Nous étions censés visiter Taha’a puis Bora Bora mais suite aux calculs compliqués de ma part, j’ai préféré mettre Bora Bora avant Taha’a. Cela dit, après le snorkeling à Bora Bora, je me demande comment Taha’a peut dépasser Bora Bora en expériences puisque l’île est toute petite. Le hasard fait bien les choses car nous terminons nos vacances par le meilleur du meilleur.
Partie 1 : Carnet de voyage
Partie 2 : Conseils pratiques
Partie 1 : Carnet de voyage
Si ça ne tenait qu’à moi, je serais restée plus longtemps à Bora Bora mais le logement est quand même très cher et par rapport aux horaires de ferry, si on restait trop longtemps à Bora, on aurait eu qu’une seule nuit à Taha’a. Nous voilà pour 3 nuits à Taha’a. L’île est toute petite, il n’y a pas beaucoup d’agences. Pour nous rendre au fameux jardin de corail de Taha’a (où l’on se laisse porter par le courant, une activité super fun), on doit :
- Soit payer une nuit sur l’hôtel Taha’a by Pearl Resorts (lien Booking) ou obtenir un day pass
- Soit payer un taxi boat
- Soit opter pour une excursion privée
Puisque j’aime les hôtels de luxe, bien sûr que j’ai tenté d’aller sur l’hôtel en priorité. Un mois avant, ils nous ont dit que c’était possible d’avoir un day pass (lunch à leur resto). Mais une semaine avant notre arrivée, ils s’affichaient complet et ne voulaient pas de clients externes. Apparemment une autre astuce aurait été de réserver un massage. Mais le hasard fait bien les choses. Un « non » ouvre en général plus de portes.
Nous contactons l’agence Taha’a Activités pour une excursion privée mais la personne au téléphone ne nous rassure pas sur la météo. C’est donc à moi de trancher. J’opte pour le 10 septembre même si les prévisions sont pessimistes. Mon intuition me dit que le 10 sera parfait, pas le 11. Je regarde les horaires de la marée (car le jardin de corail n’est pas très profond). Le guide nous conseille de partir plutôt le matin car à partir de l’après-midi, le vent se lève et c’est moins agréable pour le snorkeling. Comme on n’arrive pas à payer en ligne, le guide nous conseille de retirer de l’argent ASAP à Bora Bora car il est difficile de retirer de l’argent à Taha’a. Le tour privatisé d’une demi-journée coûte 29 900XPF pour deux personnes, comprenant un petit-déj.
Le ferry Bora Bora – Taha’a ne dure qu’une heure mais le transport de scooter coûte quand même 10 000XPF ahahha. Le trajet est toujours aussi agréable, notamment avec le soleil.

Heureusement que nous avons notre scooter avec nous car au port de Taha’a : 0 taxi. Les gens se sont préalablement arrangés avec leur airbnb. Taha’a a beaucoup plus de collines que je ne pensais. Notre scooter 125cc a du mal à quelques endroits, mais ça va. Nous arrivons très tôt (9h30) donc nous préférons déposer notre valise à notre Airbnb, à l’autre bout de l’île (la maison bleue sur la photo). Notre chambre est déjà prête, elle est petite mais le reste de la maison est spacieuse. Nous partageons la salle de bain avec deux invités et les proprios. Mais tout le monde est respectueux donc il n’y a pas beaucoup d’attente, pas de problème.


Nous avons un accès direct au lagon avec un canoë à disposition et il y a un ponton à deux minutes du airbnb, d’où partent les navettes pour Raiatea deux fois par jour. Eh oui, il y a des navettes (qui ne peuvent pas transporter de scooter) qui font l’aller-retour régulièrement entre Raiatea et Taha’a. Je ne le savais pas. Donc sans le scooter, on aurait pu faire l’aller-retour Raiatea – Taha’a en une journée, ou opter pour une excursion d’un jour alliant snorkeling et visites de l’île. Bref, mon programme n’est pas très logique, et ça me peine d’arriver à un tel programme imparfait. Mais pour des raisons qui me sont propres, finalement c’était le meilleur programme possible. En grande partie grâce à l’excursion privée.
Il fait un temps splendide donc nous faisons le tour complet de l’île.



