[Réflexion] #29 : Combiner le « Momentum » et le « Moment » – l’Art de la guerre

Dans l’Art de la Guerre, Sun Tzu écrit : « Le potentiel des troupes qui, au combat, sont dirigées avec adresse, peut se comparer à celui des galets ronds qui descendent en roulant du haut de la montagne » et « Si d’un coup le faucon brise le corps de sa proie, c’est qu’il frappe exactement au moment voulu ». Comment l’appliquer dans la vie quotidienne ? Aujourd’hui, nous allons étudier comment combiner le « momentum » (placer les galets ronds en haut de la montagne) avec le « moment » propice (pour frapper comme un faucon).

Ce post a été écrit par l’écrivain et philosophe vietnamien Dang Than. Je vais aussi copier/coller le texte vietnamien en bas et ajouter mes propres commentaires.

Voici la traduction en français :

RÉFLEXION SUR « LE MOMENTUM » ET « LE MOMENT OPPORTUN »
— Cadeau aux amis passionnés des études du Yi Jing
Tous les plans échouent s’ils sont mal synchronisés. Toutes les stratégies sont vaines si elles vont à contre-courant. « Le Momentum » et « Le Moment » sont comme deux flux d’énergie – l’un qui porte, l’autre qui s’écoule – si l’on ne dispose pas des « Symboles & Énergies » (contenu principal du programme ÉTUDES DU YI JING II) pour les éclairer, ils restent très difficiles à saisir.

  1. LE MOMENTUM ? « 勢 » (shì) = Momentum/Élan
    Le caractère « shì» (勢) (momentum) combine la force (力) et le caractère « établir un momentum » (埶), signifiant une force dynamique issue de la structure et de la position. C’est-à-dire :
    MOMENTUM = POSTURE + FORCE DE POSITION + CONFIGURATION + TERRAIN
    Le momentum prend la forme de la force, comme Sun Tzu l’enseigne : Une armée possède le « momentum » lorsqu’elle occupe les hauteurs pour attaquer vers le bas, qu’elle utilise la configuration des tenailles, qu’elle contrôle le terrain stratégique. Une personne a le « momentum » lorsqu’elle s’appuie sur le pouvoir, sur l’argent, sur d’autres personnes (respectables). Le momentum est la relation positionnelle entre nous et notre environnement, créant un levier naturel.
    Le momentum est l’allure, la posture dynamique, comme une personne qui « prend de l’élan » progresse vers des conditions favorables, une entreprise qui « perd son élan » voit sa structure se fracturer. Le momentum est la tendance directionnelle de la force.
    Le momentum est la configuration d’ensemble, comme dans une partie d’échecs : on peut avoir l’avantage territorial, mais pas nécessairement gagner si le « moment » fait défaut.
    Le momentum est aussi la structure de forces qui nous entoure, la fondation sur laquelle l’esprit génère l’action. Le momentum ne surgit pas de lui-même, il naît de « Tượng & Khí » (Symboles et Souffle/Énergie/Qi), issu de six formes de configuration : la configuration géographique, la configuration humaine, la configuration politique, la tendance du temps, la configuration des vents, et même la configuration de l’invisible.
  2. LE MOMENT ?
    Le caractère « Moment » (時) combine le soleil (日) et le temple (寺), signifiant l’instant où le soleil passe par une position, puis revient. C’est-à-dire le cycle, le rythme.
    Le moment est l’instant, le cycle. « Au bon moment », on fleurit. « À contretemps », on chute. Le moment est le rythme céleste, que personne ne peut forcer.
    Le moment est la convergence des conditions. Le moment d’une vie humaine est « l’opportunité karmique ». Le moment d’une nation est « le temps céleste ». Le moment de la maturité de la sagesse est « le temps de l’éveil ».

    Avoir le Momentum sans le Moment, c’est gaspiller sa force. Avoir le Moment sans savoir s’appuyer sur le Momentum, c’est s’effondrer.
    Le moment est le rythme énergétique. « Temps chaotique », « temps de croissance », « temps post-moderne »… tout cela désigne une dynamique globale qui crée une influence naturelle.
  3. DISTINCTION ET CONNEXION
    Par essence, le Momentum est structure de force et position ; le Moment est cycle et rythme.

    Par fonction, le Momentum est levier et fondation ; le Moment est opportunité et instant propice.
    Le Momentum peut être créé, le Moment ne peut être forcé.

