Déjà 3 mois à Tahiti ! (Polynésie Française)

Je vais faire un petit bilan au quart de notre aventure polynésienne pour raconter un peu ce qui se passe à Tahiti en ce moment. Pourquoi je parle du « quart » ? Parce que JB a décidé de prolonger de quelques mois notre séjour à Tahiti. Neuf mois (durée prévue initialement) ne nous paraît pas assez long pour bien profiter de ce paradis, on va rester deux mois en plus.

En 3 mois, nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour voyager finalement. Les week-ends, nous restons à Tahiti, il y a eu un petit tour de l’île, un aller-retour à Moorea et 6 jours de vacances. Comme nous vivons déjà dans un lieu de vacances, il suffit de faire quelques minutes en scooter pour avoir l’impression d’être en vacances, donc on n’a pas forcément besoin de changer d’île pour ça.

Il pleut énormément depuis juin donc les week-ends où il fait chaud et beau ne sont pas si nombreux. L’eau est souvent agitée, JB n’arrive plus à faire du snorkeling tous les matins comme avant.

Nous avons pu arracher les derniers tickets disponibles pour une soirée Heiva i Tahiti (concours de danse & chant traditionnels) et cette soirée a été reportée deux fois, pour avoir finalement lieu un soir sans pluie. C’est vraiment impressionnant, il y a une centaine de danseurs sur scène, la musique est live et magnifique. Les groupes sont notés sur différents critères, principalement des critères culturels (paroles, musique, chorégraphie…).

On entre dans la période de l’hiver austral et traditionnellement la pêche devait s’arrêter pour permettre aux petits poissons de grandir, donc c’est en ce moment qu’il y a des fêtes traditionnelles comme la Fête des oranges, la fête des jeux traditionnels etc. Mais en réalité, la pêche continue et je pense qu’ici 30-40 ans, il n’y aura plus grand-chose à pêcher. Les coraux sont déjà tous blancs ici, franchement en Asie, les coraux sont beaucoup plus colorés que ça. Comme on est en plein milieu de l’océan, on a en revanche de gros poissons comme les baleines, dauphins, requins, raies… c’est l’avantage !

JB a eu un petit problème de santé, ce qui a nécessité une visite chez un spécialiste. On a pu contacter notre copain/médecin V. pour un premier avis, avant de prendre rendez-vous chez le bon spécialiste. Il nous dit qu’à Paris, on aurait dû attendre six mois, mais ici, le rendez-vous a été pris le jour pour le lendemain (et sans dépassement d’honoraires) !!! Heureusement, nous avons été très rapidement inscrits à la CPS, la sécurité sociale polynésienne (le changement a pris deux mois et comme prévu, ça traînait côté sécurité sociale française). Le remboursement (à 75%) a été rapide et la mutuelle va prendre le reste. Pas de transmission automatique, c’est une feuille de soin qu’il faut déposer à la CPS ou dans une pharmacie.

J’ai l’impression que la plupart des professionnels de santé sont métropolitains (il n’y a pas de faculté de médecine en Polynésie). Ce qui peut poser des problèmes pour les patients locaux. J’ai lu plusieurs avis de polynésiens expliquant qu’ils étaient mal à l’aise à l’idée de consulter et d’être jugés par un métropolitain peu au fait des habitudes et des traditions locales.

Je considère la maladie comme un wake up call et c’est le signe que JB doit y aller mollo et se reposer un peu. Je l’ai obligé à reprendre des massages hebdos pour drainer la lymphatique. On ne sait pas si l’effet est là, mais au moins, il a moins de tension au niveau du dos et des épaules. Obligé de se reposer, il prend également plus de temps pour lire, ce qui lui plaît beaucoup.

C’est un salon de massage thaïlandais que je fréquente. La boss apprend que je suis vietnamienne et me présente à une autre vietnamienne chez qui elle commande des banh cuon, nem… Je contacte la vietnamienne en question et elle me présente encore une autre vietnamienne qui cuisine beaucoup. Celle-ci fait des plats tellement incroyables, qui prennent beaucoup beaucoup de temps à cuisiner, que maintenant, je mange super bien ! Tout se congèle donc j’achète en masse, et puis je décongèle quand j’ai la flemme de cuisiner. Vive la diaspora vietnamienne ! Les Auchan, Carrefour, Vini Vini… vendent pas mal de plats préparés le jour même. Quand j’ai la flemme de cuisiner, j’en prends aussi.

J’arrive aussi à déléguer le ménage. Il y a une entreprise de services à la personne ultra professionnelle. Les femmes de ménage viennent en voiture, à deux. Elles amènent tout le matériel nécessaire : l’aspirateur, le balai, le linge, les produits… et en une heure, elles rendent mon appartement tout propre, pour 5040 XPF (environ 45€). Quand elles font le lit, on dirait un lit d’hôtel !


Ainsi, grâce à la délégation, j’ai beaucoup de temps libre, et toute mon attention est portée vers mes projets de traduction. J’ai eu un petit coup de stress/FOMO quand j’ai appris tout ce qu’on pouvait faire avec l’IA et que je ne savais pas. Je ne savais pas comment mettre en place un subagent. Donc je m’y suis mise à fond, j’ai testé différents modèles chez Deepseek, Anthropic (Claude Code), OpenAI (Codex)… Claude Code a sorti une bombe : le modèle Fable 5 et les autres compétiteurs sont en mode « OMG OMG il faut qu’on fasse qq chose ». Moi, en tant qu’utilisatrice bénéficie de la compétition et j’ai eu plein de resets de quotas d’utilisation en quelques jours, me permettant de tester les différents modèles, compléter tous les projets que je traînais depuis plusieurs années, et compléter des projets que je n’avais pas l’intention de commencer. Ensuite, OpenAI a fait un tweet qui disait, grosso modo : « nous fêtons nos 7 millions d’utilisateurs actifs ». WTF !

