Ciudad del Este (Paraguay) : au-delà des rumeurs

Les infos sur le Paraguay ne sont franchement pas à jour. On nous parle, sur les blogs, de Ciudad del Este comme d’une ville dangereuse ou chaotique. Même si elle a moins de charme qu’Encarnacion, Ciudad del Este n’est en vrai ni dangereuse ni chaotique.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Jour 1 :

Le trajet Encarnacion – Ciudad del Este est un #fail total. Tout ça parce que nous avons baissé la garde, on a tout simplement demandé des infos à un vendeur au terminal qui nous a montré un autre vendeur de tickets et on a fini chez la compagnie Sao Juan.

Le mec nous a vendu des tickets pour un départ à 7h. Et puis il nous a dit que le bus avait un problème de radio (??) et il nous a revendus à une autre compagnie, moins chère, partant à 8h. Heureusement qu’on a eu le réflexe de demander le remboursement de la différence de prix entre les deux billets, sinon il nous aurait arnaqué 20 000 Guaranis en plus.

Malheureusement, la compagnie NSE a l’allure d’un bus local. Pour un trajet de 5h, on croit que cela ne posera pas de problème, mais (1) il fait 40 degrés (2) la clim ne fonctionne pas bien (3) on ne peut pas ouvrir les fenêtres (4) ils ne s’arrêtent pas pour la pause WC pendant 5h (5) ils s’arrêtent prendre des gens sur la route toutes les 10-20 minutes. C’est pénible !

C’est donc à moitié morts que nous arrivons à Ciudad del Este. On aurait vraiment dû choisir nous-même notre bus, notamment la compagnie NSA qui propose des trajets super confortables sur ses bus à 2 étages. On saura pour la prochaine fois. Par ailleurs, ceux qui disent que la route est mauvaise ont tort. La route est goudronnée et très correcte.

Depuis le terminal de bus principal, nous prenons un taxi jusqu’à notre hôtel, pour 25 000 Guaranis (3km). Un panneau indique le tarif en fonction de la distance, pas de risques d’arnaque.

Notre hôtel (Casa Alta) se trouve dans un no man’s land, très calme, très grand, il y a même une petite piscine. Mais cela ne peut pas, quand il fait 40 degrés, justifier sa location, à 10mn à pied du resto le plus proche et 25 minutes à pied du terminal d’où partent les bus pour le Brésil, l’Argentine, Itaipú…

Morts de faim, on se motive quand même pour aller au resto, et tant qu’on y est, continuer 15 minutes pour aller à l’office de tourisme. Je comprends mieux pourquoi la sieste et le tereré (infusion de thé amer glacé) sont si populaires au Paraguay. On ne peut pas vivre sans ! Depuis notre arrivée au Paraguay, notre cerveau a fondu avec la chaleur, ce n’est juste pas possible de travailler entre midi et 16h, autant faire une sieste pour oublier la chaleur.

Les 10 minutes passées avec le monsieur à l’office de tourisme permettent d’effacer tout le désagrément du trajet de ce matin. Nous voulions seulement avoir quelques infos sur le barrage d’Itaipu, n’étant pas très sûrs qu’il soit encore ouvert à cette heure-ci (16h). A la place, nous avons droit à une mini présentation de toutes les activités dispo aux alentours de Ciudad del Este + les tarifs et comment visiter les côtés brésiliens et argentins des chutes d’Iguazu.

Wooow ! Si vous voulez passer 10 bonnes minutes à écouter un espagnol très compréhensible à l’accent chantant, courez voir ce monsieur au Senatur juste à côté du Terminal Bus Urbano.

Le dîner sera fait maison (salade composée) car on a la flemme de sortir manger.

Jour 2 : Barrage d’Itaipú

Note : ceci est la photo officielle du barrage, mais c’est rare de voir ça. Il faut que le niveau d’eau soit très haut pour voir un tel déferlement d’eau.

Aujourd’hui, nous allons au Brésil. Mais juste avant, il faut qu’on visite le barrage d’Itaipú, la fierté du Brésil et du Paraguay. C’est le 2ème barrage le plus grand au monde. JB ne comprend pas mon choix de visiter le barrage depuis le Paraguay. Selon lui, notre hôtel au Brésil sera mieux placé et ce sera plus simple d’y aller depuis le Brésil.

Il n’a pas tort, mais la visite du côté brésilien est payante et je préfère avoir des explications en espagnol plutôt qu’en portugais (pour l’instant mon portugais se limite à eu não falo português (je ne parle pas portugais).

Actuellement, la centrale hydroélectrique d’Itaipu détient le record mondial de production cumulée d’électricité et ce, grâce à son ancienneté et aux conditions hydrauliques optimales du site.
(…)

Le barrage d’Itaipu a induit un lourd impact sur l’environnement, inondation de 1 500 km2 de forêts et de terres agricoles, le déplacement de populations, l’engloutissement de la cascade des Sept Chutes — également connu sous le nom Salto de Sete Quedas —, qui était non seulement un site touristique et naturel important en Amérique du Sud mais aussi les plus importantes chutes d’eau du monde en volume.
Source : Wikipedia

Pour éviter la chaleur, on demande à l’hostal de nous déposer à Itaipú puis à la frontière, pour seulement 80 000 Guaranis. Nous arrivons pile 2 minutes avant le départ des bus de visite du barrage d’Itaipu (qui partent toutes les demi-heure entre 8h et 16h). La présentation est faite dans le bus, en espagnol. Malheureusement, le contenu n’est pas très intéressant et on nous laisse pas entrer à l’intérieur du barrage. On ne peut voir que l’extérieur.

