La Havane (Cuba) : exactement comme dans mon imagination (1/2)

Cuba est une destination dans notre « to do » list depuis des années. L’embargo américain sera bientôt levé, il est temps pour nous de visiter cette jolie destination avant que les anciennes voitures colorées ne soient remplacées par des voitures modernes et que le tourisme de masse ne vienne dénaturer le charme de ce pays.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Jour 1 :

Après un long voyage avec 5h d’escale à Madrid, nous atterrissons à La Havane à 22h avec des centaines d’autres touristes européens en voyage pendant les vacances de Pâques.
Nous passons l’immigration très rapidement. A cause d’une petite inattention, nous attendons nos bagages au mauvais endroit et perdons 10 minutes pour ça, mais nous sommes très surpris que tout soit si smooth et rapide.
Même l’attente devant les bureaux de change ne nous semble pas si longue que ça (10 minutes). Nous changeons seulement 200EUR car le taux n’est pas super top (1 euro pour 1,02 CUC), en demandant essentiellement des billets de 10 CUC et 5 CUC pour pouvoir faire l’appoint pour le taxi.
Nous avons réservé une casa et le taxi par email il y a un mois. A la sortie de l’aéroport, nous avons droit à un petit panneau de bienvenue avec le nom de JB écrit dessus. Nous attendons encore 15 minutes pour prendre un taxi, partagé, avec d’autres touristes. Ils sont déposés avant nous.
Entre les diverses attentes et le taxi, nous n’arrivons à la casa qu’à minuit. On sonne à la porte, notre hôte apparaît au balcon et nous jette la clé depuis le balcon. La chambre est spacieuse, avec une hauteur de plafond impressionnante (3-4m). Nous avons même la clim, l’eau chaude, du savon. Je suis plutôt impressionnée !

