3 nuits à Bora Bora : Raie Manta, Bungalow sur pilotis & Plage Matira – Road trip Polynésie Française (3/4)

Le jour tant attendu est arrivé, aujourd’hui, nous allons à Bora Bora, la destination de rêve. L’évocation de Bora Bora sonne dans l’imaginaire comme les Maldives ou les Seychelles, c’est synonyme du paradis, de bout du monde, de destinations pour riches, des bungalows sur pilotis, des hôtels 5 étoiles…

Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques

Partie 1 : Carnet de voyage

Un de mes rêves est de passer au moins une nuit dans un bungalow sur pilotis. Et Bora Bora = Bungalows (dans mon imagination). Grâce aux miles American Express, on aurait pu s’offrir une nuit dans un bungalow chez Westin Bora Bora (lien Booking) ou St Regis Bora Bora (lien Booking) car nous sommes en plus Marriott Gold. J’ai même écrit dans mes objectifs de « loi d’attraction » (1) une nuit en bungalow à St Regis Bora Bora (2) Bora Bora beau temps tous les jours pendant des semaines. Je me suis rendu compte que St-Regis n’était qu’au bout du clic et pour ce genre de rêve, il faut pas rêver, il suffit juste d’entrer le numéro de carte bancaire. Nous avons réservé une nuit chez St Regis Bora Bora avec nos points. Mais comme je vous ai déjà expliqué, plus on écrit ses objectifs quotidiens, plus on se rend compte de ce qu’on veut ou qu’on ne veut pas.

Pour St Regis Bora Bora, nous avons un mois pour annuler et j’ai décidé d’annuler notre réservation quelques jours avant la date limite. D’une part, en écrivant ces objectifs quotidiens, je me rends compte que je m’en fous complètement des bungalows sur pilotis (surtout que j’en ai vu plusieurs à Moorea et seul celui de Sofitel Moorea me plaît lien Booking), deuxièmement je me dis que cette somme d’argent pourra me payer 10 nuits dans des hôtels 5 étoiles beaucoup plus prestigieux en Asie. En échange, on décide de payer un day pass chez St-Regis (accès à la plage, à la piscine, aux activités non motorisées + un déjeuner), paiement supplémentaire pour le transport depuis l’île principale (j’en ai parlé ici). Malheureusement, quand on a voulu le réserver, on nous a dit de rappeler une semaine avant la date. Et une semaine avant la date, on essaie de réserver mais personne ne répond à l’email, donc la date voulue est déjà full quand on arrive à les rejoindre via un autre email.

Les hôtels 5 étoiles prestigieux de Bora Bora se trouvent sur des motus (îlots privatisés) entourant l’île principale.

4 jours avant notre arrivée, JB appelle tous les hôtels de luxe et ils refusent les uns après les autres de nous vendre des day pass. Ceux-ci ne sont proposés que lorsque le taux d’occupation de l’hôtel est faible. En septembre et en octobre, les hôtels sont presque full, donc pas de day pass. Ces hôtels gardent une certaine exclusivité, contrairement à Tahiti où les hôtels 5 étoiles créent exprès des buffets spéciaux le week-end pour attirer de la clientèle locale.

Il reste juste Intercontinental Moana (4 étoiles) qui se trouve sur l’île principale, un peu moins prestigieux mais qui est quand même beach-front avec bungalows. Ils acceptent de nous recevoir contre une offre bien-être (massage 50mn + déjeuner). Contre toute prévision météorologique, je décide de réserver cette offre le 7 Septembre 2026 car je crois à la loi de l’attraction.

Arrivée à Bora Bora

Le 6 Septembre, nous prenons le ferry à Huahine pour Bora Bora. On voit les dauphins qui suivent le ferry en sautant. Le ferry passe par Raiatea puis Taha’a avant d’aller à Bora Bora. A l’approche de Taha’a, nous longeons le récif d’une couleur absolument hors de ce monde. Je n’ai encore jamais vu une couleur aussi magique, sur des kilomètres et des kilomètres. Je suis contente d’avoir mis Taha’a à la fin des vacances car avec une eau comme ça, on va terminer le voyage par le meilleur.

Pourtant, le récif de Bora Bora est pas mal non plus. Malgré le ciel nuageux, on voit la couleur turquoise briller. Il y a une seule passe pour entrer dans Bora Bora, et nous devons donc faire tout le tour de l’île pour entrer dans le port. Cette passe a déjà été agrandie par les américains (qui y ont installé une base militaire pendant la WWII), mais elle est quand même assez étroite, suffisante cependant pour faire passer des bateaux de croisière. Normalement au niveau de la passe, on voit souvent des baleines et dauphins mais ils n’y sont pas aujourd’hui. Nous voyons à la place des poisson volants.