J’aperçois une raie dans l’eau. On s’arrête et l’observe depuis la route. Elle s’approche un peu de nous puis continue son chemin. Et soudainement, deux poissons se poursuivent à une vitesse impressionnante jusqu’à ce que l’un d’eux percute notre pauvre raie. L’impact provoque un choc qui soulève le sable. Notre pauvre raie ne bouge plus du tout. On la croit blessée ou morte. Finalement elle rebouge, et boude. Elle quitte la zone peu profonde pour rejoindre la haute mer en mode « je me barre, j’en ai marre ! ». C’est un instant tellement extraordinaire d’observer le processus de réflexion chez elle. Un petit être qu’on croyait pas si intelligent. On était désolés pour elle qui se promenait tranquillement jusque là. On espère qu’elle n’a pas cru que c’est nous, les humains, qui lui avons jeté un projectile. Perso, avant j’adorais les plats d’ailes de raie mais depuis je nage avec elles, vois qu’elles sont si adorables et intelligentes, c’est un plat que je ne mangerai plus.

JB sait que j’étais très déçue de ne pas pu visiter la ferme perlière à Raiatea et m’amène en visiter deux. Les boutiques sont malheureusement hors de prix (plus chères qu’à Tahiti!). Les explications sont expéditives, mais heureusement il y a des greffeurs sur place (venez le matin), on les a vus extraire les perles, et en greffer d’autres. Et il n’y a pas la possibilité de plonger / faire du snorkeling récupérer sa propre mollusque. Je pense qu’on va soit revenir à Raiatea soit le faire à Tahiti.


On met à l’intérieur des mollusques, à l’intérieur de son organe de reproduction pour être exact, une bille issue d’une moule du Mississipi; accompagnée d’un petit morceau (2mm x 2mm) de membrane sacrifiée d’une autre mollusque. Il faut deux ans pour que la mollusque atteigne la maturité puis deux ans pour avoir une perle. Si la première perle est jolie, ils vont mettre une bille plus grosse. Et ainsi de suite jusqu’à 4 fois. C’est pour ça que les perles les plus grosses sont les plus chères car il faut que la mollusque ait survécu à 3-4 greffes, ce qui est très rare. Ensuite, selon la couleur, la forme, les imperfections, il y a tous les prix possibles. Les perles sont les seules « pierres précieuses » issues d’animaux, mais à quel prix. Les fermes ici disent avoir entre 400 000 et 2 millions de mollusques. Ils ne vivent sûrement pas de touristes comme nous, mais en exportant leurs perles dans le monde entier.

On repère la « station de nettoyage » des raies manta accessible depuis la route, dont j’ai déjà expliqué le concept ici. Je suis tombée par hasard sur une vidéo de Taha’a sur Tiktok et il y a toutes les informations utiles pour y accéder sans se faire engueuler par la dame « archi-relou » (selon la vidéo Tiktok) de la maison à gauche. Entre le ponton de cette maison et le terrain sur la droite, il y a une parcelle où l’on peut se garer. Garez-vous au milieu, n’allez ni à gauche ni à droite, tout droit. Vous voyez le bateau, marchez puis nagez jusque là. A cet endroit précis il y a des formes rondes où les raies manta trouvent des poissons qui nettoient leurs parasites. Si vous longez la « faille » vers la bouée blanche, vous tomberez peut-être sur une (ou plusieurs) raies manta. Et c’est gratos !!! Nous passons devant cet endroit plusieurs fois et nous y voyons soit un bateau, soit un touriste avec masque et tuba. On lui demande s’il en a vu une. Il nous répond qu’il est peut-être venu trop tard (après-midi). L’endroit est indiqué sur mon Google Maps à la fin de l’article.