Jour 2 : CUC, CUP, deux monnaies pour un seul pays

A cause du décalage horaire, je me lève à 10h pour prendre le petit déjeuner avant qu’il ne soit trop tard (j’ai jusqu’à 10h30 pour le petit déj). 5 CUC (5€ par personne) pour un petit déj correct, composé de salade de fruits, pain, oeuf brouillé, une saucisse, un jus de goyave fait maison et du thé/café à volonté.
JB me montre la terrasse de l’hôtel qui donne sue une plaza. Ca fait trop Cuba, me dit-il ! Effectivement, la vue correspond exactement à l’idée qu’on se fait de La Havane. On a hâte de sortir !
Nos téléphones n’arrivent pas à nous localiser alors on erre dans la rue au hasard. Nous tombons très rapidement sur la rue piétonne très touristique Obispo (rue de l’évêque). Nous y trouvons l’office de tourisme Infotur où une dame bilingue nous explique en anglais où acheter les cartes Wifi, changer de l’argent et combien coûtent les taxis.
Sur cette même rue, il y a un CADECA (un bureau de change officiel) où une trentaine de touristes font la queue dehors. Je n’aime pas faire la queue. Je repère sur mon plan fourni par la casa une banque pas très loin : banco metropolitan. Bingo ! Il n’y a personne, c’est exactement le même taux, j’ai pu prendre mon temps pour changer 500 euros à 1eur = 1,031 CUC (l’état prend toujours 3% sur les transactions de ce type alors on n’aura jamais le taux officiel de 1,07CUC). Je demande quelques billets de 50 mais essentiellement des billets de 10 CUC et 5 CUC. Et puis, j’en profite pour changer 20 CUC en monnaie locale CUP pour pouvoir acheter dans la rue (eh oui le système est bizarre, on peut changer l’EUR en CUC, mais pas en CUP. Il faut changer EUR -> CUC puis de CUC -> CUP).
Note : Il y a 2 monnaies à Cuba, les pesos convertibles CUC et la moneda national CUP. Les locaux utilisent les CUP entre eux, les produits de la vie courante sont à acheter en CUC, les prix affichés aux touristes sont aussi en CUC. Dans certains lieux, il y a des tarifs pour touristes et tarifs pour locaux (genre 1 CUC pour les étrangers, et 3 CUP pour les locaux). Cependant, personne n’interdit aux touristes d’acheter les CUP. C’est plus pratique car beaucoup de stands dans la rue affichent des prix en CUP.
Le taux non officiel (par exemple au supermarché on peut payer soit en CUC soit en CUP avec un taux non-officiel à 25 CUP pour 1 CUC). Mais à la banque, on nous vend les CUP à un taux légèrement moins avantageux : 1 CUC = 24 CUP.
Astuces : Les billets CUC et CUP se ressemblent beaucoup. Vérifiez toujours quand on vous rend de la monnaie. Sur les billets de CUC, on peut toujours voir « pesos convertibles » dessus. Quant aux pièces, il est impossible de les distinguer pour les débutants.
Nous sommes amusés par le caractère un peu rigide du mec de sécurité. « Une personne par guichet SVP » , même si on est ensemble, il s’en fout, « une personne par guichet SVP ». S’y ajoute un peu de bureaucratie : Une fois que l’employé me fait signer le reçu de change, il le fait passer à son supérieur qui valide la transaction par une autre signature.
Maintenant qu’on a les poches pleines, c’est bon, on peut vagabonder dans la vieille ville. C’est la sortie des classes, on croise pas mal d’enfants en uniforme dans la rue, les garçons avec un pantalon couleur moutarde, et les filles en jupe rouge bordeaux. Ils font la queue comme nous devant un glacier qui vend des pots de glace à 10 CUP (moneda national).
Nous sommes les seuls touristes là-bas, on dirait que nous sommes les seuls à avoir cette monnaie. A côté se trouve un stand de churros dont le prix est clairement marqué : 5$. L’inconvénient avec les deux monnaies c’est qu’on doit deviner tout seul si c’est la monnaie nationale ou le CUC, car les prix sont toujours marqués avec un signe $. On demande des précisions au vendeur qui nous invente une histoire de 5 CUC pour 2 cônes de churros. Mais si on ne veut qu’une seule cône, c’est 3 CUC ! On trouve ça beaucoup trop cher et il descend le prix à 1 CUC. WTF ? Sentant l’arnaque à plein nez, nous partons, pour trouver un autre stand à 5$ la cône, mais en monnaie locale. Soit 15 fois moins cher !
Il y a pas mal de rabatteurs dans la rue mais curieusement on n’est pas trop dérangé. C’est peut-être ma tête asiatique qui les fait fuir (ils ne doivent pas savoir dans quelle langue communiquer avec moi). Tant mieux ! Nous visitons 2 des 4 plazas principales de la vieille ville : Plaza de Armas et Plaza de la Catedral.
Les rues sont pleines, c’est l’anarchie totale, on peut tomber sur tout et n’importe quoi au coin d’une rue. On peut passer un long moment à admirer un bâtiment baroque pour ensuite tomber sur une espace vide, où l’on voit des traces d’une maison qui s’est effondrée sur elle-même pour laisser uniquement un escalier en marbre menant nulle part. On peut se réjouir du son mélodieux d’un piano provenant d’un bar dans un hôtel 5 étoiles figé dans les années 60, pour ensuite tomber sur une bicyclette-taxi équipée de deux grosses enceintes, avec du rap à fond.
A La Havane, il n’y a pas que des Chevrolet décapotables colorés, il y a aussi des voitures plus récentes, des voitures françaises Peugeot, Citroën… les réparateurs de voitures s’installent dans la rue, et causent joyeusement avec les voisins qui les observent depuis le balcon. Les vendeurs de boutiques de souvenirs attirent l’attention avec un tambour à la main. Quand on les regarde, intrigués par le bruit, un énorme sourire suivi d’un « holà » nous attend.
A l’ombre, une femme habillée en cubaine (càd avec une robe super colorée), un gros cigare aux lèvres se fait prendre en photo avec les touristes. Elle ouvre ses bras et propose aux touristes de prendre une photo avec elle, moyennant une petite participation. Devant un bar très fréquenté, les touristes s’asseoient sur le trottoir, un mojito dans la main, pour écouter un chanteur/guitariste à la voix d’ange.
Dans la rue, c’est la loi du plus fort. Les voitures ont la priorité, les piétons essaient de traverser dès qu’ils peuvent entre regardant dans tous les sens. Les voitures cèdent le passage aux voitures qui s’imposent le plus.
La Havane dégage une énergie très positive qui me plaît énormément. Malgré l’ambiance chaotique, on se sent en parfaite sécurité. Même les rabatteurs sont peu insistants, et discutent joyeusement avec nous (même si leur objectif premier reste la vente des place de concert ou nous amener dans un restaurant hors de prix).
Nous dînons à la Plaza Vieja où plusieurs groupes de musique jouent dans les restaurants. L’ambiance est superbe ! J’adoooore ! Ca fait vraiment Cuba 😀 Enfin, c’est vraiment le Cuba que nous avons en tête. Je teste le plat national Roja Vieja (morceaux d’agneau sautés à la tomate avec du riz aux haricots noirs), que je n’aime pas du tout, tandis que JB se régale du poulet pané. 20,5 CUC, boissons comprises.
 