    Le Momentum peut être déployé avec grande majesté, mais sans Moment, ce n’est qu’un cadavre debout.
    Le Moment peut être très fragile, mais si on le saisit, même le faible peut briser le Momentum comme une paille.
    « « Tượng & Khí » (Symboles et Souffle/Énergie/Qi) créent le moment et le momentum, l »esprit, le destin. » Cela contient implicitement toute une philosophie du changement : « Symboles et Énergie » sont la rencontre entre la Forme visible, le Souffle invisible, et l’Intention. Le « Moment » est l’instant où les symboles et énergies s’alignent au bon rythme. Le « Momentum » est quand les symboles et énergies créent une position stable, un déploiement, une ouverture pour les choses du moment. « L’Esprit » est la capacité de percevoir le moment et le momentum pour agir justement. Le « Destin » est la conséquence de toute cette chaîne, comme des vagues créées par le vent des « symboles et énergies » soufflant sur le cours de la vie.
  4. COMMENTAIRE APPROFONDI
    Le Momentum peut élever, peut submerger, peut renverser. C’est ce qui est en bas mais qui peut pousser ce qui est en haut. Il ressemble aux empreintes digitales de l’histoire : personne ne peut expliquer pourquoi elles ondulent ainsi, mais une fois imprimées, personne ne peut les éviter. Un régime politique peut avoir une armée puissante, des ressources abondantes, mais sans momentum, c’est comme un géant qui glisse sur une peau de banane. Une personne peut avoir talent et vertu, mais sans momentum, c’est comme un arbre planté à l’envers. Le momentum est « la pente quantique » : celui qui a l’avantage se tient sur la colline, une simple pichenette peut faire tomber le colosse en contrebas.
    Le Moment est la présence fulgurante d’une oscillation assez grande pour saisir l’immuable. Certains attendent toute une vie un moment. D’autres traversent un moment sans le savoir. Certains entrent dans le moment comme l’oiseau qui sent le vent printanier, naturellement, ils chantent. D’autres ratent le moment comme le poisson jeté sur la grève. Le moment est l’instant où la porte céleste s’ouvre, une faille dans le destin. C’est une bourrasque qui ne passe qu’une fois. C’est « l’occasion » qui peut façonner toute une vie comme une note de musique façonne une symphonie.
    Le Momentum génère la force, le Moment génère l’opportunité. Celui qui sait s’appuie sur le momentum pour attendre le moment, et utilise le moment pour initier un nouveau momentum. Ne brise pas le momentum par la force brute, n’attends pas le moment avec le cœur seul. Le sage est celui qui nage dans le bon courant, l’intelligent est celui qui bondit quand le vent se lève.
    La politique est un jeu de momentum, le commerce est une poursuite du moment. Celui qui fait de la politique ne crée pas le momentum mais sait se placer où le momentum l’élèvera. Cao Cao disait : « Je ne crée pas le chaos du monde, je profite simplement du chaos du monde pour agir. » Celui qui fait des affaires ne crée pas le moment mais sait hisser les voiles quand le vent se lève à peine. « Moment céleste (bon timing), avantage terrestre (position stratégique), harmonie humaine (union des gens) » sont en réalité trois façons de parler du momentum : le moment céleste est l’aspect dynamique, l’avantage terrestre est l’aspect structurel, et l’harmonie humaine est l’aspect « émotionnel » du momentum. Tout réussit si l’on touche le point d’intersection des trois vagues.
    Alors, peut-on changer le momentum ? Peut-on créer le moment ? La réponse : oui, mais pas par la force brute, par l’Énergie. L’Énergie est ce qui crée le momentum. L’énergie d’une personne, l’énergie d’un peuple, l’énergie d’une époque, c’est précisément ce qui façonne silencieusement le terrain mouvant de l’histoire. Si un homme mesquin devient roi, c’est parce que l’énergie de cette époque appelle les hommes mesquins. Si un sage naît, ce n’est pas pour transformer mais pour prouver que l’ignorance est déjà suffisamment grande. Une petite brise peut changer la direction d’une voile si le ciel est calme. Mais dans la tempête, même un ventilateur géant est sans effet. Se tenir sereinement au milieu de ce flux d’énergie, sans forcer, sans pousser, seulement transformer. Transformer de l’intérieur… Savoir reculer quand le momentum est trop adverse, quand le moment ne s’est pas encore ouvert, c’est vivre comme respirer. Silencieusement, mais le vent vous accompagne. Dans « Momentum » et « Moment », le vainqueur est simplement celui qui sait s’adapter. La sérénité est l’harmonie qui n’a pas besoin d’adaptation, juste d’un petit rire léger…


    Q&A :
    Question : L’homme mesquin devient roi grâce à l’énergie de cette époque. Alors, qu’est-ce qui a créé l’énergie de cette époque ?
    Réponse : L
    énergie de cette époque naît d’un collectif entier qui respire mal pendant un temps trop long.

