Cela fait plusieurs années que je veux retourner à Londres, principalement pour aller au Warner Bros Studio Harry Potter. Mais quand on était nomades, passer un mois à Londres nous paraissait hors de prix, alors qu’aller à Londres en étant sédentaires à Lille nous semble plus raisonnable déjà. Malgré la proximité avec la France, c’est seulement mon deuxième séjour à Londres. La première fois, j’étais stagiaire à Oslo et je passais mes vacances de Noël à Londres chez mon meilleur ami. Le contraste entre Oslo et Londres était saisissant : par rapport à la Norvège, tout me paraissait abordable et l’offre était immense. J’ai ramené plein de livres anglais (qui coûtaient une fortune à Oslo à cause des douanes). Forcément 15 ans séparent ces deux expériences et Londres que j’avais connu la première fois n’existe plus.
Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques
Partie 1 : Carnet de voyage
Le timing n’est pas bon car pendant quasiment toute la durée de notre séjour, les métros londoniens sont en grève. C’est la première depuis deux ans ! Cette fois, AUCUNE LIGNE ne fonctionne. Le métro est purement et simplement fermé, il n’y a même pas de service minimum. Tout ce qui nous reste à faire est de marcher ou de prendre un bus. Le programme que j’ai établi un mois à l’avance a dû être refait pour contourner cet inconvénient et j’ai dû prévoir beaucoup plus de temps de déplacement.
Jour 1 : Musées et Librairies
L’Eurostar a 15 minutes de retard et apparemment c’est assez fréquent donc si vous réservez des tours / heures d’arrivée aux musées, il faut y penser dans votre programme. Nous laissons notre valise à la consigne de la gare St Pancras (15£ pour 24h) mais je pense que j’aurais dû utiliser le service Nannybag qu’on a pu tester un peu partout dans le monde qui est trois fois moins cher.

Le premier stop était supposé être le British Library, mais la Treasures Gallery est fermée pour rénovation. Y sont conservés une bible de Gutenberg, le manuscrit d’Alice’s Adventures in Wonderland…
Le second stop était supposé être le British Museum mais quand j’ai réservé nos tickets, je n’ai pas pu avoir d’entrée avant 11h donc j’ai pris 12h à la place.
Nous marchons jusqu’à la National Gallery. Ici, pas besoin de réserver. L’entrée est gratuite. Nous n’avons qu’1h30 avant de revenir au British Museum donc nous marchons très vite et n’avons pas le temps de voir toutes les salles.


Voici les œuvres que j’ai reconnus et appréciés.























Celui qui me plaît le plus est bien évidemment « Les Époux Arnolfini » de Jan van Eyck. En vrai le tableau est encore plus beau, les couleurs plus vives et les détails dans le miroir d’une précision chirurgicale. Il y a toujours beaucoup de touristes autour de ce tableau car c’est un des premiers qu’on voit en entrant au musée.


Il est déjà temps de revenir au British Museum. L’entrée est gratuite mais il faut résever en ligne. Nous avons le slot de 12h mais la personne qui scanne le ticket ne regarde même pas l’heure. Nous avons droit à un contrôle de sac qui est assez efficace et rapide. Mon petit sachet de saucisson passe quand même alors que d’autres nourritures trop grandes devront être laissées ici. N’ayant pas le temps de déjeuner, ce petit sachet de saucisson va nous servir de snack.
J’ai fait le tour du musée pour regarder les quinzaines de choses à ne pas manquer dans le plan du musée. Cela représente quand même 2h de marche non-stop.








Ce qui me fascine c’est la pierre de Rosette dont nous avons vu une copie au musée du Caire. Mais c’est beaucoup mieux de l’admirer en vrai. La deuxième chose c’est la tablette de Gilgamesh, beaucoup plus petite que dans mon imagination. Et la troisième chose est la salle 2a, remplie d’objets en or (un don d’un membre de la famille Rothschild). J’aime tellement cette salle que je suis revenue une deuxième fois regarder absolument tous les objets.
















Nous avons tous les deux très mal à la tête et devons sortir prendre l’air. Nous déjeunons juste à côté, à la terrasse du Menya Ramen House. La bonne nouvelle c’est que les fumeurs sont confinés à 1m² dans la rue comme des pestiférés donc nous ne sommes jamais dérangés par la fumée dans la rue ou même en terrasse.