Le ciel se gâte immédiatement dès notre arrivée et je me demande si ma loi d’attraction (objectif « Bora Bora beau temps » que j’écris quotidiennement depuis trois mois) va vraiment fonctionner. 20 minutes plus tard, les autres guests de notre airbnb arrivent. Les pauvres sont venus avec le même ferry que nous mais peinent à trouver un taxi. Ils ont payé 2000XPF (16€) pour 3 minutes en voiture. Amener Tanktino (notre scotoer) avec nous était une bonne idée. Sur le ferry, j’ai été accostée par une dame indonésienne qui croyait que j’étais seule et voulait partager un taxi voire une location de voiture. La pauvre avait l’air très seule et cherchait de la compagnie pour partager les frais dans ce pays hors de prix.

Nous faisons le tour de l’île mais quand le ciel est nuageux comme ça, on ne voit aucunement la beauté de l’eau. Nous passons devant l’ancien Club Med et Sofitel Bora Bora qui sont maintenant des ruines abandonnées, bungalows éventrés, pontons arrachés.

Cela me fait de la peine car j’étais prestataire pour Accorhotels et je mettais souvent en avant cet hôtel sur la page Facebook de mon client. Et je me suis même dit que peut-être, un jour, j’y séjournerais. Sauf que je n’ai pas encore le temps de le faire qu’il est déjà en ruine. Le Sofitel Bora Bora n’est pas le seul à être en ruine, il y a aussi Aman, le Club Med… ils sont tous au bord de la route sur l’île principale. Pour être honnête, s’ils existaient encore aujourd’hui, ils ne seraient pas aussi prestigieux que les autres 5 étoiles sur des îlots privés. Entre la route et la plage, il n’y a que 5 ou 6 mètres de largeur, ensuite les bungalows sont construits sur l’eau – mais la proximité avec la route rend ces hôtels moins luxueux. Surtout pour Aman, les hôtels Aman sont en général dans des endroits très discrets, reclus, non accessibles au commun des mortels. En placer un au bord de la route n’est pas compatible avec l’image de la marque. Il paraît qu’ils vont en reconstruire un autre sur un motu privé. Récemment, c’est l’Intercontinental Resort & Thalasso Spa qui ferme ses portes pour rénovation. La fermeture de ces hôtels est due aux énormes coûts dus à la destruction du sel, mais aussi des raisons politiques.

On apprend que quelques-uns de ces hôtels sont gérés par la famille Wane, qui à elle-même, générerait (avec les Carrefour à Tahiti) xx% du PIB de la Polynésie Française.

Nous rebroussons chemin dès les premières gouttes de pluie, achetons de quoi manger au supermarché (au port, quelques malheureux touristes attendant encore des taxis, certains marchent jusqu’à leur airbnb/hôtel). Et heureusement car à partir de 17h, il pleut des cordes, non-stop pendant des heures. JB est légèrement inquiet car le pass bien-être chez Intercontinental demain est non remboursable et les prévisions de météo ne sont pas rassurantes. Je le rassure en disant qu’en vidant l’eau des nuages, il n’y aura plus d’eau pour la pluie les prochains jours. Et j’ai eu raison ! On aura du beau temps quand il faut, mais à cause des cyclones, il y aura des moments de petite pluie, mais seulement quand on est à l’abri. Comme quoi, la loi de l’attraction fonctionne 😀

Par contre les pauvres touristes qui paient 2500€ jusqu’à 15 000€ (c’est le prix d’une nuit dans le bungalow le plus cher du Four Seasons Bora Bora lien Booking) doivent bouder grave. Ça me fait penser à une fête entre collègues d’une connaissance, à Tahiti. La fête (sur une grande pirogue privatisée) s’est passée sans une goutte de pluie. Mais les 4 jours d’après, il pleuvait des cordes, il y avait même des écoulements et des routes impraticables à Tahiti. Je me suis toujours dit que la personne qui avait organisé cette fête et choisi cette date précise devait avoir une intuition phénoménale. Et pour certains postes en entreprise, on a besoin de gens comme ça, naturellement chanceux.

