Varanasi (Inde) – la ville sainte adorée par Shiva

Il y a un moment où l’Inde ne fascine plus. Et ce moment est arrivé pendant notre trajet en train de Khajuraho vers Varanasi (connu aussi sous le nom de Bénarès).

Varanasi – la ville est considérée comme l’une des villes les plus anciennement habitées du monde. Dédiée principalement à Shiva, elle est la cité qui accueille le plus de pèlerins en Inde, et, fait partie des sept villes sacrées de l’hindouisme.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Le meilleur wagon étant la 3eme classe avec clim. Petit et pas si climatisé que ça. Un seul passager ronfle dans tout le wagon : mon voisin d’en-dessous. Tellement fort et de manière tellement irrégulière que ça me réveille en pleine nuit et m’empêche de me rendormir.

Envie de meurtre et de l’enterrer direct à Varanasi, la ville sainte où l’on vient brûler les morts.

Heureusement, ce calvaire s’arrête à 6h où il se casse. J’essaie de profiter tant bien que mal des 4h restantes, entre l’attente de notre arrivée (le train a du retard mais on ne sait pas de combien de temps) et la confusion du rêve éveillé (est-ce que ce voisin est vraiment parti ou ça va recommencer?). Ce sera notre dernier train en Inde. Et tant mieux !

Nous sommes tous les deux sur des banquettes « Upper ». Mes pieds dépassent, imaginez pour JB… Après 2h de contorsions, il abandonne femme et bagages avant de trouver une banquette « lower » libre et passera finalement une excellente nuit 🙂

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Arrivés enfin à la gare, nous ne trouvons pas le chauffeur de l’hôtel qui est censé venir nous chercher. Nous payons un rickshaw qui, face au trafic trop dense, nous dépose super loin de l’hôtel. Le trajet de 30 minutes en rickshaw à Varanasi nous fait l’effet de 100 cigarettes dans les poumons, si bien que JB a l’impression d’avoir de l’asthme. Qui a dit que Paris était une ville polluée ?

Au milieu des gens qui nous suivent pour espérer en tirer quelques sous de commissions, traversant les ruelles remplies de boutiques, nous arrivons enfin à l’hôtel trempés de sueur, excédés par la pollution et la chaleur.

Pour nous, notre super hôtel (Alka Hotel), connu de tous les guides et Tripadvisor, est comme le paradis après l’enfer. Il donne sur la rive (Meer Ghat) du Gange, où le vent rafraîchit l’air pesant de cette ville sainte.

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Nous nous offrons un bon déjeuner (italien) et un massage d’une heure bien mérité. Direction le ghat principal où se déroule une cérémonie religieuse tous les soirs à 19h30. Comme tout le monde, nous montons sur un bateau pour voir le spectacle depuis la rivière. Les enfants sautent d’un bateau à l’autre pour nous vendre des fleurs à offrir au Gange, du chaï ou de l’eau fraîche. Nous aurions dû louer plutôt un siège près de la scène car depuis le bateau non seulement la vue n’est pas top mais on doit aussi supporter la fumée toxique des bateaux.

Les femmes à côté de moi plongent leur main dans l’eau sacrée du Gange (bien sale et puante) pour en mettre un peu sur la tête. Ce qui me fait sauter de 2m en arrière parce qu’elles en mettent aussi partout. On m’avait dit « surtout ne touche pas à l’eau du Gange. Risque de champignons, maladies de peau… ».

Après une heure bien répétitive (les prêtres chantent et dansent, dansent et chantent), nous rentrons à l’hôtel, déçus de ne pas ressentir le côté solennel, religieux, ému lu dans les blogs. Tout n’est que chaos, tourisme et selfies (les indiens s’y mettent plus que les étrangers).

Voici ce qu’on imagine voir

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Voici ce qu’on voit, avec la musique diffusée en haut parleur

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Par ailleurs, le courant étant trop fort, le niveau d’eau trop élevé, nous passons plus de temps à dériver que de voir la cérémonie.

Sur le chemin du retour, nous remarquons que les boutiques vendent des bidons vides pour que les pèlerins puissent ramener l’eau du Gange chez eux, pas pour leur usage personnel, mais pour leur temple.

Jour 2 : Temples de Varanasi

Nous démarrons notre tour de demi-journée sous une chaleur écrasante. Il ne fait que 32 degrés mais l’humidité fait qu’il fait aussi chaud que 40 degrés.