La visite de l’intérieur du barrage est uniquement réservée aux ingénieurs et scientifiques et elle doit être réservée au moins une semaine à l’avance. Elle est gratuite, tout comme la visite « pour les touristes de base » comme nous.

Tout cela dure 45 minutes, on sort une seule fois du bus pour prendre des photos, le reste du temps, la guide nous explique la structure du barrage au fur et à mesure qu’on avance. Ce qui est marrant c’est que le barrage se trouve pile entre le Paraguay et le Brésil, du coup lors de la visite, le bus est passé du côté brésilien en traversant le barrage, puis est revenu au Paraguay. Avant, il y avait un long film de 1h30 pour présenter la construction du barrage, mais ils ont compris que ça n’intéressait personne alors la visite ne dure maintenant que 45 minutes en bus, sans le petit film à la fin.

La vue depuis le barrage

L’hostal vient nous chercher en voiture et nous dépose devant un bureau de change près de la frontière. Nous échangeons tous nos Guaranis pour un taux super intéressant (cela couvrira les frais de retrait qu’on a dû payer pour les retirer hihihi). Attention, le « Dolar Real » indique le taux de change appliqué quand on veut changer des USD en real brésilien.

Nous marchons ensuite jusqu’à l’immigration, en passant devant des centaines de boutiques et centres commerciaux duty free. La plupart des argentins et brésiliens qui viennent au Paraguay pour faire du shopping ne vont pas au-delà de ces rues très bruyantes où ils sont très sollicités par les vendeurs, d’où cette impression de chaos alors que le reste de la ville est super calme.

Nous nous arrêtons juste avant le friendship bridge avec le Brésil pour recevoir le tampon de sortie. Au revoir Paraguay !

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Transport :
    • Encarnacion – Ciudad del Este en bus : 50 000 Guaranis. Je déconseille les compagnies Sao Juan, NSE. Je vous conseille plutôt la compagnie NSA.
    • Taxi terminal de bus -> hostal Casa Alta : 25 000 Gs
    • Voiture privée de l’hostal : Hostal -> Barrage Itaipu -> Frontière : 80 000Gs (moins cher que le taxi)
  • Visite du barrage d’Itaipu : gratuite
  • Hostal : Casa Alta, 180 000Gs la chambre double avec douche privée, petit déjeuner inclus. L’hôtel est bien mais un peu loin du centre ville -> je ne vous recommande pas
  • Nourriture :
    • Fast food : 50 000Gs pour deux
    • Supermarché : 70 000Gs pour deux, 2 repas

Astuces

  • Il vaut mieux choisir un hôtel à proximité du Terminal Bus Urbano (faites une recherche sur Google Maps pour voir l’emplacement exact). Vous y trouverez des bus partant pour Itaipu, des bus vous menant directement aux endroits les plus proches des chutes Iguazu côté brésilien et côté argentin. Cette zone est plus calme que la zone à côté de la frontière.
  • Si vous voulez acheter du matériel informatique / téléphonique, c’est le moment ! Duty free pour tout le monde !
  • Avant de quitter le Paraguay, changez vos Guaranis dans une des nombreuses casas de cambió près du pont reliant le Paraguay et le Brésil. Les taux de change Guaranis -> Real sont très avantageux. Dans l’autre sens, ce n’est pas très avantageux.
  • Les reals sont acceptés à proximité du pont qui relie au Brésil. Si vous voulez prendre une moto/taxi jusqu’au Brésil, vous pouvez payer en real.

Que visiter ?

Nous n’avons pas fait tout ça depuis Ciudad del Este mais si vous aimez le Paraguay, vous pouvez rester plus longtemps à Ciudad del Este, qui est nettement moins cher que le Brésil ou l’Argentine.

  • Chutes d’Iguazu : Depuis Ciudad del Este, on peut vraiment se rendre au Brésil ou en Argentine pour visiter les chutes d’Iguazu en un jour (façon backpacker, super cheap). Infos ici. Attention, le Paraguay partage un fleuve avec le Brésil et l’Argentine mais les chutes d’Iguazu ne se trouvent pas au Paraguay. Seulement entre l’Argentine et le Brésil.
  • Monday Falls : elles sont au Paraguay et ressemblent beaucoup aux chutes d’Iguazu mais sont beaucoup plus petites.
  • Barrage d’Itaipu : La visite a peu d’intérêt quand l’eau n’est pas évacuée, mais elle est gratuite (du côté paraguayen, pas du côté brésilien). La visite réservée aux scientifiques et ingénieurs (à réserver 1 semaine à l’avance) a l’air beaucoup plus intéressante car elle donne l’accès aux générateurs.
  • 3 frontières : il y a un endroit très cool où l’on voit les trois pays (Brésil, Argentine, Paraguay) séparés par le fleuve Panara. Chacun des pays a un site pour marquer cet endroit : Marco 3 fronteiras au Brésil, Hito Tres Fronteras en Argentine et Tres Fronteras au Paraguay. Je n’ai fait que celui du Brésil mais d’après les photos, celui au Paraguay est le plus photogénique (et plus rare à obtenir aussi).

Je vous mets aussi les prix de taxi depuis le Terminal de bus principal.

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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