Le mois de mars est venu apporter plein de retrouvailles, du soleil et de nouveaux concepts. Voici mes favoris du mois :
Mon tote bag en cuir
Après un an et demi de réflexion et de procrastination, mon tote bag voit enfin le jour. J’en avais marre de faire des courses avec des tote bags en tissu et je me suis fixé une deadline pour fabriquer le tote bag de mes rêves. Maintenant, j’ai super mal aux doigts car je n’ai jamais cousu autant à la main et avec autant d’épaisseurs, mais le résultat vaut totalement le coup. Non seulement il a toutes les fonctionnalités que j’aime, mais il est aussi super confortable.
Je viens de comprendre pourquoi les sacs avec ce genre d’anses me font mal, et le mien ne me fait pas mal : le secret est dans la matière utilisée pour rembourrer ces anses. Quand on utilise une corde en cuir (au lieu du plastique comme chez tous les autres sacs industriels), le poids est mieux distribué. Je suis allée faire des courses, j’ai mis plusieurs kilos de viande et de fruits dedans, ça ne m’a pas fait mal. Vous aurez plus de photos et d’infos sur la fabrication de ce sac ici.
Rich Grandma Energy
J’ai parlé longuement de ce petit livre et de son auteure ici, j’ai même traduit un extrait de mon chapitre préféré. Je pense qu’avant, Shania Khan faisait le même métier que moi. Et elle arrive à trouver des mots pour des concepts que je n’arrive pas toujours à formuler et expliquer. Ce livre plaira beaucoup aux futures entrepreneures qui hésitent à se lancer. Et à toutes celles qui sont près du burn-out.


Dans une des vidéos qu’elle a postée en ligne, elle a parlé de la jalousie comme un excellent moyen de savoir ce qu’on voulait. J’ai trouvé cette idée très intéressante, car le plus difficile est de savoir exactement ce qu’on veut. Beaucoup de gens appliquent la loi de l’attraction et une fois qu’ils ont obtenu ce qu’ils voulaient, ils se sont rendu compte que ce n’était finalement pas ce qu’ils souhaitaient réellement. Donc la jalousie est le meilleur moyen de savoir précisément ce qu’on veut; et comment l’obtenir. C’est très rassurant : si l’autre personne y arrive, c’est qu’on a une chance d’y arriver également.
Cependant, chez les personnes au mindset limitant (que j’appelle en « mode survie »), quand ils sont jaloux, des zones cérébrales liées à la peur et à la régulation émotionnelle sont activées. Ils s’auto-défendent en ayant recours à la solution la plus facile : le dénigrement. En critiquant, ils ne peuvent jamais devenir la personne qu’ils critiquent, et n’obtiendront jamais ce qu’ils veulent. Ceux qui veulent beaucoup avoir une aisance financière, ce n’est pas en criant « eat the riches » qu’ils vont devenir riches. On ne peut pas devenir celui qu’on méprise.
Les personnes aux mindset abondant vont traiter ça comme une info : « pourquoi il/elle y arrive et pas moi? ». Comme ils sont dans l’abondance, ils ne croient pas à la limitation des ressources. Ils comprennent que ce n’est pas parce que A obtient 1 qu’il n’y a plus rien pour eux; au contraire, ils peuvent obtenir 10. Ils vont pouvoir imiter la personne qu’ils jalousent voire le dépassent complètement. Vous ne savez même pas qu’ils sont jaloux car ils ne l’expriment pas et vous vous en rendez seulement compte quand ils copient exactement ce que vous faites et le font même mieux que vous car ils ont désormais un objectif encore plus ambitieux.
Dénigrement
Je mets beaucoup de choses en vente en ce moment sur les sites d’occasion et dès que quelque chose est un peu chère, il y a une armée de gens qui vont faire des offres ridiculement basses et les justifier en faisant du dénigrement (critiquer l’état de l’objet, critiquer le prix demandé…). À côté de ça, il y a des acheteurs super décisifs qui, en voyant le prix, ne posent aucune question et achètent tout de suite. Pas de marchandage, pas d’hésitation : l’annonce est complète, le prix leur convient, c’est réglé.
Ce que ces gens-là ne réalisent pas, c’est que s’ils trouvent le prix trop élevé, c’est tout simplement qu’ils ne sont pas ma cible. Les marques de luxe ne baissent pas leurs prix pour convaincre Mme Michou qui les trouve trop chères ! Elles ne veulent pas de Mme Michou à la base.