Je profite pour faire bosser l’IA (Claude Code). Avant de partir en vacances, je lui ai donné des « exercices de vacances » à faire tourner sur le cloud, et il les a finis trop vite. Je dois lui trouver de nouvelles tâches. Et je profite d’avoir une machine à laver pour m’occuper du linge sale.

Chiens à Bora Bora

Une deuxième chose qui me travaille beaucoup, c’est la présence des chiens agressifs à Bora Bora. J’ai lu beaucoup de touristes s’en plaindre. Arrivée sur place, j’ai compris pourquoi. Sur toutes les îles, les chiens sont utilisés pour protéger les maisons des voleurs. En passant devant une maison, si le portail n’est pas fermé, le chien viendra aboyer voire attaquer. C’est son job. Or, à Bora Bora, les touristes marchent beaucoup plus que les autres îles (car il y a pas mal d’hôtels autour de la plage Matira, la plus belle de la Polynésie et il faut longer la route pour y accéder). Entre deux hôtels se trouvent des maisons des habitants et les chiens peuvent être plus ou moins agressifs selon l’heure de la journée, si la personne est à pied, à vélo ou en scooter/voiture. Il y a eu des morsures. Et les chiens savent nager. Près des ruines des hôtels, il y a un monsieur constamment entouré de 5-6 chiens, qui ont l’air très en alerte. C’est pour ça qu’en cherchant notre airbnb, j’ai dit à JB que je ne voulais pas qu’on soit au bout d’une servitude. Car on va passer devant les maisons des voisins et si le portail n’est pas fermé et le chien non attaché, on risque d’être attaqué par le chien notamment le soir en rentrant. S’y ajoutent des meutes de chiens errants qu’on voit seulement le soir et la nuit, qui ont faim. Vous verrez sur les commentaires Booking et Airbnb certains clients se plaindre d’avoir été mordus par les chiens des voisins donc prenez le temps de bien lire avant de réserver. Si vous êtes en voiture, il y a très peu de risque. Le nôtre est au bout d’une servitude mais le chien du voisin est derrière un portail toujours fermé.

Avant de venir ici, j’ai travaillé avec mon hypnothérapeute sur ma peur des chiens. Je pense que le chien attaque quand il ressent de la peur, donc on peut être prudent en choisissant le bon airbnb, mais la mentalité est plus importante pour ne pas s’attirer des ennuis.

Hôtels 5 étoiles & la vraie vie

Les touristes qui séjournent sur des motus des hôtels 5 étoiles découvrent avec horreur la pauvreté des maisons sur l’île principale. Le contraste est saisissant. Je ne pense pas que Bora Bora soit plus pauvre que les autres petites îles qu’on a visitées, mais effectivement, entre deux hôtels à 1000€ la nuit, on peut voir un taudit. Ce taudit est quand même au bord de la mer, avec une vue magnifique. Mais tout coûte cher à l’autre bout du monde, la moindre construction se compte en plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros et les gens n’ont pas les moyens.

Pour accéder aux hôtels 5 étoiles sur des motus privés, il y a des shuttle (taxi boats) qui partent depuis l’aéroport (qui est aussi sur un motu), ou des points de départ sur l’île principale. Ces points de départ se trouvent dans des zones super pauvres et moches. Le départ du shuttle de St-Regis, un des hôtels les plus chers de la Polynésie, est juste en face d’une déchetterie !!! Tu m’étonnes de la déception des touristes quand ils séjournent à St-Regis et la première chose qu’ils voient en allant sur l’île principale c’est une déchetterie.

Je suis désolée de tuer le mythe pour vous, mais Bora Bora est une destination très chère et où l’inégalité financière est très visible. On parle de 150€ min la nuit pour un airbnb, 250€ pour un hôtel, 1000€ pour une cabane sur la plage, 2000€ minimum pour un bungalow sur pilotis, jusqu’à 15 000€. Des montants tellement stratosphériques que les locaux ne comprennent pas qui a autant d’argent pour une nuit sur un bungalow. D’autant plus que ces hôtels cachés sur des motus inaccessibles ne participent pas trop à l’économie locale (les guests sont un peu coincés sur les motus et ne peuvent que dépenser à l’hôtel). Depuis l’île principale, on voit les motus des 5 étoiles de loin et sait pertinemment qu’on ne peut même pas y mettre les pieds sans réservation. Ils nous sont inaccessibles. Les Polynésiens eux-mêmes considèrent Bora Bora comme une destination pour les riches (je cite le journal 1ère Polynésie) car rien que le billet d’avion coûte 335€ depuis Tahiti. Le salon du tourisme à Tahiti s’auto-félicite d’avoir pu créer à Bora Bora des offres de logements de plus en plus accessibles (pensions familiales, airbnb) pour les polynésiens. D’ailleurs, même les hôtels 5 étoiles hors de prix proposent des tarifs réduits pour les résidents, notamment St-Regis.

