J’ai revu ce film dans l’avion et je l’ai beaucoup plus apprécié que la première fois. Il commence comme une comédie romantique classique, puis part dans une direction complètement inattendue et c’est le chaos total. Je dirais que le film fonctionne vraiment bien jusqu’à 1h20 environ, et qu’après c’est le bug complet. Je vais critiquer pour ceux qui l’ont vu, parce que je ne peux pas faire l’impasse sur les spoilers.
Ce que j’ai vraiment adoré, c’est l’esthétique du film : le cadrage, les ambiances, les couleurs. Et la garde-robe des personnages est au top, celle de Lucy en particulier.


Le film est une critique des apps de rencontre et de la façon dont on cherche un partenaire avec des critères comme si on achetait une voiture. Une hiérarchie s’installe selon les revenus, la taille, l’âge… C’est aussi difficile pour les hommes d’avoir une bonne note que pour les femmes de grimper dans cette échelle.
Je me suis toujours considérée comme chanceuse d’être mariée juste après les études et de m’épargner des heures et des heures de recherche, parce que ça m’aurait volé du temps et donc ma carrière.
Comme tout le monde, j’ai été très surprise de voir Lucy retourner vers son ex John, un acteur sans le sou dont la vie avec ses colocs est tellement chaotique qu’on a envie d’éteindre l’écran. En 10 ans, il n’a pas bougé d’un iota, il est toujours dans une mentalité de survie et ne cherche pas à changer de stratégie pour avancer. Elle, de son côté, est devenue la meilleure matchmaker de son agence et est sur le point d’accéder à un poste de management. Elle rencontre Harry, 10/10, multimillionnaire, prêt à l’épouser. Mais entre eux, pas d’amour. Alors au lieu de ne choisir personne, elle choisit John, parce qu’au moins, il est la preuve vivante qu’elle est capable d’aimer. WTF !!
Après un deuxième visionnage et beaucoup de temps passé à essayer de comprendre la fin, je suis arrivée à la conclusion que l’actrice était mal choisie. C’est pour ça qu’on avait l’impression que Lucy pouvait être au même niveau énergétique qu’Harry. Dakota Johnson, qui joue Lucy, est une nepo baby qui est au niveau d’Harry depuis le départ. Elle n’a pas hésité à tenir tête à Ellen DeGeneres, contribuant à sa chute.
Il y a une scène où elle est entourée de demoiselles d’honneur, toutes magnifiques, et Dakota se démarque vraiment car elle a une aura incroyable, une posture superbe et une confiance folle. J’ai regardé une vidéo qui analysait son style au fil des années et j’ai remarqué que sa posture, sa confiance et son style se sont vraiment affirmés.

Tout ce qu’elle porte coûte largement plus cher que le salaire de 80k$ annuel de Lucy (+ les primes), surtout à New York. Des internautes se sont amusés à retrouver les mêmes vêtements et bijoux portés dans le film et on est à 1000$ minimum par article. J’ai retrouvé la même chemise en soie, vendue neuve 150$, et sur Vinted à 75€ si jamais ça vous intéresse.






Lucy a le physique, le budget (parce qu’avoir cette peau, ce corps, ça coûte de l’argent) et les vêtements d’une star, pas d’une salariée à 80k$ à New York. Alors quand on la voit avec Harry, multimillionnaire, elle ne détonne pas, elle est à sa hauteur. Même Pedro Pascal a avoué dans une interview qu’il se sentait en décalage face à Dakota, qu’il ne s’attendait pas à avoir une partenaire aussi belle à l’écran. Si le film avait choisi une actrice plus discrète, moins connue, avec une garde-robe plus cheap, elle n’aurait pas dégagé cette aura ni cette confiance, et on aurait sans doute mieux compris pourquoi Lucy choisit John. Parce qu’au fond, Lucy manque d’estime d’elle-même, n’a pas un seul ami, elle a un niveau énergétique très bas qui matche celui de John (les deux ont un manque d’ambition & d’estime de soi – Lucy n’arrive même pas à accepter une promotion, et ne cherche pas à compenser son absence de diplôme, contrairement à beaucoup d’Américains ambitieux dans sa situation). Malgré une apparence très « put together », elle est en réalité aussi chaotique que lui.
La vraie question n’est pas de choisir entre l’amour et l’argent. C’est de pouvoir avoir les deux. Mais il faut d’abord travailler sur soi.
Le film critique l’échelle de valeurs des apps de rencontre, mais il en révèle une autre, bien plus subtile : celle du niveau énergétique. On attire ce qu’on est, pas ce qu’on veut. Lucy aurait pu être avec un équivalent d’Harry (avec qui il y aura de l’amour) si elle avait réglé ses problèmes d’estime de soi, si elle avait travaillé sur son chaos intérieur autant qu’elle a travaillé sur sa carrière et son apparence. Avant de chercher un partenaire, la vraie question c’est : est-ce que je suis la personne que je voudrais attirer ? Parce qu’on a beau scroller des heures sur une app, cocher toutes les cases et optimiser son profil, si on n’a pas fait ce travail-là sur soi, on va toujours penser qu’on ne mérite qu’un John.