JB et moi avions fait un calcul de coin de table pour estimer combien d’utilisateurs nous étions, on pensait être à 18 millions, d’autres estiment 40 millions. Finalement, les gens comme nous sont une goutte d’eau dans l’océan. Utiliser Claude Code ou Codex en 2026 est la même chose qu’avoir commencé à utiliser Internet en 1992 ! J’ai le FOMO car je suis dans un cercle de connaissance dans lequel tout le monde sait ce que c’est qu’un subagent, mais c’est une bulle, 99% de l’humanité ne sait pas, et quand elle le saura, ce sera trop tard. Ca y est, les premiers licenciements dus à l’IA sont arrivés en France. Je pense que quand il y a une rupture technologique très claire, la plupart préfère faire l’autruche et regrette « le monde d’avant » et les malins deviennent early adopters. Plus je travaille avec l’IA, plus je vois comment développer les capacités humaines pour la combattre. On a tendance à déléguer le stockage d’informations à l’IA mais au contraire, il faut continuer à travailler sa mémoire, sa concentration, ensuite son intuition. Un médium vietnamien a essayé d’entraîner l’IA à lire le Bazi de ses clients, mais après 9 mois il a échoué et il s’est rendu compte que lire le Bazi demandait de l’intuition, pas des règles « if… then ». J’en ai déjà parlé ici.

Notre scooter, qu’on nomme affectueusement Tanktino nous a fait peur plusieurs fois. La première fois, il a subi une perte de puissance alors qu’on était sur la voie express. Après un passage chez le garagiste, il a roulé 30 kilomètres avant de s’arrêter alors qu’on s’apprêtait à rejoindre la voie express. Nous avons été témoins de la gentillesse de polynésiens. Un couple de polynésiens nous a vus depuis leur appartement, ils ont pris la voiture et sont restés avec nous jusqu’à l’arrivée d’un remorqueur. C’était un dimanche. Le remorqueur en question nous a dit qu’il pourrait le garder chez lui et le déposer chez le garagiste le lundi matin, nous épargnant de d’abord ramener le scooter chez nous puis le ramener le lendemain chez le garagiste. On lui a même donné la clé du scooter – le niveau de confiance qu’on pouvait avoir en Polynésie ! (ce n’est pas n’importe qui non plus, il connaît le couple qui est venu à notre rescousse). Ensuite, le couple en question nous a ramenés chez nous car il n’y avait pas de bus le dimanche. Vraiment, quelle gentillesse !

Avoir un scooter nous facilite grandement la vie car sans moyen de locomotion, on ne fait rien ici. Les bus ne passent pas souvent et pas très tard. Quand Tanktino était en réparation, on pensait ne pas pouvoir le récupérer pour nos vacances à Moorea, on a failli raccourcir nos vacances d’un jour (et rater les dauphins) car le dimanche il y a très peu de bus et les taxis sont hors de prix. On va prendre Tanktino avec nous lors des prochaines vacances dans les îles. Le déplacement se fait en ferry, donc c’est très facile pour nous de le prendre avec nous partout. Imaginez, si vous allez sur une île et il faut payer 30€ pour chaque déplacement, ou attendre 45 minutes chaque bus. Ce ne sont plus des vacances !

Avoir un scooter permet également d’éviter au maximum les bouchons. Etant donné qu’il n’y a qu’une seule route principale sur l’île et que le gros de l’activité économique se trouve à Papeete, les bouchons peuvent être impressionnants et il n’est pas rare d’avoir des trajets qui durent deux ou trois heures durant les heures de pointe ! JB est toujours en télétravail illimité, il vient à Papeete 1-2 fois par semaine pour être avec ses collègues, mais ce n’est pas indispensable.


Point shopping / livraison. En Polynésie, les logements ne sont pas équipés de boîtes aux lettres individuelles, il faut souscrire à une boîte postale à La Poste pour pouvoir recevoir du courrier. Amazon n’existe pas ici. En revanche, AliExpress livre (mais les frais de livraison semblent élevés). Nous avons aussi pu expérimenter la livraison via FedEx. Lorsque le colis arrive, on reçoit un appel pour les démarches de dédouanement. Dans notre cas, c’était un cadeau, mais il est probable de devoir payer des frais de douane dans le cas contraire. Une fois les démarches finalisées, j’ai reçu un appel du livreur qui me demandait si je souhaitais un retrait en agence ou une livraison à domicile, très pratique ! Le colis est parti de Chine et est arrivé chez nous en une semaine environ.


Toutes les semaines, je fais un soin du visage. Je pense qu’à mon âge, les soins du visage réguliers font la différence. Les asiatiques ne souffrent pas de rides, mais de taches pigmentaires. J’ai un soin qui s’appelle Bloomea Fontaine, c’est une machine qui booste la régénération cellulaire. Par contre, quand les nouvelles cellules se forment, il faut qu’elles n’aient pas de taches pigmentaires, donc pendant le soin, il faut prendre aussi des compléments alimentaires anti-taches. C’est le même principe que quand je faisais du laser BBL, pendant le temps de traitement, j’avais de l’hydroquinone à appliquer. Sauf qu’en Polynésie, l’hydroquinone, ça ne va pas, trop risqué. Cela fait seulement trois fois que je suis ce traitement Fontaine, et les effets sont top, ensuite il faudra voir à long terme ce que ça donne.

Mes adresses préférées :

Comment extraire ses highlights reMarkable et les envoyer sur Anki ? [prompts IA & github]
5 jours à Moorea (Polynésie Française) : Dauphins, Raies & Requins
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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