Quand j’exprime mon enthousiasme pour Bora Bora, le collègue polynésien de JB est très mécontent, me dit que l’île est overrated, qu’elle est connue grâce à l’ancienne base militaire américaine, qu’il y a des îles plus authentiques ailleurs. Mais il me dit aussi que chaque île a son charme, et que je dois en visiter un maximum. Après avoir été refusée dans une dizaine d’hôtels 5 étoiles à Bora Bora pour un day pass, je ne suis pas très contente non plus, et mon enthousiasme pour Bora Bora diminue de 90%.

Jour 2

Aujourd’hui, c’est le grand jour, nous allons passer une journée incroyable et ensoleillée chez Intercontinental Moana, ce qui va faire remonter en flèche mon enthousiasme pour Bora Bora. En venant à l’hôtel, nous passons devant un hôtel avec bungalows, mais le nom a été masqué. L’hôtel est en cours de finalisation et il a l’air pas mal (enfin les bungalows sont beaux, mais le fait qu’ils soient si près de la route, sans mur protecteur, ça ne fait pas très luxe).

La concierge de l’hôtel Intercontinental Moana nous accueille avec beaucoup de gentillesse. Elle appelle JB par son nom, ce qui sous-entend qu’on est les seuls à venir avec un pass.

On ne nous met même pas de bracelet pour nous distinguer des guests, mais nous dit juste de se mettre sur la plage à gauche (en face du ponton – là où s’arrête le shuttle taxi-boat), pour réserver la plage principale en face du restaurant aux vrais guests. Bien sûr, ça ne nous empêche pas de nager là où l’on veut, mais pour poser nos affaires, on doit utiliser les transats de la plage à gauche. Et on ne nous donne pas de serviettes (en Polynésie, les hôtels ont horreur de donner des serviettes aux non-guests à cause des vols, même les guests doivent donner le numéro de leur chambre pour éviter les vols).

En réalité, les guests de l’hôtel n’utilisent pas non plus ces transats. Ils ont soit des bungalows avec leurs propres transats, soit des cabanes avec leurs propres transats et leurs morceaux de plage « privée ». Finalement les seuls à utiliser des transats sont des guests qui n’ont pas encore leur chambre, ou qui ont fait le check-out mais veulent rester sur la plage un petit moment en attendant leur vol.

Dès notre arrivée, nous voyons deux raies pastenagues passer.

La plage à gauche
La plage principale

Nous avons RDV pour le massage à 11h15 juste avant le déj et découvrons avec surprise que le massage se fait dans un bungalow sur pilotis !!! Il est aménagé différemment pour les massages mais c’est exactement la même taille que les autres bungalows.

Nous pouvons donc voir à quoi ressemblerait un bungalow si on y séjournait. Il y a une table vitrée par où l’on voit l’eau (et les poissons). Il y a des transats et accès direct au lagon. La salle de bain est immense avec baignoire et douche. C’est magnifique mais pas 2500€-magnifique, je le trouve assez petit quand même.

Il y a des bungalows mieux situés que d’autres. Mais ils ont plus ou moins le même prix. C’est dommage car le bungalow au bout du ponton sera plus tranquille que celui à côté des restaurants. Ou celui qui donne sur des maisons toutes moches des voisins.

En-dessous du bungalow de massage se trouvent 3 petits requins résidents, trop trop mignons.

Le massage est absolument divin, c’est très luxueux car on nous enveloppe de je-ne-sais combien de couches de satin de coton. Je vous le recommande vivement. Il coûte à la base 18 000XPF (50mn) donc l’offre bien-être (massage + déjeuner) à 22 300 XPF est un excellent prix. D’autant plus que les autres hôtels 5 étoiles vendent des day pass sans massage pour des prix supérieurs. N’oubliez pas les pourboires, ici la clientèle est principalement américaine, les employés sont habitués à recevoir des pourboires contrairement à d’autres îles polynésiennes.

Cabanes avec transats privés

Le temps est splendide. La nourriture excellente. Le service un peu inattentif (c’est comme ça en Polynésie) mais au global très cordial et sans fautes.

