Je raconte ce trajet en détails car ça peut éventuellement intéresser ceux qui font le même trajet dans un but de déménagement, mais aussi pour garder les souvenirs de ce trajet épique. Pour info, JB a été muté à Tahiti, nous allons y rester 9 mois. Notre déménagement à Papeete nous a pris plusieurs jours car, JB tient à être sur Paris deux jours avant le départ pour parer à tout imprévu.
Comme tout coûte cher sur cette île au bout du monde et que les choix de produits sont plus limités, nous avons fait le choix d’amener un maximum de choses de France. Ainsi, il a été décidé d’amener l’écran d’ordinateur de JB, notre Cookeo, notre rice cooker, quitte à les revendre/donner quand on quittera Tahiti. Nous sommes partis avec :
- 4 grosses valises (23kg chacune)
- 1 écran d’ordi (dans son emballage carton d’origine)
- 1 valise cabine
- et 2 sacs à dos
Je pense qu’en tout, on doit être dans les 120kg. Ce qui est énorme pour nous qui étions habitués à voyager léger. Lors de notre début de vie de digital nomade, nous avions une quarantaine de kilos à nous deux tout inclus.
On reste bien plus léger que ceux qui affrètent un container pour déménager !
Comme nous sommes locataires, nous devons vider l’appartement lillois. Même si c’était un meublé et que nous n’avions pas à nous séparer de réfrigérateur, canapé, lit, … cela nous a pris deux mois; et jusqu’au dernier moment, il y avait des choses à nettoyer et à jeter. L’état des lieux ayant lieu le jour du départ vers Paris, le timing était un peu stressant, mais nous avions prévu de la marge. Nous arrivons à mettre tous les bagages dans un Uber XL direction gare Lille Flandres, nous avons même assez de temps à la gare pour déjeuner, faire les dernières emplettes (du saucisson pour les collègues de JB à Tahiti). Nous prenons un train ouigo qui s’arrête directement à l’aéroport CDG (pratique). JB nous a réservé deux nuits chez Mercure Convention (lien Booking) tout près de CDGVal, le tramway de l’aéroport.
Bonne surprise : à l’arrêt du CDGVal, nous pouvons prendre des chariots pour nos bagages et le faire rouler jusqu’à la chambre d’hôtel (10 minutes de marche) ! Ca a été beaucoup plus simple que prévu, le seul moment un peu sportif était juste avant et juste après le CDGVal. Comme les chariots ne sont pas autorisés à l’intérieur de la rame, il a fallu abandonner le chariot, gérer nos bagages avec nos quatre bras puis reprendre un chariot une fois le trajet terminé.
JB espérait pouvoir enregistrer les bagages la veille du départ (ce que propose Air France pour les longs courriers) mais nous avons appris que ce n’était pas possible. L’enregistrement des bagages la veille est possible entre 16h et 19h, mais si on a une escale aux USA, on ne peut le faire que 24h avant le départ (dans notre cas, l’avion part à 19h30, or le bureau est fermé à 19h). A 30 minutes prêt, c’était possible.
Puisque je suis Accor Gold, nous pouvons demander un late check-out gratuit jusqu’à 16h, ce qui nous arrange bien, car nous essayons de nous reposer et dormir un maximum avant le départ. A 16h, nous mettons toutes nos affaires sur deux chariots, prenons le CDGVal, il y a encore 20 mètres où il faut tout porter soi-même sans chariot, mais nous y arrivons sans trop de difficultés.
Notre avion décolle à 19h30, nous avons plein de temps pour enregistrer nos bagages. On fait protéger les deux valises les plus fragiles de film protecteur (il faut compter minimum 16€/bagage) car leurs fermetures éclair ont des risques de céder pendant le transport. Nous nous inquiétons un peu car chez Air France, le dépôt des bagages se fait avec des machines automatiques maintenant, et plusieurs valises dépassent la limite autorisée entre 500g et 1,5kg. Heureusement, comme nous avons un carton un peu volumineux, nos bagages sont pris en charge par un humain et l’enregistrement se passe bien. Il y a bien deux bagages qui dépassent vraiment beaucoup (1,4kg) mais l’humain a un coeur et ferme les yeux (non sans nous faire la remarque) alors que les machines nous auraient facturé 60€/valise minimum pour le malheureux kg en trop. Chez Air France, les règles sont strictes : un bagage en soute = 23kg maximum. Si vous avez deux bagages, vous n’avez pas droit à un total de 46kg, mais à deux bagages indépendants de 23kg maximum. Le monsieur est tellement gentil que quand il voit ma petite valise cabine, il propose de l’enregistrer sans frais supplémentaire. Donc on se retrouve avec 6 bagages en soute oooups
Au niveau des bagages en soute supplémentaires, le tarif augmente avec le nombre de valises qu’on prend en plus. Donc première valise supplémentaire = 90€ mais la deuxième valise supplémentaire = 200€. On s’est autorisé cette folie car l’écran de JB est très confortable pour travailler et qu’il bénéficiait d’une prime de déménagement permettant de couvrir la dépense. Sans ça, on aurait fait autrement.