Je fais le tour du quartier à la recherche de librairies d’occasion. Certaines sont des antiquaires et je vois par ci par là des 2ème éditions de The Lord of the Rings, la peacock edition de Pride & Prejudice etc. Il y a juste deux adresses où je peux m’acheter des choses :
- Any Amounts of Books
- Henry Pordes
où ils ont une petite collection de livres pour bibliophiles mais accessibles provenant de Folio Society, Franklin Library, Easton Press etc. Chez Any Amounts of Books, je saute de joie quand je repère An Innkeeper’s Diary, un livre dont la côte est très faible mais qui est hilarant. Cela fait longtemps qu’il est dans ma wishlist dans cette édition. J’ouvre le livre et je vois « £40 ». Connaissant la côte de ce livre (£5 environ), je regarde plus attentivement et remarque que le £ forme avec le 1 le chiffre 4. Nous demandons le prix à la vendeuse et c’est confirmé que c’est plutôt £10. Ouf, je n’aurais pas acheté sinon.
Je suis un peu étonnée de connaître à ce point là la côte des livres car je suis capable de regarder les prix des autres livres (que je ne veux pas acheter) et estimer si le prix est correct ou pas; preuve que j’ai passé BEAUCOUP, BEAUCOUP trop de temps sur les sites de vente de livres d’occasion 😀
J’aurais dû postuler chez Henry Pordes, dont la patronne est en train de refuser poliment la candidature d’une jeune fille qui n’a pas beaucoup d’expérience en librairie. Elle dit avoir besoin de quelqu’un avec beaucoup d’expérience; et dans le milieu de livres d’occasion, cela veut dire être capable de repérer les bons plans; les livres rares, estimer un prix juste selon l’état des livres; chose que seul un libraire ou un collectionneur expérimenté peut faire. Elle a l’air de sourcer ses livres en ligne car une passante est venue dans la boutique pour la remercier de ses achats sur eBay. Cette vendeuse eBay reçoit des livres gratuitement (dons de particuliers). Les plus chers sont mis en vente en ligne pour avoir de l’argent à envoyer en Afrique, les moins chers des livres sont envoyés en Afrique. Chez Henry Pordes, je découvre de très beaux livres reliés en quart avec du parchemin. Le titre est doré sur un autre cuir, le reste de la déco est fait directement sur le parchemin. C’est quelque chose que je peux faire moi-même avec ma méthode d’enluminure. Je voulais en ramener un pour apprécier la technique, mais ne suis pas prête à payer £115 pour un livre de poésie que je ne lirai pas. Apparemment, dans cette collection, il y a l’intégrale de Shakespeare, qui sera beaucoup plus intéressante, mais sûrement pas au même prix.


Pendant tout notre séjour à Londres, on ira à toutes les librairies qui sont sur notre chemin et je dois dire que je suis assez déçue des librairies d’occasion ici. Je trouve difficilement les classiques. Et quand j’en trouve, on est dans les tarifs d’antiquaires. Allez quand même à Cecil Street, rue des antiquaires pour faire du lèche-vitrine. On y trouve des premières éditions d’Alice au pays des merveilles, Beatrix Potter et plein d’autres belles choses (miniatures de chaises en argent, couverts en argent, anciens maps etc.)


Je passe voir House of MinaLima, un couple de designers qui ont travaillé pour la série Harry Potter. Si j’ai bien compris, ils étaient responsables de tous les éléments de déco en papier pour les films. Récemment, ils ont fait des livres Harry Potter « Mina Lima » très chargés, décorés avec des éléments en 3D partout. Malheureusement le contrat pour les 4 livres restants n’a jamais eu lieu, laissant Mina Lima dans le désarroi et les bibliophiles avec une collection incomplète. La boutique est très jolie mais rien ne m’intéresse. Je ne suis pas fan d’Harry Potter à ce point-là et tout m’a l’air maintenant très enfantin.





Nous devons revenir à la gare pour récupérer la valise avant d’aller à notre Airbnb. Nous attendons 30 minutes à un arrêt de bus pour apprendre que le bus que nous voulons ne passera pas (même si le temps d’attente est clairement affiché sur le panneau). Les locaux s’impatientent mais ne se plaignent pas à haute voix comme le feraient les français. Il y a juste du désespoir et de la déception dans leurs yeux. Nous devons marcher un peu plus loin et sommes soulagés de voir que le bus 27 qui nous dépose quasiment au pied de notre immeuble passe. Et régulièrement en plus !
Notre Airbnb est minuscule (25m²) mais bien meublé (cuisine + salle de bain privées) et bien situé (près de la gare Paddington et avec plein de restaurants autour). J’opte pour un dîner délicieux chez le coréen du coin, tandis que JB se contentera d’une pizza napolitaine.

