Castro (Chili) : tremblement de terre, alerte au tsunami le jour de Noël

Nous sommes le 24 décembre, au bord de l’eau, dans une cabane sur pilotis super pittoresque près de Castro (île de Chiloé).

Au milieu de la soirée, JB me dit qu’on entend des vagues, c’est complètement anormal. Nous sommes ici depuis 4 jours et c’est la première fois que nous en entendons. JB pense à un gros bateau qui passe, moi je pense direct à un tsunami. Une petite vérification sur Twitter nous apprend qu’un tout petit tremblement de terre vient d’avoir lieu il y a 30 minutes super loin d’ici et qu’aucune alerte au tsunami n’a été donnée. JB me reproche d’être parano depuis nos deux tremblements de terre en Birmanie & en Nouvelle Zélande. Il vient juste de pleuvoir, c’est tout !

Je pense qu’il vaut mieux avoir quelqu’un de super prudent dans la famille quitte à être parano de temps en temps. J’en profite pour suivre les comptes d’alerte au tremblement de terre et tsunami de Chili. Et je tombe sur cette photo rappelant ce qu’il faut mettre dans son sac de secours en cas d’évacuation.

Nous sommes le 25 décembre. L’eau continue à être plus haute que la normale, ce que JB attribue à la forte pluie hier. On est presque midi. La cabane commence à trembler. Forts de nos expériences, on sait ce qui est en train de se passer : un tremblement de terre. On sort directement de la cabane, car l’on sait que la zone la plus sécurisée est dehors, et non dans une cabane en bois au bord de l’eau (sortir n’est pas forcément une bonne décision quand on est dans un immeuble au centre ville mais ici, on est en pleine campagne). Cela ne dure que 20 secondes, mais c’est la première fois que nous l’expérimentons debout, et non assis ou allongés. C’est super bizarre.

Finalement, 0 dégât, quelques flacons en plastique sont tombés dans la salle de bain. Comme nous avons bien fermé le poêle à bois, aucun incident n’est à signaler non plus. L’électricité est coupée, Wifi aussi, la 3G ne marche pas, mais le Whatsapp de JB fonctionne.

Ce que nous a appris le tremblement de terre en Nouvelle-Zélande, c’est que l’alerte au tsunami peut NE PAS être donnée à temps, même dans les pays développés car le tsunami peut arriver seulement quelques minutes après un tremblement de terre. Ainsi, quand on est près de l’eau, surtout comme nous, il y a 2 indices annonçant le tsunami : le tremblement a été fort, ou il a duré longtemps – cf. cette info donnée par NZ Get Thru

A long or strong earthquake is your first warning of a tsunami and waves can arrive within minutes. Do not wait for official advice or warning systems. Wherever you are, remember if you are in a coastal area and feel an earthquake that makes it hard to stand up or lasts for more than a minute, move immediately to the nearest high ground, or as far inland as you can. Don’t wait for an official tsunami warning.

Dans tous les cas, on se prépare à être évacués. Nous sommes dans une baie avec beaucoup d’îles aux alentours. Si un tsunami nous frappe, il va d’abord frapper ces îles, avant de venir jusqu’à nous. En tout cas, le risque existe mais reste minime.

J’observe l’eau de l’intérieur tandis que JB demande à ses frères sur Whatsapp de nous tenir au courant pour toute alerte au tsunami (à part Whatsapp, on ne capte ni la 3G ni Wifi).

L’eau est beaucoup trop calme. On voit le reflet des cabanes en face de la terrasse, je n’ai encore jamais vu l’eau comme ça.

Soudainement, tous les oiseaux, canards se mettent à voler. Et on entend les vagues frapper les pilotis, comme hier. Evacuons !

Au même moment, on entend une sorte de sirène, je ne sais pas d’où ça vient. Le temps de prendre ma pochette et mon téléphone pour sortir, je m’aperçois que c’est mon téléphone qui produit cette sirène. L’alerte au tsunami a été donnée par téléphone !

Il s’agit d’une alerte émise par « diffusion cellulaire ». Pourquoi suis-je la seule à la recevoir ? Aucune idée.

Les autres touristes dans d’autres cabanes hésitent à sortir. Je leur montre l’alerte que j’ai reçue sur mon téléphone et nous marchons ensemble vers la colline la plus proche. C’est là où nous croisons un voisin chilien qui nous rassure en nous indiquant que l’alerte a été donnée à tout le monde sur l’île (l’île est très grande), mais en cas de vraie alerte tsunami, la police maritime passera et nous demandera d’évacuer.

Je capte la 3G, enfin. Je tends mon téléphone à une voisine hispanique pour qu’elle fasse les recherches. On découvre tous avec stupeur que non seulement le tremblement de terre était violent : 7,6 sur l’échelle Richter, mais en plus, c’était très proche de nous.

Nous retournons à notre cabane, je n’entends plus du tout le bruit des vagues mais je ne suis pas rassurée pour autant. Je prépare quand même un sac plus complet en cas d’évacuation, comme le sac que j’ai vu la veille + nos affaires les plus précieuses (comme ça on n’aura aucun regret si jamais on perd tout ce qui reste dans l’appart). La réponse vient 5 minutes plus tard, une voiture passe dans les rues avec sirène et haut-parleur. On ne comprend rien à ce qui est dit, mais nos voisins nous confirment qu’il faut évacuer.

Le proprio de l’hôtel amène tout le monde vers la zone d’évacuation avec son pickup càd à l’église de Nercon. C’est une vieille église en bois, mais qui est fermée ce jour de Noël. Je montre le jardin en face de l’église à JB : si jamais il y a un autre tremblement de terre, il faudra aller là, et non se cacher sous cette vieille église.

Sur la photo : l’épicentre est représenté par l’étoile. Castro est la zone verte avec risque de tsunami. Franchement, si on n’était pas à Castro, je ne sais pas ce qui était mieux : rester à Puerto Montt où nous étions il y a une semaine (la zone bleue) ou Bariloche (l’autre zone bleue en Argentine). Tous les endroits où on était récemment étaient des zones à risques en fait ! J’ai ma mère sur Facebook : elle me dit que les tremblements de terre me suivent. Après la Birmanie et la Nouvelle Zélande, c’est en effet notre troisième tremblement de terre en 6 mois. Merci pour cette consolation !

Nous apprenons via Twitter que l’alerte a été levée vers 13h30. Nous rentrons tous à l’hôtel, rassurés. L’eau reste très haute

A 14h30, l’eau descend au niveau normal. Plus de peur que de mal, nous venons de fêter notre premier Noël de tour du monde, avec un tremblement de terre et une alerte au tsunami comme cadeaux.

Joyeux Noël !

Partie 2 : Conseils pratiques

En cas d’évacuation, si le risque est faible, prenez vos passeports, le kit de secours, un peu de nourriture, de l’eau et des vêtements chauds.

Si le risque est élevé, partez seulement avec vos passeports.

Un peu de vocabulaire en espagnol

  • terramoto / sismo : tremblement de terre
  • tsunami : tsunami
  • alerta : alerte
  • Socorro! : au secours!
  • Puede aydarme? : pouvez-vous m’aider ?
  • seguridad : sécurité
  • evacuar a zona de seguridad/zona segurida

Comptes Twitter utiles :

@onemi

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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