    Question : Sans le moment, briser un brin de paille n’est pas si facile que ça. La difficulté réside à savoir comment connaître le temps et les circonstances de sa propre époque ?
    Réponse : Pour connaître son propre moment et momentum, il faut trois niveaux d’observation, en posant des miroirs : observer le ciel, observer la terre, observer son propre cœur. Pour connaître le « Moment », on regarde dehors pour voir ce qu’est l’époque actuelle. Est-ce un temps de troubles ou un temps d’accomplissement ? Un temps pour lever des troupes ou un temps pour se retirer ? Utiliser ses oreilles pour écouter le monde, ses yeux pour lire les nuages, son ventre pour mesurer la force du vent. Le moment est la grande énergie karmique de l’ensemble, il n’appartient pas à l’individu, mais l’individu doit savoir comme le marin sait attendre la marée.
    Pour connaître le « Momentum », on regarde autour pour voir où l’on se situe sur l’échiquier. Surfe-t-on sur la vague ou est-on au fond ? Est-on encerclé ou en position d’encercler ? Qui sont les alliés ? Qui sont les ennemis ? Le momentum est le levier, savoir placer la force au bon endroit, une légère pression peut valoir des tonnes.
    Pour se connaître « Soi-même », on regarde à l’intérieur : qu’ai-je dans les mains, dans la tête, dans le courage ? Suis-je feu ou eau ? Suis-je l’attaquant, ou un gardien de but ? Suis-je doué pour initier, ou seulement pour attendre le moment ? Sans se connaître, même si le moment arrive, on le rate, même si le momentum est construit, il s’effondre.
    Donc, pour connaître son propre moment et momentum, on ne peut pas rester assis à attendre qu’ils tombent sur notre tête. Il faut sortir, regarder, questionner, expérimenter et rester éveillé. Et souvent, ce n’est qu’en se cognant la tête contre la pierre qu’on réalise qu’on escaladait la mauvaise foutue montagne.

Mes commentaires

Ce texte plaira beaucoup aux personnes ayant un niveau avancé en Yi King. Car ils auront compris que le Yi King est un miroir introspectif pour se comprendre soi-même. C’est également un GPS qui nous indique où nous sommes dans le cycle de la vie. Maîtriser le Yi King équivaut à connaître le « moment » opportun.

Mais si vous ne connaissez pas le Yi King, ce texte saura quand même vous guider dans votre vie personnelle.

Pour bien profiter du moment, nous devons construire le « momentum », qui permet de frapper avec force quand le « moment » arrive. Elon Musk a passé 10 ans (2008-2018) à construire patiemment le momentum pour Tesla dans l’ombre : Usines, batteries, logiciels, superchargers, culture d’entreprise, notoriété. Puis entre 2018-2021, quand le moment est arrivé (réveil climatique + gouvernements qui poussent les VE), Tesla explose et passe de 57 milliards à 800 milliards de valorisation en 2021. Les concurrents comme VW ont raté le moment (timing marché) : ils ont annoncé leurs VE en 2016-2017, mais n’avaient pas construit le momentum nécessaire. Quand ils ont enfin été prêts en 2021-2022, Tesla avait déjà plusieurs années d’avance. Comme l’a écrit Dang Than : « Le sage nage dans le bon courant, l’intelligent bondit quand le vent se lève. » Musk a construit son momentum dans le bon courant (électrification inévitable), puis a bondi en 2018 quand le vent s’est levé.

Dans votre carrière personnelle, si vous visez une promotion pour le poste B, vous construisez votre « momentum » en acquérant un maximum d’expertises requises par ce poste, tout en ayant des collègues & managers qui soutiennent votre avancement… pour que quand le « moment » arrive (départ d »un titulaire du poste B), vous postulez à ce poste pour être promu. « Avoir le Moment sans savoir s’appuyer sur le Momentum, c’est s’effondrer. » Sans toute cette préparation, même si le « moment » arrive mais vous n’avez pas construit votre « momentum » (aucun collègue ne soutient votre candidature, vous n’avez pas les compétences requises), le « moment » va passer et on ne sait pas quand il y aura d’autres moments.