Le soir, nous regardons le premier film de la saga Harry Potter pour que JB (qui n’a ni lu les livres ni vu les films) ait des références visuelles pour bien profiter de la visite de Warner Bros le lendemain.
Jour 2 : Sherlock Holmes & Harry Potter
Si le métro fonctionnait, on aurait été plutôt au musée Victoria & Albert. Mais comme nous sommes encore en pleine grève, je décidé de remplacer le musée par le musée Sherlock Holmes, desservi par le bus 27 que nous jugeons fiable et régulier. Bien évidemment, le musée se situe au 221B Baker street. Tout est fait pour qu’on ait l’impression qu’il existait pour de vrai et qu’on admire ses vrais meubles. Je suis gaga de la période victorienne d’Angleterre donc quand je suis dans une maison victorienne décorée à la victorienne, je suis aux anges ! J’observe attentivement les meubles et je veux exactement les mêmes !!! J’aime trop. Au 1er étage, il y a une guide habillée comme une domestique pour nous expliquer la disposition des chambres. Aux étages suivants, nous visitons librement et restons autant de temps que nous souhaitons. Pour ce musée, il n’est pas indispensable de réserver. La boutique de souvenirs est bien fournie mais rien ne me dit particulièrement.




J’ai le temps d’aller voir Oxfam Marylebone. Oxfam est une chaîne de magasins d’objets d’occasion. On y trouve pas mal de cachemires mais d’une qualité douteuse. A côté, Daunt Books Marylebone (recommandé par une experte de Londres) est rempli de livres mais neufs. Mais la librairie est magnifique et vaut une visite.



Nous marchons sous la pluie (heureusement qu’on a pensé à nos parapluies) et nous nous abritons à Waterstones (Gower Street) car il est encore trop tôt pour déjeuner. Ici au sous-sol, il y a une immense collection de livres d’occasion mais je ne trouve absolument rien. Cependant, il y a un espace « jeux de société » et café où vous pouvez vous asseoir et lire pendant des heures. Nous déjeunons à Guilin Ramen House 桂小卤 où le riz au canard laqué est absolument délicieux, je vous recommande vivement !

Il est déjà temps de rejoindre la station Euston et prendre le train vers Warner Bros Studio. Une copine m’a dit de prendre les transports publics au lieu d’opter pour le bus partant de Londres au studio, plus cher et pas plus rapide. Ainsi, nous prenons le train d’Euston Station jusqu’à Watford Junction. On nous dit de payer en passant notre carte bancaire aux barrières, comme on le ferait avec une carte de transport. C’est moins cher que d’acheter des tickets spécifiques. Et puis, à Watford Junction, il y a une navette gratuite de Warner Bros studio qui nous dépose devant le studio (il part toutes les 15 à 30 minutes). Tout ça nous a pris 1h30 quand même !

Warner Bros Studio Harry Potter
Les 8 films d’Harry Potter ont été tournés dans ce studio donc ils ont eu la bonne idée de garder un maximum de décors et de costumes. Les tickets sont pour une heure précise et il faut y être 20 minutes avant, mais si vous arrivez plus tôt ou plus tard, ce n’est pas très grave. Ca nous rappelle Universal Studio aux USA, mais en moins festif. Les visiteurs ont l’air complètement épuisés eux aussi par la météo et le temps qu’il faut pour venir jusqu’ici.
Nous avons accès à plusieurs décors, mais ceux qui m’impressionnent le plus sont : le bureau de Dumbledore, la banque, la maison des Dudley en taille réelle et Hogwarts en taille miniature. C’est incroyable de se dire qu’on est DANS Harry Potter. Tous ces éléments en taille réelle donnent l’impression que le monde d’Harry Potter existe vraiment et qu’on va bientôt croiser un Death Eater. Il y a beaucoup d’éléments qui sont actionnés mécaniquement dans le film (le fer à repasser qui repasse tout seul; les portes du coffre et les portes de Hogwarts) et nous pouvons aussi les actionner en appuyant sur un bouton. Je pense que suite au succès du livre, ils savent que les films rapporteront beaucoup donc les équipes ont du budget pour rendre les films aussi attrayants et réalistes que possible. Devant chaque décor, il y a un écran TV avec sous-titres en anglais pour expliquer les coulisses de ce décor. Ceux qui ne parlent pas anglais peuvent prendre un audio guide dans la langue de leur choix.



