En dessous de chaque bungalow, ils plantent des coraux pour attirer les poissons. Quelques raies passent de temps en temps. L’eau est tellement transparente qu’on voit tout sous l’eau. La couleur est hors du monde, et en plus, ce n’est pas profond (jusqu’aux hanches). Quand les raies arrivent, les guests du restaurant s’enthousiasment et courent, soit en mettant masque et tuba, soit pour prendre des photos. Ce sont des américains donc ils sont amazed pour tout, contrairement aux français assez grincheux du ferry – qui ne décrochent même pas un sourire quand ils voient des dauphins. Je ne sais pas, la maturité est de cacher sa joie à ce point-là ? J’étais la seule à pointer les dauphins à tout le monde, à être excitée de les voir et me demande si ce n’est pas « anormal » (note de JB : qui est cette hystérique ? Je ne la connais pas) – pendant qu’ils se contentent de les filmer. Mais là, je vois les américains s’exciter autant que moi (Awesome ! Amazing !) pour des raies (moins rares que les dauphins), je me dis que c’est juste une question de culture.

Bref, j’ai trop trop aimé notre journée chez Intercontinental Moana. Cet hôtel nous plaît beaucoup. Je vous recommande vivement de profiter de la même offre.


Par contre, après avoir vu le lagon de Bora Bora, je suis contente d’avoir annulé notre nuit à St-Regis. 2700€ aurait été too much pour un lagon avec si peu de poissons. Perso pour 2700€, j’aurais préféré deux nuits au Sofitel Moorea car il y a beaucoup plus de poissons là-bas et il y a un vrai plus à accéder directement depuis les bungalows au lagon avec 5 mètres de profondeur, économiser de l’énergie & la nage. Mais bon, la question ne se pose plus, je ne rêve plus de bungalow, j’ai été massée dans un bungalow, j’ai vu ce que c’était, et mes miles me paieront d’autres hôtels plus grands et moins chers.


Puisqu’on n’a pas accès la piscine de l’hôtel (et aux douches), la concierge nous dit qu’on peut contacter l’accueil. Ils vont nous donner accès à un day room pour prendre une douche. Franchement, si on habitait à 1h de l’hôtel pourquoi pas, mais notre airbnb est à 15mn en scooter et nous voulons aller à la plage Matira, juste en face de l’hôtel, en traversant la route.

Plage Matira & Coucher de soleil

La plage Matira est très bien équipée, il y a aussi des toilettes et douches. C’est la plus belle de la Polynésie. L’après-midi, la couleur est moins belle que celle d’Intercontinental car on est à contre-jour, mais on peut marcher tout droit et l’eau n’arrive qu’aux hanches, est toute transparente. On peut voir de petits poissons blancs et les raies passent régulièrement. Voici une raie que j’ai suivie avec ma caméra. Elle est pleinement au courant de ma présence et accélère quand j’accélère. A un moment je suis trop fatiguée, et elle ralentit, fait demi-tour. La leçon à retirer est de ne pas poursuivre les poissons mais plutôt les laisser nous approcher, ce sera moins fatiguant pour nous.

Pour info, la queue des raies a des dards venimeux. Mais elle ne nous fouette jamais. On peut toucher la tête de la raie, elle vient souvent sur nous quand on part en excursions. La queue des raies est dangereuse seulement si on marche dessus par mégarde. Mais avec une eau aussi transparente, ça n’arrive jamais, sauf si vous êtes vraiment malchanceux.

Nous rentrons au airbnb, prenons une douche, et revenons à la plage pour le coucher de soleil. En attendant le coucher de soleil, on va à la plage d’à côté pour manger une crêpe chez Matira Blue Lagoon. Je vois une raie dans l’eau.

La plage ici est plus profonde avec un peu plus de coraux. Une petite fille (6-7 ans) dit bonjour à tous les clients et joue avec tous les chiens qui traînent sur la plage. Ce sont des chiens des voisins qui passent toute la journée à la plage et regardent avec insistance les clients manger. Elle sort de son petit sac un minuscule service de thé et on joue ensemble à la poupée. Je trouve les enfants ici très mignons, innocents, peu influencés par les réseaux sociaux. Les ados de mon immeuble Airbnb par exemple, à 11-12 ans, sont encore contents de constituer une cagnotte pour jouer aux châteaux gonflables.

Ensuite, on revient à la plage de Matira pour voir les derniers rayons de soleil du jour. Malheureusement il y a des nuages à l’horizon. Voici se termine notre PARFAITE journée. Bora Bora remonte en flèche dans mon estime.

