Nos mésaventures le premier jour en Uruguay

Il nous arrive de plus en plus de m*rde, signe qu’après 9 mois de vadrouille, nous commençons à fatiguer.

Nous prenons un bus depuis Iguazú jusqu’à Concordia (Argentine), ville à 1h de route de l’Uruguay. Nous comptons traverser la frontière pour passer une nuit à Salto (Uruguay).

Ce « chemin le plus court » (aller en Uruguay depuis la frontière au Nord-Ouest au lieu d’aller tout en bas à Buenos Aires -> Montevideo) nous attire finalement plus d’ennuis qu’autres choses.

La veille, une petite recherche nous a montré qu’il ne restait qu’un seul hôtel à Salto, ou des hôtels hors de prix à côté des sources thermales à côté. Pensant que c’est juste lié au fait que ce soit une petite ville frontalière, où les hôtels ne sont sûrement pas tous dispos en ligne, nous ignorons cette info et décidons de voir par nous même une fois sur place.

Après 17h de bus depuis Puerto Iguazú, nous arrivons à Concordia avec 2h de retard, à cause de nombreux contrôles. La police argentine est montée dans le bus pour contrôler les passeports de tout le monde, 4 fois. Ils cherchent peut être quelqu’un. À cause de ces 2h de retard, on rate le bus à7h30 pour Salto et devons attendre pendant 3h le prochain bus.

Morts de chaud et arrivés enfin à Salto après seulement 1h de bus, nous trouvons seulement un hôtel miteux disponible pour 60€ la nuit. La ville ne représente aucun intérêt et par cette chaleur, on ne se voit pas aller aux thermes d’eau thermale pour crever encore plus. On dit non merci et décidons alors de partir pour Montevideo. C’est la capitale, il y aura sûrement un meilleur hôtel et pas cher pour nous.

Le prochain bus pour Montevideo part dans 30 minutes mais il s’arrête à toutes les villes donc le trajet dure 8h au lieu de 5h. Tant pis on veut juste partir d’ici. C’est en discutant avec le vendeur de tickets qu’on se rend compte de l’ampleur de la situation : le meilleur carnaval du pays a lieu actuellement à Montevideo (ça je sais, mais le carnaval dure 40 jours, pourquoi aujourd’hui est plus fréquenté que les autres jours ?). La réponse ne tarde pas à venir : Nous sommes samedi mais les lundi et mardi qui suivent sont des jours fériés (mardi gras).

En gros : c’est THE week end le plus prisé de l’année…

On aurait dû se rendre compte tout de suite qu’on était dans une grosse m*rde et que le plus simple aurait été de revenir direct en Argentine en attendant la fin de ce week-end prolongé. Mais non, ça n’a pas fait tilt. Mon cerveau n’est jamais opérationnel quand il fait chaud comme ça et le fait d’avoir seulement 30 minutes devant nous ne nous as pas laissé le temps de réfléchir. On a juste le réflexe d’acheter une carte SIM pour avoir accès à Internet et pouvoir réserver un hôtel pendant le trajet avant notre arrivée à Montevideo ce soir.

Bon, la carte SIM ne marche pas, mais par miracle, le wifi du bus fonctionne !!!! C’est seulement quand on est dans le bus, connectés à la fois sur Booking, Agoda, Hostelworld et Expedia qu’on se rend compte que la totalité des hôtels réservables en ligne à Montevideo sont complets ce soir. C’est absolument dingue, on serait prêt à payer super cher, une nuit à 100 € ? 150 € ? 200 € ? Non, tout est complet, il ne reste rien du tout !

Que faire ? JB propose de descendre dans une des villes où le bus s’arrête avant Montevideo, mais toutes les recherches aboutissent au même résultat : 1 seul hôtel dispo par ville, au tarif exorbitant (100€ minimum). L’option Airbnb ne tient pas la route non plus : notre carte SIM ne marche pas, le roaming ne marche pas (la carte SIM française ne marche plus depuis notre passage en Amérique du Sud), on n’a aucun moyen de contacter l’hôte et on n’est pas sûr qu’il acceptera notre demande à temps.

Montevideo : Tous les hôtels sont complets

Les 8h de bus nous semblent interminables. On essaie de se reposer au maximum, profiter de la clim en sachant que la nuit risque d’être longue et dure. Pour se remonter le moral, on se dit que ce sera une bonne anecdote à raconter.

Le terminal de bus de Montevideo est un petit peu excentré. On se dit qu’avec un emplacement pareil, on trouvera sûrement quelque chose. On est contents de repérer 3 hôtels non recensés sur Booking/Google/Agoda… mais même ces hôtels miteux s’affichent complets. On s’éloigne de plus en plus mais les réponses sont pareilles : négatives. Un réceptionniste a pitié de nous et nous explique pourquoi ce sera dur de trouver un hôtel : carnaval, week-end prolongé, fin de semaine… On voit d’autres couples en train de galérer comme nous, et une famille entière dans la rue, avec les enfants en train de dormir sur les sacs de couchage, sur le trottoir.

A un moment, un mec dans la rue nous interpelle en nous voyant galérer : il suggère d’aller voir de l’autre côté du parc. Et pour être sûr qu’on ne se perde pas, il nous suggère de continuer tout droit, sous le tunnel puis traverser le parc. On le remercie chaleureusement, mais soudainement mon cerveau redevient opérationnel : quelques mots-clés font mouche « tunnel », « parc », à 10h du soir ??? Près d’un terminal de bus en Amérique du Sud ? ALERTE ALERTE DANGER !