Le guide vient nous chercher à l’hôtel et après 10 minutes dans les petites ruelles remplies de petites boutiques, policiers, chiens et vaches, nous arrivons enfin à la rue principale. Il nous explique que notre quartier (qui donne sur les ghats/la rive) est le plus sécurisé de Varanasi. Le déploiement de policiers armés dans ce quartier de peur de risques de terrorisme est impressionnant (forte tension politique entre certains musulmans et hindous ici). Mais pourquoi ce policier recharge sa mitraillette en nous voyant ?

La voiture est climatisée heureusement. La visite est plutôt intéressante mais l’hindouisme nous semble très compliqué, et la chaleur diminue fortement nos capacités intellectuelles. Au bout de deux temples (sur les 4 à visiter), nous demandons à terminer la visite plus tôt que prévu pour rentrer à l’hôtel.

Sur les deux temples visités, les croyants sont moins nombreux que les touristes (indiens !), nous voyons surtout les scènes de selfies plutôt que religieuses. Nous avons tout de même observé : (1) gardée dans un seau, l’eau du Gange coule sur la statue (en forme phallique) de Shiva, dieu destructeur, puis sur les offrandes. Les pèlerins boivent quelques gouttes de cette eau et en mettent un peu sur leur tête. (2) Une sorte de liquide orange coule sur les colonnes et murs d’un temple hindou. Les pèlerins en mettent sur leur front. (3) les pèlerins entourent une statue d’animal possédant un gros oreille. C’est le messager de Shiva. En lui confiant votre souhait le plus cher, votre message sera délivré jusqu’à Shiva. (4) le Sita, l’équivalent de la bible des chrétiens est gravé dans le marbre du temple. Certains passages sont illustrés par des sculptures colorées en relief, notamment celui sur le karma.

On aperçoit un groupe d’étrangers habillés tout en blanc avec écharpe orange. Le guide les traite de secte alors que ce ne sont simplement que des touristes venus pour un séjour de spiritualité en Inde (bon OK, ils étaient un peu plus peace & love que les autres…). Je remarque une touriste en sari mais son sari est étrange. Il est beaucoup moins volumineux que les saris que je vois d’habitude. Je me souviens soudainement d’un passage de Lonely Planet qui conseille aux femmes de porter les saris correctement et demander conseils. Il ne faut pas porter seulement les sous-couches de sari, ça fait « moitié habillée » 😅😁
Le guide nous ramène à l’hôtel à travers les petites rues. Il salue tout le monde (il les connaît tous). D’autant plus qu’il a une particularité physique étonnante : il a les yeux verts. Je ne lui ai pas demandé son origine car ça me saoule qu’on me traite de chinoise/japonaise alors je n’ai pas envie de saouler quelqu’un d’autre avec son origine juste parce qu’il a de beaux yeux.

D’ailleurs maintenant quand quelqu’un me dit « China ? », je lui rétorque « Pakistan ? » et il comprend tout de suite que ça me saoule 😁

Le guide nous montre une maison dans une petite ruelle, remplie de vaches. La journée, elles font le tour de Varanasi, à errer et manger dans les poubelles, le soir elles reviennent. Ce sont des vaches à lait. Je ne boirai plus mon lassi (yaourt indien) avec insouciance désormais.

Parlant de vaches, elles sont sacrées mais les gens les touchent quand même. Pour les chasser de la route, pour les empêcher de manger les fleurs, pour qu’elles bougent. Elles ne sont pas mangées, c’est tout. On trouve aussi beaucoup de chiens errants, plutôt propres et en forme, dormant n’importe où. Les singes sont partout partout (surtout en hauteur) mais plutôt gentils, d’ailleurs, ce matin un singe nous a jeté des feuilles de papier depuis un balcon. Nous n’avons vu, depuis notre séjour en Inde, qu’un seul chat. A mon grand désespoir.

Jour 3 : Retour à Delhi

JB ne se remet pas de la défaite de la France à la finale de l’Euro 2016 mais il est soulagé de quitter l’Inde, sa chaleur écrasante et son trop plein de monde partout.

L’hôtel nous informe qu’il y a de gros problèmes de circulation pour l’aéroport (la route est à moitié bloquée à cause de travaux) et nous conseille de partir 4h avant le décollage. Sur le chemin, le chauffeur nous explique qu’il n’y a aucune règle à Varanasi, aucun sens de priorité, celui qui klaxonne le plus gagne.