JB ayant quelques références suite au visionnage du film la ville, profite un peu plus que quand on était chez Universal.
La visite est très longue et m’épuise car cela fait 2 jours que je marche non-stop. Et mes chaussures pas si neuves (j’ai acheté exprès pour Londres et je les ai faites plusieurs semaines avant la visite) me font mal. Il y a un café au milieu du parcours où les gens s’arrêtent pour prendre un Butter Beer. Je l’ai déjà eu chez Universal et sais que ce n’est pas pour moi, c’est extrêmement sucré.
Nous partirons sans aucun goodie car rien ne me semble de grande qualité. Même les vêtements sont très mal faits, dans des tissus cheap. Je ne peux pas ! Mais d’après JB, le taux de conversion doit être supérieur à 50% (au jugé, en observant les groupes qui sortent avec un sac d’achat) avec un panier moyen de £20. Près de la sortie, je prends un chocolat chaud pas terrible, j’ai mal aux pieds et je suis épuisée. Mais je suis très contente d’être venue, c’est mon rêve depuis quelques années maintenant qui est réalisé.
Nous passons 2h dans les transports pour rentrer à Londres. On s’offre du canard laqué chez Phoenix Palace. Il est encore plus gastronomique que notre déjeuner.

Jour 3 : Oxford & centre de Londres
Pas de stress ce matin car pour aller à Oxford, il suffit de partir de la gare Paddington qui est juste à quelques mètres de chez nous. Par contre, je me suis mal renseignée sur le prix des tickets et quand on nous annonce £180 pour l’aller-retour pour 2 personnes, nous sommes estomaqués et devons refaire des recherches en urgence pour trouver une solution (un peu) moins chère. Il y a des tarifs « all day » et « off-peak », puis des trains rapides/lents etc. Nous finirons par payer £47 pour l’aller par personne (tarif plein, train rapide) car nous devons absolument être devant Christchurch College avant 10h30 et rentrons avec un train plus lent mais moins cher £18/personne. Toutes les options possibles ne sont pas disponibles sur les bornes d’achat. C’est sur thetrainline.com que nous avons trouvé les options les plus économiques.
Les tickets pour Christchurch College ne sont disponibles que vendredi de la semaine d’avant et il faut faire attention car certains horaires indiquent une fermeture partielle. Les tickets pour Bodleian Library sont disponibles un mois à l’avance, donc pour pouvoir venir aux deux le même jour s’avère être une mission douloureuse. D’ailleurs, nous étions censés être à Oxford le premier jour mais comme l’université était à moitié fermée pour les touristes, j’ai dû choisir un autre jour. Je n’ai pas pu avoir les deux sites pour le même jour donc je préfère une visite de Christchurch College. Harry Potter s’est beaucoup inspiré de l’architecture de cette université. Le ticket coûte £18/personne avec audio guide en plusieurs langues. On peut visiter aussi longtemps qu’on veut, sachant que la salle à manger est fermée entre 11h30 et 14h.





