« Le Momentum peut être déployé avec grande majesté, mais sans Moment, ce n’est qu’un cadavre debout. » : On peut construire un momentum idéal pendant 10-20 ans, mais si le timing est mauvais, ou le moment n’arrive jamais, tout est gaspillé. Il y a quelques années, être développeur, même junior était un métier hot. Mais depuis 2024, avec l’IA & la saturation du marché, les développeurs n’ont pas la côte, vous pouvez être major de promo sans trouver de CDI.

Google Glass illustre parfaitement l’effet du « mauvais timing » : lancées en 2012-2013, Google jouissait de sa notoriété maximale, les lunettes étaient belles et techniquement innovantes (momentum). Pourtant, le moment était désastreux. Les craintes de surveillance, un prix prohibitif (1 500 USD), l’absence d’un cas d’usage compris du public et une batterie défaillante ont provoqué le rejet complet. Google Glass disparaît en 2015, malgré ~900 millions USD investis. Le même produit, refondé sous forme différente, réussit spectaculairement des années plus tard. Les Meta Ray-Ban smart glasses, lancées en octobre 2023, accumulent 2 millions de paires vendues en 18 mois, cibles 10 millions/an en 2026. Pourquoi cette inversion ? Le moment a changé : en 2023-2025, l’infrastructure IA est mature, l’acceptation sociétale a évolué (surveillance devenue banale, normalisation des wearables Apple Watch, Oura Ring etc.), le prix est raisonnable (299-799 USD), le design Ray-Ban Wayfarer évite la stigmatisation, et le cas d’usage est limpide (enregistrement vidéo, AI assistant, commerce social). Meta avait construit son momentum en silence (acquisition Oculus 2014, recherche XR continue, Llama) et a frappé au bon instant.

Ainsi, il faut donc savoir lire les signes avant de construire le momentum. Savoir lire les signes passe par une « observation du ciel, […] la terre, [….] son propre cœur », cela demande de l’intuition.

« Dans « Momentum » et « Moment », le vainqueur est simplement celui qui sait s’adapter », ce n’est pas parce que le bon timing arrive qu’il y restera pour toujours, il faut s’adapter et se renouveler constamment. Pendant le Covid, des milliers de petites entreprises ont explosé en vendant sur Instagram ou Etsy, portées par un contexte exceptionnel et un afflux massif d’achats en ligne. Mais beaucoup n’ont jamais réfléchi à « l’après » : ni à la fin de la crise Covid, ni à baisse du pouvoir d’achat. Quand Instagram et Etsy ont modifié leurs algorithmes, les vues et les ventes se sont donc effondrées quasiment du jour au lendemain. Avec un vrai « momentum », ces entreprises auraient profité du pic pour préparer le futur « moment » plutôt que de subir sa fin (par ex. migrer progressivement leurs clients vers leur propre site, construire une base e-mail, diversifier leurs canaux, réduire leur dépendance à Instagram/Etsy, mettre en place des abonnements pour faire face à la diminution du pouvoir d’achat etc.).

Pour conclure, la sagesse millénaire de l’Art de la Guerre (lien d’achat) et du Yi King (lien d’achat) révèle une stratégie intemporelle. J’espère que vous aurez le temps de lire ces livres et mieux les appliquer à votre vie personnelle. Pour en savoir plus sur l’Art de la guerre, lisez cet article et celui-ci


Bản gốc tiếng Việt :

GỌN VỀ “THẾ” VÀ “THỜI”
— Tặng các bạn yêu Dịch học
Mọi kế hoạch đều thất bại nếu sai thời. Mọi mưu đồ đều vô nghĩa nếu ngược thế. “Thế” và “Thời” như hai luồng khí – một cái nâng đỡ, một cái trôi qua – nếu không có “Tượng & Khí” (nội dung chính của chương trình DỊCH HỌC II) để soi chiếu thì rất khó nắm bắt.