Il ouvre ensuite les fenêtres sous prétexte qu’il n’a plus beaucoup d’essence et qu’il remettra la clim dès qu’il passera à une station d’essence (le prix d’un taxi diffère si on prend la clim ou pas, et nous on a payé pour la clim !). 15 minutes à attendre dans les bouchons les fenêtres ouvertes suffisent pour que nous protestions tous les deux qu’il vaut mieux fermer les fenêtres et crever de chaud que d’absorber la pollution à pleins poumons. D’ailleurs, quelques heures plus tard, j’ai toujours du mal à respirer. Le chauffeur nous largue à l’aéroport comme deux grosses m*rdes, à peine on est sorti qu’il est parti, sûrement pour chercher un autre client.

Le trajet Varanasi – Delhi se passe bien. Quand nous sommes sortis de l’aéroport domestique à Delhi, on ne se fait harceler par personne (rien à voir avec l’aéroport international). Nous prenons un prepaid taxi pour rejoindre notre hôtel d’une nuit, la route est neuve et quasiment vide, c’est la première fois que Delhi me semble si calme.

Demain, nous décollons à 6h30 pour Kathmandou. Suite à de gros problèmes (sûrement de staff), nous avons reçu un email aujourd’hui nous conseillant d’arriver 4h avant le décollage. 6h30 avec 4h d’avance = 2h30 #VDM.

Nous avons aimé l’Inde, avons été émerveillés par ses trésors. Mais ce n’est définitivement pas l’endroit où nous nous voyons vivre ni passer de longues vacances. Trop de monde, trop de pollution, trop de sollicitations, trop de piments, … et impossible de trouver du boeuf à manger #jeveuxunbigmac ! Ce fût cependant une belle découverte que nous recommandons à tous, surtout que nous avons pu bien profiter des bui-bui sans avoir été malades.

Partie 2 : Conseils pratiques

Comment y aller

Depuis Khajuraho, un train desservit Varanasi. Le train de vendredi est le plus rapide. On peut y aller en avion mais les vols sont très rares en basse saison.

Depuis Delhi, vous pouvez soit prendre un train (très long) soit un avion.

Astuces

  • Demander à votre hôtel de venir vous chercher. Ou alors achetez une carte SIM pour avec la 3G. On se perd rapidement dans les ruelles de Varanasi
  • Pour assister à la cérémonie religieuse le soir (Dashashwamedh Aarti), il vaut mieux payer un siège bien situé plutôt que de regarder depuis le bateau. On ne voit pas grande chose et suffoque vite à cause de la fumée
  • Si vous assistez aux crémations, les appareils de photos sont interdits
  • Choisissez un bon hôtel et si possible près des ghats (comme le nôtre), parce que vous n’aurez aucune envie de prendre des rickshaws tous les jours à Varanasi (trop pollué)

Budget

  • 100 roupies = 1,3€
  • Billet de train Khajuraho – Varanasi en 3ème classe avec clim : 750 roupies/personne
  • Chambre double sans clim à l’hôtel Alka : 950 roupies/nuit
  • Rickshaw station de train -> notre hôtel : 100 roupies
  • Massage d’une heure : 1200 roupies/personne
  • Tour de 5h avec guide et chauffeur : 750 roupies/personne
  • Bateau pour assister à la cérémonie (non recommandé) : 150 roupies/personne
  • Nourriture : 150 roupies/personne/repas
  • Taxi jusqu’à l’aéroport : 750 roupies avec clim

TOTAL : 9483 roupies soit 126€ pour 3 jours, 2 nuits, 2 personnes (sans compter l’avion pour revenir à Delhi).

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Liens utiles

Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine.

One thought on “Varanasi (Inde) – la ville sainte adorée par Shiva”

  1. Varanasi ma ville préférée … je suis obligée d’y passer à chaque fois que je vais en Inde.
    Moi j’aime cette atmosphère si particulière et ma guest est également l’alka, j’y ai mes petites habitudes. Hâte de retrouver les venelles et les échoppes.
    Effectivement pour la puja il est préférable d’être sur les ghats mais pas besoin de louer un siège, on peut y être au tour sans soucis et faire de belles photos.
    Par contre je trouve le tour de barque indispensable pour voir les ghats de long en large et autrement, ou pour se rendre sur la dune ou en face.
    Bref trop hâte d’y être !! 😉

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