Les conditions d’apprentissage à Oxford sont véritablement idéales. Les étudiants vivent dans l’université ou à proximité immédiate, disposent de repas servis trois fois par jour et n’ont pas à se soucier ni du ménage, ni de la lessive, ni de l’achat de livres, tout leur est fourni. Leur seule mission est d’étudier. En plus, ils bénéficient d’un suivi quasi individuel grâce aux tutorats, où un professeur encadre de manière personnalisée seulement un à trois élèves. Étudier dans un établissement d’une telle renommée, au cœur de bâtiments pluriséculaires, doit être une expérience absolument inoubliable.
Honnêtement, après ma visite du Christchurch College, je me sens vraiment mal. Je sais que je ne ferai jamais partie de ce réseau prestigieux des anciens d’Oxford. Même si j’avais eu les moyens d’y étudier (£35,000 / an pour les étrangers), je doute que j’aurais été admise de toute façon. Pour intégrer une école comme Oxford, il faut non seulement un immense travail, mais aussi une solide part de talent inné, car on évolue là dans des sphères réservées à une élite (une émission de la BBC a plus ou moins conclu la même chose en étudiant le cas de Vanessa Mae (nature vs. nurture)). J’avais des conditions d’étude très favorables aussi mais ça ne suffisait pas. Cette pensée me renvoie à un profond sentiment d’infériorité : je me vois comme quelqu’un de médiocre, jamais enough, jamais à la hauteur. Dans ma tête, je fais la liste de mes compétences et j’en arrive à : je suis passable partout mais brillante nulle part.
La seule fois où l’on m’a considérée comme une sorte de prodige, c’était en musique – mais ce domaine ne m’intéressait pas et la société n’en avait pas besoin. Le vrai piège, quand on a de la facilité, c’est qu’on s’attend à retrouver ce même talent naturel dans d’autres domaines. Et quand cela ne vient pas, on se sent nul, inadéquat, misérable. À l’inverse, une personne qui n’a pas de don particulier sait qu’elle doit travailler dur, accumuler ses 10 000 heures d’efforts, et peut en retirer une vraie fierté. Parfois, il est même difficile de savoir si un domaine paraît « facile » parce qu’on y a un talent naturel ou simplement parce qu’il est objectivement simple. Je ne sais toujours pas si le marketing fait réellement partie de mes aptitudes innées, ou si c’était juste une matière objectivement facile pour tous.
Une amie qui figurait souvent parmi les dernières de la classe n’a pas vécu la même enfance que moi, qui faisais partie des premiers. Pour moi, décrocher un 14/20 était une humiliation, alors que pour elle, ce même 14/20 représentait une véritable victoire. Les premiers de la classe ne se sentent jamais véritablement à la hauteur, jamais assez brillants, car il y a toujours des prodiges encore plus intelligents, plus rapides, plus doués – notamment dans la famille proche. Il est tout à fait possible que certains diplômés d’Oxford jalousent ceux qui sont diplômés d’autres écoles privées en Suisse 😀
Cette visite m’a aussi fait comprendre pourquoi certains parents poussent leurs enfants à accomplir les rêves qu’eux-mêmes n’ont pas pu réaliser. Si j’avais un enfant et que je voyais les installations d’Oxford, je crois que, moi aussi, j’aurais envie qu’il y fasse ses études 😀
Inutile de me raisonner. Les gens comme moi avons besoin de nous sentir nuls pour avancer; sinon nous n’irons pas loin.
Comme une réponse à ma réaction, j’ai relu quelques semaines plus tard dans « Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains » d’Alexandra David-Néel le passage suivant : « Aucun sentiment spécial envers quoi que ce soit n’est prescrit dans les enseignements secrets. Le Maître s’attend à ce que l’élève qui a examiné les sujets vers lesquels son attention a été attirée y trouve des raisons d’une sereine indifférence. S’il ne peut pas se refuser à tenir un rôle dans la pièce — comédie ou drame — du monde, il comprend du moins qu’il n’y a là qu’un jeu. S’il lui est dévolu de personnifier un roi, un homme illustre, un grand savant, il ne s’enorgueillit pas ; s’il doit figurer un pauvre hère, un ignorant, il n’en conçoit point de honte. Il sait que ces différences n’existent que sur les tréteaux et que, la pièce terminée, les acteurs seront dépouillés des défroques dans lesquelles ils se sont montrés.«
Heureusement, un excellent restaurant indien à Oxford (Dishoom Permit Room Oxford) arrive à me remonter le moral. Nous optons pour plusieurs petites portions façon tapas et c’est le meilleur indien de notre vie !


