A chaque fois que je rentre en France ou au Vietnam, j’ai une longue liste de livres en papier à lire. Je ne peux pas les prendre avec moi en voyage donc je les lis quand j’y ai accès. Ils sont soit indisponibles en ebook, soit ont été achetés en version bibliophile. Et je ne préfère pas lire en ebook quand la version bibliophile existe et m’appartient.
Animal Farm de Suntup Editions

Le premier que j’ai lu rapidement, c’est « Animal Farm ». Je n’ai jamais lu ce livre, par contre, j’ai lu 2 versions BDs et connais l’intrigue.
Je n’ai eu le temps que de lire l’introduction écrite par le fils d’Orwell. Il explique que le succès d’Animal Farm a permis à la famille de vivre tranquillement dans une ferme sans se soucier d’argent. Et qu’en tant que fils adopté qu’Orwell, il n’avait pas le devoir/l’attente de devenir écrivain lui-même. J’imagine que l’espoir pesait également beaucoup sur Brian Herbert, le fils de Frank Herbert et donc malgré son absence de talent littéraire, il s’est forcé de continuer la saga de son père ?
Le livre est une version bibliophile venant de Suntup Editions, que j’ai fait venir des Etats-Unis moyennant deux reins et trois bras. J’avais l’intention de refaire la reliure mais quand j’ai touché le livre en vrai, j’ai trouvé la reliure ultra solide et mérite d’être gardée telle quelle. L’impression en letterpress donne un peu de relief aux caractères, mais pas de manière gênante non plus (par exemple on ne voit pas sur la page suivante les traces de la page précédente). Les illustrations sont magnifiques, j’aime beaucoup beaucoup ! Je les préfère aux différentes versions BD qui me semblent trop simplistes.
C’est mon seul livre venant de Suntup et quand le hype sera calmé, je me vois bien m’offrir d’autres livres de cet éditeur. Mon rêve est d’avoir un livre venant de Lyra’s Books aussi (update : je l’ai !), mais il va falloir me patienter car les titres qu’ils choisissent ne me plaisent pas trop.
The history of the Limited Editions Club

J’ai lu 1/3 de ce livre sur « The Limited Editions Club », une maison d’édition pour bibliophiles créée par George Macy. Il y a très peu d’infos sur lui et enfin un expert se renseigne sur sa vie, son oeuvre. C’est super intéressant. J’ai 3 livres venant de The Limited Editions Club et ça m’intéresse de voir comment ils ont été faits. Le livre est joli, imprimé sur du papier non-acide. J’ai failli déchirer la reliure pour me motiver à en faire une autre, quand je me suis rappelée du prix que j’ai payé pour ce livre (prix du livre + livraison depuis les Etats-Unis + taxes). Donc selon le mood du moment, je déciderai de le revendre (pour financer d’autres livres pour bibliophiles) ou refaire la reliure et ne plus être capable de la revendre. Le format est très grand, ce n’est pas un livre que je peux mettre dans ma valise.
The Innocents Abroad par The Limited Editions Club

Parmi les 3 livres venant des Limited Editions Club, j’ai pu lire 1/3 de The Innocents Abroad de Mark Twain. Celui-ci me coûte moins cher car il vient d’une librairie anglophone basée à Paris (ouf). C’est une version pour bibliophiles. Il est richement illustré et trop trop drôle ! On suit Mark Twain, qui avait une place sur un bateau de croisière, visitant la Méditerranée et la Terre Sainte pendant plusieurs mois. C’est le genre de carnets de voyage dont je rêve d’être l’auteur. Le programme du bateau fait rêver, puisqu’il visite Paris pendant l’expo universelle !!! et visite, entre autres, l’Egypte, Jérusalem, la Crimée… un petit voyage bien sympathique qui se passe à la fin du 19ème siècle, avec des gens d’une autre époque, une autre manière de voyager, sans les soucis des guerres mondiales ni des effets néfastes de l’évolution industrielle. Et c’est extrêmement drôle. Un humour fin, et sa manière de raconter est tellement prenante, on ne s’attend pas du tout aux chutes hilarantes. Il se moque beaucoup d’autres touristes américains.
Je vais devoir finir le livre en ebook car je veux savoir comment ça se termine. Au début, je voulais revendre le livre après la lecture mais là j’ai changé d’avis, ce livre est trop trop bien et je pense que je vais le feuilleter de temps en temps, rien que pour les illustrations imprimées à l’ancienne et avec des couleurs ajoutées à la main aux pochoirs. Plus d’infos ici.
Je suis désolée pour ceux qui ne parlent pas anglais. Vous devez vous contenter de cette édition simple et d’occasion (lien Amazon). Voici la présentation de l’édition française :
Que faire maintenant ? Après avoir vécu mille aventures comme pilote sur le Mississippi (La Vie sur le Mississippi, Payot), fui la guerre de Sécession, traversé la Prairie, tâté de la rude vie des chercheurs d’or (À la dure, Payot), voilà le jeune Samuel Clemens, alias Mark Twain, de nouveau sans le sou, à New York. Une proposition de l’Alta California vient lui sauver la mise : suivre pour ses lecteurs le premier voyage touristique organisé depuis l’Amérique. Et c’est ainsi que Mark Twain, qui rêvait enfant d’explorer l’Amazone, s’embarque le 8 juin 1867 sur le Quaker City, direction l’Europe. Au programme : les Açores, Gibraltar, la France, l’Italie, la Grèce, Constantinople, la Crimée, Smyrne, la Terre Sainte et l’Égypte… Mark Twain, l’homme de l’Ouest, face à la vieille Europe ! Le choc va faire des étincelles. Car, l’oeil féroce et la langue bien pendue, il n’est pas disposé à s’en laisser conter et campe fièrement sur ses valeurs d’homme de la frontière. Ce qui nous vaut un assez étonnant feu d’artifice de blagues énormes, de descriptions décapantes, d’anecdotes cocasses et de réflexions plus sérieuses qu’on n’imagine d’abord – avec, en prime, quelques ânes, des chameaux et une course échevelée à travers l’Europe, à la recherche d’un fantomatique morceau de savon… Le succès du Voyage des innocents fut immense dès sa parution en 1869 – sans doute parce que s’y marquait, symboliquement, une inversion du regard entre Vieux et Nouveau Monde. En ce sens, Mark Twain est bien, comme l’écrivait Hemingway, le père du roman américain, le premier à le fonder, sans plus de références à l’Europe, sur les traditions et les valeurs de l’Amérique.