Jour 3 : Tour de snorkeling

Les prévisions de météo sont toujours catastrophiques mais nous avons réservé un tour d’une journée; nous tenons au programme et à la loi de l’attraction. Nous partons avec l’agence Lagoonarium. L’agence a un motu privé, entre deux hôtels 5 étoiles, St-Regis et Westin. Donc je voudrais savoir à quoi ressemblerait un motu comme ça. Obsession bonjour !

L’agence vient nous chercher devant notre servitude et c’est parti ! Nous sommes une douzaine. Quelques boomers, un groupe d’amies, des couples probablement en voyage de noces… tous français sauf un américain de New York qui passe une semaine de vacances en Polynésie. Il y a un touriste particulièrement enthousiaste, qui sourit tout le temps et qui a l’air très très content d’être là. Ca fait plaisir. Il fait beau, l’eau est belle belle belle !!

Stop 1 : Raie manta

A Bora Bora, Taha’a & Maupiti, on a quasiment la certitude (si le temps le permet) de trouver des raies manta aux « stations de nettoyage », plus ou moins profondes. Ce sont des endroits avec des formes rondes comme ça, où se trouvent de petits poissons qui nettoient les parasites pour les raies. Cette « station de nettoyage » est accessible depuis la plage (pour ceux qui nagent bien), mais j’ai lu que de pauvres touristes ont été attaqués par une meute de chiens errants (qui nagent bien), donc venir en bateau est définitivement plus safe. J’ai quand même marqué l’endroit sur Google Maps si vous le souhaitez.

Quelques plongeurs sont dans l’eau. Notre bateau est beaucoup trop loin de la raie et nous devons tous nager 15 minutes jusqu’à croiser la première raie manta. J’ai le masque qui couvre tout le visage de Decathlon. Avec ce masque, j’ai déjà eu des problèmes de respiration à Moorea. Ici, avec la nage intense, j’ai dû carrément l’enlever pour nager, pour ne pas m’étouffer. Ce masque est très dangereux, je vous recommande d’opter pour un masque de snorkeling normal avec tuba (le guide en fournit si besoin). Je suis contente d’avoir pris une frite avec moi, au moins je ne risque pas de me noyer.

Je suis fatiguée à cause du taux de CO2 trop élevé dû à mon masque pourri, mais en voyant la raie, je suis trop contente et oublie la fatigue. En regardant les reportages à la TV, je pensais que j’aurais peur face à un poisson aussi énorme. Mais elle est tellement gracieuse, tellement belle qu’on n’a pas peur du tout. A un moment, la raie passe de très près de moi, je dirais 2,5 mètres, je vois les petits poissons qui sont en train de manger ses parasites. Je vous mets une photo avec JB pour l’échelle. Une telle raie mesure environ 4 mètres d’envergure. Sur les photos, elle a l’air petite car elle est dans les profondeurs (là où on est, il doit faire 10-12 mètres de profondeur). Mais elle est ENORME ! Elle a des cornes qui s’enroulent quand elle ferme la bouche, et elles se déroulent comme deux mains quand elle ouvre la bouche pour manger du plancton. Si la raie est très grande, c’est une femelle.

Les plongeurs peuvent voir le dessous de la raie. Chaque raie a un motif distinctif, comme une empreinte digitale. C’est ainsi qu’on traque le déplacement des raies, en matchant la photo du dessous sur un site spécialisé. Il y a des raies manta de récif (celles qu’on voit là) et des raies manta océaniques.

Au total, on verra deux raies manta, pas en même temps malheureusement. Mais le guide nous dit qu’il y a quelques jours, ils ont vu trois raies manta en même temps. La nage pour revenir au bateau m’a coûté beaucoup d’énergie, sans masque car sinon je m’étoufferai.

Stop 2 : Raies léopard

Les raies léopard sont du côté de l’hôtel Conrad. Si vous y séjournez, n’essayez pas de nager jusqu’au spot de raies léopard, c’est quand même super loin et profond (15 mètres) et elles nagent trop trop vite. Il vaut mieux venir en bateau. Nous arrivons plus ou moins à les suivre. JB en a compté 19 !!! A cette profondeur, on n’arrive malheureusement pas à voir les petits points blancs sur leur peau. Elles sont noires, plus petites que les raies pastenagues, et plus agiles.

