Cusco (Pérou) : le nombril du monde

 

Ce jour-là, le ciel ressemblait à un miroir resplendissant et Viracocha invita tous les astres à le suivre sur les rives du lac Titicaca pour assister à la création du monde. A sa demande, la Lune (qilla) surgit des flots, suivie par le Soleil (inti) et les étoiles (wara). «O Pachamama (terre-mère), fais naître de ton ventre sacré l’homme et la femme, en hommage à Pachacamac, le Gardien du monde», s’écria le Soleil. De l’eau écumeuse naquirent Manco Cápac, un bâton d’or à la main, et sa soeur-épouse Mama Ocllo, les deux premiers Incas. Ils marchèrent vers le nord-ouest jusqu’au lieu où le bâton s’enfonça tout entier dans la terre, signe qu’elle était assez fertile. Ainsi naquit Cuzco, «nombril du monde», centre de l’empire.

Extrait du Figaro

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

En route vers Cusco

Nous partons de Copacabana à 17h. La traversée de frontières se passe mieux que prévu, grâce aux guides (anglophones) du bus Bolivia Hop qui s’assurent que tout le monde passe, même ceux qui ont dépassé leur limite de séjour en Bolivie (un mec a dû payer 2000$B d’amende, soit 300€, il a dû oublier complètement que son visa avait une date limite, pauvre chou). Cette frontière me fait particulièrement peur car j’ai entendu quelques histoires d’horreur là-dessus, notamment la recherche de « faux dollars » par la douane péruvienne, qui se transforme en confiscation de vrais dollars. On fait un petit check pour s’assurer qu’on a 90 jours autorisés sur le sol péruvien (il faut toujours vérifier car certains ont 30 jours, d’autres 90 jours… ce qui peut poser des problèmes plus tard quand on quittera le pays).

Après un dîner très amical à Puno avec tous les voyageurs, nous reprenons la route et arrivons à 6h à Cusco. Les guides de Bolivia Hop nous appellent un taxi et paient la course pour nous. Tant mieux, car nous ne sommes pas très bien réveillés après cette douce nuit passée au chaud dans le bus, nous n’avons aucune envie de tomber sur un faux taxi, ou négocier les prix dès 6h du matin.

Notre hôtel se trouve dans une petite ruelle. Comme il est presque vide, on a tout de suite une chambre pour nous reposer. Trop excitée d’être à Cusco, je n’arrive plus à dormir et passerai des heures à me renseigner sur les différents moyens me permettant d’atteindre le graal : Machu Picchu.

Jour 1 :

Il est 11h quand nous décidons enfin de sortir de l’hôtel.
Nous ne reconnaissons plus la petite ruelle par laquelle nous sommes arrivés ce matin. Elle était vide à 6h. Maintenant, elle est débordée de ponchos, bonnets, affiches… On dirait le vieux quartier des 36 rues à Hanoi, chaque mètre carré est utilisé pour caser une agence de tourisme, une affiche, une boutique.

A peine les pieds dehors qu’on est sollicités par plusieurs personnes : massage ? (ahh bonne surprise !), Machu Picchu ? un poncho en alpaga ? un poncho pour la pluie ? Et cela continue pendant une bonne dizaine de minutes, le temps qu’il nous faut pour traverser la place principale de la ville.

Grosse surprise ! La ville n’a rien de méchant (j’ai trop lu les conseils pour voyageurs sur le site du ministère des affaires étrangères), elle est même très très jolie ! Les 4 côtés de la place principale sont tellement jolis qu’on peut tourner vers n’importe quel côté, on est émerveillé. Il y a cependant beaucoup beaucoup de sollicitations, on ne peut pas prendre une photo tranquille sans être dérangé par les agences de voyage ou les masseurs (la plupart de ces gens ne sont pas des intermédiaires, ils travaillent vraiment pour les boutiques en question, ne les détestez pas !)

Les restaurants autour de cette place étant hors de prix, nous nous dirigeons vers la rue Pampa del Castillo, où on peut trouver du chicharrón (porc frit) pour 16 soles/personne. Il n’y que des péruviens au restaurant. La peau du porc est travaillée de manière spéciale pour donner une texture très agréable, même si elle est pleine de gras.

J’aime particulièrement le maïs cuit dans de l’eau comme ça. D’ailleurs, on en trouvera un peu partout, à 2,5 soles sans fromage, et 3 soles avec fromage. Notez la taille des graines de maïs. On met moins de temps et moins d’énergie à en manger comme ça.

Nous passerons tout l’après-midi à réserver les billets de train et les billets du Machu Picchu. A chaque fois qu’on demande à quelqu’un « quel est le meilleur jour pour aller au Machu Picchu », on nous répond « vous savez, Machu Picchu, c’est tropical/c’est dans la jungle/c’est imprévisible ». Bref, pas de réponse satisfaisante. Nous regardons la météo sur Google et devons prendre la décision nous-même : ce samedi ! car c’est le seul jour où l’on voit l’icône SOLEIL.

