Nous nous sommes installés à Lille en janvier 2025 et il est déjà temps de quitter cette ville (avril 2026) car JB vient d’être détâché par son employeur… en Polynésie. Il est temps de faire un petit bilan sur notre installation à Lille. JB a choisi de venir à Lille pour sa reconversion en cybersécurité et il a choisi son employeur actuel car il savait qu’il aurait des opportunités de mobilité à l’étranger. On a toujours espéré et pensé que notre installation à Lille serait temporaire mais ne savait pas si la mobilité serait possible car JB est encore junior en cyber.
Comme je vous ai déjà expliqué, nous avons pu louer un super appartement entièrement meublé et décoré par des propriétaires minutieux et éduqués. Chaque détail est réfléchi, chaque appareil électroménager est plein de fonctionnalités cachées. Ca fait du bien d’être dans un appartement aussi beau, bien pensé et aussi bien orienté : le Nord pour mon atelier (meilleure lumière pour les artistes), et le Sud pour le salon où l’on reçoit chaque rayon de soleil dès qu’il est là (ce qui est très important pour le Nord).
Au moment où nous sommes installés à Lille, il n’y avait que deux F3 à louer dans le centre-ville et le Vieux-Lille, j’ai beaucoup hésité entre les deux, et j’ai choisi celui-ci et annulé la visite de l’autre appartement. J’ai bien fait car quelques mois plus tard, l’immeuble juste en face de l’autre appartement était en travaux.
Je peux enfin vous montrer une vidéo de l’appartement :
La grande chambre a été vidée et le lit remplacé par deux bureaux qui ont accueilli mes outils de joaillerie, reliure, maroquinerie, reliure, linogravure, enluminure, calligraphie, géométrie sacrée, découpage de papier, couture… (voir mes créations ici). Mon objectif est double : affiner ma dextérité et atteindre cet état de concentration totale qu’on appelle le flow. L’appartement, remarquablement calme, s’y prête parfaitement.




Je me suis enfin rendu compte pourquoi il est si difficile de bien décorer un appartement ou une maison. Quand on s’installe quelque part, on a quand même besoin du strict minimum : un canapé, un lit, une table, des chaises… Et souvent, ces premiers achats se font chez IKEA, parce qu’on débute une nouvelle vie juste après les études. En réalité, une belle décoration se construit lentement. Au fil des années, on remplace un meuble, puis un autre. Dans mon cas, l’appartement était déjà meublé et décoré, ce qui m’a évité la phase d’achats précipités. Mais j’ai tout de même mis huit mois à trouver deux bols qui me plaisaient vraiment, et j’ai pris le temps de remplacer tous les tableaux du salon par mes propres créations. Cela demande du temps, car on ne tombe pas tous les jours sur un objet qui nous ressemble. Finalement, un bel intérieur, c’est le fruit de plusieurs années de recherches, de trouvailles, de sélections. C’est une collection vivante faite de meubles qu’on revend pour accueillir mieux, d’assiettes qu’on remplace…



Être sédentaire m’a permis d’accéder aux livres en papier. J’ai pu lire plusieurs classiques pour la première fois dans de belles éditions. Ce n’est possible que quand on est sédentaire car trouver ces belles éditions n’est pas une mince affaire, beaucoup de livres que j’ai achetés venaient des Etats-Unis ou de l’UK. J’ai pu découvrir et emprunter beaucoup de livres à la Médiathèque de mon quartier (le bâtiment jaune sur la photo). A Lille, les bibliothèques mutualisent leurs fonds et livrent des livres réservés directement à la bibliothèque la plus proche, j’ai accès à un catalogue immense, notamment tous les livres de la collection Pléiade, et les DVDs de mes films et séries préférés (ma passion est de visionner les bonus, qui ne sont dispos que si on a accès aux DVDs).

JB, quant à lui, en 15 mois, a eu des achievements beaucoup plus visibles : une reconversion réussie dans un environnement de travail plus anglophone, obtention de sa VAE, d’un détâchement en Polynésie, sa vidéo sur sa reconversion lui a permis de faire connaissance avec d’autres experts en cyber, il a géré les travaux de notre appartement locatif, et obtenu une deuxième certification en cybersécurité Microsoft SC 200.
Toutes les semaines, je marchais jusqu’au centre-ville (à 20mn à pied de l’apparte) pour voir mes commerçants : boucher, primeur, fromager, pressing… Quand il pleuvait ou neigeait, je prenais une navette qui desservait uniquement le centre-ville, fréquentée plutôt par des retraités. Le point le plus satisfaisant quand on est sédentaire en France est de bien manger. Après 8 ans et demi à très peu cuisiner, ça nous fait beaucoup de bien d’avoir des plats faits maison tous les jours. Je pense que l’effet se voit sur nos bilans sanguins. Aller au resto ne nous fait plus autant plaisir car je cuisine désormais mieux que les restos 😀
Les seules interactions que j’ai à Lille sont avec JB, notre ami Aurélien, mes commerçants; quelques professionnels de santé (et ma famille qui est venue me voir à Lille). Ainsi, je ne suis pas au courant de la « méchanceté » supposée des habitants du Vieux-Lille car je n’ai aucun contact avec eux. Et le fait de marcher me protège des inconvénients des transports publics. Bref, je vis ma meilleure vie.
L’aéroport de Lille n’est qu’à 20 minutes en voiture. Il y a un train direct et pas cher du tout vers l’aéroport de Paris. Il y a même deux métros pour aller en banlieue lilloise, des outlets à Roubaix (dont des marques de linges de lit de luxe), un Paristore à Roubaix, il y a Eurostar, TGV direct vers Bruxelles & Amsterdam. A part le froid, Lille est the place to live. Surtout quand on est aussi proche du centre-ville.
Et puis regardez moi ces photos, admirez la beauté de cette ville !




