Stop 3 : Raies & Requins

Nous arrivons ensuite à un endroit avec seulement un mètre de profondeur, au milieu de nulle part, sans coraux. L’eau est turquoise, c’est extraordinaire ! Contrairement à Moorea où le spot raies & requins n’a pas d’autres poissons, ici on a plein de petits poissons jaunes, que les requins et raies essaient de manger, sans succès. Je dirais qu’on est entourés de 20 requins et 7-8 raies pastenagues. Tout est dans une frénésie incontrôlée : les guides, les touristes, les poissons. Quand je voie les ailerons des requins lors de l’eau, j’ai pris peur car souvent ça veut dire qu’ils sont en mode « chasse ». Je sors rapidement de l’eau et laisse JB filmer à ma place. Le shark feeding est interdit, mais j’ai l’impression que certains guides nourrissent plus ou moins les raies car elles s’accrochent à eux et montent sur leurs épaules tout le temps. En tout cas, n’entrez pas dans l’eau si vos mains sentent le poisson.

Les requins à pointe noire (Carcharhinus melanopterus) sont naturellement craintifs et fuient la présence humaine, mais dans les zones où le shark feeding est pratiqué depuis des années à des fins touristiques, certains individus ont appris à associer l’homme à la nourriture et s’approchent désormais des nageurs par curiosité au lieu de s’enfuir, sans que cela ne se traduise par un comportement agressif. Leur petite taille (1,5 à 1,8 m en moyenne) limite le risque, et les rares incidents rapportés se résument généralement à des morsures superficielles par confusion, sans cas mortel documenté attribué à cette espèce.

C’est seulement en rentrant de cette journée de snorkeling que je me rends compte que la caméra 360 n’a pas été tournée dans le bon sens. J’aurais dû filmer l’action principale en face des deux objectifs, au lieu de pointer le bout de la caméra. Donc je m’excuse d’avance pour les images un peu floues.

Entourée de requins, je sursaute quand je vois une raie passer beaucoup trop près de moi. J’ai cru que c’était un requin. En plus, mon masque a un effet « loupe », je crois les requins et raies beaucoup plus près qu’ils ne le sont. Il y a par exemple un requin que je pensais très près de moi, mais quand j’ai regardé la vidéo, il était à 1 mètre ! Je vous montre le moment où j’ai sursauté de peur à cause de la raie :

Stop 4 : Jardin de corail

On nous dépose dans un autre endroit près de l’ancien motu du Sofitel. L’eau doit faire 6-7 mètres de profondeur. On a beaucoup de chance car quand il pleut, on est sur le bateau, mais quand on descend faire du snorkeling, il fait beau. C’est ici qu’on trouve une murène. Elle est très gentille, sa tête est moche comme toutes les murènes et elle a tout le temps la gueule ouverte, mais elle n’attaque personne. Même si quelques écervelés plongent pour lui faire bisou (quelle idée !!!).

C’est ici que ma batterie tombe à zéro et ma carte microSD est complètement full.

Le couple de retraités assis en face de nous ont opté pour un tour de demi-journée. Ils séjournent à l’hôtel Maitai (lien Booking), juste à côté d’Intercontinental Moana. Ils ont une cabane sur la plage et ont l’air de regretter la proximité de l’hôtel avec la route. Je pense que le bruit aurait été mieux s’ils étaient dans un bungalow sur pilotis, ou côté terre (de l’autre côté de la route, moins cher) mais j’avoue que quand ils ont été déposés par le bateau au ponton de l’hôtel, à 3 mètres de leur cabane, ça faisait trop classe.

Le reste du groupe est amené sur le motu privé de l’agence, entre l’hôtel St-Regis et l’hôtel Westin. Je me change pour me mettre au sec. C’est le grand-père des guides qui a acheté ce motu, au moment où ce n’était pas cher. Ils y ont construit un lagoonarium pour garder et soigner les tortues malades. Mais les tortues attiraient des requins, ce qui ne plaisait pas trop aux hôtels 5 étoiles d’à côté. Donc ils ont détruit ce lagoonarium et ont juste gardé le nom. L’histoire m’a été racontée par l’autre couple de retraités qui est déjà venu il y a 3 ans.

Le déjeuner sur le motu est super bon. Il se met à pleuvoir des cordes. Heureusement que ce n’était pas le cas pendant le snorkeling sinon on n’aurait rien vu.