Nous trouvons une roulotte près du port et prenons un énorme burger. Comme notre airbnb est au bout de l’île, et un peu loin des roulottes, on décide de manger léger ce soir, donc à midi, il faut bien déjeuner.

Nous nous arrêtons à une distillerie de rhum (à base de canne de sucre). Finalement ce sont les produits dérivés qui nous intéressent le plus : huile de tamanu (contre les taches et blessures), huile anti-moustiques (ça marche super bien), la vanille… ils rachètent des ingrédients bruts et les transforment en produits car ils ont des machines. Cependant, il y a beaucoup plus de cannes à sucre qu’ils ne peuvent traiter donc une grande partie du jus de canne à sucre est envoyée par bateau-container à Moorea pour que l’usine de jus Rohui s’en occupe.






C’est superbe qu’il fasse beau mais soleil + vent => je suis tombée malade. Je fais la sieste tout l’après-midi et m’enduis de baume du tigre. Il faut absolument que je sois ready pour l’excursion de demain.
Je fais des tests avec ma nouvelle carte micro sd achetée en urgence à Bora Bora. Ma caméra 360 n’aime pas du tout la nouvelle carte que j’ai prise. Mais après plusieurs tests, je me suis rendu compte que si je ne filmais que deux minutes à la fois, il n’y aurait aucun problème, à condition de ne pas faire disparaître le message « warning ». Ca m’aurait tuée d’apprendre après l’excursion que les vidéos ne sont pas enregistrées. Ne faites pas comme moi, venez avec un max de cartes micro sd de qualité ultra max ! 256GB minimum.
Jour 2

Le guide vient nous chercher en bateau au ponton près de notre airbnb (au lieu du port, ce qui nous économise bien 30 minutes de route) à 8h pile. Il a l’air très méticuleux car dès que JB met des aqua shoes pleines de sable sur son bateau, il reçoit comme consigne de les laver ASAP. C’est ainsi que le bateau est parfaitement propre, très luxueux avec des sièges en faux cuir. Deux serviettes bien moelleuses nous attendent sur le siège. Magnifique ! On a une place devant le bateau, une place à côté du guide, et des bancs à l’arrière. En tout, on peut être 8 !