Jour 3 : Internet, le marché noir d’Internet & le tour de la Havane

 
Cela fait seulement 2 jours que nous ne sommes pas connectés à Internet mais tels des drogués en manque d’un fix, nous voilà devant le Telepunto ETECSA rue Obispo pour faire la queue. Des rabatteurs nous tournent autour en proposant les cartes Wifi 2 fois plus chers, mais nous épargnant l’attente. Je crois que Cuba est un des seuls pays où l’on te vend la connexion Internet comme si on te vendait du cannabis lol. Il y a même un marché noir pour ça ! (cf. en bas de l’article)
On résiste. De toute façon, faire la queue fait partir de l’expérience locale.
1h30 plus tard, nous avons 2 cartes Internet de 5h chacune (7,5 CUC/5h) et une carte téléphonique de 10 CUP (moneda nacional) à utiliser dans les cabines téléphoniques. Il faut toujours avoir un moyen d’appeler les casas particulares (ou la police). On ne sait jamais !
Trop contents d’avoir nos cartes Wifi, nous les testons à l’hôtel Florida repéré la veille. Nous y entrons comme dans un moulin même si nous sommes pas clients et nous asseyons confortablement sur les fauteuils au lobby. L’hôtel a un wifi ETECSA, où l’on peut utiliser notre carte Wifi. Il suffit d’entre l’identifiant et le mot de passe. Dès qu’on aura fini, on quitte la session. Pas besoin d’écouler les 5h de connexion en une fois. Internet est étonnamment rapide.
Nous rentrons à notre casa et déjeunons au restaurant d’à côté, où il y avait une longue queue hier soir. Ca doit être un bon restaurant. Effectivement, pour le prix affiché (entre 5 et 6 CUC/plat), les portions sont plutôt généreuses et la cuisine pas mal du tout. Le mojito cubain est servi avec beaucoup d’alcool, mais contrairement au mojito qu’on a l’habitude de boire, les mojitos cubains sont servis sans morceaux de citron.
Je n’ai pas de chance et choisis encore une fois un plat que je n’aime pas trop (crevettes). Finalement, je vais me nourrir d’une glace italienne vendue dans la rue pour seulement 1 CUP (moneda nacional). Le vendeur est surpris quand je lui tends un billet de 5 CUP. Mais il est gentil et n’essaie pas de m’arnaquer. Il me rend les 4 CUP restants. Ceux qui n’ont pas de moneda nacional (les autres touristes donc) paient 1 CUC (25 fois plus cher). Voilà voilà !
On revient au même endroit qu’hier où les vendeurs de churros essayaient de nous arnaquer en profitant du système CUC/CUP. Cette fois, en lui tendant un billet de CUP (moneda nacional) sans poser de questions, le vendeur ne dit rien et nous rend pile poil l’argent qu’il nous doit. Ainsi, on a pu payer 5 CUP le cône de churros, comme les locaux.
Nous marchons jusqu’à l’hôtel Ingleterra d’où partent les bus Habana Bus Tour (hop-on hop off). On fait le tour en 1h45 et passe devant le fameux Hotel Nacional, l’Aquarium, place de la révolution… tout ça pour 10CUC/personne. La promenade longeant la mer est superbe, l’eau est transparente. C’est un bon aperçu des plages paradisiaques qui nous attendent dans d’autres villes.
Brûlés par le soleil des Caraïbes, nous rentrons à Habana Vieja la gorge sèche. Le Coca-Cola importé du Mexique, à 1,75 CUC, ne nous a jamais paru aussi rafraîchissant.
De retour à la casa, nous demandons au proprio d’appeler la prochaine casa à Vinales où nous rendons demain, pour confirmer notre réservation et l’heure d’arrivée. C’est pratique ce système d’entraide entre casas. C’est la preuve qu’on peut peut-être vivre sans Internet 😀
Nous dînons au restaurant Hanoi, nommé ainsi pour exprimer son amitié envers le Vietnam (le Vietnam et le Cuba sont amis depuis longtemps. D’ailleurs, au musée 28 septembre, on voit encore de nombreux cadeaux faits par le Vietnam au Cuba), mais la carte est tout sauf vietnamienne. Un groupe de musiciens y joue. Je goûte au « arroz parra » (une sorte de paëlla) tandis que JB commande des crevettes au riz noir. Tout est goûteux, généreux, pour 17,5 CUC, mojitos compris. Je recommande vivement !
Nous sommes en train de nous promener quand nous remarquons une vingtaine de cubains assis dans la rue avec leurs smartphones allumés. Intrigués, on active notre Wifi mais ne trouve pas le Wifi ETECSA. Uniquement 3 wifi avec mots de passe. On demande à une cubaine à quel wifi elle se connecte et elle nous pointe un mec, disant qu’il faut donner 1 CUC à ce gars pour avoir Internet illimité. Ca sert à ça d’apprendre l’espagnol ! Pour être mis au courant de ce genre de bons plans.
Après discussion avec le mec, on comprend vite que comme nous sommes des touristes, c’est un autre tarif : 2 CUC, pour 1h20. Amusés par l’expérience, même si c’est plus cher que la carte ETECSA qu’on a achetée ce matin, on accepte et lui paie 4 CUC pour 2 smartphones. Il entre le mot de passe sur nos téléphones et nous voilà équipés de la connexion Internet la plus lente qui existe au monde.
En 1h de connexion, JB a réussi à envoyer 1 mail et un tweet. J’ai pu lire 2 notifs Facebook et fait une recherche Google, mais c’est tout ! Cela dit, c’est trop marrant de participer à ce « deal » local, on se sent vachement intégrés du coup. Nous sommes les seuls touristes à profiter de ce deal avec les locaux.
Apparemment ce deal n’est pas (encore) censuré par le gouvernement car la réunion du CDR (comité de défense de la révolution) a lieu juste à côté, à 5 mètres. Ils savent sûrement ce qui est en train de se passer, mais ferment les yeux.
Techniquement, ce « dealer », ne fait rien de mal. Il passe aussi par le réseau ETECSA, contrôlé par le gouvernement. Mais son génie consiste à « transporter » le wifi ETECSA jusqu’ici (il n’y a que 51 hotspots sur tout le pays), sûrement via des relais installés tout au long du chemin. Ainsi, il paie seulement 1,5 CUC/h, donc 7,5 CUC par soirée max pour revendre sa connexion à 30 personnes et empocher 30 CUC. En une soirée, il doit empocher le salaire mensuel moyen d’un cubain.
Ainsi, la vitesse est super lente. Mais les locaux s’en foutent puisque ça leur revient à beaucoup moins cher que d’acheter des cartes ETECSA à 1,5 CUC/h. Ici, ils peuvent rester autant qu’ils veulent pour 1 CUC.
Note : Comment pouvait-on savoir que le dealer passait par ETECSA (Internet du gouvernement) ? Parce qu’à un moment, il n’avait plus de crédit et tout le monde est tombé sur la page login d’ETECSA aahhaha