J’achète un tea towel avec le plan d’Oxford. Pour me faire mal, je vais le regarder régulièrement ahahaha. Je termine par un bubble tea (le sucre est le meilleur remède contre la dépression) et nous bravons la pluie pour rentrer à Londres.
JB me demande si j’ai prévu d’aller à Buckingham Palace, au Tower of London etc. je réponds « non » car je ne les ai déjà visités la dernière fois. JB qui est venu plusieurs fois à Londres, les a vus plusieurs fois aussi, mais jamais la relève de la garde (que je ne trouvais pas mémorable de toute façon). Pour lui faire plaisir, nous nous rendons à Buckingham Palace. L’ambiance est toujours off pour moi, je ne ressens pas de bonnes vibes. Nous marchons ensuite jusqu’à Westminster Abbey, toujours une ambiance très bof. Nous assistons à la messe qui heureusement a plus de musique que de prière. Les institutions comme ça ont leur propre chœur et les enfants répètent jour et nuit. C’est très très joli mais acoustiquement, ce n’est pas le meilleur. Nous attendons ensuite les cloches de Big Ben avant de faire nos curieux devant les barrages du Downing Street. Piccadilly est beaucoup plus petit que dans mes souvenirs. Un peu plus loin, des mecs en costume s’entassent sur le trottoir dans un rectangle d’un mètre de largeur le long des murs du pub pour se crier au visage les uns des autres. On n’entend rien, on ne comprend rien, mais voilà chacun a une bière à la main. Happy hour.








Voilà une partie bien touristique de la ville mais encore une fois, l’ambiance n’est pas cool. Je ne trouve pas Londres cool, je trouve la ville terne, très chère, remplie de visages désespérés. Il faut de l’argent partout. Que ce soit pour le métro, le thé, le logement hors de prix, l’électricité hors de prix. Ceux que je connais et qui ne travaillent pas en finance sont colocataires et ont une vie moins agréable qu’à Paris (si on considère que la vie à Paris est agréable). Les self-made qui sont dans la finance se voient tellement de portes fermées à cause de leur statut social qu’ils essaient de faire leur social climber en envoyant les enfants aux écoles privées pour être avec l’élite; en échange, la pression financière est énorme car ce pique-nique chez la duchesse machin demande à ce que les enfants sachent plus ou moins faire de l’équitation… ah !! Les gens sont mal habillés, mal coiffés. La beauté disparaît des rues, ne reste que l’ombre d’un passé glorieux dans tel bâtiment historique, sur l’étagère de telle librairie. Quel soft power moderne reste-t-il de l’UK ?
Quand je suis venue à Londres pour la première fois, j’étais impressionnée : enfin un pays où la langue maternelle est l’anglais, j’ai été subjuguée par des endroits vus uniquement à la TV, le côté festif de Noël, l’offre de shopping immense au Boxing Day et comparé à Oslo où il ne se passait rien, Londres était le paradis. Mais maintenant, tout est en ligne; je peux accéder à n’importe quel livre en anglais partout dans le monde; j’ai même trouvé un intermédiaire qui peut me réexpédier des colis réceptionnés au UK. Les vêtements faits au UK ne sont plus les meilleurs au monde. Leur laine qui gratte ne sera pas aussi bien que le pashmina. C’est dommage que je n’aie pas eu le temps d’aller à Savile Row, ça m’aurait donné un peu plus d’estime pour Londres. J’ai passé suffisamment de temps en Australie et aux USA pour ne plus être impressionnée par les pays anglophones. Bref, je trouve Londres overrated et c’est probablement la dernière fois que j’y vais.
Il y a un seul magasin qui a redonné des étoiles dans mes yeux : Liberty. Le bâtiment est ancien et très joli, et ils vendent des tissus liberty dans toutes les matières mais notamment en soie !!! Il faut compter £65 et £80 le mètre en soie, et il y a des coupons pour £15. Je n’ai rien acheté car le liberty n’est pas mon motif préféré mais être entourée d’autant de beaux tissus me plaît beaucoup. Il y a une section dédiée aux motifs de William Morris. La porcelaine est de très mauvaise qualité, mais pour les fans de William Morris, au moins c’est fabriqué au UK. Au 3ème étage, il y a une section de livres rares & anciens. On y trouve plein de classiques, aux prix plus élevés que la moyenne – sauf un livre qui était sous-côté (£95 au lieu de £120) mais je ne l’ai pas pris non plus car je ne suis pas très poésie. Il est toujours là si ça vous intéresse.





JB et moi dînons dans une cantine indienne bondée. Nous avons à peine de la place pour nous asseoir mais les prix défient toute concurrence : £16 pour un énorme plateau (vegan par contre) suffisant pour deux personnes.