  1. THẾ?
    Chữ “Thế” (勢) gồm bộ lực (力) và chữ điều/thành thế (埶), nghĩa là thế lực vận động từ sức mạnh kết cấu và vị trí. Tức là:
    THẾ = TƯ THẾ + THẾ LỰC + THẾ TRẬN + THẾ ĐỊA
    Thế là hình thế lực, như Tôn Tử dạy quân đội có “thế” khi đứng cao đánh xuống, đánh gọng kìm, chiếm cứ địa. Người ta có “thế” khi tựa vào quyền, vào tiền, vào người khác (đáng kính nể). Thế là tương quan vị trí giữa ta và hoàn cảnh, tạo nên đòn bẩy tự nhiên.
    Thế là dáng, là tư thế động, như một người “lên thế” là đang tiến về phía thuận, một công ty “xuống thế” là gãy cấu trúc. “Thế” là xu hướng lực (nghiêng về hướng nào).
    Thế là cục diện tổng thể, như một ván cờ, thế có thể hơn người về chiếm lĩnh, nhưng chưa chắc đã thắng nếu thiếu “thời”.
    Thế còn là cấu trúc lực bao quanh ta, là nền đỡ cho tâm phát sinh hành động. Thế không tự có, nó do “Tượng & Khí” sinh thành, từ địa thế, nhân thế, chính thế, xu thế, phong thế, và cả hư thế.
  2. THỜI?
    Chữ “Thời” (時) gồm nhật (日: mặt trời) và tự (寺), nghĩa là khoảnh khắc mặt trời đi qua một vị trí, rồi quay lại. Tức là chu kỳ, tiết luật.
    Thời là lúc, là chu kỳ. “Đúng thời” thì trổ hoa. “Lệch thời” thì rơi rụng. Thời là nhịp trời, không ai cưỡng được.
    Thời là nhân duyên hội tụ. Thời của một đời người là “vận hội”. Thời của quốc gia là “thiên thời”. Thời của trí tuệ chín muồi là “tuệ thời”. Có Thế mà thiếu Thời thì lực uổng. Có Thời mà không biết nương Thế thì vỡ.
    Thời là nhịp điệu khí tượng. “Thời loạn”, “thời mở cửa”, “thời hậu hiện đại”… tất cả đều ám chỉ một phong thái vận hành bao trùm, tạo nên nhiễm lực tự nhiên.
  3. PHÂN BIỆT VÀ KẾT NỐI
    Về bản chất, Thế là cấu trúc lực, vị trí; Thời là chu kỳ, nhịp điệu. Về vai trò, Thế là đòn bẩy, nền tảng; Thời là cơ hội, thời điểm.
    Thế có thể tạo được, Thời không cưỡng được. Thế có thể bày ra rất oai phong, nhưng nếu không có Thời, nó chỉ là xác chết đứng. Thời có thể rất mong manh, nhưng nếu nắm được nó, người yếu cũng bẻ được Thế như bẻ cọng rơm.
    “Tượng khí tạo ra thời thế, tâm thế, vận thế”. Điều đó ngầm chứa cả một hệ triết học dịch động: “Tượng khí” là sự giao hội giữa Hình-Khí-Ý. “Thời” là khoảnh khắc tượng khí vận hành đúng nhịp. “Thế” là khi tượng khí tạo ra thế đứng, thế bày, thế mở cho vật. “Tâm” là khả năng cảm nhận thời và thế để hành đúng. “Vận” là kết quả của toàn bộ chuỗi ấy, như sóng do gió tượng khí thổi vào dòng đời.
  4. PHẠC GIẢI
    Thế có thể nâng, có thể dìm, có thể lật nhào. Là cái nằm bên dưới mà đẩy được cái bên trên. Nó giống như đường vân tay của lịch sử: không ai giải thích được vì sao uốn lượn vậy, nhưng khi đã in hằn thì không ai tránh được. Một chính thể có quân đội mạnh, tài nguyên dồi dào, nhưng thiếu thế thì như người khổng lồ trượt trên vỏ chuối. Một người có thể tài cao đức dày, nhưng thiếu thế thì cũng như cái cây cắm ngược. Thế là cái “độ dốc lượng tử”: kẻ lợi thế là kẻ đứng trên đồi, chỉ cần búng nhẹ cũng có thể khiến kẻ to lớn ở dưới ngã.
    Thời là sự hiện diện chớp nhoáng của một cơn dao động đủ lớn để chớp được cái bất biến. Có người một đời chờ một thời. Có kẻ qua một thời mà không biết. Có người bước vào thời như con chim ngửi thấy gió xuân, tự nhiên ca. Lại có kẻ lỡ thời như cá bị quăng vào bãi cạn. Thời là sát na cửa trời mở, là một kẽ hở của định mệnh. Nó là cơn gió nhưng chỉ thổi qua một lần. Nó là “dịp”, có thể định hình cả đời người như một nốt nhạc định hình một bản giao hưởng.
    Thế sinh ra lực, thời sinh ra cơ. Người biết thì nương theo thế để đợi thời, và dùng thời để khởi thế mới. Đừng lấy sức phá thế, chớ lấy lòng chờ thời. Người khôn là người lội đúng dòng, người trí là người bật nhảy khi gió lên.
    Chính trị là trò chơi của thế, kinh doanh là cuộc truy đuổi thời. Kẻ làm chính trị không tạo ra thế mà biết đứng đúng chỗ để thế nâng lên. Tào Tháo từng nói: “Ta không làm thiên hạ loạn, mà chỉ nhân thiên hạ loạn mà làm.” Kẻ làm thương trường không tạo ra thời mà biết giương buồm khi gió vừa nổi. “Thiên thời, địa lợi, nhân hòa” thực ra là ba cách để nói về thế: thiên thời là phần chuyển [động], địa lợi là phần hình [thể], còn nhân hòa là phần “cảm xúc” của thế. Vạn sự thành nếu chạm đúng điểm giao nhau của ba làn sóng.
    Vậy, có thể thay đổi thế? Có thể làm ra thời? Câu trả lời: có, nhưng không phải bằng sức mà bằng Khí. Khí là kẻ tạo thế. Khí của một người, khí của một dân tộc, khí của một thời đại, chính là thứ âm ỉ tạo nên địa hình vận động của lịch sử. Một kẻ “tiểu nhân” lên làm vua là do khí của thời đại ấy kêu gọi tiểu nhân. Một vị thánh sinh ra đâu phải để cải hóa mà để chứng minh sự u mê đã quá đủ dày. Một làn gió nhỏ cũng làm đổi hướng cánh buồm nếu trời lặng. Nhưng trong bão, một cánh quạt khổng lồ cũng vô nghĩa. Phạc nhiên đứng giữa dòng khí ấy, không cưỡng, không đẩy, chỉ biến. Biến từ bên trong… Biết lui khi thế quá nghịch, khi thời chưa hé, thì sống mà như thở. Lặng lẽ, nhưng gió hùa theo. Trong “Thế” và “Thời”, người thắng chỉ là biết phù hợp. Phạc nhiên là sự hòa hợp không cần phù hợp, chỉ cần một tiếng cười nhẹ… he he.
    [Phong Vệ biên]