Dans la vie, c’est pareil. Il y a des gens qui vont essayer de diminuer votre lumière : vous faire croire que vous ne méritez que tel salaire, tel traitement, telle place. Ce qu’ils disent n’est que le reflet de leurs propres limitations. A côté, il y en aura d’autres qui sauront reconnaître votre valeur sans que vous ayez à vous justifier. Et si quelqu’un vous trouve trop cher, trop high maintenance, trop… , c’est simplement qu’il n’est pas votre cible. Pourquoi continuer à nous entourer de gens qui nous dénigrent quand il existe des personnes qui nous correspondent vraiment ? Sur les sites d’occasion, on peut bloquer certains utilisateurs, dans la vraie vie, c’est pareil.
Les messages insolents concernent uniquement des outils de création (artistiques, artisanat) càd que des gens qui sont supposés créer de la beauté sont cheap dans leur mentalité et coincés dans la survie (ces dernières années, les gens cheap que j’ai rencontrés étaient tous artisans). Pas étonnant qu’il y ait moins de beauté dans le monde; les métiers de création ont besoin d’abondance pour créer de la beauté. C’est en vendant mes outils sur Le Bon Coin que je me suis rendu compte de l’investissement (outils, matières premières, formations) pour chaque loisir créatif ! Alors que pour faire un bullshit job, l’investissement est beaucoup plus cheap.
Le higher self
J’ai récemment gardé des enfants, et j’aimais bien leur soumettre de petits choix : deux options de pommes, de crayons… Chez moi, tout est de qualité, mais entre les deux options, il existe souvent un écart subtil, de texture, de finition, ou de prix. Ce qui me frappe, c’est qu’ils choisissent invariablement l’option la plus qualitative. À cet âge, ces distinctions sont trop fines pour être perçues consciemment. J’en viens à penser que le higher self (le moi supérieur) des enfants est particulièrement présent et les guide naturellement vers le meilleur.
En grandissant, nous nous laissons parasiter par les biais, les préjugés, le marketing. Nous perdons peu à peu ce lien avec notre intuition profonde. Pourtant, ce moi supérieur ne disparaît jamais : il continue de chercher à nous orienter vers ce qui nous correspond vraiment. Je pense que la méditation, ou la création, nous permet encore très facilement d’accéder de nouveau à ce higher self et il pourra continuer à nous guider, même pour les choix les plus insignifiants. Mon jeu favori consiste à faire toucher à mes amis différents échantillons de tissus et à leur demander de les classer du moins au plus cher. Une façon ludique de réveiller cette intuition souvent assoupie.
La peur peut également assoupir notre intuition. Je vous invite à lire mon article sur la peur. Ce n’est pas par hasard que les Bene Gesserit dans Dune avaient comme mantra « fear is the mind killer ». D’ailleurs, plus je pense à la saga Dune, plus je trouve l’auteur visionnaire. J’ai appris récemment que lui et sa femme avaient des dons de prédire l’avenir.
Le boot economy
J’ai découvert le concept du boot economy et je pense qu’il rejoint assez bien l’idée d’acheter peu, mais bien, pour sortir d’une logique de survie.
La boots theory, ou théorie des bottes de Sam Vimes, pose un principe simple : être pauvre revient souvent plus cher que d’être aisé. L’expression vient du roman Men at Arms de Terry Pratchett, où le capitaine Vimes, policier modestement payé, explique qu’il ne peut s’offrir que des bottes à 10$ qui tiennent un an ou deux. Un homme plus riche achète, lui, une paire à 50$ qui dure dix ans en gardant les pieds au sec. Sur une décennie, le pauvre aura dépensé 100$ en remplaçant plusieurs fois des bottes de mauvaise qualité ; le riche n’aura payé que 50$ pour être mieux protégé tout au long.
Le mécanisme central est là : le manque de capital contraint à des choix à très court terme. On achète ce qu’on peut se permettre immédiatement, même si c’est moins durable et donc plus coûteux sur la durée.
Cette métaphore éclaire une injustice structurelle plus large. Sans coussin financier, on finit par payer davantage au total pour l’essentiel : vêtements qui s’usent vite, électroménager à remplacer fréquemment, logements mal isolés, formules d’énergie prépayées plus onéreuses, location de voiture et de vêtements au lieu d’acheter. La pauvreté se perpétue alors non seulement par des revenus faibles, mais par une structure de choix qui condamne les plus modestes à dépenser plus (en cumulant de petites sommes mais régulièrement), pour obtenir moins.
Aujourd’hui, le marché de l’occasion offre une voie de sortie partielle : accéder à des produits de meilleure qualité sans en payer le prix fort. Pas nécessairement la dernière tendance ni le dernier iPhone, mais de quoi atténuer, au moins en partie, cette injustice qui fait que ceux qui ont le moins finissent paradoxalement par payer le plus.