Nous avons briefé le guide sur Whatsapp avant le tour : nous ne voulons pas nous arrêter pour faire les visites « terrestres » (distillerie, vanilleraie). Le tour doit être uniquement pour le snorkeling et « si possible apercevoir les dauphins ». Il nous dit tout de suite qu’il y a 0 chance de voir les dauphins aujourd’hui, il nous a récupérés un peu loin de la passe. Finalement ce n’est absolument pas un problème car deux jours plus tard, les dauphins viendront à notre ferry à Huahine, une vingtaine de dauphins ! La nature planifie mieux que moi.
Par contre, la raie manta, on aimerait bien en voir une. Le guide est peiné car ça fait 3 jours qu’il n’a pas vu de raie manta. Mais je suis persuadée qu’on en verra. Au pire, je sais qu’il va nous déposer près de la maison de la femme aigrie. Je ne m’inquiète pas trop. Mais il cherche la raie manta au milieu du lagon, à une « station de nettoyage » que je ne connais pas du tout. Il ne la trouve pas mais on tombe sur un banc de poissons super comestibles apparemment, très gros. Il lâche un soupir : c’est quand on ne pêche pas qu’ils sont là 😀 on voit des nageoirs sortir de l’eau comme pour nous faire coucou et le narguer un peu.
Le guide a de bons yeux car il voit déjà une raie pastenague. Et puis quand on tourne en rond dans une autre zone (plein de planctons apparemment), il la voit enfin la raie manta !!!! Elle s’enfuit. On tourne de nouveau en rond et la revoit. Cette fois, elle se laisse s’approcher. Elle est extrêmement gracieuse. On demande à descendre dans l’eau. JB descend de manière trop brutale, et la raie s’enfuit à toute vitesse. JB ne lâche pas l’affaire, nage de manière beaucoup plus calme en suivant les conseils du guide. Et elle se laisse un peu apprivoiser en revenant vers nous. C’est quand elle se dirige vers le bateau que je décide de me mettre à l’eau également. D’habitude, j’aurais pris un gilet ou une frite, mais sous l’émotion, je descends dans l’eau sans rien du tout et m’en aperçois seulement à la fin. Je suis bonne nageuse mais j’ai peur de l’océan LOL. Le fait que je sois à l’aise à ce point me rassure beaucoup. Cela veut dire que quand il y a de belles choses à voir, je n’aurai plus du tout peur. Ce que je déteste, c’est d’être au milieu, avec plusieurs mètres au-dessus et en-dessous de moi, sans aucun poisson. C’était le cas quand on visitait des épaves aux Philippines. Se retrouver au milieu de l’eau comme ça n’était pas du tout agréable. Ca m’encourage vraiment à faire une baptême de plongée plus tard.
Cette fois, la raie n’a aucun motif sur son dos contrairement aux deux raies manta qu’on a vues à Bora Bora. Elle est plus petite aussi, je dirais 3 mètres de largeur. C’est peut être une mobula. Elle s’est pas mal approchée de nous et vu comme ses cornes s’ouvrent et se referment, elle est en train de se régaler de plancton. Nous ne sommes que deux dans l’eau, le guide nous suit doucement avec le bateau. C’est un moment magique !


Notre guide a l’air très fier d’avoir trouvé la raie surtout qu’il a aussi trouvé 3 petites tortues (avec qui on n’a pas nagé) mais qui remontaient à la surface pour respirer.

A un moment, on a trouvé une raie léopard. A Bora Bora, elles étaient à 15 mètres donc je ne voyais pas les points blancs sur leur dos. Cette fois, j’ai pu descendre dans l’eau et nager suffisamment proche d’elle (3 mètres environ) pour voir les taches. Mais ça file à une vitesse, je n’ai pas le courage de suivre à la nage sans palmes et n’ai pas pu filmer.
En 1h à peine, on a déjà vu et nagé avec une raie manta, vu 3 tortues, de gros poissons, et nagé avec une raie léopard !!! Pour moi, la journée est déjà une réussite, tout le reste c’est du bonus.
Le guide nous dépose à un spot de requins. Ici, il n’y a pas de raies, mais le comité d’accueil de requins, c’est quelque chose !!! 14 requins nous suivent. Ils adorent suivre les bateaux.
Quand l’un arrive ou part, c’est sûr que les requins suivent. Personne ne leur donne à manger, mais notre guide dit que quelqu’un a dû le faire secrètement pour les garder sur ce spot, sinon ils ne seraient pas restés sur place depuis l’interdiction du shark feeding en 2017. Et le comportement de suivre les bateaux instinctivement n’est pas normal pour des requins super peureux.
Le guide découvre très vite à notre comportement qu’on n’a jamais été bien briefés pour le snorkeling. Il ne fallait pas suivre les poissons mais nager très doucement, ils viennent vers nous car ils sont aussi très curieux et veulent savoir qui nous sommes. Ainsi, en restant parfaitement immobiles, on a pu observer beaucoup plus de requins que d’habitude, dans le calme.

Le guide nous montre une tortue et JB la suit un long moment. C’est quand elle commence à manger que JB nous appelle. Le guide et moi venons en bateau. Sauf que quand le bateau part, les requins nous suivent aussi. Je suis en train de regarder la tortue manger avec JB quand, soudainement je lève la tête et m’aperçois que nous sommes encerclés par une dizaine de requins.