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

Taux de conversion :
1 EUR = 1,07CUC mais on a dû changer à un taux de 1,031CUC
1 CUC = 25 CUP mais on a dû changer à un taux de 24 CUP
  • Taxi aéroport -> Habana Vieja : 25 CUC
  • Hébergement : 35 CUC/personne
  • Petit déjeuner : 5 CUC/personne
  • Mojito : 3 CUC dans un hôtel 5 étoiles, sinon c’est 2 CUC
  • Coca : 1,75 CUC
  • Carte Internet de 5h : 7,5 CUC
  • Bus hop-on hop-off Habana Bus Tour : 10 CUC/personne pour un trajet total de 1h45
En moneda nacional :
  • Carte téléphonique (appels nationaux uniquement) : 10 CUP
  • Churros : 5 à 10CUP (moneda nacional)
  • Glace : 10CUP (moneda nacional)
  • Bouteille de 5L d’eau : 75CUP ou 3CUC -> il vaut mieux acheter cette grosse bouteille puis transvaser dans une petite bouteille car la petite bouteille de 500ml se vend à 1CUC

Adresse de la Casa Particular

Calle Teniente Rey (Brasil) , Numero 461, Entre Calles: Cristo y Bernaza Habana Vieja, Cuba
Propietario: Nancy y Fidel
Telefono: (+53) 7 8628227
Movil: (+53) 5 249 5549
Precio. 35 cuc/noche habitación

Partie 2 : Conseils pratiques

Adresse de notre casa

L’accueil est un peu froid mais l’emplacement est idéal

CASA CRISTO 461 son:
Direccion: Calle Teniente Rey (Brasil) , Numero 461, Entre Calles: Cristo y Bernaza Habana Vieja, Cuba
Propietario: Nancy y Fidel
Telefono: (+53) 7 8628227
Movil: (+53) 5 249 5549
Precio. 35 cuc/noche habitación
Viñales (Cuba) : au milieu de la vallée
10 choses banales auxquelles on n'est plus habitué après plusieurs mois en Amérique du Sud
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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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