Mieux s’habiller
J’ai écrit un article sur les 10 choses qui élevaient le quotidien et les retouches font partie de la liste des 10. Je fais un peu de couture donc je fais moi-même des retouches faciles (ourlets, réparation…) mais quand les retouches sont trop difficiles, je les file à un retoucheur professionnel. Cela me coûte entre 10€ et 20€ par vêtement mais quand un vêtement est parfaitement bien ajusté, ça change complètement la silhouette.
Avant, je jetais systématiquement des vêtements dès la première tache mais j’ai appris que les pressings étaient faits pour ça. J’ai pu sauver beaucoup de vêtements grâce au pressing. Il suffit de préciser la nature de la tache (sueur, nourriture, huile…) et ils trouveront 80% des cas la solution. Dès que vous tachez un vêtement, n’y touchez pas, amenez-le directement au pressing car un mauvais lavage risque de fixer la tache pour toujours.
Je suis tombée sur une page Facebook qui traduisait en vietnamien les meilleurs conseils de relooking des réseaux sociaux chinois. On n’a même pas besoin de retoucher les vêtements, rien que boutonner ou non sa chemise change déjà la silhouette. Le conseil, c’est : si on ne sait pas encore comment coordonner les vêtements, il suffit de faire des screenshots des looks qu’on aime et les recréer. Cette page propose une multitude de looks avec une seule chemise, ou un seul cardigan. Grâce à ça, j’ai pu créer des looks beaucoup moins boring.
J’ai aussi fait un haul de vêtements d’été ici. J’ai trouvé de très belles pièces neuves et d’occasion dernièrement, dont deux marques que je découvre pour la première fois. Après plusieurs années de baroudeuse, je manquais de vêtements, mais je pense que j’ai enfin complété ma garde-robe pour que ce soit suffisamment minimaliste, sans créer de frustration.
Sur Tiktok, une jeune femme a expliqué que sa soeur était la réincarnation même de la beauté, elle était toujours bien habillée, coiffée etc. et elle s’est rendu compte que la beauté était le résultat des années et des années de recherche de sa soeur. Si sa soeur optait pour telle ou telle coiffure, c’est qu’elle l’avait étudiée et conclu que c’était la meilleure. Idem pour les vêtements, les couleurs… donc la beauté est reproductible, elle demande comme toutes choses beaucoup de temps, de passion, de recherche, d’énergie et d’argent. Ainsi, la jeune femme est devenue moins envieuse des belles femmes car elle a compris qu’elle n’avait tout simplement pas autant d’énergie pour s’auto-embellir.
The Tale of Rose

J’ai vu beaucoup d’extraits de cette série chinoise sur Facebook (il s’agit d’une adaptation TV d’un roman) et les gens disent qu’ils la regardent et re-regardent chaque année. Je suis curieuse et j’ai visionné quelques épisodes. La série raconte la vie amoureuse d’une très belle jeune femme nommée Rose, depuis ses 20 ans jusqu’à ses 40 ans. Les hommes qui ont traversé sa vie ont des profils différents (pour que le public puisse s’y identifier) et un mauvais choix, un seul (le choix du mari) a complètement ruiné sa carrière et rendu sa vie misérable pendant plusieurs décennies. Les spectateurs se battent dans les commentaires pour élire leur prétendant préféré et analyser le comportement de la jeune femme.
Je ne sais pas si c’est différent en Europe, mais en Asie, la vie d’une femme est fortement influencée par son choix de mari; il y a même une expression vietnamienne pour ça. J’ai deux copines vietnamiennes qui ont des backgrounds très similaires et c’est le choix du mari qui a finalement défini leur vie actuelle. D’un point de vue karma, quand on se marie avec quelqu’un, on partage son karma, donc se marier avec quelqu’un qui a un karma trop lourd n’est pas anodin. D’un point de vue vibratoire, ce n’est pas parce qu’on évite un red flag qu’on peut tomber plus tard sur un green flag. Non, c’est la vibration qu’on a à l’instant t qui attire tel type d’hommes. Et si on ne veut plus de red flags, il faut changer soi-même et naturellement, la nouvelle vibration attirera des green flags.
En tout cas, la série The Tale of Rose, le film Materialists, la série Love Story, la série Sex and the City… me font beaucoup réfléchir sur pourquoi des femmes bien choisissent des losers, pourquoi elles choisissent le chaos au lieu de la paix.