J’aurais aimé avoir un appartement rue de la Monnaie dans un immeuble ancien, au coeur du Vieux-Lille, mais avec le froid du Nord, il valait mieux avoir du double vitrage & du soleil dans le salon.
Le départ
Je suis tellement bien ici que l’idée de déménager ne me plaît pas tant que ça, surtout sur une île isolée, mais des éléments externes ont dû intervenir fin 2025 pour me donner envie de partir : tapage nocturne des voisins, l’insécurité croissante de Lille, un pays qui punit ceux qui bossent pour récompenser ceux qui ne fournissent pas d’effort… Surtout, un jour, j’étais en train de surfer sur Instagram quand j’ai vu une de mes copines, les pieds dans une eau turquoise, Seychelles ou Maldives… et j’ai ressenti quelque chose au fond de mes tripes : j’ai compris que c’était là où je voulais être; dans un endroit bien chaud, où je peux aller à la plage même en plein milieu de la semaine, et pas à Lille à braver le froid et le vent, à être enrhumée tout le temps. J’ai dit à JB qu’il pouvait être envoyé là où il voulait, je le suivrais.
J’ai eu un rêve prémonitoires, où JB m’annonçait sa mutation en Polynésie. Dans le rêve, j’étais en train de dormir et j’ai été réveillée par la nouvelle, j’ai demandé quand on partait, il m’a répondu « dans deux semaines », j’ai répondu « trop tôt », et là je me suis réveillée pour de vrai. Deux semaines plus tard, on a effectivement appris la nouvelle de la mutation et cette fois, nous avons deux mois pour nous préparer.
Il a fallu vider l’appartement avant le départ. Sauf que pendant 15 mois, je me suis vraiment installée à Lille donc j’ai une tonne d’outils & livres. Ce n’est pas la première fois que je vide entièrement un appartement pour une expatriation donc je suis habituée mais ça ne rend pas le process moins douloureux pour autant. Vous savez bien que je ne suis pas minimaliste, je n’ai pas peur d’avoir beaucoup d’objets, ce que je n’aime pas c’est de les laisser inutilisés et de laisser s’installer une énergie (qi) stagnante.. En rangeant, j’ai été ravie de constater que les objets achetés étaient tous utilisés, les vêtements portés et aimés, les livres lus ou feuilletés. Pendant 2 mois, j’ai posté des objets quasi tous les jours sur Vinted/leboncoin, j’ignore encore comment j’ai réussi à vendre presque 100 objets en 2 mois ! j’ai fait des colis et envoyé par La poste/Mondial Relay 80% d’entre eux, et heureusement l’appartement était déjà meublé, j’ai eu très peu de meubles à revendre. Je suis contente d’avoir vendu les objets les plus chers au début car constamment sollicitée par des gens sur Vinted/Le Bon Coin, je n’en pouvais plus à la fin.
J’ai dû choisir les loisirs les plus faciles à amener avec moi à Tahiti, à savoir l’aquarelle, la calligraphie et la géométrie sacrée. J’ai cousu moi-même un sac de shopping en cuir spécial Tahiti (car je n’aurai plus mon chariot pour faire les courses).
Ça m’a fait comprendre pourquoi ceux qui ont construit leur vie quelque part – un appartement, une maison, une ville – trouvent l’idée de partir si difficile, voire impensable. Le travail que ça représente est colossal. Nos objets nous retiennent bien plus qu’on ne le croit. La liberté géographique est un luxe, mais c’est aussi un vrai sacrifice. En 15 mois, on s’est déjà tant attachés à notre lit digne d’un hôtel 5 étoiles qu’à chaque fois qu’on voyage, on dort beaucoup moins bien.
Un petit regret quand même : avoir attendu l’état des lieux pour faire appel à un homme à tout faire, alors que j’aurais dû le contacter bien plus tôt, pour mon propre confort. Des mois à supporter une poignée de porte et une prise mal vissées. Et quand j’ai finalement changé le joint de la porte de douche, j’ai réalisé que ça prenait dix minutes. Leçon retenue : la prochaine fois, je règle ce genre de choses immédiatement, sans attendre. Pas seulement pour que ce soit propre à la sortie, mais pour ne plus subir cette pollution visuelle et cette petite charge mentale qui s’accumule, ce « il faudra s’en occuper quand on quittera cet apparte » qui traîne dans ma tête pendant des mois.
Maintenant que toutes les affaires sont stockées chez nos proches et que l’essentiel est dans nos valises, nous sommes prêts pour une nouvelle aventure. 9 mois à Tahiti ! Nouveau climat, nouvel environnement, un pouvoir d’achat en baisse (tout coûte très cher là-bas) mais il n’y aura aucune tentation pour le shopping, ça va nous faire du bien !



19 avril 2026, 4 h 24 min
Merci du partage et bon trip à Tahiti !
19 avril 2026, 12 h 17 min
Merci Gilbert !
18 avril 2026, 22 h 52 min
Whaou ! Quel chouette récit. Tout y est. Et cet appart lillois, hors tapage nocturne, donne envie. Je vous souhaite à tous les 2 une belle expérience polynésienne
19 avril 2026, 0 h 29 min
Merci Céline ! J’espère que tu auras bientôt ta propre expérience lilloise. Bises