Asunción (Paraguay) : Carnet de voyage

Le Paraguay est un pays ajouté à l’itinéraire, comme ça, au piff. Géographiquement, cela nous permet de rejoindre Iguazu de manière plus ou moins économique. Culturellement, le Paraguay nous permettra d’assister à son superbe carnaval à Encarnacion, moins wow que Rio de Janeiro mais tout aussi fun. Et puis, c’est rare d’avoir l’occasion de visiter un pays aussi peu touristique.

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Nous arrivons à Asunción minuit passée, après avoir pris l’avion depuis Santa Cruz et une escale de 5h à Sao Paulo. C’est beaucoup trop tard pour prendre un bus local. Nous retirons de l’argent au distributeur (25000 Guaranis de frais pour chaque retrait quand même soit 4€) et cherchons un taxi.

Il y a des taxis prépayés à l’aéroport. La fille à la caisse nous demande de payer 120 000 Guaranis pour une course jusqu’au centre (en espèces), sinon sera 137 000 Guaranis en carte bancaire.

JB a repéré un hostal sur Internet : El Nómada Hostel (lien Booking). On découvrira plus tard que cet hôtel est plein de francophones, on ne sait pas trop pourquoi. Un des réceptionnistes est français aussi. On s’y sent tellement bien qu’on y restera 5 jours. Le lit en dortoir coûte 12$/personne, mais la chambre coûte 25$, du coup, on ne s’embête pas, on prend une chambre privée, avec douche privée, la clim et le ménage tous les jours !

La clim s’avère un élément indispensable ici ! Venant de la Bolivie et habillés comme s’il faisait -5°C, nous devons switcher tout de suite en mode « canicule ». Il ne fait que 32°C mais nous ne sommes plus habitués à la chaleur. Le soleil tape très fort ici, ça me brûle la peau. Pour info, géographiquement, le Paraguay situe plus ou moins à la même latitude que la côte d’or en Australie. Bonjour la chaleur ! Le manque d’arbres n’aide pas.

C’est pour cela que la plupart des clients de l’hostal passent beaucoup de temps à traîner dans le jardin de l’hostal et profiter de la petite piscine (et des deux chats aussi, super mignons).

Pendant ces 5 jours, nous essayons de sortir et visiter un petit peu avant et après le déjeuner. Nous sommes dans le centre historique, qui n’est historique que de nom car l’architecture est quand même très moderne et les anciens bâtiments se font rares. Quand on regarde le plan, on dirait New York avec ses rues parfaitement parallèles. Par ailleurs, ici on dit « xx se trouve à 2 blocks » (quadras en espagnol) et non à deux rues (calles).

Le Panthéon paraguayen, l’édifice le plus joli de la ville, est malheureusement en travaux.

Dès le premier jour, la réceptionniste nous montre la zone « favela », où il ne faut pas aller en gros. Elle me dit qu’il est possible de se promener au long de la rivière sans crainte, mais vu la proximité avec les favelas, je préfère le faire à Encarnacion, plus tard.

Cela dit, nous ne ressentons aucune insécurité, au moins dans notre zone. Le seul risque proviendrait des voitures qui forcent le passage. Ils ont tous des voitures énormes, des 4×4, le bus local a la taille d’un camion… et ils accélèrent dès qu’ils voient un piéton traverser la rue. Il y a très peu de feux. Même entre elles, les voitures forcent le passage et celle qui a moins peur de mourir gagne.

Imaginez le stress ! Heureusement, les rues sont toutes en sens unique. Les seules rues à double sens sont des avenues et les deux sens sont séparés par un terre-plain. Merci merci ! car surveiller les conducteurs fous et meurtriers venant des deux directions aurait été très difficile.

Nous sommes dans le 2ème pays le plus pauvre en Amérique du Sud mais partout où nous allons, nous ne voyons que la richesse. Il faut dire que la plupart des terres paraguayennes appartiennent à 1% de la population, donc forcément, quand on divise les richesses par le nombre d’habitants, les chiffres ne sont pas très élevés. Cependant, l’économie paraguayenne est en croissance grâce aux vastes plantations du soja (au détriment de l’environnement).

Les paraguayens sont des descendants d’immigrés allemands, ils ont la même tête que des européens, et ont un look moins hispanique qu’au Chili ou en Argentine. Leur espagnol est un peu différent et ressemble un peu plus à celui de l’Espagne. Par exemple, ils utilisent « ida y regreso » au lieu de « ida y vuelta » (aller/retour). Ou alors, on me demande « poco hecha? » au lieu de « jugosa » (saignant). Leur accent est très mignon aussi, un demi-octave au-dessus, c’est chantant, ça parle hyper vite, ce n’est pas super facile à comprendre car l’accentuation n’est pas aussi claire que dans les autres pays.

Au marché local, on peut trouver plein de plats paraguayens pour 13 000 Guarani (2€) par personne. Ici, au lieu de manger du riz, ils mangent du manioc bouilli. Quand il fait chaud comme ça, le marché ressemble à un four géant, malgré la présence de nombreux ventilateurs.

Ci-dessous, une photo de l’Asado a la olla, pas mal du tout

Ici, ils ont cette manie de numéroter tout : marché 1, marché 4… les pharmacies appartenant à la même chaîne sont aussi numérotés Punto Farmacia 5, Punto Farmacie 17. C’est super pratique puisque cela nous aide à trouver exactement l’emplacement du lieu sans avoir à demander 1000 fois le nom propre du marché. Note : Google Maps n’est pas à jour pour Asunción, prenez plutôt un plan à l’office de tourisme.