Plans d’attaque

Bon, on réunit toutes nos neurones et établit un plan :

  1. Aller dans le centre pour chercher un hébergement. Au pire, on va supplier le réceptionniste d’une auberge de nous laisser dormir dans le salon moyennant 30€. Si on échoue, on opte pour l’option 2
  2. JB a repéré un Mc Donalds ouvert toute la nuit. Si on se fait chasser du Mc Do, on peut toujours passer la nuit au terminal de bus (qui nous semble plutôt safe) et prendre le premier bus le lendemain pour n’importe quelle ville en Uruguay où il y a un hôtel dispo pour pas trop cher.
  3. J’ai repéré un hôtel très excentré mais bien noté, qui affiche des tarifs à l’heure. JB trouve cette option craignos, mais on ira en taxi. Si on échoue, on opte pour l’option 1.

L’option 3 est mise en oeuvre en premier. L’hôtel que j’ai repéré (Marivent) est tellement excentré que ça a attiré toute mon attention lors de mes recherches. En plus, il propose des tarifs à l’heure, ce qui sous-entend que c’est un love hotel. D’ailleurs, lors du carnaval à Encarnacion au Paraguay, on a fait pareil. Quand tous les hôtels affichent des tarifs de malade, les love hotels proposent toujours des tarifs acceptables et surtout, des chambres disponibles.

Nous prenons un des taxis officiels avec compteur depuis le Terminal de bus. Petit briefing au chauffeur : si l’hôtel n’est pas dispo, qu’il nous ramène directement au terminal.

Le taxi nous amène dans un coin hyper craignos, et on commence à se dire « merde, on doit être dans une favela, et si c’est le cas, on n’est pas en mode tranquillou ». Je verrouille les portes et me mets en mode « Rio de Janeiro » càd concentration, repérage de dangers de tous les côtés. C’est quand on voit l’hôtel qu’on pousse un soupir de soulagement. Oui c’est bien un love hotel. Et qui dit love hotel dit agents de sécurité 24/24.

Un mec nous accueille, il parle parfaitement bien français, anglais, espagnol, deutsche. Il nous explique que la « nuit » ici commence à 2h du matin, pour une chambre entre 2h et midi, le tarif est de 1400 pesos. Mais si on veut prendre la chambre tout de suite, c’est 2000 pesos (66€). Trop contents d’avoir un endroit où dormir, on dit oui tout de suite.

Love hotel

Vous trouvez sûrement l’idée un peu glauque (ça l’est quand même un peu), mais les love hotels sont très bien comparés aux autres hôtels. Il y a un garage en-dessous de chaque chambre. On y accède donc via ce garage et on monte à l’étage. Tout est plus propre, les serviettes sont livrées dans des pochettes en plastique pour bien montrer qu’elles sont propres. La douche est chaude avec beaucoup de pression (et accessoirement, c’est une douche double càd avec deux pommeaux lol). Il y a un poste de contrôle pour baisser la lumière, la radio… et il y a des miroirs un peu partout (dont un sur le plafond ahaha). On nous sert à manger aussi (6€ le sandwich certes) + le petit déjeuner. Quelqu’un nous livre la nourriture juste devant la porte, sur une table. A peine on entend un « toc toc » et la personne disparaît aussitôt. Bref, tout est pensé pour que les couples puissent être le plus discret possible. Il y a même des chambres avec jacuzzi ou autres matos 😉 En plus le wifi est super rapide ici car les autres clients ont autres choses à faire que de se connecter au Wifi ahahah. Pendant notre discussion, on voit 2 autres couples arriver, un à pied, et l’autre en voiture. Ils se cachent pas sous la vitre teintée ou autres et ont l’air d’être des gens parfaitement ordinaires. Ils ont l’air amusés de nous voir ici avec nos sacs de backpackers.

Note : Un de nos lecteurs sur Facebook nous précise qu’effectivement, les love hotels en Amérique du Sud sont plutôt réservés aux couples légitimes en quête d’un peu d’intimité. C’est normal quand trois générations vivent sous le même toit.

On se remet à chercher des hôtels pour les prochaines nuits et la chance continue à nous sourire : on repère un hôtel 3 étoiles à seulement 47€/nuit, dont les deux nuits de suite viennent d’être libérées (sûrement grâce à une annulation probablement). Non seulement on sera super bien situé (au centre) mais on pourra aussi profiter du célèbre carnaval de Montevideo ! C’était tellement inespéré !

Moral de l’histoire

  • Toujours vérifier les jours fériés (ça j’ai oublié de le faire, c’est la fatigue ça)
  • Quand on arrive dans un pays, il faut absolument avoir au moins la première nuit réservée – et si on n’y arrive pas, c’est qu’il y a un souci (jours fériés, festival, départ de vacances); on reste là où l’on est actuellement
  • Toujours avoir une carte SIM opérationnelle du pays avant d’envisager un trajet jusqu’à l’autre bout du pays (d’habitude on en a toujours mais cette fois ça n’a pas marché lol)
  • Quand tous les hôtels sont complets en Amérique du Sud, il faut chercher un love hotel. Pour cela, tapez sur Google « nom de la ville + tarifa hora », ou repérez un hôtel étrangement excentré sur Google Maps.
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Anh

Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine.

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