Le soir, nous nous disons que c’est l’occasion ou jamais de tester le vrai ceviche péruvien (poisson cru mariné au citron). Même si c’est hors de prix (55 soles), nous prenons quand même un trio des meilleurs plats péruviens au restaurant Barrio Ceviche : ceviche, paëlla et calamars frits. Ce sera le meilleur CEVICHE de ma vie ! (je le dis à chaque fois mais c’est parce que les ceviches que je goûte sont curieusement meilleurs que les précédents).

Jour 2 :

La journée commence bien avec un bon petit déjeuner dans un restaurant partenaire de l’hôtel (La Mariana). Le petit déjeuner est inclus dans le prix bien évidemment, mais on a aussi -15% ici sur toute la carte en étant client de l’hôtel.

La serveuse est roumaine et on rigole bien avec elle. Le jus de mangue est divin ! On parle, forcément, de Machu Picchu et je lui demande son avis sur les piscines thermales à Santa Teresa (que je raterai forcément, en voyageant en train au lieu de prendre le bus). Elle me dit qu’elle n’y est pas allée mais Lares en a aussi, à 40°C, au milieu des montagnes. Ce n’est pas tombé dans les oreilles d’un sourd.

Trop fatigués de courir partout la veille, on s’offre un bon massage à 80 soles/personne chez Ajna que nous avons repéré sur TripAdvisor. Cela fait du bien car on n’a pas eu de massage depuis le Vietnam (il y a 4 mois !), nos muscles commencent à souffrir.

La seule visite qu’on fait, c’est le twelve angled stone, situé à 10 mètres de notre auberge. Les pierres sont tellement bien ajustées façon puzzle (ou Tétris) que même une feuille de papier ne peut être glissé entre les deux pierres. D’ailleurs, il y a des fouilles qui ont été effectuées dans notre rue, révélant des murs incas détruits par les conquistadors.

Le soir, nous faisons le plein de nourriture asiatique chez l’unique restaurant coréen de la ville (on ressent un vrai besoin de nourriture asiatique car ici, les plats traditionnels ne sont pas généreux en légumes). On dirait que tous les asiatiques se sont donnés rendez-vous ici lol, JB est le seul « blanc » sur place. Malheureusement, les plats sont décevants.

Jour 3 :

Nous passerons toute la journée à la Vallée Sacrée, dont j’ai consacré un article ici.

Jour 4, 5, 6 :

Nous les passerons à Aguas Calientes puis au Machu Picchu (cf. les articles dédiés)

Jour 7 :

Très fatigués de nos excursions ces derniers jours, on décide de faire grasse mat’. On voulait aller à Lares pour profiter des bains thermaux mais on découvre que le seul bus partant pour Lares était déjà parti à 5h du matin. Zut alors ! Qu’en est-il du tour Salineras & Moras ? Déjà parti à 10h !

Ce n’est pas grave, on passera une petite heure au marché local San Pedro pour déjeuner et faire du shopping. Ce marché est très grand et très propre, les stands de nourriture sont divisés en plusieurs parties : jus et desserts, ceviche, plats traditionnels, plats quotidiens pour locaux. Les prix n’ont RIEN à voir avec les prix touristiques au centre-ville.

Je m’assois évidemment devant une cevicheria pour manger un ceviche super bon à 10 soles, tandis que JB goûte au lomito saltado (un plat typiquement péruvien) pour 6 soles (+ 1 sol pour l’option œuf). Mon ceviche est servi avec une soupe bien chaude (surprise !) et du riz citronné (surprise bis !). Si on hésite trop devant les stands, les vendeuses sont là avec une fourchette remplie de nourriture pour nous faire goûter, et nous faire succomber.

Après ce repas copieux, nous nous dirigeons vers les stands de jus. Les jus sont à partir de 4 soles. On est servi deux fois, car le verre (même s’il est énorme) ne peut pas tout contenir. Ne partez pas sans avoir été resservi !

On profite du prix bas du marché pour faire un peu de shopping pour JB, dont la laverie bolivienne a égaré son pyjama préféré. Les péruviens sont durs en affaire et ne laissent pas beaucoup de marge de négociation, l’astuce pour payer moins cher consister à trouver des lieux locaux où on paie moins cher 🙂 inutile de marchander.

Nous nous offrons un dernier bon dîner à Cusco chez Barrio Ceviche (de nouveau !) pour profiter du ceviche péruvien.

Jour 8 :

JB fait l’excursion Rainbow Mountains (il doit se lever à 2h45 du matin, le pauvre !) pendant que je profite de la ville, de son marché pas cher et d’un bon massage. Il suffit de sortir de notre auberge pour trouver, devant notre porte, plein de gens proposant des massages et tours. On a la chance d’être dans une ruelle où ils offrent les meilleurs prix de tout Cusco.