Il est à peine 20h30 mais Londres s’est transformé en Londres de Jack l’éventreur. Les gens se mettent en mode « protection maximale » et se dépêchent de rentrer car des ombres qui ne marchent pas droit envahissent les rues, même en plein centre. Nous croisons une jeune femme qui se fait harceler par un mec d’une soixantaine d’années : « comment ça vous ne savez pas où se trouve la rue XYZ » à un carrefour. Suite à quoi elle répond timidement « I’m not from here ». Une autre jeune femme à côté s’enfuit à toute vitesse pour ne pas être interrogée sur Google Maps. C’est la méfiance partout. A 20h30 !!!!!
Jour 4 : Windsor Castle et V&A Museum
Aujourd’hui, c’est notre dernier jour à Londres. Nous déposons notre valise à une consigne de Nannybag près de Paddington station puis nous allons chez des milliardaires aka la famille royale. Nous visitons Windsor Castle, le QG de la reine d’Elizabeth II. Il faut compter environ £14/personne en transport.





Buckingham Palace est ouvert aux touristes en été également, mais je suis plus attirée par Windsor Castle. Dès qu’il y a de l’argent à foison, on sent que les vibes sont plus joyeuses. Il y règne une ambiance de « on est trop bien, on est trop puissant »… à chaque coin du château. Nous avons un audio guide chacun. On peut choisir de visiter la chapelle St-Georges en premier ou les state apartments en premier. Je choisis de visiter la chapelle car il y a du soleil et les vitraux seront plus jolis. Je suis très surprise de connaître déjà l’histoire de tous les rois et reines cités dans l’audio guide, preuve que je regarde BEAUCOUP BEAUCOUP trop de séries HBO et lis trop de romans de Ken Follett & Philippa Gregory. On y voit aussi une dalle noire où est enterrée la reine Elizabeth II avec sa famille. Je suis très contente de voir qu’Henry VIII qui voulait un monument dédié à sa gloire, a fini par être mis dans un coin comme un roi lambda pour que les touristes comme moi lui marchent dessus.
Avant les state apartments, c’est le highlight de toute la visite : Queen Mary’s doll’s house. C’est une maison de poupée miniature, qui sert à mettre en avant l’artisanat anglais suite à la 1ère guerre mondiale. Tout est fonctionnel : eau courant (chaude et froide), l’ascenseur, l’électricité… La maison de poupée a elle-même sa propre maison de poupée ahahah. La bibliothèque est remplie de 170 livres manuscrits faits par de véritables auteurs anglais et reliés avec soin au parchemin ou maroquin. C’est un architecte qui s’est occupé du projet; avec des centaines d’artisans – et maisons de prestige dont certaines existent encore aujourd’hui. Cette maison me plaît tellement que nous avons fait le tour 2 fois pour repérer les détails. Et je suis partie avec une boîte métallique représentant la maison + un livre sur la maison 😀

