle », càd un projet aligné avec l’âme de la personne. Et si la personne découvre sa légende personnelle et décide de la poursuivre, tout l’univers va comploter pour lui faire prendre la ligne de temps la plus favorable à sa légende personnelle.
Lorsqu’on choisit de basculer vers un nouveau futur, on abandonne peu à peu l’ancienne ligne de temps, celle où on était conditionné. Cependant, il existe un décalage : on n’est pas encore vibratoirement aligné avec ce nouveau futur que notre conscience a choisi. Pendant cette période de transition, des obstacles et des difficultés surgissent, particulièrement des petites choses désagréables susceptibles de nous détourner de notre nouvel objectif. Ces obstacles sont le signe que l’ancien futur résiste énergétiquement. Le risque majeur est de les interpréter comme des signes que nous nous sommes trompés et qu’il faudrait abandonner notre objectif, alors qu’ils sont au contraire la preuve que la transformation est en cours. C’est précisément à ce moment que l’importance de garder la foi devient cruciale, il faut maintenir l’alignement vibratoire avec le nouveau futur jusqu’à ce que celui-ci s’incarne pleinement dans la réalité présente.
Il est intéressant de mentionner le livre « Le grand virage de l’humanité : illustré et augmenté » du même auteur (Philippe Guillemant), car si je suis d’accord avec ce qu’il dit dans le podcast, je ne suis pas d’accord avec le postulat de son livre. Il considère que le Covid, moins meurtrier que prévu, était le signe de l’arrivée d’un « nouveau futur lumineux ». Il n’a malheureusement pas pris en compte (à part 2 phrases quelque part dans le livre) que ce nouveau futur lumineux était probablement prévu dans le temps cyclique. Je pense qu’on n’évite pas le « foutur » (terme utilisé par l’auteur), car le « foutur » n’était pas prévu à la base; le Covid était l’instrument du Tao pour mener vers une étape du cycle, pas un « nouveau » futur. Le libre-arbitre existe, mais pour changer le futur de l’humanité entière, ce n’est pas une mince affaire.
Les asiatiques considèrent que la réussite d’un projet de trois éléments : Le Ciel, la Terre et l’Homme càd le bon moment, le bon lieu, et la bonne personne. Pour savoir quelle est la qualité du moment actuel, il suffit de regarder qui est actuellement mis en avant, des personnes avec dignité, ou des personnes malhonnêtes ? Et on saura où on se situe dans le cycle du temps, et ce que nous réserve l’avenir.
Les Trois Royaumes

Pour enrichir le débat « déterminisme » vs « libre-arbitre », j’ai lu un commentaire de livre, qui analyse la « main invisible » dans l’épopée des Trois Royaume. J’ai résumé pour vous quelques points clés de l’analyse ici, vous n’avez pas forcément besoin d’avoir lu le roman pour comprendre le commentaire.
Rédigé au XIVe siècle par Luo Guanzhong, Les Trois Royaumes est à la Chine ce que l’Iliade est à l’Occident : une œuvre fondatrice qui mêle histoire, stratégie et philosophie. Les Trois Royaumes fait partie des « Quatre Grands Romans Classiques » de la littérature chinoise. J’ai lu deux d’entre eux, mais j’ai regardé les adaptations TV pour les quatre :
- Les Trois Royaumes de Luo Guanzhong
- Au bord de l’eau de Shi Nai’an (collection Pléiade)
- La Pérégrination vers l’Ouest de Wu Cheng’en (collection Pléiade)
- Le Rêve dans le Pavillon rouge de Cao Xueqin (dont je vous ai déjà parlé ici et ici)
Ces quatre romans sont très longs avec des centaines de personnages, c’est pour ça que la version « papier bible » de la collection Pléiade est particulièrement adaptée. Malheureusement, les Trois Royaumes ne font pas encore partie de cette collection. Vous avez L’Épopée des Trois Royaumes, traduction de Chaoying Durand-Sun, publiée en 5 volumes aux éditions You Feng (2006–2015 et Les Trois Royaumes (lien Amazon), traduction de Jean Lévi et al., publiée en 3 volumes aux éditions Flammarion (réédition 2009).