En parlant de l’écran justement, petit stress supplémentaire. JB s’était bien renseigné sur le fait qu’il était possible d’enregistrer un carton et que les dimensions étaient OK. Mais le personnel de l’aéroport a tiqué et commencé à nous parler de bagage hors format. Finalement c’est passé, et comme il était dans son emballage d’origine, pas besoin de prévoir de protection supplémentaire.

Comme le vol est très long et complet, on décide de ne pas s’asseoir à côté, on est sur la même rangée, mais séparé par le couloir. Cela nous permet d’avoir un petit peu plus d’espace pour les jambes et de ne pas déranger nos voisins à chaque déplacement.
Et c’est parti pour 11h35 de vol jusqu’à Los Angeles. Il s’agit d’une escale technique pour déposer des passagers, en prendre d’autres, changer le personnel naviguant et faire le plein de carburant. C’est le même avion qui va jusqu’à Tahiti, les bagages restent en soute. Cependant, même pour une escale technique de 2h comme celle-ci, les USA considèrent qu’il s’agit d’une entrée sur le territoire. Il faut donc prévoir une demande de visa (automatique avec l’ESTA pour les européens), sortir avec nos bagages cabines et passer par l’immigration et les contrôles de sécurité. C’est un peu sportif et peu être stressant, surtout avec la fatigue. L’opération nous a pris 45 minutes. Laissant du temps pour aller au WC, faire un peu de shopping, nous dégourdir les jambes.
Ensuite, nous avons 7h46 de vol jusqu’à Papeete. A notre immense désarroi, la plupart des passagers du premier vol continuent avec le second vol (75% selon un steeward avec qui JB a discuté), donc on a très peu de places vides. Nous n’arrivons pas à trouver une rangée vide pour changer de place et être à côté, mais ce n’est pas trop grave, je passe une grande partie du vol à dormir.


La nourriture servie par Air France est de plus en plus mauvaise et en petite quantité, j’ai mangé pour survivre mais je n’ai rien aimé. JB a apprécié que du champagne et des digestifs soient proposés, même aux passagers en économie. Sur le tronçon Los Angeles – Tahiti, le personnel naviguant est polynésien, en tenue traditionnelle, nous mettant dans l’ambiance.
Un point positif est d’avoir du wifi gratuit sur les deux vols (avec du bon débit grâce à Starlink, aucun problème pour faire du streaming. JB aurait même pu travailler s’il voulait (il ne voulait pas). Il est aussi possible de connecter mes airpods à l’écran de l’avion; ce qui me permet d’avoir la réduction de bruit tout en regardant l’intégrale de la saison 5 d’HPI.
Arrivés à Papeete, on se rend compte que tout le monde vient avec 2-3 grosses valises chacun, donc nos 6 valises + 2 sacs à dos ne choquent personne. On trouve des chariots sans aucun problème. Au moment de sortir, une dame nous demande si on a de la nourriture avec nous. Les honnêtes gens que nous sommes répondent positivement. Je lui parle de mon bœuf séché acheté à Los Angeles, et du saucisson acheté avant notre départ de Lille. Elle demande de les inspecter. Si le bœuf séché passe en 5 secondes, il a fallu beaucoup plus de temps pour le saucisson; heureusement qu’il y avait une petite mention écrite toute petite « porc origine France » sinon mes 75€ de saucisson auraient fini à la poubelle. On nous explique que pour le porc, il faut que ce soit d’origine française. Le saucisson « porc origine UE » d’une autre passagère est parti à la poubelle. Heureusement que nous avons décidé de ne pas prendre du fromage avec nous car ils auraient été achetés à la coupe et sans étiquette, ça aurait été à la poubelle. Et même avec l’étiquette, la dame me fait que ça dépend de la date de fabrication et du type de fromage (oubliez le fromage au lait cru). A côté de nous, d’autres personnes déposent les fruits frais qui seront également jetés.
On retire de l’argent à l’ATM (20 000 francs pacifiques = environ 180€) pour payer les taxis et les courses. Nous trouvons un van sans problème, qui peut prendre nos 6 valises et il nous dépose devant notre Airbnb pour 2800 francs pacifiques (paiement en cash uniquement). Bien évidemment, comme on arrive très tôt (5h du matin), JB a pris le soin de réserver le Airbnb dès la veille pour qu’on puisse entrer dans les lieux immédiatement. Attendre jusqu’à 14h, après un si long trajet aurait été cruel.
Attention avec le décalage horaire (12h de différence), on risque de ne plus savoir quel jour on arrive, à quelle heure, dans ce sens, on « remonte » le temps, il faut absolument regarder l’heure et le jour indiqués sur la confirmation du billet d’avion. Dans notre exemple, nous sommes partis le vendredi à 19h30 (heure de Paris) pour arriver le samedi à 5h du matin (heure de Tahiti). Si on prend le compte le déplacement depuis l’hôtel & airbnb, cela nous fait un voyage porte à porte de 27h.
Nous sommes super contents et soulagés d’arriver avec tous nos bagages & saucissons intacts. Après avoir fait un rapide tour du centre-ville et du marché local de Papeete, j’ai été soulagée de constater que j’avais bien fait d’amener autant de choses. Tout coûte cher, n’est pas si joli; et après seulement 2h dehors, j’ai déjà mis ma robe dans le panier « linge sale » à cause de la transpiration 😀