Je sais qu’il n’y a aucun risque, mais c’est toujours très impressionnant d’être encerclés par eux. Nous laissons la tortue tranquille puis allons voir une tortue en béton devant un hôtel (à 4-5 mètres de profondeur).

Le guide nous amène ensuite devant un motu. Il y a un petit jardin de corail et on y fait du snorkeling pendant qu’il prépare le petit déjeuner pour nous. En faisant du snorkeling, je tombe sur un trigger fish (celui qui attaque si on s’approche de trop près de ses œufs). Celui-ci ne m’attaque pas mais sa gueule ouverte et ses deux petites dents qui ont l’air toute prêtes à mordre ne rassurent pas, je m’enfuis ASAP de la zone. On retrouve les « petits poissons bleus » qui se cachent dans les coraux et les poissons « à pois » que nous voyons souvent à nos plages à Tahiti, je les aime bien car ils sont très colorés et très mignons. D’autres poissons sont là mais plutôt gris ou noirs donc on ne les voit pas bien sur la caméra.
Le petit-déjeuner est trop bon et le cadre magnifique. Quelle belle matinée !


L’agence Taha’a Activités a des bateaux à Raiatea et Taha’a. Quand on part de Taha’a, c’est souvent privatisé comme on le fait aujourd’hui. Les bateaux de Raiatea, quand ils font le tour full day, s’arrêtent aux vanilleraies, fermes perlières, distilleries… choses qu’on peut faire avec notre scooter, donc partir en snorkeling en demi-journée comme ça c’est parfait.
Teiho notre guide est aux petits soins avec nous. Par exemple quand je m’éloigne trop du bateau pour suivre la raie manta ou la tortue, il suffit de lui demander de venir me chercher et le bateau arrivera doucement. Pas besoin de faire les 100m Olympiques comme avec le tour à Bora Bora.
Dernier stop de la matinée : le fameux jardin de corail près de l’hôtel de luxe Taha’a by Pearl Resorts (lien Booking). De près, cet hôtel est absolument magnifique. Si j’avais trop d’argent, j’aurais dépensé des milliers d’euros ici. Un mariage a lieu sur un banc de sable minuscule en face de l’hôtel et ce sont les parents de notre guide qui sont en train d’organiser la cérémonie pour les guests. Tous les bateaux autour applaudissent etc. mais au moment de la cérémonie, on était dans l’eau donc on nous l’a juste raconté.



En attendant, il faut suivre notre guide avec nos aqua shoes. Nous longeons le motu de droite pour arriver presque à l’océan. On voit qu’il y a une sorte de chemin càd des zones avec juste du sable, sans coraux. C’est ce « chemin » qu’il faut essayer de suivre. On ne peut pas s’arrêter car le courant nous emporte, il est interdit de nager contre-courant. Le guide passe devant et on n’a qu’à le suivre. C’est un véritable aquarium. Les conditions sont idéales : du grand soleil, peu de vent, le courant est là mais pas trop fort, la marée arrive, l’eau est suffisamment profonde, mais pas trop, donc on est quand même proche des coraux. Bref, parfait.



JB se fait « manger » par un petit poisson, le même que celui qui nettoie les raies manta. Il s’attaque à ses blessures dues aux coraux lol.
Le deuxième arrêt est sur un petit banc de sable pour observer les anémones & les Némo polynésiens (poissons clown), c’est trop trop mignon !!! Quand je vous disais que je regrettais ne pas en avoir vu à Huahine, on les retrouve ici, plus facilement accessibles. Comme quoi !