Au Paraguay, la viande (de boeuf) est aussi bonne qu’en Argentine. Le meilleur morceau est le tapa de cuadril  (83 000 Guarani, proportion énorme au restaurant Lo de Osvaldo).

Attention, la première page du menu de ce restaurant est dédiée aux abats. On ne le savait pas, du coup on a pris la suggestion du chef pour se retrouver avec un assortiment d’abats 🙁 Heureusement que mon tapa de cuadril  était servi en quantité industrielle sinon JB n’aurait pas pu manger grande chose.

Au marché n°4, on voit un peu plus de population asiatique. Ce n’est pas le China Town non plus, mais dans cette zone, on peut tomber sur de nombreux restaurants chinois et coréens. Malgré une population coréenne importante, le bibimbap ici reste décevant. Il faut vraiment qu’on aille un jour en Corée du Sud pour goûter au vrai bibimbap parce que ça ne va pas là !

Les bus locaux ici sont énormes. Même s’il n’y a aucun plan disponible, c’est assez facile de prendre des bus (2000 Guaranis/personne). On peut arrêter un bus n’importe où, et les bus vont toujours tout droit (car la rue est en sens unique de toute façon). Il suffit de regarder Google Maps pour deviner dans quel sens va le bus et s’il s’arrêtera ou non près de notre destination.

Hey, by the way….Les Havaianas coûtent 3€ ici !!!! OMG, ils étaient à 11$ à l’aéroport de Sao Paulo (càd hors de prix pour les brésiliens, mais trop bon plan pour moi, déjà !), mais 3€ quoi ! JB n’a pas pu résister, il a succombé et a remplacé ses tongs pourris achetés en Inde. Je vous jure, quand je reviendrai au Brésil, je vais acheter un carton de Havaianas (j’ai beaucoup de KG en trop pour le bagage en soute) et je les distribuerai à mes proches. Non mais oh ! Comment peut-on nous vendre ça 30€ en Europe ??? Les Ipanema (dont l’égérie est Gisele Bundchen) sont aussi vendus dans les 6€. Pffff !

Bref, Asunción n’est sûrement pas une ville faite pour les touristes, mais pour vivre, pourquoi pas. C’est moins tranquille que la Bolivie, c’est sûr, les gens ont l’air plus stressés, mais notre première impression du Paraguay est très positive. On nous a parlé d’Encarnacion comme une ville encore plus jolie avec plus de choses à faire. A voir !

Partie 2 : Conseils pratiques

Budget

  • Transport :
    • Avion Santa Cruz – Asuncion : 274€/personne avec GOL (une compagnie brésilienne). Escale de 5H à Sao Paulo (attention au décalage horaire pour ne pas rater votre avion)
    • Aéroport – Centre ville en taxi : 120 000 Guaranis, pas de supplément pour les courses tard la nuit pour les taxi prépayés. Surtaxe de 30% possible si on prend un taxi en ville le soir
    • Bus local : 2000 Guaranis/personne
  • Hôtel : 25$ chambre privée, salle de bain privée chez El Nomada Hostel, sinon c’est 12$ le lit en dortoir. On vous recommande vivement cet hostal, le wifi est top, il y a une piscine, deux chats, des hamacs… bref le paradis !
  • Restaurant :
    • Steakhouse : Lo de Osvaldo environ 180 000 Guaranis pour deux
    • Coréen : Gui gui Korean BBQ 107 000 Guaranis pour deux
    • Une bonne glace (vaso grande, 3 boules) : 10 000 Guaranis
  • Marché : environ 35 000 Guaranis/repas pour deux
  • Courses : entre 50 000 Guaranis et 80 000 Guaranis/repas pour deux.
  • Boissons : 6000 Guaranis au supermarché pour 5L d’eau. Sinon c’est 5000 à 8000 Guaranis pour une petite bouteille d’eau au restaurant

Conseils pratiques

  • Bosser son espagnol avant de venir car ça parle vite ici
  • Pour les retraits, j’ai pu retirer à chaque fois 1,5 millions Guaranis (frais de 25000 Guaranis) sans problème. Je n’ai pas essayé de retirer plus. Les billets de 100 000 sont quand même un peu difficiles à écouler au marché donc cassez-les dès que possible.
  • Avant de payer par carte bancaire, demandez s’il y a des commissions, les frais appliqués peuvent être de 10% !
  • Pensez à demander à votre banque de « whitelister » le Paraguay, ce n’est pas un pays très touristique, vos retraits et paiements risquent d’être bloqués
  • Selon les locaux, l’eau du robinet serait potable. Mais ce n’est pas le cas selon le ministère des affaires étrangères français. Je continue à acheter de l’eau minérale, mais j’ai remarqué qu’on n’avait aucun souci avec les glaçons venant de l’eau du robinet alors… it’s up to you.
  • Pensez à essayer absolument le terere (le maté façon glacée). Tout le monde traîne avec son mate et ses glaçons dans la rue, c’est trop trop chou ! Leur Thermos a la taille d’un seau !
  • Le marché 4 est sympa à visiter en journée mais n’y allez pas en soirée

Puisque je vous aime bien, j’ai pris en photos ce plan trop bien fait par notre hotel. Vous pouvez y voir les numéros de bus pour chaque destination et d’où partent les bus (près de l’hostal); ainsi que les lieux importants + retaurants recommandés. Cliquez dessus pour zoomer et les télécharger.

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    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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