Franchement, il y a plein de livres super drôles comme ça qui sont oubliés avec le temps. Je me souviens de : An Innkeeper’s Diary de John Fothergill réédité par The Folio Society, à mourir de rire aussi, qui parle de la gestion d’un hôtel au temps des premiers voyages des particuliers avec leurs voitures. Je vais l’acheter (update, je l’ai !!! – ainsi que les deux suites), quand j’aurai un vrai « chez moi ».
Proust
Ensuite, j’ai dévoré les livres liés à Proust.

- Proust voyant (lien amazon) : le style est pénible, mais on comprend grossomodo où l’auteur veut en venir. En gros, Proust est un médium. Cela explique toutes ses réflexions sur la vie et la mort, l’âme d’une personne qui reste dans les objets, les souvenirs qui surgissent de la petite madeleine… L’auteur défend sa thèse comme quoi toutes ces réflexions autour du psychisme sont normales et dans l’ère du temps (début 20ème siècle). Nous avons tellement oppressé ce genre de phénomènes depuis que nous n’arrivons plus à les comprendre, ni les détecter. Alors qu’en lisant A la recherche du temps perdu en tant qu’expert des phénomènes « paranormaux », on reconnaît tout de suite les dons de Proust, mais aussi de M. de Charlus, et d’Albertine !!! Enfin je comprends pourquoi Albertine est si spéciale, parce qu’elle m’ennuyait profondément !
- Illustrer Proust – histoire d’un défi : un petit livre pas super développé où l’auteur critique toutes les illustrations de Proust qui ont été faites depuis le début. Il y a 2-3 infos intéressantes mais sitôt lu, sitôt oublié
- Illustrer Proust – art du repeint (lien amazon): ce livre est beaucoup plus intéressant mais je n’ai pu lire qu’1/3. On commence avec l’analyse des illustrations des Plaisirs et des Jours, le premier livre de Marcel Proust, illustré par Madeleine Lemaire (Mme Verdurin, plus connue et respectée que Proust à l’époque). On suit les illustrations dans l’ordre du roman, pas dans l’ordre chronologique. Il y a énormément de photos. Avec ce livre, franchement, je n’ai même plus envie de collectionner les livres illustrés d’A la recherche du temps perdu car les plus belles illustrations y sont déjà !
Stoned
C’est un ebook que j’ai acheté (lien amazon vers le livre en papier) mais il est trop prenant donc je l’ai lu alors que j’ai une tonne de livres en papier à finir. L’auteure est joaillière et elle explique pourquoi le luxe nous attire autant, pourquoi on se fait avoir par le luxe. S’ensuivent des anecdotes historiques sur les pierres précieuses. J’adoooore ! Les références bibliographiques sont absentes, c’est dommage. Mais il y a plein d’infos pour se la péter pendant les dîners par ex. le nombre de carats de diamants estimé par habitant; le bullshit de l’industrie des diamants; pourquoi l’émeraude est la plus rare et la plus chère du baryl ? pourquoi on désire un objet et pas un autre ? les couleurs du saphir…
La lecture de ce livre m’a ouvert les yeux sur (1) pourquoi je veux tel objet (2) comment résister devant un objet (3) pourquoi le fait d’apprendre l’artisanat me permet de contrôler mes envies d’achat. Je me rends compte que comme beaucoup de monde, je veux tel ou tel objet pas pour sa beauté, mais pour le hype qu’on créé autour de cet objet, car les gens le veulent tous et peu peuvent se l’offrir et je me fais complètement avoir par le marketing. Connaître le mécanisme et surtout maintenant comment faire moi-même ces objets, me permet d’enlever le marketing et voir l’objet tel qu’il vaut vraiment, et la plupart du temps, il ne vaut pas grand chose. Je recommande vivement à ceux qui trouvent qu’ils font un peu trop de shopping 😀