Parcourir le jardin de corail en se laissant emporter par le courant a pris environ 15 minutes avec le guide. On aime trop et on demande au guide si on peut le refaire une fois. Même si on a dépassé l’heure, il est super gentil et nous accorde un autre tour, sans lui. Malheureusement cette fois, sans lui, on a pas tourné à droite au bon moment. On finit par prendre un chemin un peu moins intéressant, avec moins de coraux. Mais ça reste très beau. Bref, si j’étais à l’hôtel, je n’aurais pas pu profiter du jardin de corail à fond. Car on le fait vraiment beaucoup mieux avec un guide.
Nous rentrons des étoiles plein les yeux. Comme prévu, le vent se lève, heureusement qu’on a fait le tour le matin quand l’eau était bien calme. N’hésitez pas à laisser un gros pourboire au guide. Un tel service mérite amplement un remerciement chaleureux. Nous sommes déposés au ponton près de notre airbnb. Nous prenons la douche rapidement puis grignotons car c’est trop tard pour trouver une roulotte ouverte et le petit-déjeuner était très copieux. Nous avons prévu un repas au airbnb ce soir de toute façon (elle propose la demi-pension pour 3000XPF incluant le petit-déjeuner et le dîner).
Nous prenons le scooter pour aller manger une glace au Fare Miti, qui est un bateau qui sert des boissons et tapas. Ca tangue un peu mais le concept est très sympa. Il paraît que c’est superbe le coucher de soleil aussi. Beaucoup de bateaux s’amarrent à son ponton pour visiter la distillerie juste en face.



De nouveau, on glande tout l’après-midi. Mais aucune culpabilité car il faut profiter des derniers moments de vacances dans le calme et le farniente 😀 Le dîner est très copieux et très bon. Nous avons l’occasion de discuter longuement avec notre proprio. Elle vient de Maupiti et s’est installée à Taha’a avec son compagnon. Ils ont deux enfants.
Une fois à Maupiti, elle a entendu, depuis sa terrasse sur le motu, une baleine chanter en pleine nuit, ça l’a réveillée mais la baleine a ensuite plongé, sans réapparaître. Ses parents ont un camping à Maupiti (dispos sur Airbnb) et aussi des chambres non proposées sur Airbnb. C’est parfait, je n’ai toujours pas abandonné d’aller sur Maupiti voir des raies manta. Sa mère propose des formule demi-pension aussi et son père des excursions. Je sens qu’on va y aller en novembre 😀
Le soir, nous éteignons toutes les lumières et regardons les étoiles. La lune est absente et on devine la Voie Lactée.
Jour 3
Nous suivons les instructions de Tiktok et allons du côté de la dame pas contente (dont la renommée est internationale) pour trouver une raie manta. Je ne descends pas dans l’eau car je ne suis pas totalement guérie. On se gare bien respectueusement entre le ponton et le terrain privé. Mais à peine JB dans l’eau, la dame apparaît de nulle part et lui donne des instructions autoritaires, soi-disant qu’elle fait partie de l’association pour le bien-être des raies manta. Mouais, si c’était le cas, tu n’aurais pas construit un big ass bungalow en béton pile où les raies viennent faire un gommage ! Sans le savoir, JB arrive à soutirer d’elle des infos pour trouver la raie manta (puisqu’il a failli partir dans le mauvais sens ahahah le reverse uno). Elle l’observera un bon moment, l’air agité, pour voir s’il suit ses instructions.
Franchement, faut-il être aussi aigri et sur le qui-vive quand on vit dans un coin de paradis comme celui-ci ? Je comprends qu’on puisse être mécontent si les gens viennent avec leur musique, marchent sur son ponton, mais là il ne fait rien de mal.
Bref, venez ici, soyez respectueux mais n’ayez pas peur, l’eau et les raies n’appartiennent pas à la dame. Ne marchez pas sur son ponton, depuis le ponton on ne verra rien de toute façon. Longez doucement le fossé jusqu’à ce que vous tombiez sur une raie manta et profitez ! Ne plongez pas pour ne pas effrayer les poissons-nettoyeurs. Si la raie est presque en surface (il y a des zones avec peu de profondeur), ne vous en approchez pas de trop près. Ne la poursuivez pas. Idéalement, passez 10 minutes avec elle puis laissez-la tranquille.


