J’ai lu un texte écrit en vietnamien d’un expert de communication qui m’a beaucoup plu. Je en vous livre ici le résumé :
Il décrit une crise du sens dans le monde moderne : les individus, en perte de repères, cherchent désespérément à se sentir utiles et reconnus. De cette soif d’importance naît un marché du réconfort émotionnel, où l’on peut « acheter » du sens à travers séminaires, formations et produits promettant de « réveiller son potentiel » ou de « retrouver sa mission de vie ».
Deux groupes nourrissent ce marché :
- les adultes d’âge mûr, déstabilisés par l’IA, la perte de statut ou de rôle social, qui paient pour qu’on leur répète qu’ils comptent encore ;
- les jeunes générations, désorientées dans un monde dominé par l’image et la visibilité, prêtes à acheter le sentiment d’être « spéciaux » ou « uniques ».
Autour d’eux gravitent les entrepreneurs du sens, qui transforment la détresse collective en opportunité commerciale. Les plus emblématiques sont les life coaches, ces « guides de vie » qui, souvent en crise eux-mêmes, vendent leur propre confusion sous forme de programmes de motivation.
Ces pratiques créent une économie de la consolation : les participants ne viennent pas apprendre, mais être rassurés, retrouver pour un instant la certitude que leur existence garde une valeur. Ce commerce du réconfort repose moins sur l’espérance que sur la peur, peur d’être inutile ou oublié, et s’étend à mesure que grandit la fatigue morale des sociétés modernes.
Mais cette industrie ne résout rien : elle offre une illusion temporaire, comme boire de l’eau salée pour apaiser la soif. Le sens véritable, ne se trouve ni dans les cérémonies ni dans les slogans, mais dans l’expérience réelle, le travail silencieux et les actes authentiques.
Pourtant, affronter ce vide reste difficile : il est plus facile d’écouter des mots apaisants et de poster une photo triomphante avec le hashtag #ProudOfMe.
L’industrie de l’estime de soi ne disparaîtra pas, car elle ne vend pas vraiment l’espoir, mais le droit de différer la désillusion, un sursis à l’angoisse d’être oublié.
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