Câu hỏi : Tiểu nhân thành thiên tử nhờ khí của thời đại ấy. Vậy cái gì, ai tạo nên cái khí của thời ấy? :
Trả lời : Cái khí của thời ấy sanh ra từ cả một tập thể hít thở sai trong một thời gian quá dài

Câu hỏi : Bẻ cọng rơm thực ra có dễ đâu? Cái khó là làm sao biết được thời thế của chính mình?.
Trả lời : Muốn biết thời thế của chính mình, cần ba tầng soi chiếu, đặt gương: soi trời, soi đất, soi lòng mình. Muốn biết “Thời” thì nhìn ra ngoài xem thời đại đang là gì. Là thời nhiễu nhương hay thời sáng nghiệp? Là lúc khởi binh hay lúc ẩn thân? Dùng tai nghe thiên hạ, dùng mắt đọc chân mây, dùng bụng đo sức gió. Thời là khí vận lớn của toàn cục, không thuộc về cá nhân, nhưng cá nhân phải biết như người đi biển biết chờ con nước.
Muốn biết “Thế” thì nhìn quanh xem mình đang ở vị trí nào trong bàn cờ. Đang cưỡi sóng hay lọt đáy? Đang bị vây hay đang ở thế vây? Ai là đồng minh? Ai là địch? Thế là đòn bẩy, biết đặt lực đúng chỗ, gẩy nhẹ cũng thành sức nặng ngàn cân.
Muốn biết “Mình” thì nhìn vào trong: mình có gì trong tay, trong đầu, trong gan?
Mình là lửa, hay là nước? Là kẻ châm mồi, hay giữ goal? Là người giỏi phát động, hay chỉ chờ thời? Không biết mình, thì thời có đến cũng lỡ, thế có dựng cũng sụp.
Vại, muốn biết thời thế của chính mình, không thể ngồi đợi nó rơi trúng đầu. Phải đi, phải nhìn, phải hỏi, phải trải, và tỉnh. Và nhiều khi, chỉ khi đập đầu vào đá, mới biết mình đang leo nhầm núi rồi.

Bilan de 2025 : Première année de Reconversion
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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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