Les State Apartments sont comparables à Versailles, peut-être même plus riches, puisque certaines salles sont encore utilisées par la famille royale pour des réceptions officielles. C’est fascinant de se trouver dans un lieu où des objets s’accumulent depuis plus de neuf siècles. On y ressent une énergie à la fois puissante et positive. Je me dis que si le Royaume-Uni devait un jour traverser une grande crise, il suffirait d’emmener les chefs d’État ici pour qu’ils changent immédiatement de perception : le soft power dégagé par une telle histoire et par l’aura d’un tel bâtiment est absolument indiscutable. C’est pour ça que la France tient encore à son défilé du 14 Juillet, à son Elysée et autres signes d’un ancien empire.
Cela me fait réfléchir à l’importance du generational wealth d’un point de vue financier. Issue d’une famille de self-made, le seul generational wealth auquel j’ai eu accès, si l’on peut l’appeler ainsi, était la bibliothèque de mon grand-père. Détestant les livres abîmés par la bave et au papier jaune des bibliothèques, je n’avais en réalité accès aux grands classiques que grâce à cette collection. Mon grand-père, grand bibliophile, possédait en plus des éditions de qualité, pas en maroquin car on n’avait pas d’argent; mais au papier plutôt blanc et épais. Aujourd’hui, je sais que ma nièce bénéficiera non seulement de ma propre bibliothèque, mais aussi de mes bijoux. Elle a d’ailleurs déjà repéré ceux qui l’attirent… en fait, la totalité de mes bijoux !! 😀
On ne peut pas prendre de photos à l’intérieur donc je vous laisserai les découvrir soit sur Google Images, soit en vous rendant sur place.
V&A Museum
Nous mettons beaucoup de temps à rentrer à Paddington car nous prenons le train Elizabeth Line au lieu d’un GWR. Arrivés à Paddington, il pleut des cordes et nous nous cachons dans un restaurant indien (encore un !) pas trop mal et pas vegan. Je suis au bout de ma vie car j’ai le SPM mais décide quand même de marcher jusqu’au Victoria & Albert Museum. J’aurais dû prendre le métro mais je ne savais pas que cette ligne du métro n’était plus concernée par la grève. My bad.
Cela fait plusieurs années que je développe une obsession pour William Morris. Je sais que le Victoria & Albert Museum a une collection énorme des œuvres de William Morris (en archives); comme je ne pense pas revenir à Londres, c’est le moment ou jamais d’y aller. Je brave la fatigue et la pluie et j’arrive au musée presque en boîtant car j’ai mal aux pieds. JB met notre valise à la consigne du musée (£5).
Le musée est immense et j’ignore où sont les œuvres de William Morris, le fondateur du mouvement Arts & Crafts. Je me renseigne à gauche à droite et on me conseille d’explorer la salle 123 au 3ème étage & les salles aux alentours. Je trouve par ci par là un tapis de Morris & Co, puis un papier peint de Morris & Co. Et là à la salle 123 je vois un coin dédié à mon idole : tapis, rideau, vitraux, meubles, livres, dalles … en gros une grande partie de ce qu’il a accompli dans sa vie. Pour en savoir plus sur William Morris, lisez mon autre article. Je suis déçue de ne pas voir son livre, The Kelmscott Chaucer, le plus beau livre imprimé au monde, mais il y avait un test d’impression d’une page de ce livre et c’est tout aussi joli que dans mon imagination. Les papiers peints & tissus imprimés artisanalement sont super net. Je trouve que les impressions numériques actuelles sont belles mais ne pourront jamais avoir la même qualité que l’impression mécanique. C’est pour ça que les foulards Hermès utilisent toujours l’impression dite lyonnaise.










Au RDC, je trouve une salle à manger décorée par William Morris quand il était jeune. J’y ai dégusté un chocolat chaud, sur un plateau avec son motif. Les murs sont en relief (plâtre), les vitraux sont absolument magnifiques, les traits super fins et précis.




A la boutique de souvenir, les motifs de William Morris sont imprimés sur des foulards en soie. Je pense que ça lui aurait plu. Il était pour la beauté, ça l’aurait attristé que ses motifs soient imprimés sur du polyester. La boutique de souvenirs de V&A Museum est la plus quali des musées. En même temps, il s’agit d’un musée sur les arts décoratifs, heureusement que la boutique est à la hauteur. J’aurais aimé explorer davantage (notamment l’expo Cartier du moment) mais le temps presse et j’ai super mal au ventre donc nous nous dépêchons de prendre le métro et nous rendre à la gare.
A King’s Cross, je tente de trouver la plateforme 9 3/4 mais en vrai, entre la plateforme 9 et 10, il n’y a pas de mur. A 10 mètres de là, il y a une boutique de souvenirs Harry Potter et un mur où les gens font la queue pour se faire photographier par un photographe pro.



Nous rentrons à Lille tardivement depuis St Pancras. Il fait froid et il pleut. On dirait que la météo londonienne nous a suivis. Je suis contente de rentrer, enlever ces chaussures qui me font mal. Mon appartement lillois paraît immense comparé à notre airbnb londonien – je suis peut-être trop vieille pour les petits espaces 😀
Partie 2 : Conseils pratiques
- Londres est devenu cashless. Venez avec une carte internationale comme Revolut ou Boursobank pour tout payer en pound sans frais
- Pensez à réserver à l’avance :
- Warner Bros Studio
- Christchurch College (tickets en vente tous les vendredi pour la semaine suivante)
- British Museum (entrée gratuite mais il faut résever en ligne)
- Budget :
- Eurostar : 140€/personne aller-retour
- Airbnb : 120€/nuit
- Windsor Palace : £31/personne
- Christchurch College : £18/personne
- Resto : entre £16 – £22/personne + 12% de service. On peut demander gratuitement du « tap water » (eau du robinet) au restaurant
- Bus/métro : environ 3€ par trajet, nous payons avec nos cartes bancaires car il y a une limite de dépenses quotidienne
- Londres – Oxford : minimum £36/personne aller-retour
- Londres – Watford Junction : environ 14€/personne aller-retour
- Les musées sont gratuits
- Consignes : £5 avec nannybag


