La première fois qu’on touche cette soie, on a une drôle de réaction : « Mais qu’est-ce que c’est que cette merveille ? » Elle n’est ni brillante, ni épaisse, ni lisse comme celles des grands magasins. Et pourtant, elle est douce, c’est la soie de mon enfance, celle que j’ai cherchée pendant des années. De la vraie soie de mûrier traditionnelle vietnamienne. Aujourd’hui, je la retrouve enfin grâce à Lua Lang.
J’ai découvert Lua Lang sur Instagram et malgré plusieurs années de commande (à distance, même si je me retrouve de temps en temps à Hanoi), je n’ai jamais eu le temps de m’y rendre car elle est à 30 minutes de scooter de chez moi.
C’est une boutique nichée dans une passerelle paisible. Ce jour-là, j’ai pris le temps de faire le trajet, poussée par la curiosité et leur réputation. Et je n’ai pas été déçue. J’y suis restée une heure, à discuter passionnément avec un des propriétaires – tant il y avait à dire. Ce sont des amoureux du textile, des vrais. J’y achète des pyjamas sur mesure ou des taies d’oreiller, selon mes envies. La qualité est exceptionnelle.

Il faut comprendre que, même au Vietnam, on ne trouve pas de la soie 100% pure à tous les coins de rue. Être dans un pays producteur ne veut pas dire que l’offre est partout, ni que les tisserands sont aux petits soins dès qu’on met un peu d’argent sur la table. Ici, si l’effort demandé est trop grand pour ce que ça rapporte, le tisserand vous raye tout simplement de la liste.
C’est là que l’expertise de Lua Lang fait toute la différence. Forts de plus de dix ans d’expérience et de relations tissées (littéralement) avec les artisans, ils arrivent à commander leurs propres soies en tissage traditionnel, avec leurs propres couleurs au célèbre village de soie de Nha Xa. Et ça, c’est rare. Très rare. Car tisser de la soie pure à l’ancienne, ça coûte plus cher et ça pose bien plus de soucis techniques. La soie mélangée, elle, est plus résistante, donc beaucoup plus pratique à manipuler, les consommateurs n’y voient que du feu, et préfèrent même la brillance de celle-ci. Avant, je croyais qu’une soie avec une laize de 90cm (la taille de la machine traditionnelle) était signe de la soie 100%, mais ce n’est pas le cas, avec cette même machine, on tisse maintenant de la soie mélangée également.
Photo : en rouge la vraie soie 100%, en rose la soie mélangée

La qualité, elle commence dès les cocons. Ceux que Lua Lang utilise sont blancs, produits par des vers nourris exclusivement de feuilles de mûrier – c’est ce qui garantit la meilleure finesse. Dès que les cocons sont jaunes ou que l’alimentation change, la soie devient autre. Ce sont des détails que nous, consommateurs, ne savons pas, mais que les connaisseurs repèrent immédiatement. Et même au sein d’un même village de tisserands, certaines familles ont une qualité bien supérieure à d’autres. Il faut être du métier pour savoir à qui s’adresser.
Couper de la soie, coudre de la soie demande beaucoup d’expertise et leur excellence se voit notamment quand vous commandez des vêtements chez eux. Avec de la soie traditionnelle, aucun droit à l’erreur : une fois le tissu piqué, le trou ne se refermera plus.
Pour les taies d’oreiller, ils ont toujours en stock des tailles 40x60cm et 50x70cm (comptez entre 15€ et 17€).


Pour les autres tailles, il suffit de commander en amont. Pour mes commandes sur mesure (pyjamas et taies spéciales), je m’organise en avance. Je les passe plusieurs semaines – voire mois si j’ai besoin d’une couleur particulière – avant mon voyage. Comme ça, une fois sur place, tout est prêt. Il ne reste plus qu’à toucher, admirer, essayer.
Ah, et le satin ! On me demande souvent pourquoi je n’utilise pas de satin de soie. Lua Lang n’en fait plus. Il me dit qu’il existe une machine high tech japonaise à Lam Dong qui fait du satin de soie. Mais ce n’est plus de la soie traditionnelle, ni sur les machines de tissage traditionnelles. La raison : satin et tissage traditionnel, ça ne va pas ensemble. Trop fragile. Il finira par s’abîmer, perdre ses fibres.

Je lui demande s’il a des taies matelassées en soie. Il me répond que non seulement ça coûte cher, mais ça s’aplatit avec le temps.

Les foulards existent en deux formats : carré ou rectangle. Pour embellir les foulards, il propose des dessins sur mesure, ou avec des motifs traditionnels. Malgré l’usage de l’aquarelle, le dessin est résistant au lavage (main). Pour ces foulards avec dessins, les bords sont roulés à la main alors que les bords des foulards unis sont faits à la machine. Les bords roulottés ne peuvent pas être aussi dodus que ceux d’Hermès car la soie est plus fine (tissage toile) alors que celle d’Hermès est en tissage twill donc plus épais.



Un autre produit que je vous recommande vivement, ce sont des chouchous. C’est en utilisant ceux de Lualang que je me suis rendu compte que je m’arrachais les cheveux à chaque fois que j’en utilisais un en coton. La soie, elle, ne crée pas de l’électrostatique et respecte vos cheveux. Si on peut épargner 3-4 cheveux à chaque fois, à la fin de l’année, ça fait beaucoup de cheveux qui restent sur la tête.

Merci Lualang pour cette soie traditionnelle, fine, pas brillante, presque brute… et pourtant si précieuse. Une fois qu’on l’a adoptée, impossible de revenir en arrière. Elle est unique au monde.
Lualang shop
adresse : 152 Ng. 165 P. Chùa Bộc, Trung Liệt, Đống Đa, Hà Nội, Viêt NamGoogle Maps : https://maps.app.goo.gl/2DejEhwwqifDaoeB8
Instagram : https://www.instagram.com/lualang
Ils livrent dans le monde entier. Vous pouvez leur envoyer un virement bancaire via Wise, moyennant de 2-3€ de frais (ou utilisez mon code promo pour ne pas payer de frais la première fois). Ils recevront immédiatement en VND.