Le Rêve dans le Pavillon rouge
Si on ne lit que les traductions (comme vous et moi), on ne comprend qu’une infime partie de ces romans. Pour les apprécier à 100%, il aurait fallu être un(e) lettré(e) chinois(e) car il y a beaucoup de jeux de mots et références culturelles. En général, pour chaque livre (de 1000 pages), il y a des livres de 1000 pages en chinois juste pour les analyser. C’est un peu comme les annotations d’A la recherche du temps perdu, presque aussi longues que le roman.
Pour le Rêve dans le pavillon rouge, une sous-catégorie d’analyse littéraire s’est ouverte pour ce roman, appelée « rougeologie », j’ai trouvé une édition qui annotait quasiment chaque phrase du roman, c’est comme suivre un « live tweet » mais pour un roman, permettant d’apprécier tous les jeux de mots et le style de l’auteur.

Un commentateur cultivé et drôle, rend l’œuvre 10 fois plus intéressante :
Dans le troisième chapitre du Rêve dans le Pavillon Rouge, lorsque Lin Daiyu arrive pour la première fois dans la résidence de Yongguo, elle remarque que les coutumes ici ne correspondent pas aux règles de sa propre famille et s’adapte progressivement. Après le repas, elle prend la tasse de thé offerte mais elle remarque que quelqu’un apporte le gobelet pour se rincer la bouche, Daiyu imite également ce geste. Après s’être lavé les mains, elle prend le thé une nouvelle fois, cette fois seulement, c’est le thé à boire. Le commentateur Zhiyanzhai ajoute une annotation : En lisant jusqu’ici, je me suis soudain souvenu d’une histoire que j’avais autrefois parcourue : « Wang Dun, fraîchement uni à la princesse, s’en alla aux latrines et, ignorant que les pommes y étaient placées pour parfumer l’air et se boucher le nez, les prit tout bonnement et les mangea, les dames de cour s’en moquèrent longtemps. » Or, si Daiyu n’avait point rincé sa bouche avec ce thé, ou eût simplement porté la tasse à ses lèvres pour en boire, comment n’eût-elle point été tournée en dérision par les suivantes de la résidence de Yong ? À voir cela, l’on comprend que la sensibilité de Daiyu, tout au long de sa vie, fut d’une finesse au-dessus du commun des mortels.
Je pense qu’on doit encourager les annotations dans les livres, et les bibliophiles doivent apprendre à bien annoter les leurs. Après avoir lu quelques annotations des critiques littéraires, j’ai remarqué qu’ils faisaient très attention à la structure du roman, à la symétrie des scènes, et aux noms des personnages.
Avant, pour réussir aux concours et espérer un poste de mandarin au Vietnam (dès le 11ème siècle), il fallait connaître : Les Cinq Canoniques et les Quatre Classiques :
Les Cinq Canoniques : 1) le Yi King ou « Livre des Mutations » ; 2) le Cheu-King, « Livre des Odes », anthologie de la poésie ancienne composée par Confucius ; 3) le Chou-King, « Livre des Origines », collection de documents historiques ; 4) le Tch’ouenn Ts’iou, ou « Printemps et Automnes », Annales de la principauté de Lou ; 5) le Li-Ki, « Livre des Rites » qui fixe l’étiquette des cérémonies civiles et religieuses.
A ces cinq livres canoniques, il faut joindre les quatre grands classiques : 1) le Louen Yu, recueil des Entretiens de Confucius avec ses disciples ; 2) le Ta Hio, la « Grande Etude », discours sur des questions morales ; 3) le Tchoung Ioung, l' »Invariable Milieu » ; 4) les Œuvres de Mencius.
J’ai seulement lu 2 d’entre eux et je les recommande vivement (le Yi King et Printemps et Automnes). Le Yi King permet de décoder l’univers tout entier (y compris les humains), et Printemps et Automnes, pour comprendre l’homme, il y a pas mal de stratégies militaires.
Même si ces livres ne font plus partie du programme scolaire depuis des siècles, les lettrés de la génération de mon grand-père en lisaient encore certains. Un jour, j’ai décidé de me cultiver un peu, j’ai trouvé sans difficultés dans la bibliothèque de mon grand-père plusieurs classiques, c’est très pratique car ils coûtent cher et je n’aurais jamais eu le courage d’économiser mon argent de poche pour les acheter. C’est pour ça que j’encourage vivement les parents d’avoir une bibliothèque bien pensée, pour que leurs enfants, un jour, morts d’ennui, ouvrent un des chefs d’œuvre et y trouvent un trésor.