Il se met à pleuvoir et nous sommes contents de ne pas avoir fait l’excursion aujourd’hui. Hier, tout était parfait. Nous avons eu le bon timing à chaque fois. Nous rentrons au airbnb où le petit-déjeuner nous attend dans la cuisine.

On se dépêche de vérifier le cash qu’il nous reste. On n’a pas pu faire le plein au centre-ville car on est parti sans le porte monnaie pour le snorkeling. Si on devait revenir au centre-ville pour retirer de l’argent pour payer la demi-pension au airbnb, on risque d’avoir très peu d’essence restante. Et qui dit qu’on pourra vraiment retirer de l’argent au distributeur ? En voyant 15 000XPF restants dans le portefeuille, on respire de soulagement. Non seulement on peut payer le repas d’hier soir mais en plus, le repas de ce soir ! Eh ouiiiii ! tout en ayant 3000XPF d’argent de poche (environ 24€). Trop riches !!
Quand il arrête de pleuvoir, nous marchons vers la vanilleraie juste à côté. Cette fois, les explications sont beaucoup plus organisées que chez le monsieur à Raiatea, on sent l’habitude de répéter le même discours aux touristes, c’est moins au feeling. On comprend mieux les étapes de production (que j’ai déjà expliqués ici). En plus, la dame a la gentillesse de nous montrer en live une pollinisation manuelle. Il y a pas mal de produits dérivés à la boutique.


Les tours ont l’air de venir ici, entre deux snorkelings, donc je ne sais pas si beaucoup de touristes s’y arrêtent pour acheter. Perso, si vous n’avez pas l’occasion d’aller chez Guy et Odette à Raiatea, cette vanilleraie fera l’affaire aussi (Vanilla Prod’s).
Il suffit de marcher 3 minutes pour aller chez Taha’a Gourmet, un marchand de glaces à emporter. Il suffit de klaxonner, ou scanner le QR code pour qu’un message Whatsapp prévienne la proprio. La glace de coco et la glace de vanille sont top, perso je préfère la glace à la vanille, comptez 500XPF pour un pot assez généreux.

Nous croisons notre proprio d’Airbnb et lui posons des questions sur la vanille. Elle dit que Taha’a est surnommée l’île vanille car elle a une histoire liée à la vanille. Sur 5000 habitants, il y a presque 500 producteurs, la ferme se transmet de génération en génération. Chaque année, il y a 3 acheteurs étrangers qui viennent, les prix sont pareils pour les trois (environ 15 000XPF/kg). Les producteurs viennent avec une trentaine de sacs de gousses de vanilles vertes chacun. Ce sont les acheteurs qui vont s’occuper de la préparation de la vanille (pour les mûrir) eux-mêmes. Une fois séchées, les gousses perdent minimum 50% de leur poids.
Les vanilles bien mûres et prêtes à la consommation que vous voyez en vente ici sont destinées aux touristes et à la consommation locale. Si les acheteurs étrangers viennent et certaines vanilles ne sont pas prêtes à être vendues (trop petites), elles seront vendues toute l’année aux acheteurs locaux qui, on l’a vu à la distillerie, s’occuperont eux-mêmes de la préparation. C’est pour ça qu’il y a des gens dont le métier est aussi de préparer la vanille (sans forcément avoir une ferme). De plus en plus, il y a des cambriolages de vanille. Les cambrioleurs viennent de Taha’a et ils saccagent les plantations, ils volent toute la récolte. L’un d’entre eux travaillait pour un acheteur étranger – qui a été viré depuis. D’autres n’ont pas été retrouvés, on ignore comment ils écoulent le stock. En tout cas, quand les acheteurs étrangers viennent, ils inspectent aussi les fermes pour estimer la production; pour éviter que les uns volent des autres. Elle me dit qu’ils ont essayé de planter la vanille sur d’autres îles de la Polynésie, mais apparemment Taha’a et Raiatea sont plus compatibles que d’autres. C’est passionnant !
Le soir, elle nous sert de nouveau un délicieux dîner. Et le matin, un délicieux petit-déjeuner. Avant que nous mettions tout sur notre scooter en direction du ferry.