Par contre, les activités suivantes (ouvrir une noix de coco, nouer un paréo, apprendre à danser) sont gérées par un Polynésien âgé qui manque de tact, qui fait trop de blagues salaces, avec un peu de body shaming, quelques remarques racistes… Tellement qu’une touriste au bikini très sexy à côté de moi était en stress à l’idée qu’on lui mette un paréo devant tout le monde. Tout le monde est super gêné mais aucun d’entre nous n’a assez d’intelligence émotionnelle pour gérer la situation. Cela me fait penser aux tours de snorkeling au Vietnam organisés par des gens pas très éduqués, avec blagues salaces; et jeux stupides. Bref, je ne recommande pas trop, sauf si vous partez avec eux juste pour la demi-journée de snorkeling.

Le seul point positif de l’après-midi c’est le motu. Ce motu privé est tout aussi joli que les hôtels 5 étoiles à côté. Je parle juste du sable et des paysages, pas de ce qu’il y a sur le motu ahaahh. L’eau est MAGNIFIQUE. On a même vu passer une raie léopard.

Comme on est passé devant les bungalows de tous les hôtels 5 étoiles depuis ce matin, on arrive à peu près à estimer la taille de chaque bungalow. Je pense que la différence de prix est au niveau de l’emplacement du bungalow (très avancé dans le lagon ou pas), la taille (il y a des bungalows double), la taille de la piscine privée (eh oui, on peut avoir une piscine privée juste devant son bungalow, c’est trop la classe).

Quant au service, ceux qui ont visité les Maldives trouve le service plus attentif que celui de la Polynésie Française (on l’a bien vu un peu partout). Les plages des hôtels sont trop belles car le sable est prélevé directement du lagon.

C’est l’heure de rentrer. Le bateau nous dépose à l’agence, puis on est dispatchés dans deux pick-ups pour rejoindre nos hôtels et airbnb respectifs. On me demande des vidéos à gauche à droite, car je suis la seule à filmer avec un selfie stick aussi long et une caméra 360. J’ai vu un autre touriste avec la même caméra, avec un autre tour et par hasard, c’était un asiatique aussi 😀 On s’est regardé en mode « ah, toi aussi ? »

Pour regarder le résumé de notre périple à Bora Bora en vidéo, voici le lien YouTube

Le lendemain, nous prenons le ferry tôt le matin pour Taha’a.

Partie 2 : Conseils pratiques

High-Tech

Pour filmer sous l’eau, je vous recommande vivement de partir avec une caméra 360 comme la mienne, j’ai la X4 Air (lien), mais vous pouvez prendre X6 (lien). Il faut obligatoirement prendre le dive case sinon la caméra aurait du mal à reconstituer le 360 en post-prod. Et il faut toujours garder l’objet principal DEVANT les objectifs, pas sur les côtés comme moi. En tout cas, avoir cette caméra, c’est de ne plus se soucier de ce qu’on est en train de filmer, profiter du moment et choisir l’angle de caméra plus tard en post-prod. En passant par mes liens, vous aurez un cadeau en plus selon la caméra choisie (ajouté automatiquement au panier).

Je regrette trop de ne pas avoir pris ma batterie supplémentaire et mes nombreuses cartes micro SD. JB m’amène à 16h à peine faire le tour du centre-ville à la recherche d’une carte micro SD. On n’en trouve nulle part, la seule boutique « high tech » est déjà fermée. Heureusement au supermarché Chin Lee, on me vend une carte micro SD 64GB U1 pour 45€ !!! 45€ ! Venez avec plein de matos svp !

Budget

  • Pass ferry illimité (30 jours) 24 000XPF par personne + 10 000XPF/traversée pour le scooter
  • Airbnb : le nôtre a deux chambres à coucher, pour 150€ la nuit, payable en cash uniquement (lien Booking). Le airbnb est équipé d’une cuisine et d’une machine à laver, très pratique
    • 53 700XPF pour 3 nuits
  • Si vous n’avez pas de scooter/voiture, optez pour un hôtel près de la plage de Matira comme Intercontinental Moana (lien) ou le Maitai (lien)
  • Excursion : Lagoonarium pour le tour de demi-journée seulement (9700XPF), ou optez pour une autre agence (à partir de 16000XPF/personne)
  • Offre Bien-être Intercontinental Moana 22 300XPF/personne
  • Roulotte & courses : environ 2000XPF/personne/repas

Les points d’intérêt et itinéraire des îles sous le vent sont disponibles sur cette carte Google Maps

3 nuits à Taha'a : Île Vanille, Raie Manta, Jardin de Corail – Road trip Polynésie Française (4/4)
4 nuits à Huahine : Dauphins & Douceur de vie – Road trip Polynésie Française (2/4)
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

    Tous Mes Articles
    Write a comment

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.