J’en profite pour visiter Museo Inka (10 soles), célèbre pour ses trois momies provenant de Pisaq, qui sont très différentes des momies égyptiennes. Ce musée dispose aussi des maquettes de Maras Moray (que nous n’avons pas visité, c’est une sorte de terrasses servant d’expérimentations agricoles), du Machu Picchu et des anciennes photos du Machu Picchu.

La visite de la cathédrale de Cusco (25 soles) est très intéressante aussi, l’audio guide est gratuite et existe en français. Cette cathédrale est composée de 3 parties, avec des décorations et peintures adaptées à la civilisation andine.

Ce soir, nous prendrons le bus avec Tour Peru pour aller à Puno à 22h.

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Transport : pass Bolivia Hop : La Paz – Copacabana – Cusco : 39$US/personne
  • Hébergement : 22€/nuit pour une chambre double, salle de bain commune (mais douche très chaude avec une bonne pression) chez Feel At Home. L’hostal étant très bien situé, avec un bon petit déjeuner, boissons chaudes à volonté. On vous le recommande vivement. Il suffit de mettre un pied dehors pour trouver les meilleurs prix de massages/tours/excursions de la ville.
  • Nourriture :
    • 5 soles la bouteille de 2,5L
    • Entre 4 soles et 9 soles le jus de fruits
    • Restaurant bon marché : 15 soles/plat, pour cela, éloignez vous du centre
    • Restaurant très bon marché : 8 soles/menu, trouvable au Mercado San Pedro, ou à la rue Choqechaka
    • Restaurant touristique : entre 25 soles et 35 soles/plat. Je recommande vivement le Barrio Ceviche pour goûter au meilleur ceviche du Pérou
  • Visites :
    • Tickets de visite Cusco : En savoir plus ici
      • Boletó turistico : 130 soles, valable 10 jours, pour visiter 16 sites à et près de Cusco (hors Machu Picchu et les salineras)
      • Boletó parcial : 70 soles, valable 2 jours, pour visiter un des circuits prédéfinis (hors Machu Picchu et les salineras)
    • Machu Picchu : 208$US/personne tout compris – transport, logement, billet (sauf nourriture), j’en ai parlé ici
    • Tour Vallée Sacrée : 30 soles/personne le tour d’une journée + 35 soles pour le déjeuner (+ boleto turistico ou boleto parcial à payer en plus). Réservé juste devant l’entrée de notre ruelle.
    • Tour Rainbow Mountains : 65 soles/personne (petit-déjeuner, déjeuner et bouteille d’oxygène inclus) + 10 soles pour l’entrée. Tour réservé devant l’entrée de notre ruelle.
    • Cathédrale de Cusco : 25 soles/personne, audio guide comprise
    • Musée Inka : 10 soles/personne
  • Autres :
    • Massage 80 soles/personne le massage d’une heure chez Ajna
    • Massage des pieds : 35 soles/30mn
    • Soin visage : 40 soles/40mn
    • Lessive : 2,5 soles/kg, livraison le lendemain, rue Choquechaka

Conseils pratiques

  • BCP permet de retirer beaucoup d’argent en une fois mais ne donne que de gros billets, difficiles à écouler (200 soles !). Préférez Scotiabank qui boude les retraits supérieurs à 400 soles mais qui donnent de petits billets de 50 soles. Les deux banques ne prennent pas de frais/commission supplémentaires lors des retraits.
  • Cusco étant très touristique, il y a plus de boutiques et d’auberges qui acceptent les cartes de crédit. Et les gens comprennent un peu l’anglais.
  • Je n’ai pas trouvé l’office de tourisme iPeru, mais j’ai trouvé l’office de Dircetur, rue Mantas, où j’ai pu poser plein de questions aux personnes très compétentes (attention l’adresse Google Maps est fausse)
  • A Cusco, vous aurez l’impression d’être un ATM vivant. C’est normal, n’ayez pas peur et éloignez-vous du centre ville. Allez au marché San Pedro et ça ira mieux.
  • Ne détestez pas ceux qui vous accostent dans la rue, ce ne sont pas des intermédiaires, ce sont souvent des employés d’une agence de voyage ou la boss du centre de massage.
  • Les faux taxi n’ont pas de numéro de téléphone de la compagnie sur la tête, juste un « TAXI », les vrais taxis ont un numéro de téléphone et un numéro de taxi. Négociez les tarifs avant de monter dessus
  • Les taxi colectivos (taxis partagés) sont les plus économiques pour vous déplacer aux alentours de Cusco. Chaque destination a son propre « terminal de taxi colectivo », renseignez-vous auprès de votre hôtel ou au Dircetur
  • Faites attention aux femmes avec un bébé lama dans les mains, il va falloir payer pour chaque photo que vous prendrez.
  • Pour le même tour, vous trouverez des prix complètement différents. La différence est dans les petits détails : nourriture (incluse ou pas, de meilleure qualité ou pas)… donc avant de crier au scandale, comparez bien les prestations. En général, vous en avez pour votre argent.
  • Les conseils concernant le transport vers le Machu Picchu se trouvent ici.
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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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