Le trajet jusqu’à Tahiti est long, long, long… mais à Huahine, en entrant au port, j’aperçois une vingtaine de dauphins. Cette fois, j’ai les jumelles avec moi et ai tout le loisir de les observer et les compter. A l’approche de Tahiti, malheureusement, aucune baleine n’a été aperçue, aucun dauphin non plus. Mais il y a plein d’endroits où une cinquantaine d’oiseaux tournaient en rond au milieu de l’océan – signe qu’il y avait sûrement beaucoup de poissons en-dessous.
Merci d’avoir suivi notre aventure au bout du monde. Si vous n’avez pas lu toutes les épisodes, commencez par Raiatea, Huahine, puis Bora Bora. Les expériences montent en crescendo. Ce n’était pas voulu, pas planifié, mais le hasard nous a aidés. Il y avait eu des petits ratés, des micro-frustrations mais tout s’est bien arrangé à la fin. Il y a une seule chose que je n’ai pas pu faire, c’est la ferme perlière à Raiatea, mais qui sait, je vais peut-être y revenir. Chaque île avait quelque chose d’unique. Si vous avez le temps, visitez les 5 îles (y compris Maupiti).
- A Raiatea : la ferme perlière & vanilleraie chez Guy & Odette.
- A Huahine : la plage de l’ancien Sofitel, sa plage publique façon Bahamas, ses dauphins qui suivent le ferry.
- A Bora Bora : des raies qui nagent tranquillement à la plage Matira; les raies manta.
- A Taha’a : raie manta accessible depuis la route et le jardin de corail où l’on flotte avec le courant.
- A Maupiti : raies manta, ambiance « au bout du monde »
Partie 2 : Conseils pratiques
Pour filmer sous l’eau, je vous recommande vivement de partir avec une caméra 360 comme la mienne, j’ai la X4 Air (lien), mais vous pouvez prendre X6 (lien). Il faut obligatoirement prendre le dive case sinon la caméra aurait du mal à reconstituer le 360 en post-prod. Et il faut toujours garder l’objet principal DEVANT les objectifs, pas sur les côtés comme moi. En tout cas, avoir cette caméra, c’est de ne plus se soucier de ce qu’on est en train de filmer, profiter du moment et choisir l’angle de caméra plus tard en post-prod. En passant par mes liens, vous aurez un cadeau en plus selon la caméra choisie (ajouté automatiquement au panier). N’oubliez pas de prendre des batteries supplémentaires et de nombreuses cartes micro SD V30.
Budget Taha’a
- Airbnb à Taha’a (lien): 156€
- Ajoutez 3000XPF/personne pour la demi-pension
- Prenez beaucoup beaucoup de cash en venant ici
- Excursion privée : Taha’a Activités 29 900XPF pour deux personnes, demi-journée
- Vous pouvez venir en ferry ou en navette depuis Bora Bora et Raiatea
Budget global
Depuis Tahiti :
- Pass ferry 30 jours illimité : 24 000XPF/personne
- Traversées pour le scooter 10 000XPF/traversée soit 50 000XPF au total
- Logements 13 nuits : 1342,28€ pour deux personnes, des fois avec salle de bain partagée
- Offre bien-être chez Intercontinental Moana Bora Bora : 22 300XPF/personne
- Excursion full day Bora Bora : 12 000XPF/personne
- Excursion demi-journée Taha’a : 29 900XPF pour deux, tour privé
- Vanille 100g : 10 000XPF
- Nourriture : environ 1300€ pour deux
- TOTAL : 4 344€ pour 13 nuits, 14 jours pour deux personnes
Les points d’intérêt et itinéraire des îles sous le vent sont disponibles sur cette carte Google Maps

